Les maladroits, les trop osés, les non satisfaisants, les « à revoir » et tous ceux qui auraient sans doute dû finir à la poubelle.
Ils n’ont pas été choisis. Trop vifs, trop mous, trop bruts, trop flous.
Mais ils sont là. Fragments d’élan, chutes de vers, éclats d’essai.
Ils ne brillent pas toujours… mais parfois, ils clignent de l’âme.
J’aimerai cette femme en fleur qui minaudait tant d’attentions Que mon cœur faussait la boussole de ma raison désemparée. J’entends ses rires et ses pleurs, aussitôt que nous commencions À jouer sous les tournesols à trouver la chatte égarée.
L’amour apparaît invisible comme un fond de romance en blanc. Ainsi, le cœur peut dessiner une aventure inégalée, Suffisamment imprévisible pour un coup de foudre troublant ; Sel viril, sucre efféminé, pour voluptés sucrée-salées.
Ô virginité de la mer, si précieuse et si importante, Pour enfanter l’humanité, tu fus offerte à notre Terre ! Ce sacrifice doux-amer qui produit la manne abondante Nous frappera d’insanité si nous n’en sommes dignitaires.
« la virginité est précieuse mais elle doit enfanter – sinon elle est comme une terre frappée de stérilité. » Johannes Angelus Silesius.
Dans l’eau bleue de mes souvenirs toutes les couleurs se mélangent Dans le bleu-gris indéfini de résurgences fraternelles. Je n’ai vu les femmes venir qu’opportunément quand les anges M’ont extrait la misogynie du formatage paternel.
Finalement, ces grands châteaux n’ombragent pas le paysage ! Toutefois, bien qu’un peu profane, j’y aurais ajouté quelques tours. Après, cerise sur le gâteau, par un vigoureux arrosage, Dans cette atmosphère diaphane, un peu de verdure alentour.
Quatre roses font fuir le bourdon, trois roses suffisent pour l’amour. Une pour toi, une pour moi, une pour l’enfant approuvé. Et tant pis si c’est un garçon, on lui dira avec humour Que faute de choux, quel émoi, on a pris ce qu’on a trouvé.
Dans l’œil de la plume de paon tel un miroir intentionné, J’ai vu ce qu’exprimait son cœur contrairement à son visage. Bien sûr, son regard de serpent ne cherchait qu’à m’impressionner Pour éviter à contrecœur de me pencher vers son corsage.
Le vin, cet aliment de l’âme, ainsi qu’ennemi de l’esprit, Reste aussi dangereux au corps que les croyances pour le cœur. Il nous réchauffe de sa flamme lorsqu’il est sagement prescrit Mais met les hommes en désaccord si on abuse de sa liqueur.
Chaque fois que vous goûterez du vin avec modération, C’est réellement un message qui vous ressuscitera l’âme. Mais lorsque vous écouterez la voix de son inspiration Appréciez en le passage mais gare à son retour de flamme.
Quand une femme montre ses seins, ce n’est pas elle ; c’est moi qui ai peur. Peur de sa poitrine effrontée ; peur du pic dans mon pantalon. Lorsqu’elle brandit à dessein ses tétons devant ma stupeur Je ferme les yeux pour affronter la douceur de ses mamelons.
Je l’ai croisée mais sans la voir ; je l’ai rencontrée sans l’entendre ; Je l’ai aimée mais sans l’avoir ; je l’ai quittée sans la comprendre. Dommage, ce n’était qu’une image ; misère, elle n’était que chimère. Un cœur meurtri me dédommage de n’avoir su aimer ma mère.
Par nos racines ombilicales, coupées le jour de la naissance, Nous ressemblons aux fleurs du vent qui prolonge nos extrémités. Je sais des plantes médicales, coquelicots en connaissance, Qui calment nos peines et nos pleurs juste par leur proximité.
La peinture généalogique relie toutes nos dimensions Vers l’infini de la naissance et l’infini des descendants Qu’il faut rapprocher, c’est logique, d’œuvres de mêmes prétentions Afin que nous prenions conscience de ce lignage transcendant.
Tableau « sueños y naturaleza » d’Alfredo Arreguín.
J’aime ces anges de lumière qui nous soignent l’âme et le cœur ; Comme doctoresses acrobates et nous, spectateurs et patients ; Comme prêtresses infirmières et nous simples enfants de chœur ; Afin que le cirque combatte notre enthousiasme déficient !
Tandis qu’en haut de son échelle, elle se tortillait du balcon, Je me risquai d’évaluer le poids de son charme en tutu. Mais la poupée romanichelle faisait ce geste un peu abscons Pour éviter de saluer puis, tomber à bride abattue.
J’ai voulu prendre un pseudonyme comme imaginaire acolyte Mais ce nom de plume m’a pris toute ma personnalité. Et de peur que ne s’envenime cette situation insolite J’ai finalement entrepris d’en faire mon originalité.
La pudeur et l’intimité sont emmêlées depuis l’enfance. Si les moments les plus intimes appartiennent au domaine privé, La pudeur frôle l’inimitié et peut aller jusqu’à l’offense. Alors laquelle est légitime, subjectivée ou objectivée ?
La pudeur et l’intimité sont le prix de l’évolution ; Elles nous rattachent à la bête, ces mammifères qui nous ressemblent. Par honte, par timidité, nous n’osons pas la solution De nous asseoir en tête-à-tête et de se mirer nus ensemble.
Tuer le temps quand je m’ennuie, j’y serais presque bénévole Or je crois qu’entre les secondes existe un temps pour le bonheur. Souvent, au milieu de la nuit, quand le temps stoppe son envol, Juste une pensée vagabonde, de quatre vers, me fait l’honneur.
Parfois le temps qu’il fait s’accorde avec l’humeur du temps qui passe ; Les sanglots de la dépression font pleuvoir les nuages lourds. J’embarque et je lâche la corde dans mon navire de l’espace Pour mesurer la précession des équinoxes au jour le jour.
Souvent mon manège de rêves ressemble à une loterie Dont un inconscient tourniquet crée le hasard de la surprise. J’y fais des apparitions brèves à poil parmi les moqueries Et me réveille paniquée de cette grotesque méprise.
L’art ne prétend pas nous décrire la beauté que nous regardons Mais ce que cache l’apparence des masques en contradictions. Ainsi m’amusé-je à écrire des vers piquants comme un chardon Pour mieux dévoiler l’aberrance de belles phrases en réaction.
Mais lorsqu’à son tour l’art abstrait défie l’école académique Pour s’affranchir de la matière pour des conceptions hors du temps, Alors je réponds, trait pour trait, d’une poésie alchimique
Qui sur ma muse et sa crinière verse une prose de printemps. Qui versifie sur la crinière de ma muse un jeune printemps.
Être une sœur de la montagne pourrait vous paraître anodin Si je n’y trouvais la quiétude auprès de mes amis les oiseaux. Depuis que je bats la campagne dans le devoir du paladin, (avec l’esprit) Je me ressource en altitude auprès des anges en réseau.
Parfois mes rêves représentent le temps que je n’ai su retenir ; Parfois mes songes me préparent à affronter mes vérités. Parfois l’intuition déplaisante me contraint à me souvenir Afin que mon âme répare les bosses et les aspérités.
L’univers naît d’une spirale qui oscille comme un oxymore : D’un mot où l’énergie décroît, d’un mot où celle-ci s’étend. Notre destinée sidérale aspire à la fois vers la mort Et vers un monde, que je crois, au-delà du vide et du temps.
Plutôt que m’accabler d’erreurs, de mes échecs et mes malheurs, J’ai décidé de m’alléger et lâcher prise à la douleur. J’ai vu alors que mes terreurs n’avaient aucune autre valeur Que des soucis désagrégés par cet antidote en couleurs.
Je m’en allai allègrement pour traverser la vie entière Sans autre assurance essentielle qu’une insouciance dans les transferts. J’aurais dû penser autrement et voyager hors des frontières Avec un visa pour le ciel sans escale prévue en enfer.
Dans cette forêt de bambous où je m’étais aventurée, J’imaginais mettre à l’abri toutes mes craintes de la vie. Mais ces défenses mises bout en bout m’ont isolée et emmurée Dans une prison assombrie où mes regrets m’ont poursuivie.
Qui n’a jamais désiré fuir l’activité horizontale Qui fait ramper l’homme enchaîné comme une machine infernale ? Qui n’a jamais voulu s’enfuir dans une quête verticale Sentir l’âme se déchaîner vers sa destinée véritable ?
Quand elle tombe à la renverse par le talent de son amant, La danseuse n’est pas en reste de lui en offrir tout son corps. Point nécessaire qu’ils conversent car ils échangent à tout moment Des expressions d’amours par gestes qu’ils répètent encore et encore.
Les aqueducs rallient les hommes à trinquer à l’eau de la terre En l’apportant dans les fontaines pour en abreuver leurs enfants. Ce pont romain, par le trinôme de ses niveaux complémentaires, Nous vient de la science romaine et de son génie triomphant.
Son instrument à plusieurs cors agit en collaboration Avec le souffle des bourdons mû par la force pectorale Du musicien qui prête son corps et toute sa respiration Pour nous offrir le grand cordon de la musique pastorale.
« Une seule flèche à la fois ! » Ainsi s’annonce la devise À laquelle a prêté serment l’archer fidèle à son étude. L’intime profession de foi guide ses deux mains lorsqu’il vise Sa cible tout en refermant les deux yeux en toute quiétude.
Ô vous, multitude d’objets de mon musée particulier ! Chacun me raconte une histoire et s’attache à ma destinée. Tous représentent un sujet, un épisode singulier, Une belle rencontre notoire sans aucun doute prédestinée.
Zeus se métamorphose en taureau afin de tromper son épouse ; Imprudente Europe l’approche, émue, et le chevauche à cru. Malgré vos ragots immoraux, ils s’accouplent sur la pelouse. Ne leur en faites point reproche, les dieux sont parfois incongrus.
Ne croyez pas qu’elle vous ignore si elle passe sans vous voir ; Vous n’arrivez pas sur sa liste en tête de compétition. Si votre cote vous minore, elle ne voudra rien savoir Car elle cherche un spécialiste pour satisfaire ses ambitions
Lorsque je fus handicapé après ma chute dans les montagnes, J’ai cherché à être embauché pour un travail à temps partiel. Mais je n’étais qu’un rescapé déchu du pays de cocagne Et elle n’a pas décoché la moindre flèche concurrentielle circonstancielle.
Nous assistons à des versions qui vont plus vite que le temps ; Le progrès, à toute vitesse, a démodé le patrimoine. Dommage pour la conversion de nos paysages d’antan Qui frise un peu l’impolitesse dont le futur se dédouane.
Tableau « Ponts sur la Seine à Asnières » 1887 de Vincent Van Gogh.
L’homme assimile les couleurs de son monde en évolution. Aussi bien dans ses chromosomes que dans l’échange des cultures. Oublions nos vieilles douleurs et unissons nos solutions Afin que l’avenir de l’homme prenne une apparence mature.
Sous l’influence et la couleur de la phénoménologie, Les expériences essentielles transforment le corps et l’esprit. Et je ressens comme douleur ce fort passage d’énergie Qui modifie mon potentiel que je veux quel qu’en soit le prix.
La phénoménologie est une approche philosophique qui explore les expériences de la vie.
L’espace et le temps réunis à l’énergie de l’univers Ont permis la vie généreuse avec amour et cruauté. La mort restera impunie car elle n’est qu’un fait divers Sur la nature dévoreuse de cette étrange communauté.
La Terre donne en abondance, elle reprend en représailles. La raison du déséquilibre n’est pas écrite dans les livres. Acceptons cette dépendance et célébrons nos épousailles Avec ce fragile équilibre qui fait notre raison de vivre.
La Pachamama, déesse-Terre-Mère dans la cosmogonie andine, revêt deux personnalités, l’une généreuse et fertile, l’autre vindicative lorsqu’elle ne reçoit pas son dû. Sa relation avec les hommes engendre un équilibre si précaire que quelques actions indiscrètes ou gestes équivoques, quelques manquements que ce soit au protocole peuvent entraîner des représailles.
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Notre Terre est malade, tous ses arbres frémissent, Avec l’air pollué et l’eau pleine d’engrais. Au cours de mes balades, j’aperçois les prémisses Qui ont évolué à l’envers du progrès.
Les arbres communiquent comme organes sensibles Et répandent dans l’air le tanin de leurs feuilles. Les animaux paniquent et leur mort ostensible Sonnera la colère d’une planète en deuil.
Dans l’organisme de la ville où les artères se développent, Des venelles et des ruelles plongent au cœur de la casbah. Une population servile mêlée d’étrangers interlopes Anime des passions cruelles épicées d’encens et tabac.
Le temps nous paraît uniforme mais vibre entre deux battements ; Un instant bleu imperceptible, un instant rouge indiscernable. Leur association nous transforme selon la force du moment Et nous devenons susceptibles d’être insensés ou raisonnables.
Quarante siècles de tulipes contempleraient les terres basses Si j’en honorais la Hollande au rang des fournisseurs des dieux. La fleur dont mon cœur s’émancipe, dont mes sentiments se surpassent Lorsqu’elle fleurit de guirlandes la route vers l’amour radieux.
Photo de Dotz Soh su www.designyoutrust.com201907magical-cityscapes-and-travel-landscapes-by-dotz-soh .
Lorsque l’alchimiste suprême réunit les quatre éléments ; L’eau dans le creuset de la terre et le feu sacré dans le ciel, Deux météores, les plus extrêmes, divinisent le firmament Entre une aube crépusculaire et un coucher concurrentiel.
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La ville jardin se réveille dans la péninsule malaise Et, peu à peu, toutes les îles se joignent au flux économique. Là-bas, au pays des merveilles, aux côtes bordées de falaises, Le paradis semble en exil dans ces couleurs panoramiques.
Dans la forêt corpusculaire et de la sylve urbanisée, La densité des habitants s’étend dans l’ombre taciturne. Et le soleil crépusculaire prévient ce monde organisé Que la journée n’est qu’au mitan de ses activités nocturnes.
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Me voici entre deux étapes et je ne peux plus reculer ; Juste avancer mais sans savoir lorsque cela s’arrêtera. La seule force qui me retape alors que je suis acculé, Est d’espérer apercevoir l’espoir qui me rachètera.
Cette intimité impudique déguisée par un pseudonyme, Me permet de faire apparaître tous mes fantasmes en silhouette. Je stimule ce côté ludique par une femme nue anonyme, Glissée dans un décor champêtre comme amusante pirouette.
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Comme j’ai de plus en plus de mal d’avoir un regard objectif, Je suis monté sur le perchoir de l’examen que je poursuis. Mais l’information minimale ne livre à mon goût subjectif Qu’un espoir qui pourrait déchoir si je vois vraiment où j’en suis.
Honoré de Balzac écrivait des reflets En une seule phrase de deux lignes seulement. Il y racontait tout, des satires, des pamphlets, Le proverbe du jour, parfois même un roman.
Je ne puis qu’admirer le talent de ce maître Qui parvint à caser sa comédie humaine. Pour mes propres poèmes je n’ai su m’y soumettre En au moins quatre lignes et quinze par semaine.
C’était mon rêve de cette nuit où l’on avait retrouvé 600 reflets roses inédits d’Honoré de Balzac et qu’on avait adaptés en série télévisée. Malheureusement je ne me souviens d’aucun et c’est dommage car j’aurais pu les plagier en toute impunité.
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Dans notre société factice faite du commerce des sens Où chaque jour fait la surprise de sensations catastrophiques, Je crains qu’à court terme, le practice de mes yeux en effervescence Ne donne lieu, par cette emprise, à un regard photographique.