Catégorie : Reflets Vers inédits

Les maladroits, les trop osés, les non satisfaisants, les « à revoir » et tous ceux qui auraient sans doute dû finir à la poubelle.
Ils n’ont pas été choisis. Trop vifs, trop mous, trop bruts, trop flous.
Mais ils sont là. Fragments d’élan, chutes de vers, éclats d’essai.
Ils ne brillent pas toujours… mais parfois, ils clignent de l’âme.

  • En voiture, Fabienne !

    En voiture, Fabienne !

    Qui veut voyager loin, ménage sans monture.
    Oui mais nous, dans le coin, n’avons pas de voiture.
    Je cherche un side-car, une bonne occasion
    Pour partir au hasard notre grande évasion.

    Illustration de Fred Calleri.

  • Fin d’après-midi

    Fin d’après-midi

    Toi, tu es toujours nulle part ou ailleurs, je ne sais jamais.
    Moi, je suis devant ma fenêtre, dehors déjà la nuit tombe.
    Toi, tu es toujours sur le départ comme si ta vie t’affamait.
    Moi, j’attendrai le jour renaître, tant pis si l’amour succombe.

    Là-bas dans l’immeuble en face, quelqu’un ouvre les rideaux.
    Il m’observe, je suis nue et j’ai très envie de lui.
    Il me fait signe dans la glace, je me lève rapidos.
    Que serai-je devenue s’il ne sonne pas à mon huis ?

    Photo d’Oleg Gabisov plus connu sous le pseudonyme Karman Verdi.

  • Sophie et les cigognes

    Cigogne, cigogne mon amie, ne vois-tu vraiment rien venir ?
    Quand m’apporteras-tu l’enfant que je commande au fil des mois ?
    Cigogne, es-tu mon ennemie ? Pourquoi ternir mon avenir
    Si tu n’as pas l’air triomphant et ta livraison atermoies ?

    Cigogne, cigogne, ce matin me procureras-tu enfin
    L’enfant qui fera le bonheur et le soleil dans la maison ?
    L’oiseau tient un sac de satin, arrive comme un jour sans fin
    Et pose le fruit d’une teneur d’au moins neuf mois de couvaison.

    Tableaux de Rezzan Ganiz.

  • Le réseau rural

    Le réseau rural

    Dans les campagnes, pas de réseau ? Je vais vous confier un secret :
    Chez nous les vaches et les oiseaux échangent des avis discrets
    Sur les nouvelles des forêts qui se disent sur la planète
    Dont les humains sont ignorés, jugés cruels et malhonnêtes.

    Illustration de Jan Pashley.

  • Les amours contrariées

    Les amours contrariées

    Parce que l’amour coule de source, on croit qu’il suffit de s’aimer.
    Eh non ! L’amour ne se construit que si les cœurs sont accordés.
    Il faut savoir ouvrir sa bourse, ensemencer, laisser germer
    Et puis, laisser mûrir le fruit et aux saveurs se raccorder.

    Tableau de Roza Goneva.

  • La fuite dans la nature

    Entre les cris d’enfants braillards et les chiens qui hurlent à la mort,
    Je suis parti dans la nature pour d’autre atmosphère essentielle.
    J’ai vu des vaches, l’air gaillard, paître sans le moindre remords
    Et leurs compagnes miniatures parées de fleurs providentielles.

    Une âne, coiffé d’un beau chapeau, volé à quelque épouvantail,
    Parlait de pluie et de beau temps, informé par des papillons,
    Avec son ami l’escargot, les antennes en éventail.
    Quant à moi, j’en ai fait autant et j’ai piqué un roupillon.

    Illustration de Jan Pashley.

  • L’affaire du collier

    L’affaire du collier

    En ce temps là, aller au bal nourrissait son réseau social.
    On y rencontrait des amis ou des amants épistoliers.
    La politesse était verbale, monotone ou bien glaciale
    Selon si ses pires ennemies lorgnait un peu trop son collier.

    Tableau d’Olga Kondakova sur http:kids-pix.blogspot.com201111blog-post_7208.html#more .

  • Au temps des hommes libres

    Au temps des hommes libres

    C’était au temps des chevaux libres, quand les plaines n’étaient à personne ;
    C’était au temps des hommes braves, avant la mondialisation.
    C’était au temps de l’équilibre entre la nature et la faune ;
    C’était au temps où nulle entrave gênait la civilisation.

    Tableau de Penelope Bushman.

  • Les histoires du chas percé

    Les histoires du chas percé

    Dans les vagues de ma mémoire, j’ai retrouvé le chat Moka.
    Et ce chat siamois de ma tante par ses yeux bleus me transperçait.
    Ils sont restés dans l’écumoire des jours où la vie m’évoqua
    Quelques périodes de détente dans mes histoires du chas percé.

    Illustration de Kelly Beeman.

  • La gardienne des clefs

    La gardienne des clefs

    Clef du bonheur ou clef des champs ? Elle en possède plusieurs copies.
    Clef de voûte ou bien clef de sol ? Elle en détient l’usage unique.
    Son trousseau paraît aguichant tellement il ouvre d’utopies
    Mais notez telle une boussole : La clef des cœurs sur sa tunique.

    Tableau de Mamuka Didebashvili.

  • Le mathématicien

    Le mathématicien

    Sa tête, un ensemble d’ellipses qui lui quadraturent le cercle.
    Regard carré, observateur qui met ses yeux en équation.
    Si parfois l’attention s’éclipse, il soulève juste le couvercle
    De l’inconnu dérivateur de sa parfaite adéquation.

    Tableau de Mamuka Didebashvili.

  • Le leader

    Le leader

    Le crâne aux pensées étriquées ressemble au bâton de parole
    Dont il abuse sur nos têtes dont il accuse nos esprits.
    Fureur de mener imbriquée à sa passion des jeux de rôles,
    Il a choisi d’être en vedette et leader quel qu’en soit le prix.

    Tableau de Mamuka Didebashvili.

  • Derrière le masque

    Derrière le masque

    Tout nu ou presque, derrière leurs masques, ils en ont fait leur profession.
    On les croit semblables à nous-mêmes, pas du tout, ce sont des larrons.
    On leur donne, à leurs airs fantasques, le bon dieu presque sans confession.
    Mais qui sont-ils donc ? Quel dilemme ! Comment ils nous rendent marron !

    Tableau de Maia Ramishvili.

  • Joli masque

    Joli masque

    Son joli masque, mascarade, qui lui sert à dissimuler
    Un regard un peu trop timide ou l’œil qui se met à pleurer.
    Un face-à-main qui fait parade peut-être bien pour simuler
    Des sentiments qui intimident par un loup qui aide à leurrer.

    Tableau de Maia Ramishvili.

  • L’illumination

    L’illumination

    Trouver, finir ou aboutir, ne représente qu’une fin.
    En revanche, l’illumination signifie parcours et chemin.
    L’important est de ressentir, connaître la soif et la faim
    Joindre l’esprit et l’intuition et recommencer dès demain.

    Tableau de Marti Fenton.

  • Le visionnaire

    Le visionnaire

    L’œil qui ne voit que l’illusion ne perçoit qu’une image plate ;
    L’œil qui perçoit sa profondeur voit au-delà de la vision.
    Derrière le monde en collusion, lorsque le rideau se dilate,
    Est un rayon échosondeur qui révèle les collisions.

    Tableau de Marti Fenton.

  • Trop tiède !

    Trop tiède !

    Le matin, trop grise et trop froide ; l’après-midi, bleue et trop chaude ;
    Le soir assombrie et trop tiède ; la mer paraît cyclothymique.
    Les vacanciers grisés et roides ; les estivantes qui minaudent
    Avec leurs toutous quadrupèdes ; l’été devient paroxysmique.

    Illustration de Fred Calleri.

  • Miss Dalton

    Miss Dalton

    Toujours ses quatre Pitbull-Terrier tenus d’une main draconienne,
    Elle allait calmer les douleurs de son cœur auprès des grands arbres.
    À sa manière contrariée, je sus qu’elle était daltonienne
    Car lorsqu’on hissait les couleurs, mademoiselle restait de marbre.

    Illustration de Fred Calleri.

  • Sur la route des vins

    Sur la route des vins

    Sur la route des vins clairets, elle guettait le compagnon
    Qui lui ferait goûter l’ivresse autre que des spiritueux.
    Un demi sourire éclairait son regard câlin et mignon
    Qui allait crocher d’allégresse son bel amant talentueux.

    Illustration de Fred Calleri.

  • La carte du vin tendre

    La carte du vin tendre

    Comme elle a pris goût aux tanins que le vin rouge donne au sexe,
    Elle a décidé d’établir sa propre carte du vin tendre.
    D’un geste noble et féminin, elle trempe le bout de l’index
    Puis elle caresse, pour l’anoblir, l’amour qui ne saurait attendre.

    Illustration de Fred Calleri.

  • Où vont les âmes ?

    L’arbre des âmes disparues, pareil à l’automne à l’envers,
    Recueille celles qui sont en hiver et les rattache entre ses branches.
    Lorsqu’elles auront comparu devant le Dieu de l’Univers,
    Peut-être, s’Il a l’endroit ouvert, leur laisser a-t-il une autre chance.

    Alors le printemps qui bourgeonne les transmettra dans les cellules
    Qui renaîtront dans des ovules fécondés d’un nouvel espoir.
    Ainsi cette âme sauvageonne, légère comme libellule
    Quittera l’abri de sa bulle pour suivre une autre trajectoire.

    Tableau d’Alessandro Sicioldr.

  • Le cœur du conquérant

    Le cœur du jeune capitaine incarne l’esprit du conquérant
    Et don esprit fait équipage avec le bateau tout entier.
    Le corps, lui, brandit sa carène devant la force des courants
    Et le vent souhaite bon voyage à l’âme, le chef du chantier.

    Tableau de David Grove.

  • La nuit au féminin

    La nuit au féminin

    Si la nuit était une femme, elle serait chaude et sensuelle
    Et procréerait des univers pour enfanter au jour le jour.
    Si la nuit renfermait notre âme, elle serait l’Être spirituel
    Qui au plus profond de l’hiver brillerait d’étoiles d’amour.

    Tableau de Karol Bak.

  • Le temps au féminin

    Le temps au féminin

    Si le temps était une femme, elle serait toujours en retard
    Parce que l’amour lui filerait des doigts comme du sable fin.
    Si le temps était une flamme, elle mettrait le feu aux pétards
    Et notre vie s’échapperait dans une détonation sans fin.

    Tableau de Karol Bak.

  • L’autre jardin des délices

    L’autre jardin des délices

    Si Ève avait été maligne avec l’intuition féminine,
    Elle aurait refusé la pomme et tout serait xx en somme,
    Nous vivrions nus sans nous fâcher et sans avoir à se cacher
    Nous ferions l’amour comme des bêtes sans avoir à se prendre la tête.

    Oui mais…
    Nous serions des bêtes de somme, aussi bien les femmes que les hommes.
    À forniquer avec aisance mais sans un sou de connaissance.
    Adieu le pouvoir de l’argent et ce qui va en partageant
    Les petits larcins entre ennemis, les bons comptes font les bons amis.

    Et alors ?
    Finie la crainte de la mort… pas de souci, pas de remords.
    Au lieu du paradis sur Terre, nous vivrions peut-être en enfer.
    Finalement, Ève a bien fait de prendre ce fieffé forfait
    De vivre avec intelligence …

    … plutôt que bête. Quelle engeance !
    … et supporter l’intransigeance.
    … une vie de désobligeance.
    … et puis, travailler dans l’urgence.

    Tableau de Michael Hutter.

  • Le jugement dément

    Le jugement dément

    Le jour des fous, on donne au singe le pouvoir de juger les hommes
    Aidé par deux femmes partiales qui viennent aussi régler leurs comptes.
    Alors, creusez-vous les méninges ! Devez-vous craindre ce trinôme ?
    Montrez-vous vous-même impartial et versez leur donc un acompte !

    Tableau de Michael Hutter.

  • Le monde sans la connaissance

    Le monde sans la connaissance

    Les fornications collectives bannies de la moralité
    Depuis le péché originel heurtent la sensibilité.
    Cependant si la tentative du diable avait été évitée
    Ce seraient des scènes banales en toute généralité.

    Bien sûr, nous serions tous des bêtes qui pècheraient sans le savoir
    Comme le lion et le rat, comme le chat et la souris.
    Mais nous ferions toujours la fête en faisant notre vrai devoir :
    Celui que Dieu, ce scélérat, avait prévu comme plan pourri.

    Tableau de Michael Hutter.

  • Les jolies colonies de vacances russes

    Les jolies colonies de vacances russes

    C’était au temps où les garçons commençaient la reconnaissance
    De l’entraînement militaire pour leur devoir de patriote.
    Les secrets du cheval d’arçon et la gymnastique à outrance
    Transformaient tous ces volontaires en jeunes loups, soldats, pilotes.

    Après le lever de drapeau commencent les activités ;
    Apprendre à allumer un feu ou à sauver un camarade.
    Prendre les armes au dépôt, maîtriser la rapidité
    Le but de ce drôle de jeu ? Commencer tôt la mascarade !

    Ces joyeuses activités sont décrites ici : https:www.opnminded.com20170117originales-colonies-de-vacances-militaires-russie-camps-doctrine-armee-patriotisme-soldats.html .

    Tableau de Pyotr Konchalovsky.

  • Le fruit défendu

    Le fruit défendu

    Voyez dans les créneaux de noix, voyez plus qu’un cerveau de bois.
    Vous y verrez une matrice et ses amours reproductrices.
    Croquez dans le fruit défendu ; savourez-le, bien entendu
    Et goûtez-en toute l’extase qui mène jusqu’à l’ épectase.

    Tableau de Vladimir Kush.

  • Jour et nuit

    Jour et nuit

    Le jour s’incarne en Roméo et la nuit s’incarne en Juliette
    Lorsque les billes se jumellent et les cités s’interpénètrent.
    L’ombre cachée sous les préaux s’ouvre à la lumière douillette
    Et la pénombre s’entremêle aux premiers rayons aux fenêtres.

    Tableau de Sergey Nikolayevich Lukyanov.

  • Fond et surface

    Fond et surface

    Comme un monde dans un monde, en dessous de la surface,
    Je retourne aux origines dans le monde du silence.
    Les courants portent les ondes prisonnières de l’interface
    Entre l’espace androgyne et cette matrice immense.

    Photo de Elnaz Mansouri.

  • Petit déjeuner habituel

    Petit déjeuner habituel

    Chaque fois qu’Alice est survoltée, qu’elle roule sa mère dans la farine,
    Répond « je n’sais pas » à son chat en mettant l’café dans l’quignon.
    Son cœur a dû virevolter plus de mille fois dans sa poitrine
    À cause de Boris et Natacha qui se dont crêpé le chignon.

    Illustration d’Aitch Heliana.

  • Même pas peur !

    Même pas peur !

    Finalement la grande roue qui emportera tout le monde
    Nous paraît comme un accident qui fait partie du quotidien.
    À cet effet, les grands gourous nous cachent ces pertes immondes
    Et grâce aux antioxydants, masques et vaccins, tout va très bien !

    Trompe-l’œil de Julian Beever.

  • Very strange !

    Very strange !

    Il était un p’tit homme tout blanc, assis sur un trône écarlate,
    Qu’elle observait par sa lorgnette en se hissant sur les talons.
    Elle, elle pensait qu’il était troublant de voir ce bonhomme en savate
    Qui lui montrait ses coucougnettes par les plis de son pantalon.

    Illustration d’Aitch Heliana.

  • La tête en fête

    La tête en fête

    Votre corps contient votre tête, laquelle contient votre cerveau,
    Lequel contient plein de pensées et de soucis et de délices.
    Les yeux aussi sont à la fête dont les oreilles font le pivot
    Des confidences récompensées avec un gros bouquet de lys.

    Illustration d’Aitch Heliana.

  • Le fruit qui mûrit

    Le fruit qui mûrit

    Dans le top secret protégé par l’utérus confidentiel
    Vit le beau fruit de vos amours qui mûrit, il vous en répond.
    Quand il sera temps de propager le message providentiel
    De celle qui s’ouvrira au jour, de l’eau coulera sous les ponts.

    Illustration d’Aitch Heliana.

  • Le cheval qui sait tout

    Le cheval qui sait tout

    Cheval le dire à ton oreille qu’un garçon rêve de toi la nuit.
    Cheval le montrer à ton œil que son cœur pour toi bat très fort.
    Ce cheval m’a pas sa pareille pour découvrir l’amour qui luit.
    Alors faites-lui bon accueil car il est d’un bon réconfort.

    Illustration d’Aitch Heliana.

  • Katharine Wright

    Elle soutint et inspira les pionniers de l’aviation ;
    Ses frères Wright reconnaissaient son influence extravertie.
    Plus tard, elle leur suggérera la forme de l’embarcation
    D’une lime à ongle enchâssée dans une pince à linge sertie.

    Tant et si bien qu’elle en rêva emportée par l’aéroplane
    Bien installée dans la carlingue et trouva son vol merveilleux.
    Et dans ce songe, elle observa qu’elle pourrait faire du deltaplane
    En enlevant la pince à linge et en n’ayant pas froid aux yeux.

    Tableau de Didier Lourenco.

  • La Mère Médard

    La Mère Médard

    La Mère Médard, très peu connue seconde souvent son mari
    Mais si celui-ci n’est qu’un Saint, elle au contraire a de gros seins.
    C’est un’ jardinière reconnue et tout l’été devient marrie
    Contre les brasiers assassins qui perturbent ainsi ses desseins.

    Alors la nuit, elle se venge et envoie fortes pluies d’averses
    Des ruisseaux approvisionneurs pour faire grossir les torrents.
    Puis elle plonge dans la fange surtout les chemins de traverses
    Pour empêcher les randonneurs de faire des feux dévorants.

    Tableau de Diana Sudyka.

  • Trop tard !

    Trop tard !

    Si elle mange une cerise après l’amour, il est trop tard !
    C’est une mante religieuse qui doit, comme à l’accoutumée,
    Prendre un fruit qui lui favorise l’action de vous mordre le dard
    Et puis, de façon prodigieuse, entièrement vous consumer.

    Tableau de Malcolm T. Liepke.

  • Rassemblement de chasseurs

    Rassemblement de chasseurs

    Pourquoi les chasseurs se rassemblent-ils au cœur de la forêt ?
    Les cerfs comptent contrer l’offense grâce au manteau fourni par Diane.
    Les animaux restent ensemble cachés sous la robe perforée
    De mille cachettes de défense qui protège de manière idoine.

    Pierre et le loup et son grand-père font partie de la résistance
    Avec les oies et les canards pour la surveillance aérienne.
    Cette année, tout le monde espère mettre la pâtée la plus intense
    À tous ces chasseurs de cornards et leurs addictions vénériennes.

    Tableau de Diana Sudyka.

  • Les yeux de Morphée

    Les yeux de Morphée

    Lorsque Morphée vous tend ses lèvres à défaut de ses bras puissants
    Elle goûte votre appétence à la qualité du sommeil.
    J’l’ai embrassée de tant de fièvre d’un baiser profond et jouissant
    Que désormais, quand ça commence, elle met ses lunettes de soleil.

    « Lorsque nous dormons tous les deux, nos yeux doivent rester fermés ! »
    M’annonce-t-elle, maternelle, et me rendre amoureuse me nuit.
    « Quant aux lunettes, c’est hasardeux de s’biser, je dois l’affirmer
    Parce que mon repos éternel reste éblouit toute la nuit. »

    Tableau de Malcolm T. Liepke.

  • Mes nouveaux maîtres à penser

    Mes nouveaux maîtres à penser

    Depuis que je possède une tête d’oiseau après ma chute de quinze mètres,
    Mes ailes n’s’sont pas matérialisées d’une manière tragi-comique.
    Certes, j’ai perdu mon réseau mais j’ai trouvé mes nouveaux maîtres ;
    Une maîtresse idéalisée et Cherche-Midi, le chat Mystique.

    Illustration d’Aitch Heliana.

  • La voix sans issue

    Voici l’histoire fantastique d’une sirène et deux poissons
    Qui voulaient briller au soleil pour une existence terrestre.
    Pour la sirène, c’est dramatique, elle perdit son don d’oraison ;
    Pour les poissons, c’est pas pareil, ils furent au menu d’ la Saint-Sylvestre.

    La sirène retrouva sa voix, elle avait simplement pris froid.
    Pour les poissons, on s’est trompé, on les a vite relâchés.
    Ils ont chacun repris la voie de la pleine mer avec effroi
    Ils ont le moral bien trempé et, finalement, restent cachés.

    Illustration de Laurel Burch.

  • La liseuse de code barre

    La liseuse de code barre

    Elle sait lire entre les lignes et surtout entre les rayures
    Et plus vous lui cambrez le corps et plus elle voit clairement.
    Elle a commencé par les cygnes dont le cou fait belle courbure
    Mais le zèbre est toujours d’accord pour le meilleur éclairement.

    Tableau de Jahar Dasgupta.

  • La reine fantôme

    La reine fantôme

    La reine blanche a succombé sous les coups du vieux roi négro
    Mais son chien est resté fidèle et guette sa venue la nuit.
    Le fantôme vient le surplomber car il dort entre les carreaux
    Et lui tient longtemps la chandelle jusqu’aux douze coups de minuit.

    Tableau d’Alex Alemany.

  • Tricoteuse de mer

    Tricoteuse de mer

    Une vague à l’envers, une vague à l’endroit,
    Avec un peu d’écume et de brume marine,
    Un joli pull-over à remettre à son roi
    Sa Majesté Neptune aux écailles azurine.

    Une vague tressée, une vague en crochet
    Les aiguilles tricotent sous les mains qui tremblotent.
    Il faudrait se presser, il faudrait s’accrocher !
    Elle en a les chochottes et fait dans sa culotte.

    Une vague à l’envers, une vague à l’endroit,
    Elle est professionnelle, tout ira bien pour elle.
    Ce Neptune pervers, certes un peu maladroit,
    Laissa l’exceptionnelle marge à la demoiselle.

    Tableau d’Alex Alemany.

  • Raccommodeuse de mer

    Raccommodeuse de mer

    Que fait donc la raccommodeuse und fois terminé ses filets ?
    Pardi ! Elle rentre à la maison pour se reposer dans sa chambre.
    Mais la mer se fait demandeuse car sa marée s’est effilée
    Après les écueils de saison qui se répandent en novembre.

    Tableau d’Alex Alemany.

  • Le loup est mort ce soir

    Le loup est mort ce soir

    Dans la jungle toute en plastique, le loup est mort, vive le loup !
    Fou de rage de ce carnage, le loup est mort, vive le loup !
    Parmi les arbres synthétiques, le loup est mort, vive le loup !
    Il a perdu son apanage, le loup est mort, vive le loup !

    Les beaux dégâts chez les bergers avaient mis sa tête à l’affiche.
    Les coups fourrés dans les fourrés ne seront plus la loi du plus fort.
    L’homme humilié a gambergé et coupé la forêt en friche,
    Remplacée d’une échauffourée de nylon et de photophores.

    Tableau de Martin Wittfooth.

  • L’angelle décriée

    L’angelle décriée

    Dès que l’ange déploya ses ailes, on n’entendit que le silence
    Puis, la rumeur scandalisée par ce qu’un ange ne pouvait avoir.
    Ces mamelles autour des aisselles, ces nichons nus, quelle insolence !
    Et la pauvre Sainte-Élysée s’enfuir et manquer son devoir.

    Tableau d’Omar Ortiz pour réparer ma censure du 11.02.2020.