Les maladroits, les trop osés, les non satisfaisants, les « à revoir » et tous ceux qui auraient sans doute dû finir à la poubelle.
Ils n’ont pas été choisis. Trop vifs, trop mous, trop bruts, trop flous.
Mais ils sont là. Fragments d’élan, chutes de vers, éclats d’essai.
Ils ne brillent pas toujours… mais parfois, ils clignent de l’âme.
Tous les chemins que je parcours, les changements de directions, Restent gravés dans ma mémoire comme un labyrinthe de vie. Souvent mes rêves y ont recours et j’en éprouve l’affection, À chaque page du grimoire, de revivre encore mes envies.
Finalement les hirondelles qui migratent à tire d’aile, Sont pionnières de l’impulsion de voyager en compulsion. À pied, à cheval, en voiture, elles observent l’aventure De la migration à l’échelle humaine des polichinelles.
L’internet, ce grand paradoxe qui nous relie à l’univers, Nous emprisonne dans sa bulle comme coquille évolutive. Tandis que secrets et intox s’y répandent comme des vers, On y vit, on y déambule comme une addiction maladive.
Tandis que tous se précipitent pour s’faire avaler dans la masse, L’élite plane en avion, les chiens aboient, rien ne se passe. Pourtant les foules décrépites se font attraper dans la nasse Pour y retourner dès l’occasion annoncée pour courir l’espace.
Quelques chromosomes du tigre collaborent au patrimoine De mon matou Cherche-Midi, notamment quand il va s’asseoir. Surtout aussi lorsqu’il dénigre l’espèce de nourriture idoine Dont il me fait la comédie au moins matin, midi et soir.
Heureusement que nous, les pauvres, puissions admirer les plus riches ! Aussi bien les familles royales, que la jet-set et les idoles. Les médias mettent tout en œuvre pour mettre en avant ceux qui trichent Mais, plaise à mon âme loyale, on m’envie dans mon alvéole.
Et pourquoi pas les yeux fermés quand on est bonne esthéticienne Et que la main perçoit et voit, guidée par le bout de ses doigts ? Cette femme, je peux l’affirmer, ferait une bonne politicienne Si elle devait couper les voix quand il le faut, comme il se doit.
Son corps devient un instrument de musique au charme troublant Dont l’artiste tire du profond de son cœur toute l’expression. Elle nous hypnotise crûment par ses mouvements affublants Tandis que notre œil se morfond de n’en retenir la pression.
Qu’elle soit nue ou presque nue, cela n’a aucune importance ! Son corps entier est le spectacle qui montre l’âme de l’auteur. Certes, ses seins ont obtenu l’attention de toute l’assistance Mais tout l’ensemble est au pinacle dont le nu se fait le moteur.
Alléluia, ils sont venus ! Alléluia, ils sont partis ! Les coquelicots cette année ont enchanté les champs de blé. Ce soir, qu’est-ce sont-ils devenus ? Des héros en fin de partie Inspirant des miscellanées de poèmes aux joies endiablées.
Une queue de fleurs innombrables bloquait l’accès aux champs d’osmondes ; J’ai patienté jusqu’à mon tour pour en connaître la raison. Des tournesols indénombrables regardaient le film du monde D’un vieux soleil sur le retour et qui clôturait la saison.
Je me souviens navigateur, accompagné de l’âme-sœur, Parmi les spermatozoïdes pour devenir humanoïde. Nous avons choisi le plus fort, nous l’avons choisi sans effort Car il est venu spontanément se frotter à notre gréement.
Elle révère les roses blanches qui lui ressemblent comme une sœur ; Une peau pâle et satinée qui ne demande qu’une caresse, Une ineffable beauté qui tranche quand elle est parmi les chasseurs, Et des épines gratinées s’ils la cajolent avec paresse.
Sous les informations qui tombent, sous la pression des hécatombes, Je prends la main de ma chérie et nous dansons tout aguerris. Nous louvoyons entre les trous d’argent de la poupe à la proue Pauvres d’avoir tant ramassé, riches d’avoir tout dépensé.
Quand le Titanic a coulé, deux scaphandriers sont descendus Chercher ses trésors enfouis après ce coup de Waterloo. Au bout de trois heures écoulées, on vit qu’ils s’étaient dépendus De leurs câbles et s’étaient enfui pour vivre comme un poisson dans l’eau.
Elle affichait un air farouche lors de notre première rencontre Et battait des ailes impatientes comme une chatte sur le toit. Mais ce n’était qu’une escarmouche ; un genre de test « pour ou contre ? » J’avais, d’une voix insouciante, sorti : « plutôt tout contre toi ! »
Trop robot pour être réelle comme l’avait écrit Prévert, La femme en titane peut plaire à l’homme atomique et moderne. Sauf que sa jeunesse cruelle risque une déception sévère S’il n’existe qu’un seul exemplaire dont l’aval arrive à son terme.
D’abord, son chapeau insolite dans le brouillard évoque l’œuf Qu’un drôle d’oiseau mais poétique aurait pondu avec génie. Mais bientôt la brume habilite la silhouette d’une meuf Qui m’examine pathétique comme si j’étais tombé du nid.
Un petit sourire moqueur qui remplacerait tout un poème ; Un petit regard langoureux qui renouvellerait la prose. La femme maîtrise son cœur et celui de l’amant bohème Qui deviendra fou amoureux et qui verra la vie en rose.
D’un sacrifice à l’esthétique, qu’est-il de plus précieux que l’art ? L’art d’une beauté naturelle ou un maquillage Picasso ? Je penserais plus pathétique une peau vierge de ses fards À son expression visuelle, mon cœur y braque ses faisceaux.
Les gens qui oublient leur chapeau ou une écharpe, évidemment, N’oublient rien ; ils posent des pièges pour capturer son ramasseur. En fait, il s’agit d’un appeau pour vous attirer puissamment Dans les bas fonds qui mènent au siège d’où vous observe le chasseur.
Trop de prudence et je sature de complots perfides et cruels ; J’ajoute de la témérité et tout devient sans importance. Alors je marche dans l’azur les yeux bandés sur l’actuel Tout en essayant d’éviter de chuter dans l’inadvertance l’incompétence.
Je viens chercher l’inspiration parmi ces yeux observateurs Qui ont tout vu, qui savent tout sur tout ce qui brille au soleil. J’écoute leurs conspirations à propos des cultivateurs Qui vont bientôt couper le cou à ces délateurs sans pareil.
Son laisser-aller personnel dévorait son temps passionnel Or, c’était lui qui grossissait et c’était elle qui subissait. Car mélanger grâce et caresses finit par entourer de graisse Son cœur qui doit pomper l’amour avec une tonne d’humour.
Les portraits issus du passé ont outrepassé la technique Car l’art de la photographie à la vitesse de la lumière Laissent un visage compassé et un rictus dans sa mimique Dont le souvenir s’atrophie par overdose coutumière.
Le peintre, lui, prend tout son temps ; il ne le prend pas, il l’impose L’œil à besoin d’éternité pour capter la vie du sujet. Puis, la main tâte, elle attend le trait important de la pose Et offre la paternité qu’aujourd’hui nous pouvons juger.
Des fleurs des champs cueillies à l’aube et piquées sur toile de lin Ont transformé leur couturière en un bouquet rafraîchissant. Deux cerises pendues aux lobes et un pendentif cristallin Ont favorisé sa carrière par un prestige attendrissant.
Les yeux aux ailes des papillons trompent l’œil de ses ennemis ; Ainsi mes yeux qui papillonnent troublent le cœur de mon amie. Sous les paupières ensommeillées de nos nuits blanches réfrénées, Que de joies m’ont émerveillé, que d’amours m’ont rasséréné !
Pour notre fête nationale nous attendions des pom-pom girls Munies de pompons rouge et blanc assortis à notre drapeau. Suite à une erreur cantonale nous avons reçu une cow-girl Qui a semé un froid troublant chez les suissesses à fleur de peau.
Juste un chapeau tombant du ciel, juste deux bas montant du sol Et pour le reste presque rien, juste un voile noir qui vole au vent. Si la tenue fait l’essentiel, moins il y en a, plus on raffole Car si la fille y met du sien, elle charmera en l’enlevant.
Toutes les nuits, comme au printemps, il repeint de nouvelles couleurs. Quand vient l’hiver, le mauvais temps, il efface toutes les douleurs. À l’aube dite, tout devient vert, le cœur retrouvé un peu d’humour. Puis à midi, un petit verre et le cœur sourira d’amour.
Isaac Newton et la pomme, la pomme tombant sur Newton Fait la loi de gravitation et tout le poids de la matière ! Une jolie femme avec des hommes, la femme tombant dans les pommes Fait la loi de fécondation et les amours primesautières.
Les plaies d’argent, quelle infortune ! Les pertes de temps, quelle avanie ! Mais dans la vie, tout redémarre ; la roue tourne toujours très longtemps. Pour l’argent, demande à la Lune lorsqu’elle croît à l’épiphanie ; Pour le temps, demande à Médard, il fait la pluie et le beau temps.
À gros chat bleu, les gros chagrins, éliminés par le minet. À gros chat doux, les gros bisous, alimentés par le matou. Quel temps fait-il ? Il fait du grain ! Ne sortons pas du cabinet ! Quelle heure est-il ? Debout et Zou ! Levez-vous, Monsieur Touche-à-tout !
Je vois bien l’entrée en matière sortir de son rideau à fleurs, Cependant un regard austère me dit de bien faire attention. Certes, les deux intermédiaires flattent les envies qui m’effleurent Mais ses yeux chargés de mystère révèlent tant ses intentions !
À son regard inquisiteur, la bouche pincée qui préjuge, Je crois qu’elle fait son adieu à qui veut bien l’importuner. Je sens le cœur inhibiteur qui déjà freine le déluge Du trop plein d’émotions à Dieu et tous les saints infortunés.
Le temps qui passe a bonne mine et m’offre d’autres perspectives Si je me force à regarder en bougeant le cul de mon faîte. Tantôt le destin me domine, tantôt je prends l’initiative Et tantôt je sais me garder des surimpressions toutes faites.
Photo du Pont de Rakotzbrücke en Allemagne par Josh Perrett.
Ici, la nature m’observe par l’œil qu’un fou lui a donné ; Dieu n’aurait pas construit un pont, il aurait fait ça plus naturel. Justement que Dieu me préserve d’être quelque part pardonné ; « Monsieur le juge, j’en réponds, je suis associoculturel ! »
Photo du Pont de Rakotzbrücke en Allemagne par Marcel Siebert.
Drôles sont mes envies de partir, mes envies de me réfugier Dans un lieu pour mieux observer l’intimité du souvenir. Alors entre « voyager » et « départir », j’ai besoin que vous ne jugiez Pas nécessaire de préserver quoi que ce soit pour me retenir.
Je ne suis pas près d’oublier mille-neuf-cent-quatre-vingt-cinq ! L’année qui m’a marqué au corps, au cœur, à l’esprit et à l’âme. J’avais fini de relier, afin que ma vie m’en convainque, Tous les point qui restaient encore pour dessiner mon oriflamme.
En fait, j’avais quitté Marseille pour vivre avec les alsaciennes, Ce qui m’a conduit dans l’Hérault pour rencontrer des vignerons. Puis, j’ai bientôt manqué d’oseille comme une comédie balzacienne ; Ce fut le retour du héros riche de cœur mais sans un rond.
Non, le lion n’est pas hippie, ni gay ni trans, mais amoureux. Une marque de coquetterie qu’il se réserve pour sa lionne. Il lui a construit un tipi, un vrai et des plus savoureux ; Alors ne faites pas les ahuris et venez féliciter sa championne.
Évidemment c’était Lilith, l’empêcheuse de traîner en rond ! Et le serpent fut introduit au Paradis pour expulser L’Ève afin que se facilite son entrée dans les environs Adam aurait été séduit et Dieu de tout recompulser.
Les écrits n’en parlent jamais et les légendes se contredisent. Ève, la noire, a pourtant existé et n’a jamais mangé la pomme. Alors je voudrais désormais mettre un terme à toutes ces bêtises Car si jamais vous insistez, elle aurait pu bouffer son homme.
Je suis guéri des femmes en rose ; je ne vois plus que des flamants. J’ai fait ma cuti-réaction entre les flammes et les couleurs. Il ne reste qu’un point morose mais il n’y a là rien d’infamant ; Je dois juste faire attention entre les goûts et les douleurs.
Je dois aussi faire soigner mon attrait pour les flamants nus Et les docteurs m’ont conseillé de me reposer en Camargue. Là-bas je pourrai témoigner que sont les femmes devenues Et si elles sont bien habillées pour déguster une poutargue.
La poutargue est un plat typique de poissons en saumure préparé en Camargue.
J’en étais sûr, je le savais ! Adam et Ève étaient des blacks Et le serpent un grand python ou un boa bien constructeurs. Du coup, l’homme blanc n’est qu’un navet, complètement à côté de la plaque Les anges jouent du mirliton et Dieu, un vieux contradicteur.
Des amazones à Tahiti galopant en Polynésie À Hawaii ou Haïti et même un peu partout en Asie ? Je n’en savais pas plus que vous mais rendons-nous à l’évidence ; Le fantastique donne rendez-vous où il désire mener la danse.
Quand la lune dort et le chat parti, Les maris s’en vont et les souris dansent. Et que font les femmes ensemble entre amies ? Toute la vérité, pas de supercherie.
Comme elles ont de l’or et un beau parti, Elles vont voir Yvon dans sa résidence. Il n’y a rien d’infâme sur le tatami : On y boit du thé et des pâtisseries.
Et puis on s’endort, on se répartit On s’ prête un savon, on met de l’ambiance Et puis entre femmes, on s’ fait des mimis Pas sexualité mais copinerie.
Entre Femmes en roses et flamants roses, j’y perds mes œufs et mes enfants. Comme l’élan et l’orignal, ou le bardeau et le mulet. Le cerf-volant devint morose quand son fils aîné, l’ailé-faon, Fit ce jeu de mots original, juste et pas du tout simulé.
Maintenant que la femme est créée, il faut assurer sa maintenance. Pour qu’elle soit jeune toute l’année, il faut de l’organisation. Pour l’amour, elle est agréée ; il ne manque plus que l’intelligence Qui aurait dû être instantanée mais que Dieu a mis en option.
Mais alors là, Dieu, franchement est un vrai connard de première ! D’avoir fait Ève intelligente … mais après des millions d’années ! Du premier coup assurément elle aurait branché la lumière Et pour la pomme qui serpente, c’est Adam qu’elle aurait damné !
Le Roi n’est plus ce qu’il était ; ce matin il a pris un bateau, Celui qui sillonnait le ciel tous les jours sur son char doré. On l’a même aperçu cet été, se prendre carrément un râteau Avec l’étoile artificielle des feux d’artifices en Corée.
Si vous aimez prendre racine, optez pour la mode de saison Qui vous fera passer l’hiver fort dépourvue mais fort menue. Après une bise assassine, vous perdrez plus que de raison, On lira dans les faits divers : « Encore un pigeon au menu ! »
Celles qui ont traversé l’hiver, celles qui n’ont pas froid aux yeux, Laissez tomber les vêtements puisque la nature vous affine. Optez pour un style pervers, uniquement du prestigieux ! Sur les seins un piercing diamant et un masque de perles fines.