Catégorie : Reflets Vers inédits

Les maladroits, les trop osés, les non satisfaisants, les « à revoir » et tous ceux qui auraient sans doute dû finir à la poubelle.
Ils n’ont pas été choisis. Trop vifs, trop mous, trop bruts, trop flous.
Mais ils sont là. Fragments d’élan, chutes de vers, éclats d’essai.
Ils ne brillent pas toujours… mais parfois, ils clignent de l’âme.

  • Les belles couleurs

    Désirable était son sourire pour la couleur de ses baisers,
    Admirable était son regard pour l’éclat qui étincelait,
    Et mes yeux qui vont se nourrir de ses nuances apaisées,
    Et ma bouche qui s’égare sur cette peau teintée de lait.

    Tableau d’Anna Brigitta Kovacs.

  • Les vaisseaux de lumière

    Les vaisseaux de lumière

    Presque des vaisseaux de lumière qui navigueraient dans le lointain
    Selon une aube frémissante, selon un crépuscule houleux,
    Selon un soleil de poussière quand son zénith sera atteint
    Ou sous la lune gémissante sous un ciel sombre et nébuleux.

    Tableau d’Anna Brigitta Kovacs.

  • L’Alter Ego

    L’Alter Ego

    Cet autre moi-même qui s’écoule entre conscient et inconscient
    M’effraie la nuit lorsque bascule le rôle de l’Alter Ego.
    Je suis un autre et je bouscule ce que je crois à bon escient
    Pour d’autres actes ridicules qui, paraît-il, seraient égaux.

    Tableau de Valeriy Kot.

  • La danse de lune

    La danse de lune

    La danse de la pleine lune ressemble à nos bains de minuit ;
    La lumière se prête au charme et à la grâce du mouvement.
    À température opportune, on se glisse nu dans la nuit
    Et puis on rit à chaudes larmes pour célébrer l’événement.

    Tableau de Valeriy Kot.

  • Le grimoire de mon ange-gardien

    Le grimoire de mon ange-gardien

    Depuis que mon ange-gardien annote les péripéties
    Que je rencontre dans ma vie, je vois augmenter son grimoire.
    À chaque cycle circadien, il note lorsqu’il apprécie
    Que j’ai vraiment passé l’envie de choir dans un trou de mémoire.

    Tableau de Valeriy Kot.

  • Histoire de hauts-de-chausses

    Histoire de hauts-de-chausses

    D’autres se mettraient en pantalon mais pour la voisine pas question.
    L’occasion lui paraît trop belle pour soulever ses hauts-de-chausses.
    Elle porte des bottes à haut talon et montre en autosuggestion
    Une culotte de flanelle qui, bien entendu, se défausse.

    Illustration de Waldemar Von Kazak sur https:designyoutrust.com201509fantastic-illustrations-by-waldemar-von-kozak .

  • Le sort des sirènes

    Le sort des sirènes

    On parle beaucoup de pollution et on actionne les sirènes
    Mais personne n’a évalué le sort de ces pauvres créatures.
    Je ne vois qu’une solution pour rendre la tâche sereine ;
    Qu’on puisse les évacuer dans des baignoires à leurs pointures.

    Illustration de Waldemar Von Kazak sur https:designyoutrust.com201509fantastic-illustrations-by-waldemar-von-kozak .

  • Veux-tu m’épouser ?

    Veux-tu m’épouser ?

    Si tu n’ veux pas que je sois veuve, décide-toi, décide bien !
    Si tu ne m’aimes pas, je t’aime et j’en ai plein mon pistolet.
    Alors chéri, donn’ moi la preuve, que tu imagines combien
    Ta vie deviendra un poème aussitôt que j’t’aurai violé !

    Illustration de Waldemar Von Kazak sur https:designyoutrust.com201509fantastic-illustrations-by-waldemar-von-kozak .

  • Le chronophone métaphysique

    Le chronophone métaphysique

    Le temps des instruments à cordes, le temps des instruments à vents
    Suit le tempo systématique du langage de la musique
    Mais le temps, lui aussi s’accorde, soit en arrière, soit en avant,
    Grâce à la clef mathématique du chronophone métaphysique.

    Tableau d’Igor Samsonov.

  • Les vêtements de l’âme

    L’âme s’habille de l’esprit ; plus elle en a, plus elle est chic.
    Elle se pare d’intelligence et se vêt de spirituel.
    Personne n’aime être surpris par un faux pli de son psychique
    Et cherche toujours l’élégance d’un bon mot intellectuel.

    Mais attention aux hypocrites qui ne disent pas ce qu’ils pensent !
    Ce sont des donneurs de leçons qui seront, en touche, bottés.
    Cette erreur de mode est proscrite et n’obtient nulle récompense.
    En revanche, un rien polisson donne une touche de beauté.

    Tableaux d’Igor Samsonov.

  • Peinture fraîche

    Peinture fraîche

    Tout l’ monde connaît cette idiotie de peindre son plancher céans
    Puis, se retrouver notamment forcé d’ s’agripper aux rideaux.
    L’histoire inverse existe aussi, cett’ fille a peint un océan
    Et puis, bien précipitamment, a dû s’ajouter un radeau.

    Photo de Katie O’Hagan sur https:www.artistsnetwork.comart-mediumsoil-paintingartists-network-ohagan .

  • Lubrification

    Lubrification

    Parti avec l’argent du beurre, il leur a laissé la plaquette
    Mais il a pris tout leur argent et même tous leurs vêtements.
    De tout le fruit de leur labeur il ne leur reste que leurs quéquettes
    Et une femme partageant le lubrifiant à glissements.

    Photo de Katie O’Hagan sur https:www.artistsnetwork.comart-mediumsoil-paintingartists-network-ohagan .

  • Dévêtez-vous et puis entrez !

    À la fois nue et habillée avec désordre, déconcentrée,
    Elle tenait ses vêtements devant son ventre et sa poitrine.
    Elle avait lu sur son billet « dévêtez-vous et puis entrez ! »
    Et se retrouvait bêtement le cul nu devant la vitrine.

    Mais pas si bête, finalement, elle a même ouvert sa boutique ;
    Toujours à poil et dévêtue car c’est ainsi qu’elle est connue.
    Elle vous taille élégamment des orifices authentiques
    Mais qui respectent la vertu ; le ridicule est abstenu.

    Photo de Katie O’Hagan sur https:www.artistsnetwork.comart-mediumsoil-paintingartists-network-ohagan .

  • De la couleur de la nature

    De la couleur de la nature

    Lorsque je retrouve la forme de mon visage dans la nature,
    Quand je reconnais la couleur de mes yeux au fond de la mer,
    Quand les nuages se transforment et prennent toutes mes statures,
    Je me rend compte avec bonheur que je ne suis pas éphémère.

    Tableau de Autumn Skye Morrison.

  • Les atouts du bon sens

    Les atouts du bon sens

    Puisqu’il te faut de bons atouts pour réussir une carrière
    Avec autant de bonnes cartes et de voyantes extralucides,
    Tu connaîtras des touche-à-tout qui te sortiront par derrière
    Que le bon sens selon Descartes c’est ce que toi-même décide.

    Tableau de Vladimir Muhin.

  • La transparence du bruit

    La transparence du bruit

    Le son domine nos résidences comme un orchestre qui s’accorde
    Mais dont l’ensemble des instruments ne joue que personnellement.
    Les murs deviennent transparents et la quiétude se désaccorde
    Selon les cris, les arguments qui montent proportionnellement.

    Tableau de Julie Heffernan.

  • L’autre moi-même

    L’autre moi-même

    Comment peut-elle m’apparaître à la fois ange ou bien démon
    En déployant ses ailes blanches où les serpents de sa coiffure ?
    Je ne veux pas le compromettre mais je crois qu’il s’agit de Raymond
    L’autre moi-même quand je m’épanche dans mes récits d’ébouriffure.

    Tableau de Vladimir Muhin.

  • Le jeu de la vie – 2

    Le jeu de la vie - 2

    Parmi les combats échangés entre les deux corbeaux champions,
    La période antique regorge d’échecs, de mat et d’abandons.
    Parmi les parties mélangées, on vit César, Napoléon
    Et d’autres se prendre à la gorge pour régner au pyramidion.

    Tableau de Моисеева Лиана.

  • Le jeu de la vie – 1

    Le jeu de la vie - 1

    On m’a raconté que la vie n’était autre qu’un jeu d’échec
    Dont la partie est commencée depuis, je crois, la nuit des temps.
    Deux corbeaux virent, sans préavis, des rois, des chevaux, des évêques
    Qui doivent tout recommencer tant qu’il reste des combattants.

    Tableau de Моисеева Лиана.

  • Jour de relâche

    Colombine tarde à s’apprêter en ce matin ensoleillé
    Le chat est venu quatre fois ronronner mais rien n’y a fait.
    Cela dit, rien n’est arrêté ; elle est encore ensommeillée
    Et le chat se dit que, ma foi, dormir pour elle reste un bienfait.

    Tandis qu’Arlequin s’interroge sur le retard de Colombine,
    Il prie son pigeon voyageur d’aller quérir quelques nouvelles.
    « Aujourd’hui Madame déroge à répéter votre comptine !
    Hier soir, un duo tapageur a épuisé la jouvencelle ! »

    Tableaux de Damião Martins.

  • Météo du matin

    Météo du matin

    Demain matin, soleil timide caché sous un nuage noir,
    La lune se montrera furtive, elle attendra le crépuscule.
    Un front d’air froid et très humide transformera en patinoire
    Les routes par pluies consécutives, prenez garde dans vos véhicules.

    Photo de Valentin Perrin.

  • Météo du soir

    Météo du soir

    Un peu de ciel bleu à prévoir, du soleil en fin de soirée
    Au-dessus des nuages en masse mais dont s’amoindrira le voile.
    Attention, il pourrait pleuvoir selon si la voûte est moirée
    Mais si la Lune fait sa grimace alors perceront les étoiles.

    Tableau de Valentin Perrin.

  • Le bouquet de fleurs d’intention

    Le bouquet de fleurs d’intention

    Moi, qui suis passé sans la voir, j’ai honte de mon inattention !
    Comment n’ai pu-je apercevoir ce bouquet de fleurs d’intention ?
    Il s’était personnifié en une déesse fruitée
    Qui m’a le cœur bonifié d’une seconde de perpétuité.

    Tableau de Mira Fujita.

  • Fragmentations

    Fragmentations

    Dans mes rêves en demi-sommeil, j’entends et vois brièvement
    Ce qu’entend et voit l’inconscient mais par fragments intermittents.
    Puis, l’écho se perd dans l’oreille, la vision meurt d’aveuglement
    Et je supplie mon subconscient de m’en révéler le mitan.

    Tableau de Jaroslaw Jasnikowski.

  • L’ange annonciateur

    L’ange annonciateur

    J’entends le soir, dans le lointain, sonner des cloches moribondes
    Or, j’ai appris que le sonneur se nomme l’ange annonciateur.
    Il s’entraîne en jouant d’instinct la mélodie de fin du monde
    En attendant d’être à l’honneur quand reviendra le médiateur.

    Tableau de Kira Panina.

  • La parque et son flamant

    La parque et son flamant

    Afin de filer et tisser des existences épistolaires,
    Une parque s’aidait d’un flamant pour publier ses vies moroses
    D’histoires courtes rapetissées ou de sagas tentaculaires
    Qu’elle coupait quand le roman était écrit à l’eau-de-rose.

    Tableau de Claudia Giraudo.

  • La panthère de papier

    La panthère de papier

    Dans la vie, les pires panthères sont celles qui n’ont pas réussi.
    Leur griffe hautaine se dresse piquée au plus vif d’elles-mêmes.
    Elles veulent oublier la misère qui leur a le cœur endurci
    Et se vengent d’une voix qui agresse pour apaiser tous leurs dilemmes.

    Tableau de Jean-Claude Desplanque.

  • Vivre avec les poissons – 2

    Vivre avec les poissons - 2

    Bien sûr, il y a poisson et poissonne ; pas la sirène mais la femelle
    Qui se déshabille souvent pour plonger au lit du torrent.
    Elle aime jouer sa polissonne en dodelinant des mamelles,
    Animée d’un charme éprouvant et de baisers revigorants.

    Tableau de Casimir Lee.

  • La belle Odalisque

    La belle Odalisque

    On racontait dans les harems la vénusté des odalisques
    Et l’esprit de compétition pour devenir la favorite.
    Je ne sais quel était le barème qu’exigeait le membre phallique
    Je pose juste la question car mon épouse est émérite.

    Tableau d’Olga Simonova.

  • La belle favorite

    La belle favorite

    Une fois élue la favorite, sa carrière s’en trouve assurée.
    Palais de marbre aux poignées d’or et la cuisine raffinée.
    En effet, l’amour se mérite, on est un peu courbaturé,
    Mais toutes les nuits on s’endort dans des lits aux draps satinés.

    Tableau d’Olga Simonova.

  • La drague floutée

    La drague floutée

    Quand la pluie floute les vitrines, je ne vois que des silhouettes
    Nébuleuses et pourtant réelles qui me permettent d’imaginer
    Une fille à la jolie poitrine qui tourne comme girouette
    Pour éviter les gouttes cruelles qui tentent de la mariner.

    Comme l’aurait fait l’ami Georges, je lui propose un peu d’abri
    Sur le coin de mon parapluie, histoire de l’embabouiner.
    Soit elle me saute à la gorge, soit remontée comme un cabri,
    Elle me demande sous la pluie d’arrêter de la chafouiner.

    Tableau de Jimmy Law.

  • La reine blanche est à l’ouest

    La reine blanche est à l’ouest

    Ce matin en gare de Noirville, s’est égarée la reine blanche
    Toute nue sous son manteau d’hermine et en couronne de velours.
    Échappée d’une guerre civile, elle avait fui dans l’avalanche
    Des pions tombés sous la vermine dirigée par un roi balourd.

    Photo de Richard Bush.

  • Fin de partie

    Une fois la partie terminée, on range tout dans l’échiquier.
    C’est une erreur, évidemment ; la véritable histoire commence.
    Le roi est mort, éliminé mais, du coup, tous les équipiers
    Et chacun cherche avidement à s’emparer de la régence.

    Le roi vainqueur, embarrassé, le cul sur deux trônes à la fois,
    A gagné sa prise de guerre qui gêne son épouse loyale.
    Soit elles vont se tabasser, soit elles vont se manger le foie
    Ou, bien qu’elles ne s’aiment guère, partager la couche royale.

    Tableau de Agnès Boulloche.

  • Les chefs de guerre

    Les souveraines ne sont pas seules et dans leurs lits et à la guerre.
    Chacune possède son héros, son chevalier entretenu.
    Les vieux fantômes dans leur linceul ne se prétendent pas vulgaires ;
    Ceux qui les traitent de zéros n’en sont toujours pas revenus.

    Quelques fous, la tête dans la lune ou complètement dans la citrouille,
    Remontent le moral des troupes et dopent aussi les chevaux.
    Enfin quelques nobles sans fortune rêvent au cours d’une patrouille
    De se faire distinguer du groupe et grimper sur les écheveaux.

    Tableau de Agnès Boulloche.

  • Début de partie

    Lorsque ces Dames partent en guerre, le roi, lui, reste à la maison.
    Mais toute la troupe s’embarque accompagner leur souveraine.
    Les chevaux, les tours qui naguère ont gagné toutes les saisons,
    Et les fidèles à leurs monarques prêts à se tuer pour leur reine.

    Des deux armées, chacun s’apprête à asséner le premier coup
    Qui fera trembler l’adversaire et surtout le fera gamberger.
    Les évêques se font l’interprète et tiennent les hommes par le licou
    Par la prophétie nécessaire du psaume du coup du berger.

    Tableau de Agnès Boulloche.

  • Le téléphone rose

    Le téléphone rose

    Au temps du téléphone rose, on pouvait remonter le fil
    Depuis le client langoureux jusqu’à la femme en discutaille
    Qui dans sa cuisine morose prenait l’accent germanophile
    Pour que l’abonné amoureux fantasme avec la Lorelei.

    Tableau de Serguey Kropovinski.

  • Greifensee et le sain colorant

    De Saint-Siméon au Greifensee, la Suisse devient canadienne
    Les latitudes se chevauchent au grand dam des géographiques.
    C’est moi qui l’ai pérennisé, d’une helvético-acadienne
    Association, pour une ébauche de mes amours biographiques.

    De Bagotville au Greifensee, tout se ressemble et tout s’assemble
    Par le canal du Saint-Laurent ou celui de Glatt, la rivière.
    Je les ainsi perfusés, court-circuités dans un ensemble
    Qui unit leurs sains colorants jusques aux grands lacs de Bavière.

    Tableau de Marc-Aurèle Fortin.

  • Dans le lit de la rivière

    Dans le lit de la rivière

    Une sirène dans le lit d’une rivière bleu outremer
    Écoutait attentivement les ondes courtes diffusées
    Par gouttes de mélancolie, qu’un courant ramenait vers la mer,
    Que trop de pluies hâtivement avaient pleurées, désabusées.

    Tableau de Greame Stevenson.

  • Plus de bulles !

    Plus de bulles !

    Les bulles jaillissent de l’air de la mémoire des poumons,
    Ces souvenirs insoupçonnés qui volettent dans l’atmosphère ;
    Petites phrases circulaires des mots de tous petits démons
    Qui vont à leur tour bourgeonner d’autres alvéoles à satisfaire.

    Tableau de Georges Corominas.

  • Retombées du ciel

    Retombées du ciel

    Malgré toutes mes précautions pour me préserver la santé
    Et malgré tous les fascicules pour lire comment se surveiller,
    J’ai perdu un peu la notion du temps où je m’ suis absenté
    Lorsque des microparticules, tombées du ciel, m’ont réveillé.

    Tableau de Luiz de Souza sur http:galeriadigitaldearte.blogspot.com201402luiz-de-souza-artista-plastico.html?m=1 .

  • Vivre avec les poissons – 1

    Vivre avec les poissons - 1

    Que ce soit en astrologie, dans la rivière ou dans la mer,
    J’ai vécu avec les poissons un flot de circonvolutions.
    Baignant dans leurs propres logiques, ils fuient quand l’eau est trop amère
    Afin de noyer leur boisson dans un alcool sans pollution.

    Tableau de Zayasaikhan Sambuu.

  • L’archiviste obsolète

    L’archiviste obsolète

    Plus les boîtes s’amoncelaient et plus, de boîtes, il remplissait.
    Chaque jour tout était classé, numéroté et archivé.
    Puis un jour, tout s’est morcelé parce que rien ne garantissait
    Qu’il fut lui-même déclassé puis, carrément désactivé.

    Tableau de Luiz de Souza sur http:galeriadigitaldearte.blogspot.com201402luiz-de-souza-artista-plastico.html?m=1 .

  • Le jour des fous

    Le jour des fous

    Je pensais qu’en quittant ma ville, mon pays et mes traditions,
    Je laisserais derrière moi toutes mes incompréhensions.
    Mais les gens paraissent débiles dans ma nouvelle position
    Et ma folie, au fil des mois, a poursuivi sa propension.

    Tableau de Luiz de Souza sur http:galeriadigitaldearte.blogspot.com201402luiz-de-souza-artista-plastico.html?m=1 .

  • Les partis de fous

    Les partis de fous

    D’abord, tu crois la vérité et que le monde est divisé
    Entre le haut, entre le bas, entre la droite, entre la gauche.
    Toujours avec sévérité, tu as ton jugement révisé
    Quand tu vois qu’après le combat, tout s’est mêlé dans la débauche

    Tableau d’Ilène Meyer.

  • La télévision

    Elle te reformatera quand tu t’endormiras devant ;
    Elle te désinformera quand tu seras sur ton divan ;
    Elle te ridiculisera quand tu voudras passer dedans ;
    Elle te désorientera quand tu chercheras d’où vient le vent.

    Elle te disséminera dans tréfonds de son emprise ;
    Elle te persécutera, il n’y aura pas de méprise ;
    Elle te démantèlera jusqu’à la dernière reprise ;
    Enfin elle t’achèvera mais lentement et sans surprise.

    Tableaux d’Ilène Meyer.

  • La reine Jeanne

    La reine Jeanne

    Comment peux-tu me voir, ma reine, avec le vent dans tes cheveux
    Comme si l’azur de tes yeux appelait un mistral sauvage ?
    Avec l’attitude sereine d’une femme qui sait ce qu’elle veut
    Et qui ne prend rien au sérieux excepté mon marivaudage.

    Tableau d’Anna Tswell.

  • Approximativement

    Approximativement

    Tous les souvenirs de ma vie sont des parfums évaporés
    De chaque amitié conservée et que je pensais éternelle.
    Les jours aux bouchons m’ont ravi ce que j’avais élaboré
    Mais, grâce à Dieu, j’ai préservé les meilleures odeurs fraternelles.

    Tableau de Veronika.

  • L’âme derrière le masque

    L’âme derrière le masque

    Derrière le masque du jour, la vérité est relative.
    L’âme ressemble-t-elle au visage ou bien n’est-elle qu’un mirage ?
    Car je ne me sens pas toujours de la même humeur narrative
    Selon l’aube d’un beau présage ou si le temps est à l’orage.

    Photo de Lindsay Adler.

  • Le grand renard roux

    Le grand renard roux

    Le rêve est un grand renard roux qui transporte mon cœur d’enfant
    Au-dessus des grands précipices des peurs que je fois affronter.
    La nuit sur les chapeaux de roues, j’en mange tout un éléphant
    Mais le jour demeure propice à le vivre et le raconter.

    Illustration d’Uliana Virink.

  • Plus comme avant, mieux maintenant

    Plus comme avant, mieux maintenant

    Le bon vieux temps reste illusoire et verrouillé par le présent
    Plus rien ne sera comme avant mais à quoi bon, finalement ?
    Chaque jour est une victoire sur le malheur omniprésent
    En lâcher prise dorénavant, dont je raffole tellement.

    Illustration d’Anne-Sophie Rutsaert.