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  • Lecture zen

    Je suis soumis à l’attraction des fruits de l’imagination
    Et la lecture me délivre de tous les soucis de la vie.
    Concentration, décontraction s’amusent de ma fascination
    Et l’apesanteur d’un bon livre à la pesanteur me ravit.

    Je croise les lignes et les mots au cours de mon sport cérébral
    Et je me détends en coulisse en prenant le train d’aventures.
    J’oublie mes peines et mes maux par le battement palpébral
    De mes yeux remplis de malice et de passion pour la lecture.

    Les romans m’offrent des voyages autour du monde en rotation
    Avec les bandes dessinées pour la traversée des nuits blanches.
    Et j’aime en rendre témoignage depuis que j’ai la vocation
    D’écrire leurs traces disséminées dans mes poèmes en avalanches.

    Tableau d’Alexis Martinez Puleio.

  • Les années zinzins

    Plus rien ne sera comme avant du jour où je fus confiné
    Entre les quatre murs étroits de ma cellule-appartement.
    C’en est ainsi ; dorénavant, je vivrai le cœur résigné
    À ne pouvoir payer l’octroi envers le moindre échappement.

    Alors je voyage en cuisine comme sorte de défouloir,
    Je vis mes aventures en chambre en parcourant mille romans,
    Les excursions que j’avoisine se font tout au long du couloir
    Qui va de janvier à décembre à chaque heure, à chaque moment.

    Heureusement, j’ai l’insomnie comme véhicule de l’espace
    Qui m’envoie vers des ribambelles de rêves en majorité.
    Et je fais fi des calomnies qui disent que ma carapace
    Dissimule un esprit rebelle à toute forme d’autorité.

    Tableaux de Felicia Chao sur https:imgur.comgalleryolStj5q et sur https:read01.comjjBxzJE.html#.YMWzxS2vjxw .

  • Cépages divins

    Pour commencer, juste une coupe pour vous enivrer de champagne
    En vous montrant mon savoir-faire de sommelière de l’amour.
    Venez la boire sur ma croupe, entre mes petites montagnes
    Qui sauront, pour vous satisfaire, démarrer le compte à rebours.

    Un verre de blanc, juste un ballon, que vous porterez à vos lèvres
    Pour savourer le goût du vin que vous réserve ma poitrine.
    Venez goûter les mamelons que vous téterez avec fièvre
    Comme embellissement divin qui agrémente ma vitrine.

    Un verre de rouge, juste une larme, pour découvrir le goût subtil
    De la coupelle originale d’une liqueur d’effervescence.
    Abandonnez-vous donc au charme et offrez-moi votre pistil
    Qui, dans ma coupe vaginale, produira l’extase des sens.

    Tableaux d’Andrei Protsouk sur https:www.andreiart.comcatalog .

  • Incroyable mais faux !

    Incroyable mais faux !

    L’enseignement permet de croire en tout un ensemble de normes ;
    Lorsqu’elles sont mises bout à bout, elles renforcent mes convictions.
    Ce formatage ne fait que croître, devient de plus en plus énorme
    Et me dresse des garde-boues contre la science-fiction.

    Puis, lorsque je sors diplômé, c’est-à-dire tout endoctriné,
    La religion de la science devient mon meilleur complément.
    Malgré tout ça, je suis paumé et je me laisse embobiner
    Par ceux qui dressent ma conscience à obéir aveuglément.

    Ainsi devant une évidence, la peur me fait tergiverser ;
    Les médias du gouvernement m’obligent à croire à leurs salades.
    Je suis entré en dissidence quand j’ai laissé me traverser
    La lueur du discernement qui m’a révélé l’escalade.

    Tableau de Jef Aerosol.

  • Les rois de l’échec

    Les rois de l’échec

    Lorsque les reines sont parties, les rois ne dansent pas pour autant ;
    Ils en profitent pour s’affronter loin de leurs femmes éplorées.
    Ainsi, ils se sont réparti leurs beaux cavaliers sursautant
    Tous les fous sur leurs tours montés et les pions chargés d’explorer.

    Au signal, chacun se pourfend, se rue et court vers l’objectif ;
    Parfois les deux armées se croisent sans apercevoir d’ennemi.
    Même si aucun roi s’en défend, ils n’ont pas manqué d’effectif
    Car les morts marqués sur l’ardoise reviennent sur le tatamis.

    Finalement, ce monotone petit jeu entre roitelets
    Engloutit toute la fortune et vide les caisses de l’état.
    Or il paraît que dès l’automne, les chevaux seront attelés
    Avec des armes opportunes pour s’entretuer sur le tas.

    Tableau de Gosia Herba.

  • Home Hard Home

    Home Hard Home

    Après le pass obligatoire, comme ils n’avaient rien contesté,
    On ferma toutes les boutiques, les restos et les cinémas.
    On leur raconta des histoires à propos de morts attestées
    Leurs vies désormais robotiques ne fonctionnèrent qu’a minima.

    On enferma dans un ghetto les non-testés, non-vaccinés
    Et l’on ferma leurs portes à clef de peur qu’ils sortent dans la rue.
    Le président, droit de veto, leur interdit d’avoisiner
    Leurs parents, eux-aussi bouclés, qui furent portés disparu.

    Enfin quand les grands de ce monde se justifièrent de leurs actes,
    Ils ressemblaient aux animaux, ceux-là mêmes malades de la peste.
    Chacun par des propos immondes nia avoir signé un pacte
    Avec Satan, à demi-mot, et avoir retourné sa veste.

    Illustration de Philippe Caza.

  • Échec aux dames

    La reine blanche est au moulin, la reine noire est aux fourneaux.
    Tous les pions battent la campagne, les chevaux trottent tour à tour.
    Le roi blanc compte ses poulains, le roi noir chasse l’étourneau.
    Les fous gravissent les montagnes et s’observent depuis leurs tours.

    D’abord les blancs ont commencé à lorgner tout l’argent des noirs ;
    Ceux-ci leur ont damé le pion d’un judicieux échec au roi.
    Dans cette partie romancée par des coups bas en tamponnoir,
    Le cavalier blanc, un champion, a mis son roi en désarroi.

    Roque manqué, roque trop tard, la garde se rend et se meurt.
    Le roi déchu cherche le pat, la reine fichue est épargnée.
    Mais sans surprise et sans retard, les noirs font taire les rumeurs
    Et leur déclare : « Échec et mat ! » et pour une fois, ils ont gagné.

    Tableaux de Georgy Kurasov.

  • La folle du tarot

    La folle du tarot

    J’aime le tarot féminin qui commence à la batelière
    Puis, la pendue et l’amoureuse, la charrette et la femme ermite.
    La diablesse crache son venin de manière inhospitalière
    Puis, sait se montrer langoureuse quand elle réchauffe sa marmite.

    Mais c’est la folle que je préfère, la fée qui s’enfuit défrisée
    À poil en dandinant des fesses pour recommencer à zéro.
    D’ailleurs les cartes s’y réfèrent car elle apparaît déguisée
    En impératrice et papesse afin de tromper les héros.

    Tableau d’Andrius Kovelinas.

  • Cœurs de saison – 2

    Au cœur de l’été, tout mûrit comme les fruits de la raison
    Que la nature aime semer juste pour se mettre en beauté.
    Le vent, d’un jeu de souffleries, propage sans comparaison
    Chaque graminée parsemée vers sa prochaine nouveauté.

    Puis, tout comme un artiste peintre, qui travaillerait au couteau,
    La Nature use de matières pour renouveler sa garde-robe.
    Et je verrai voler les cintres faire des tours en culbuto
    Et la Terre nue tout entière mettra ses tenues les plus probes.

    Photos de Christophe Gilbert sur https:ego-alterego.combiggest-famous-photo-manipulators-christophe-gilbert#.YOP6pSKvjxw .

  • L’instrumentale

    L’instrumentale

    Vous qui pensez avec le cœur puisque le cœur est instrument,
    Entendez-vous sonner votre âme dans le canal de résonance ?
    Vous qui chantez, merle moqueur, contre l’ennui, éperdument,
    Écoutez-vous vibrer la lame de l’intuition en assonance ?

    Cœur et raison en dissonance sans pour autant de fausses notes,
    Quand le corps se fait troubadour, la chair veut jouer en duo.
    L’œil entrevoit la rémanence du chatoiement sur les menottes
    Qui pincent les cordes d’amour de l’organe de plus en plus haut.

    Tableau de Jiří Petr.

  • Cœurs de saison – 1

    Au cœur de l’été, tout fleuri d’une abondance de saison ;
    Un peu d’eau et un peu d’amour, un peu de soleil et de vent,
    Parsèment d’une espièglerie toutes les fleurs de la maison
    Toujours un peu plus chaque jour, plus que derrière, moins que devant.

    Quand viendra le temps des colchiques et du changement des couleurs,
    Tous les pétales s’envoleront avec les feuilles en tourbillon.
    Et dans ce chaos anarchique, mêlé de deuils et de douleurs,
    Tous les pleurs s’évanouiront aussi légers qu’un papillon.

    Photos de Christophe Gilbert sur https:ego-alterego.combiggest-famous-photo-manipulators-christophe-gilbert#.YOP6pSKvjxw .

  • Le basculement des pôles

    Le basculement des pôles

    On a perdu le pôle nord, on a perdu le pôle austral,
    On a égaré la Grande Ourse et l’Étoile Polaire est tombée.
    Le lapin de Pâques se déshonore dans le désordre magistral ;
    Du coup, il n’est plus dans la course, on en subit les retombées.

    Le printemps change avec l’automne, l’été permute avec l’hiver,
    Les équinoxes s’embarrassent, même les solstices s’emmêlent.
    Finies les saisons monotones, tout se bouscule dans l’univers ;
    L’astre solaire nous harasse de ses éruptions pêle-mêle.

    Tous les soixante millions d’années, la Terre fait son grand nettoyage
    Et restructure en son séjour, ses océans, ses continents.
    Nous ne sommes donc point condamnés mais subissons le débrayage
    Qui délocalise nos jours vers un futur impertinent.

    Tableau d’Andrew Ferez.

  • Échappement

    Jour après jour, mes idées naissent, grandissent et prennent leurs places
    Mais peu à peu, elles m’envahissent jusqu’à m’empêcher de rêver.
    D’abord de première jeunesse, elles font vite du surplace
    Et très rapidement vieillissent jusqu’à un état aggravé.

    Les évacuer une à une prend trop de temps sur ma patience
    Et je préfère les vider directement sur internet.
    Facebook m’offre une page opportune bien qu’elle manque d’efficience
    Mais suffit pour que mes idées gravitent autour de la planète.

    Sculptures de Kina Crow sur https:www.pmacraftshow.orgartistceramics2013kina-crow .

  • Relaxation

    Relaxation

    S’arrête la course du temps au temps de la relaxation
    Si seulement la vie s’en imprègne afin d’en prendre connaissance.
    Plus l’objectif est important, plus forte est l’accélération
    Vers un leurre qu’il faut que j’enfreigne contre une nouvelle naissance.

    Lorsque le temps stoppe sa course et que le flot de mes pensées
    S’écoule vers une quiétude dans une forêt de silence,
    Peu à peu le temps me rembourse, le temps perdu est compensé
    Et je n’ai aucune inquiétude à abaisser ma vigilance.

    Si je suis souvent dans la Lune, dans la mer de sérénité,
    J’y cultive mes petits vers sous un soleil de réflexion.
    Ainsi donc ma seule fortune reste un moment d’éternité
    Où l’âme respire à découvert et le cœur s’ouvre en réception.

    Tableau de Jasmine Le Nozac’h sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201308Jasmine-Le-Nozach.html .

  • Les petits animaux dans la tête

    Le cœur court comme un éléphant qui fuit le fruit de la raison
    Et l’âme brame comme une biche lorsque l’esprit est aux abois.
    Je redeviens ce petit faon qui recherche en vain sa maison
    Dans la forêt de vers en friche dont mon corps fait feu de tout bois.

    L’éléphant lourd comme une plume s’envole en étendant ses ailes,
    La biche retrouve son cerf et le faon regagne son gîte.
    Tandis que mon corps se déplume, le temps court comme une gazelle
    Et je me dis : « À quoi ça sert toutes ces pensées qui s’agitent ? »

    Sculpture de Luciana Novo sur http:luciananovo.blogspot.com .

  • Bavaroise Saint-Michel

    Bavaroise Saint-Michel

    Mont Saint-Michel en bavaroise aux oranges flambée au Cointreau
    Pavoise d’honneur sur la carte aux entremets les plus soûlards.
    Un breton né en mer d’Iroise, pâtissier pourtant maestro,
    L’aurait réalisé en tarte aux dépends de la mère Poulard.

    Photo de Mathieu Rivrin.

  • Amor in Color

    Je l’aime en rouge passionnément comme une fleur épanouie
    Qui goûte les préliminaires sur sa peau de rosée mouillée.
    Je la caresse évidemment sur le bouton évanoui
    Qui devient extraordinaire dès qu’il est un peu chatouillé.

    Je l’aime en jaune profondément comme un soleil pendant l’amour
    Qui brûle au creuset de nos sexes toute notre passion éclose.
    Et nos va-et-vient véhéments agissent comme un compte à rebours
    Jusqu’à la vague circonflexe de nos orgasmes qui explosent.

    Je l’aime en bleu intensément d’une nuit sous le firmament
    Quand nous nous reposons ensemble durant cette petite mort
    Qui nous endort immensément comme la belle-au-bois-dormant
    En rêvant à ce qui ressemble à la vie qui naît dans son corps.

    Tableaux de Don Andrews sur https:www.donandrewsstudio.comfig-image-24.html .

  • Équanimité

    Équanimité

    Le choix est un déséquilibre entre choisir et renoncer.
    Quand la vie prend le bon chemin, l’autre était-il préjudiciable ?
    Mon âme aspire à l’équilibre et mon cœur dédaigne annoncer
    Le potentiel dans une main et l’autre tout aussi négociable.

    Je vis sur un chemin étroit, une frontière délimitée.
    D’un côté Dieu serait mon maître, de l’autre l’homme doit être adulte ;
    D’un côté je veux être roi, de l’autre vivre d’humilité ;
    L’équanimité sait admettre qu’aucune des options en résulte.

    Alors quand les évènements entraînent un choix intransigeant
    Visant à diviser les gens pour mieux régner dans le royaume,
    J’écoute tous les arguments, les sots et les intelligents,
    Mais finalement seul l’argent arbitre le destin des hommes.

    Illustration de Moebius.

  • Drôles de zèbres !

    Dans mon bestiaire imaginaire, les zèbres se métamorphosent
    En jolies filles en bas résille ou en chaussettes à rayures.
    D’une ardeur extraordinaire pendant l’amour, elles se nymphosent
    Jouissent et après, s’égosillent en espérant la revoyure.

    Or je refais ce même rêve et je rejoue à saute-zèbre
    En frôlant entre les zébrures leurs jolies croupes chevalines.
    Hélas la jouissance trop brève qui leur agite les vertèbres
    Me propulse hors de leurs cambrures et libère mon adrénaline.

    Photos de Sit Haairo.

  • Adama & Éva

    Adama & Éva

    Bien sûr, la vie change d’avis, c’est là son droit et son devoir.
    Au début, elle a créé l’homme qui n’était autre qu’une femme.
    Elle l’a fait pour la survie de l’espèce, histoire de voir
    Si une planète autonome mérite sa féminine âme.

    Quelque chose n’a pas dû marcher car la vie a changé d’idée
    Et créé l’homme et ses ravages afin de contrebalancer
    Les femmes ainsi harnachées par leurs bonhommes décidés
    À les conduire sur des rivages où tout pourrait recommencer.

    Dieu a voulu créer la femme, la Nature a choisi le sexe
    Et l’homme devint phallocrate pour régner sur l’humanité.
    Dommage que ce pouvoir infâme ne lui donne pas quelque complexe
    Car un renouveau démocrate réveillerait sa féminité.

    Tableau de Jean Dominique Antony Metzinger sur https:fr.wahooart.comArt.nsfArt_FR?Open=&Query=Jean%2CMetzinger .

  • L’évasion d’une seconde

    L’évasion d’une seconde

    Heures rouillées par les années, minutes tombées en poussière
    Et les secondes oubliées, passées trop vite, momentanées.
    Le temps cruel a condamné ses filles dans une souricière
    En ne les ayant publiées qu’une fraction instantanée.

    Une seconde et une seule s’est échappée du trou béant
    Et s’est rajoutée quelque part dans l’infini de l’univers.
    Le temps, d’une moue lâche et veule l’a laissée fuir dans le néant
    Cependant, depuis son départ, il est passé à l’heure d’hiver.

    Parfois l’astronomie découvre une trace de son passage
    Ajoute ou retranche la seconde qui apparaît furtivement.
    Parfois lorsque le temps se couvre, lorsque le temps est à l’orage,
    Elle se glisse entre les ondes pour s’écouler hâtivement.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’histoire en trois tomes

    Au premier tome, un chat beauté ourle le revers de l’histoire
    En apposant sa griffe encrée en tant qu’accroche irrésistible,
    Ivre de vers aligotés de rimes aux cépages notoires
    Dont les pages volent, échancrées par ma lecture inextinguible.

    Mais accéder au second livre demande une persévérance
    Ainsi qu’une ténacité qui me revendiquent tant d’efforts
    Que le suspense se délivre au prix de la désespérance
    Qui s’heurte à la nécessité d’un troisième tome en renfort

    Lorsqu’au bout d’une éternité, paraît enfin l’œuvre intégrale,
    Je me prends trois mois de vacances, ailleurs, sur une île déserte.
    J’y jouis de la pérennité de relire enfin le Saint-Graal
    Écrit avec grandiloquence sur toutes ses pages disertes.

    Illustrations de Jean-Pierre Gibrat sur https:lectraymond.forumactif.comt54p25-les-belles-images-de-jean-pierre-gibrat .

  • Les lumières impressionnistes

    Vincent mit l’âme dans un éclat de sa vision de l’univers
    Avec un pinceau de lumière qui faisait danser les couleurs.
    D’objets immobiles en aplat aux modèles les plus divers
    Qui font la matière première qui se conçoit dans la douleur.

    Avec un soleil pour crayon sur la toile de création,
    Il trace les premiers effets induits par sa botte secrète ;
    Il en manœuvre les rayons en pinceau d’interprétation
    Pour saisir le trait stupéfait par son intuition indiscrète.

    Avec la Lune nitescente qui éveille un désir ardent,
    Avec l’encre d’obscurité d’un songe d’une nuit d’été,
    Dans la pénombre luminescente mêlée de reflets discordants
    Surgit l’œuvre de vérité d’impressionnisme interprété.

    Tableaux d’Alireza Karimi Moghaddam.

  • Mascarade

    Mascarade

    Pour s’accorder avec la mode automne-hiver vingt-vingt-et-un,
    Le maquillage va s’adapter avec les coups et les douleurs.
    Le masque intégral s’accommode et se met sur son trente- et-un ;
    Lèvres et paupières vont adopter un gel transparent sans couleur.

    Un QR-code sur le front, le masque à ras sur les paupières
    Et du rose dans les cheveux comme un symbole sanitaire
    Le pouvoir nous en fait l’affront, sans vouloir lui jeter la pierre,
    Et nous fait faire tout ce qu’il veut, c’est-à-dire rien d’humanitaire.

    Photo de Jose Navarro.

  • Mode Automne-Hiver 2021

    Mode Automne-Hiver 2021

    Festival de Cannes masqué, jeux olympiques réservés,
    Coupe d’Europe sanitaire et vacances avec sauf-conduit.
    L’autorité s’est démasquée, soi-disant pour nous préserver,
    Sous un prétexte humanitaire et nous parquer dès aujourd’hui.

    J’attends la mode ridicule du salon du masque jetable,
    La haute couture hygiénique et l’habit de distanciation.
    Un foulard antiparticules, une capuche Façonnable
    Et des culottes œstrogéniques pour la déféminisation.

    La grande mode sera blanche, blanc nucléaire évidemment,
    Les vêtements seront griffés de QRcode mercerisés.
    Mesdames, pour sortir le dimanche, une protection en filaments
    Et sur la tête ébouriffée, un masque à gaz pasteurisé !

    Illustration de Serge Ernst.

  • Trois petites chimères

    Contrairement aux trois petits singes qui ne voient, n’entendent et se taisent,
    J’ai rencontré les trois chimères qui observent, écoutent et s’expriment.
    Elles se creusent les méninges et ont conçu une prothèse,
    Une sorte d’habit victimaire sur lequel leurs pensées s’impriment.

    Lorsque l’une est plutôt pensive, sa queue de pie s’allonge et bouge
    Pour faire connaître au verso une invite à faire la fête.
    Si l’autre est plutôt agressive, son habit se teinte de rouge ;
    Toutefois, native du verseau, c’est souvent sur un coup de tête.

    Si la troisième sans retard soulève un pan de sa tunique,
    Elle montre l’état de son cœur d’une manière assez visible.
    Puis, l’air de rien, un peu fêtard, la voici qui vous communique
    Son petit rire un peu moqueur et ses pensées imprévisibles.

    Céramiques de Sergei Isupov sur https:www.juxtapoz.comnewsnew-ceramic-work-by-sergei-isupov .

  • Toujours ce même rêve idiot !

    Toujours ce même rêve idiot !

    Je fais souvent ce rêve idiot, entièrement nue parmi des gens,
    Soit lors d’un déjeuner sur l’herbe, soit à un arrêt d’autobus.
    Parfois je passe à la radio avec des gars intelligents,
    Parfois dans le milieu acerbe du travail coiffée d’un gibus.

    Cependant contre toute attente, personne ne me prête attention ;
    Tous ont l’air de trouver normal que j’exhibe ainsi ma vertu.
    Il faudrait un jour que je tente de rêver nue sans prétention
    Pour attirer les jeunes mâles et voir comment ils s’évertuent.

    Gare à Facebook et sa censure quand je rêve en faisant des vers
    Avec l’image, sans équivoque, d’une pin-up montrant ses seins !
    Entre les lignes, je vous rassure, se niche mon côté pervers ;
    Ce sont mes rêves qui provoquent tous ces petits nus assassins.

    Illustration de Jeanne Puchol.

  • Quoi qu’il arrive, tout le monde râle !

    Quoi qu’il arrive, tout le monde râle !

    Depuis l’enfance on me fait peur, l’éducation par l’oppression,
    Menace de faim dans le monde ou privé du père Noël.
    Puis on augmente la vapeur et on fait monter la pression
    Par les moyens les plus immondes de la bande à Emmanuel.

    On m’a remplacé la carotte par des masques et des œillères
    La guerre, l’islam, le terrorisme sont mes fléaux à éviter.
    Par la terreur qui me garrotte – en fait ma pire conseillère –
    Sous prétexte de protectionnisme contre famine et pauvreté.

    Finalement quand tout va mal, je regrette le monde comme avant,
    Avant quand je voulais changer et vivre dans un monde meilleur.
    Mais je ne suis qu’un animal, une sorte de singe savant
    Qui n’aime pas être dérangé et voudrait se tirer ailleurs.

    Tableau d’Aziza sur https:www.asiza.ca .

  • La critique nue

    La critique nue

    Je ne vois pas qu’avec le cœur, je vois aussi avec le corps
    Par le mamelon de mes seins et leurs objectifs turgescents.
    Je possède un nombril moqueur interpénétré par l’accord
    D’une aquarelle, d’un dessin ou d’un portrait intéressant.

    Si le sexe aussi participe à évaluer une toile,
    Il sait tâter le pédigrée de l’artiste et son instrument.
    Pour cette raison, en principe, il faut que je ressente à poil
    Le chef-d’œuvre qui vient s’intégrer avec ma chair incongrûment.

    Mais je crois bien qu’avec le cœur d’autres sens entrent dans la danse
    Avec les vertus cardinales et la boussole de l’intuition.
    J’accepte même à contrecœur cette étonnante coïncidence
    Qui lie ma vision vaginale au tableau d’une exposition.

    Tableau de Robert E. McGinnis.

  • La fille de la route

    La fille de la route

    Elle a croisé ainsi ma route probablement à mi-parcours
    Tandis que je roulais tranquille sur mon périple en solitaire.
    Elle a mis mon cœur en déroute sans cric et sans roue de secours ;
    Un accident d’automobile entre deux cœurs prioritaires.

    Je crois qu’elle venait de droite et qu’elle avait priorité ;
    J’aurais pu la laisser passer hélas, ce fut le coup de foudre.
    La belle fut assez adroite pour m’établir d’autorité
    Un constat d’amour surpassé au point qu’il mit le feu aux poudres.

    Nous avons roulé de conserve durant de nombreux kilomètres
    Avec, ma foi, deux incidents du genre qui font des enfants.
    Et puis, chacun sur sa réserve est devenu son propre maître
    Et mon destin sans précédent s’achemine en philosophant.

    Photo de Jimmy Marble.

  • L’île nue

    L’île nue

    Sur l’île nue des perceptions que la nuit a anesthésiées,
    Mes pensées se remettent à croître dans une jungle luxuriante.
    Et mon cœur nu des réflexions d’hier qui m’ont analgésié,
    Parcourt le jardin de mon cloître d’une confiance souriante.

    Chaque journée, je recommence à naître nu des maux d’hier ;
    Au petit jour, je suis la route qui m’emmène au moment présent.
    Et je revis une romance avec ma muse conseillère
    Qui guide mon cœur en déroute dans ce petit matin grisant.

    Alors dans un feu d’artifice de couleurs chaudes éclatantes,
    Je prends un bain de pluies d’été et laisse le vent m’essuyer.
    Ma peau connait le bénéfice d’une lumière miroitante
    Et je revis à satiété un bal du quatorze juillet

    Tableau de Robert E. McGinnis.

  • Le bal du quatorze juillet

    Aux républicaines fragrances mêlées aux odeurs de la poudre,
    Les cœurs s’emballent en cadence au bal du quatorze juillet.
    Ainsi les amourettes en France se sacrifient aux coups de foudre
    Aux dilettantes de la danse sans besoin d’être suppliés.

    Sous les bannières bleu-blanc-rouge et du vin aux mêmes couleurs,
    Les lèvres en feux d’artifice s’enflamment rouges de baisers.
    Tout ce qui vit, tout ce qui bouge, tout le monde oublie ses douleurs
    Pour savourer le bénéfice que rien ne saurait apaiser.

    Si l’année n’était sanitaire et les contrôles contraignants,
    Nous aurions dansé davantage pour exprimer la liberté
    Mais valser n’est plus salutaire depuis les code restreignant
    Et la perte de nos avantages qui ont depuis lors déserté.

    Tableaux d’Andrei Protsouk sur https:www.andreiart.comcatalog .

  • L’anti-sirène

    L’anti-sirène

    Si la sirène polissonne avait plus d’ouïe que de voix,
    De mémoire de marin, personne n’aurait été assez grivois
    Pour oser aborder sa bouche et bécoter la maquerelle
    Puis, aller tremper dans sa couche, son pinceau pour une aquarelle.

    Mais supposons qu’un matelot après quelques verres de rhum
    N’apercevant que ses gambettes s’envoie en l’air avec la belle…
    Soit il naîtra un cachalot, queue de poisson et tête d’homme ;
    Soit une sirène en goguette farouche, charmeuse et rebelle.

    Je tenterais bien l’aventure et l’utopique bagatelle
    Afin d’avoir pour descendance une sirène et un triton.
    Or, c’est là ma progéniture issue de ma propre parentèle ;
    J’ai dû rêver que ma laitance, fécondait la femme-poisson.

    Tableau de René Magritte.

  • À la pêche aux idées

    À la pêche aux idées

    L’inspiration, comme la pêche, apporte beaucoup de quiétude ;
    Taquiner la muse gourmande parmi les truites arc-en-ciel
    Qui se démène, qui se dépêche pour agacer mes habitudes
    Et qui, sans que je lui demande, m’insuffle juste l’essentiel.

    Souvent à l’aube, au point du jour ou sous une lune gibbeuse,
    Sous la voûte inaccoutumée d’un ciel constellé de légendes,
    Assis dans l’étrange séjour, j’entends ma muse dérobeuse
    Parler d’une voix parfumée, rimée aux couleurs de lavande.

    Quand le vers s’avère trop fluet, je le rejette dans le courant
    Afin de le laisser grandir et maturer dans sa liqueur.
    Parfois le vers semble muet mais se révèle concourant
    Pour un poème qui va bondir à travers le canal du cœur.

    Tableau de Phil Hale.

  • Soixante-troisième case en moins

    Soixante-troisième case en moins

    Enfin soixante-trois années passées à jouer au jeu de l’oie
    Pour remporter le premier prix : l’oie, les oisons et la fermière !
    Combien de fois fus-je condamné à être soumis à sa loi
    En prison pour mauvais esprit et ce de façon coutumière !

    Soixante-trois années sautées à progresser tant bien que mal,
    Creuser trente années à Marseille pour gravir les monts helvétiques.
    Puisque je finis en beauté, j’exprime mon cœur animal
    Qui me parle et qui me conseille d’autre années plus poétiques.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • L’homme affranchi de ses années

    L’homme affranchi de ses années

    À chaque année, son estampille, sa griffe, sa valorisation.
    Elle s’affiche sur mon visage comme une lettre compostée
    Venue de Chine ou de Manille selon son oblitération
    Avec marques de colisages des îles lointaines accostées.

    Je ne compte plus les boutons qui font preuve de mes sommeils,
    Ni les cicatrices et les rides qui content mes jours complaisants.
    Mes yeux doux comme des moutons, derrière mes lunettes de soleil,
    Produisent les larmes arides d’un homme de soixante-trois ans.

    Photo de Toychan_net.

  • L’amour d’ailleurs

    L’amour d’ailleurs

    Si mon cœur s’en va voir ailleurs en suivant ses humeurs volages,
    Il ne trahit ni ses amis, ni son épouse, ni sa maîtresse.
    Il est d’une toile dont les tailleurs confectionnent les plus beaux voyages
    Et ne connaît point d’accalmie tant qu’il n’a pas changé d’adresse.

    Or, c’est d’images dont s’abreuve la folie qui trouble mon cœur ;
    C’est de récits dont se régale la passion qui perd ma raison.
    Je vous en présente la preuve par mes poèmes chroniqueurs
    De mon existence qui égale tout l’exotisme dans sa maison.

    Tableau de Paul Gauguin.

  • In vino veritas

    In vino veritas

    Une sommelière amoureuse d’un Saint-Émilion bichonné
    Jouit de son cœur en balance avec un Beaune-Nuits-Saint-Georges.
    Si sa joie devient douloureuse lorsque l’amant est bouchonné,
    Elle se reproche l’indolence d’avoir été prise à la gorge.

    La sommelière se distingue de tous les commerçants blasés
    Par son tempérament jovial pour ses clients et ses produits.
    Des mains, ses bouteilles valdinguent jusqu’à nos lèvres embrasées
    Du rouge rubis convivial des meilleurs crus qu’elle produit.

    J’aime écouter la sommelière qui m’aguiche dans sa vitrine ;
    J’aime goûter son éloquence et sa faconde légitime ;
    J’aime observer sa lavallière se balancer sur sa poitrine
    Et j’aime palper la fréquence de son œnologie intime.

    Photo de J.J. Jordan sur Pexels et sur https:medium.comequality-includes-youthe-two-times-i-was-as-fragile-as-a-wine-glass-about-race-500a92ba5b2b .

  • Les voyages impressionnistes

    J’ai pris le train imaginaire pour des rêves sans destination
    Dont les escales en folie offrent les plus belles couleurs ;
    Des sites extraordinaires, différents à chaque station
    Qui chassent la mélancolie en sinécure et sans douleur.

    Mais il faut y mettre du sien et bien s’atteler à la tâche
    Car la Mer-de-l’inspiration mate les talents apathiques.
    Les tourbillons théoriciens égarent tous ceux qui s’attachent
    À des valeurs d’inspiration matérialiste et pragmatique.

    Mais si je me laisse emporter par une vague déferlante
    Et si je me laisse entraîner par les courants perfectionnistes,
    Je saurai me réconforter par les étapes affriolantes
    De l’expérience parrainée par les voyages impressionnistes.

    Tableaux d’Alireza Karimi Moghaddam.

  • Impressionniste matin, midi et soir

    L’impression d’un matin nouveau presse l’aurore à contrejour
    Pour en extraire l’apparence d’un paradis à retrouver.
    Le cœur se remet à niveau et revoit sa palette à jour
    Pour l’exprimer en transparence sur son âme vierge éprouvée.

    À midi, l’intuition mûrit sur la toile en pleine lumière
    Qui reçoit le feu d’un pinceau qui saigne comme une blessure
    Où tout l’enthousiasme en furie cherche la vérité première
    À recouvrer sous les assauts et les projections de peinture.

    Le crépuscule emportera toutes les idées lumineuses
    Qui sèmeront les plus beaux rêves produits par la transpiration.
    Puis, la nuit en transportera toute l’essence butineuse
    Qui, dans une apparition brève, éveillera l’inspiration.

    Tableaux d’Alireza Karimi Moghaddam.

  • Les couleurs du temps

    Les couleurs du temps

    J’aime les heures colorées selon l’humeur du temps qui passe ;
    L’heure bleue entre chien et loup, l’heure d’or au soleil couchant ;
    L’éclat de la Lune dorée, lapis-lazuli de l’espace ;
    Même le vent, un peu jaloux de sa couleur à contrechamp.

    J’aime la pénombre qui contraste le soleil dans sa vanité ;
    L’heure des ombres qui s’étirent sur le cadrant de la nature ;
    Ainsi que l’amour enthousiaste qui marie les tonalités
    Des folles teintes qui s’attirent sur l’impressionniste peinture.

    Illustration de Pascal Campion.

  • Mes boulevards du temps qui passe

    Mes boulevards du temps qui passe

    Combien de fois ai-je arpenté les boulevards que je respecte
    Pour leur vitrines décorées selon l’esprit de la saison ?
    Anciens immeubles charpentés au bon vouloir des architectes
    Ou d’avant-gardes et abhorrés selon le goût de ma raison.

    Là, toute l’histoire du monde se déroule au gré des passants
    Avec l’arôme des ruelles qui disparaissent en labyrinthes.
    Parfois une façade immonde et ses travaux outrepassant,
    Tantôt l’évolution cruelle du temps qui marque son empreinte.

    Et tout au long de la journée, les existences habituelles
    Du troupeau aveugle qui marche dans sa transhumance usuelle ;
    Les livreurs qui font leurs tournées, les conversations rituelles,
    Les starlettes aux jolies démarches fruits de ma drogue visuelle.

    J’aime recommencer ce chemin, le même en toutes circonstances,
    Qui lave le corps et l’esprit et me met le cœur en vedette ;
    Celui où je donnais la main à l’élue avec insistance
    Qui m’accordait le premier prix et me faisait tourner la tête.

    Illustration de Carole Maurel.

  • Les jeux de l’Oie de Madame Fabergé

    Les jeux de l’Oie de Madame Fabergé

    Toutes les soixante-trois cases du jeu de l’oie n’ont pas suffi
    À arrêter la progression de notre artisane aux œufs d’or.
    Au-delà des monts du Caucase, ses aptitudes s’intensifient
    Et ouvrent toute l’expression de la femme conquistador.

    Elle est devenue alchimiste dont le creuset particulier
    Se niche aux tréfonds du gésier d’une oie cendrée exceptionnelle.
    La transmutation optimiste de son régime singulier
    Dans l’estomac analgésié produit la ponte conceptionnelle.

    Une fois par mois, en pleine lune, l’oie-aux-œufs-d’or pond un bel œuf
    Qu’elle n’a plus qu’à apporter aux banquiers les plus collecteurs.
    Madame Fabergé fit fortune le jour de l’an, au gui l’an neuf,
    Car l’oie couva une portée de douze oisons reproducteurs.

    Illustration de Flesh.png.

  • Mes idées qui s’éclatent

    Mes idées font trois petits tours et puis s’en vont dans le néant
    À moins qu’elles ne s’y enregistrent pour les revoir après ma mort
    Pour créer l’éternel retour et revivre le cas échéant
    Les amours manquées au registre qui n’ont laissé que des remords.

    Imaginez que les rencontres qui n’ont pas pu s’occasionner
    Se réalisent une à une dans un long métrage inédit.
    Enfin, l’âme irait à l’encontre de ses destinées passionnées
    Et mon cœur à titre posthume vers des amours de comédie.

    Tableaux de René Magritte sur https:dantebea.comcategorypeintures-dessinsrene-magritte .

  • La gouvernaille

    La gouvernaille

    Si l’homme gouverne comme un pied, confions la barre à la femme
    Dont le sens de l’orientation est soi-disant catastrophique.
    Soit, elle fera comme il lui sied et lui, obtiendra son sésame ;
    Soit, elle suivra ses injonctions et le perdra dans le trafic.

    Or, la voix des navigatrices irrite autant l’homme que la femme.
    L’homme, lui, n’a guère confiance en celle qui ne sait lire une carte ;
    La femme, elle, voit l’instigatrice dans un genre de pétasse infâme ;
    Tant et si bien qu’en méfiance, du bon chemin … chacun s’écarte.

    Photo d’Arno Rafael Minkkinen.

  • Marinade d’amour

    Marinade d’amour

    Après avoir bien consommé nuit de noces et lune de miel,
    Ils nagent dans les mêmes eaux et bientôt s’en vont à la mer
    Pour un voyage à point nommé pour d’autres terres et d’autres ciels
    Aux grains de vents intermezzo et aux arômes doux-amers.

    Ils apprendront la marinade accommodée par la laitance
    D’un poisson heureux comme un homme entre les bras d’une sirène
    Qui lui chante la sérénade dans l’eau d’éternelle jouvence
    Au goût du mari gastronome pour une bouchée à la reine.

    Lorsque la soupe devient épaisse, ils éclaircissent la marinière
    En rajoutant dans la boisson quantité d’amour et d’eau fraîche.
    Quand ça vire à la bouillabaisse, au fond du lit de la rivière,
    On voit mille petits poissons frétiller gaiement dans la crèche.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Le Grand Magasin Général

    Le Grand Magasin Général

    Et si, sur l’escalier du temps, je restais sur la première marche
    Pour observer les gens passer leur vie à monter et descendre ?
    J’y suivrais les jeunes débutants qui croiseraient leurs patriarches
    Et tout en haut les trépassés dégringoler en tas de cendres.

    Mais j’suis sur un Escalator au fonctionnement impartial
    Qui m’entraîne si lentement mais sûrement au dernier étage.
    Je suis entrée peut-être à tort dans ce grand centre commercial
    Avec facilités de règlement payées en plusieurs héritages.

    Sur la marche où je suis assise, j’ai fait le compte de mon crédit
    Qui donne droit à un rabais sur ma vieillesse en promotion.
    J’ai déjà payé la franchise pourtant sans clause de dédit
    Sur ma jeunesse qui englobait une tacite reconduction.

    Illustration de Loïka alias Yan Qin Weng sur http:www.3daysmarch.net .

  • L’apéro-tango

    Si la danse invite à entrer dans une relation de couple,
    L’apéro invite à manger amuse-gueules et aliments.
    L’un comme l’autre, si concentrés à nous faire voir la vie en double,
    Nous appelle à nous mélanger avec l’ivresse des sentiments.

    Un Cocktail Tango pour Monsieur, Mojito Salsa pour Madame,
    Suivis d’une soupe champenoise en vin d’honneur au mariage.
    Tournez, goûtez cet audacieux ti-punch où l’alcool s’amalgame
    Avec une valse viennoise vers un éthylique voyage.

    Photos d’Irving Penn sur https:www.wmagazine.comgalleryirving-penn-retrospective-unseen-photos-dallas-museum-of-art .

  • L’Oie de Madame Fabergé

    L’Oie de Madame Fabergé

    Le signe qui trahit la voleuse n’est pas un cygne mais une oie ;
    Une vieille oie du Capitole réputée pour donner l’alerte.
    D’une exclamation racoleuse car elle ne montre pas du doigt,
    Elle recouvrit comme une étole la canaille ainsi recouverte.

    Le jeu dut plaire à la gamine qui fut alors apprivoisée
    L’oie expliqua comment on triche quand on se veut conquistador
    Spécialisé dans la rapine des butins les plus pavoisés
    Chez les pondeuses les plus riches notamment les poules aux œufs d’or.

    Ainsi le cours des œufs dorés dans la région tant s’éprouva
    Qu’il provoqua une inflation même chez les plus humbles bergers.
    On inspecta bois et forêts mais jamais on ne retrouva
    La funeste association de l’Oie et de Madame Fabergé.

    Tableau de Paolo Pedroni.

  • La fin des potiches

    L’œil, gonflé comme une baudruche, l’homme sent son sexe se tendre
    Quand il voit l’objet du désir brusquement lui sonner l’alarme.
    Mais la femme, loin d’être une cruche, sait tout à fait à quoi s’attendre
    Et prendra un malin plaisir à finement jouer de ses charmes.

    L’homme n’étant guère fortiche à la féminine intuition,
    Croira remporter la victoire d’un orgueil presque saligaud.
    Mais la femme, loin d’être potiche, inversera la situation
    En lui racontant des histoires que veut bien croire le nigaud.

    Sculptures de Mélanie Bourget.