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  • La grotte aux oiseaux fantasques

    La grotte aux oiseaux fantasques

    Dans la grotte aux oiseaux fantasques, je manœuvre un petit bouton
    Qui ouvre la porte du temple qui mène au trésor fabuleux.
    À tire-d’aile, une bourrasque de soupirs et désirs gloutons
    S’échappe lorsque me contemple la Reine au regard globuleux.

    J’entre et je sors et puis reviens, intimidé et excité,
    Tandis que les murs se referment comme pour capturer leur proie.
    C’est l’effet de mon va-et-vient à même la convexité
    De la caverne qui à court terme l’a provoqué, du moins je crois.

    Prisonnier à vie de la Reine, j’ai un accès illimité
    À tous ses fantasmes et caprices pour le meilleur et pour le pire.
    Je souhaite cette fin sereine quand je serai à proximité,
    Comme une mort fornicatrice, au seuil de mon dernier soupir.

    Illustration de Jana Heidersdorf.

  • Trouchatou et Bitarat

    Trouchatou et Bitarat

    Au jeu du chat et la souris, changeons les genres – c’est à la mode !
    Laissons le souriceau pointer son museau au nez de la chatte.
    Il rentre, il ressort, il sourit ; le jeu lui plaît – c’est bien commode !
    Qu’il est agréable d’accointer cette partenaire délicate !

    Mais gare à la chatte échaudée à cause d’un rapport trop bref ;
    Un souriceau bien trop rapide pleurant dès sa première entrée.
    Elle risque alors d’échafauder une vengeance dont le grief
    Sera d’avaler l’intrépide museau pointu déconcentré.

    Malin celui qui, par derrière, tentera de la dérider ;
    Si la chatte est trop satisfaite, il y a risque de copinage.
    Le souriceau fera carrière mais sera tenu de résider
    Dans un enfer où la nymphette exigera libertinage.

    Tableau de Lorenzo Mattotti sur https:skysnail.livejournal.com708770.html .

  • La dame à la licorne interdite

    La dame à la licorne interdite

    Parmi les six tapisseries montrant la dame à la licorne,
    On y reconnaît nos cinq sens et en prime celui du désir.
    Suite à maintes tracasseries, il en est une qu’on écorne
    Sûrement par méconnaissance du sens ultime du plaisir.

    La septième dame à la licorne aurait dérangé la morale
    En dévoilant le sens ultime qui tend au suprême fantasme ;
    Tandis que le mâle se flagorne devant ses formes pectorales,
    Sa concupiscence lui intime l’intention d’atteindre l’orgasme.

    Sans doute la dame était farouche et la licorne également ;
    Une fois libérée de ses fringues elle aurait pris la clef des champs
    Laissant le peintre sur la touche, quittant la scène élégamment
    Pour mener à bien sa vie de dingue en allant courir à Longchamp.

    Tableau d’Eagle Zac.

  • La corde sensible

    La corde sensible

    Les voies de la carte du tendre font vibrer ma corde sensible
    Et il me plaît d’en explorer chacune de ses curiosités.
    Bien sûr, il n’faut jamais s’attendre à courir après l’impossible
    Mais il n’est rien à déplorer dans ses profondes pilosités.

    Comme je tâtais ardemment ses réponses émotionnelles,
    Je tentais de me projeter dans ses parties les plus intimes.
    D’un coup de chance évidemment, ses jouissances sensationnelles
    Étaient prévues pour objecter ma procédure légitime.

    Ni curieux, ni inconvenant, je ne suis qu’un explorateur
    Voulant découvrir les mystères de chaque grain de mélanine
    Qui fait rêver à l’avenant le poète et le narrateur
    Qui se prétendent magistères de la prospection féminine.

    Tableau de René Magritte.

  • Les réseaux vito-socio

    Les réseaux vito-socio

    « L’homme ne vit pas de pain seulement mais de la Parole de Dieu ! »
    Prêchait Jésus passionnément à titre de fils conducteur.
    Athée, juif, chrétien, musulman, chacun sait qu’il est fastidieux
    De vouloir vivre isolément sans quelques contacts abducteurs.

    On a tous besoin d’un réseau ; réseau d’amis de relations ;
    Réseau de services santé ; réseau de carrière et travail.
    Réseaux intimes, amoroso, affinités, corrélations
    Et pour les âmes impatientées, un dieu qui veille, vaille que vaille.

    Aujourd’hui nous sommes câblés, fibre-optique, wifi et 5G ;
    Les chiens guident leurs maîtres aveugles collés devant leurs téléphones.
    Mon humanité, accablée de voir tous ses enfants singer
    Un formatage qui guide le peuple vers cet avenir, me chiffonne.

    Tableau de Vava Venezia Dellert sur https:joseartgallery.comdeartistsvava-venezia-dellert .

  • Léontine à la friperie

    Léontine à la friperie

    Comme elle n’avait rien apporté ce jour-là à la friperie,
    Elle se retrouva vite à poil sans soutif et déculottée.
    Comme ce qui était à sa portée n’était que de la draperie
    Elle s’assit donc devant le poêle pour éviter de grelotter.

    Comme à cette bourse d’échange il n’y avait pas trop de femmes,
    Elle dut attendre jusqu’au soir pour trouver chaussure à son pied.
    Sans aucun habit de rechange pour sortir de ce piège infâme,
    Elle chercha le moindre accessoire mais ne trouva rien qui lui sied.

    Finalement juste une veste qui lui tombait à ras-les-fesses,
    Une paire de bottes jusqu’aux genoux, rien d’autre après mûr examen.
    Personne ne fit le moindre geste et Léontine, je le confesse,
    Demeura cul-nu parmi nous disant « On verra bien demain ! »

    Tableau de Carl Larsson.

  • Des papillons plein la tête

    Des papillons plein la tête

    Ce n’est pas une case en moins que doit déplorer mon cerveau
    Mais trop de cellules en surnombre aux fenêtres grandes ouvertes.
    Tous les papillons sont témoins de ces portes à tous les niveaux
    Qui claquent et qui plongent dans l’ombre mes chambres plus ou moins désertes.

    Ces battements de papillon qui font la pluie et le beau temps,
    Déclenchent violentes tempêtes lorsque souffle un vent de colère.
    Ce n’est pas que j’sois tatillon mais ça m’agace tout autant
    Lorsqu’une larve fait trempette ou niche au creux d’une molaire.

    On dit qu’ils ne vivent qu’un jour mais ce doit être alors de nuit
    Car au milieu de mes nuits blanches, je les entends batifoler.
    Je suis condamné pour toujours à reconnaître que ça me nuit
    Entre les plinthes et les planches de mon encéphale affolée.

    Finalement on est amis bien que je n’en connaisse aucun
    Alors qu’eux-mêmes n’ignorent rien de mes trous de mémoire vides.
    Des lépidoptères ennemis doivent grignoter tout un chacun
    Le moindre délire aérien dont ils sont particulièrement avides.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Danse comme un oiseau

    Un petit couple de danseurs vient fréquemment sur mon balcon
    Pour danser mille pirouettes sur la piste de ma rambarde.
    Leurs petits muscles extenseurs s’élancent en mouvements abscons
    Et de multiples girouettes de galipettes furibardes.

    Ils n’ont d’autre public que moi mais ils sont tellement timides
    Qu’à la moindre démonstration de mon intérêt, ils se sauvent.
    Ils s’apprivoisent au fil des mois ; bientôt à la saison humide
    J’aurai une argumentation à les protéger des pluies fauves.

    En attendant, leurs bonnets rouges reviennent toujours matin et soir
    Pour se produire sur la terrasse ou dans un ballet aquatique.
    Silence ! Que personne ne bouge ! Allez doucement vous asseoir
    Les voici d’une humeur vorace dans leurs menuets drolatiques.

    Tableau de Lorenzo Mattotti.

  • Quand il y a du rire dans l’air

    Quand il y a du rire dans l’air

    Quand il y a quelque chose dans l’air, je suis la première à l’entendre
    Lorsque l’atmosphère prête à rire ou plutôt à se lamenter.
    Quant à me plaire ou me déplaire, ne sachant pas à quoi m’attendre
    Mieux vaut à l’imprévu sourire que subir sans parlementer.

    S’il y a de la rumba dans l’air, j’en ai les jambes qui l’attestent
    Et s’il y a de l’eau dans le gaz, j’en ai les oreilles qui sifflent.
    S’il y a de l’émeute populaire, j’en ai le bras qui manifeste
    Et s’il y a du blues dans le jazz, j’ai la java qui m’écornifle.

    Sans doute un jour, ces particules qui virevoltent à mots couverts,
    – Petits angelots sans parole, petits démons sur leurs séants –
    Accepteront que j’articule parmi leurs rangs mes Reflets Vers
    Qui suivront le cours des rigoles pour retourner à l’océan.

    Tableau de Jeramondo Djeriandi.

  • Lecture à deux voix

    J’aime lire un roman d’amour comme une romance à deux voix ;
    Rythmer la chanson de mes basses tandis qu’elle pousse ses aiguës.
    Glousser aux passages d’humour, pouffer quand ça devient grivois
    Et trembler quand l’action se passe avec émotions suraiguës.

    Bien sûr, le chapitre érotique réclame toute l’attention
    Et nous mimons, à chaque ligne, chaque prouesse des amants ;
    Lorsque l’héroïne exotique exprime toute la tension
    Des deux orgasmes qui s’alignent à la lettre, au même moment.

    Parfois on éteint la lumière pour, en aveugle comme il se doit,
    Lire en braille chaque aspérité sur le corps de l’autre lecteur.
    Cette lecture coutumière permet de suivre du bout des doigts
    Le style et la dextérité de nos organes reproducteurs.

    Tableaux de Lorenzo Mattotti sur https:skysnail.livejournal.com708770.html .

  • La jardinière fruitière

    Tous les goûts sont dans la nature tous fruits et légumes confondus
    Surtout lorsqu’ils sont mûrs et ronds comme des melons de Cavaillon.
    Bien cultivés, d’âge mature, et notamment les défendus
    Qui se cueillent sans le chaperon en écartant le cotillon.

    Bonne jardinière fruitière est experte en présentation ;
    Son étal doit être agréable et nous mettre l’eau à la bouche.
    En pomme sur la devantière, en poire pour la tentation
    Et pour la figue inavouable, prévoir de préparer sa couche.

    Saveur du soir, alcool de fruit qui raffermit bien la banane ;
    Parfum subtil, sirop sucré qui goutte d’un nectar blanchâtre ;
    J’aime jouir de l’usufruit que ma légué la tante Jeanne
    Celle dont Bécaud a consacré une chanson que j’idolâtre.

    Tableaux de Władimir Golub sur https:bialczynski.pl20140708bialoruska-wizja-slowianskiej-baji-wladimir-golub .

  • Le mensonge criant de vérité

    Le mensonge criant de vérité

    La Vérité sortant du puits pique un fard pour sa nudité
    Tandis que le Mensonge est fier de poindre en toute sa splendeur.
    En effet celui-ci s’appuie sur un fond de validité
    Avec des formes plus outrancières que sa dérisoire candeur.

    La vérité semble un peu crue tandis que le mensonge est cuit
    À point de tous les points de vue pour satisfaire la justice.
    Comme personne n’y a cru, on a remis dans le circuit
    Les bons vieux contes dépourvus de toute intuition subreptice.

    Du coup Marianne s’est rhabillée de sa robe à langue de bois
    Tenant deux roses dans les poings comme un nouveau front populaire.
    Elle sort par la gauche en juillet mais en août fera contrepoids
    En revenant à brûle-pourpoint à droite car elle est pendulaire.

    La vérité est subjective et le mensonge plus objectif
    Et sa maîtrise par l’État lui fait faire feu de tout bois.
    Même en devenant objective, la vérité du collectif
    Demeure apprise sur le tas de la fourberie aux abois.

    Tableau de Mike Worrall sur https:www.mikeworrall.comprints-available .

  • Les espoirs de Marianne

    Les espoirs de Marianne

    Après la France toute en couleurs des exploits du siècle dernier,
    Voici la France de tous les sexes présents pour les jeux olympiques.
    Cependant c’est avec douleur qu’on a du mal à remanier
    Les règles devenues complexes pour tous ces genres atypiques.

    Les Gays se combattant entre eux, Lesbiennes s’affrontant entre elles,
    Les Bis on ne sait où les mettre et les Queers-plus, encore moins !
    Quoi qu’il en soit, c’est désastreux et ça suscite des querelles
    Car les sans-genre vont en remettre une couche, Dieu en est témoin.

    Alors en désespoir de cause, Marianne a eu une drôle d’idée :
    Faire du village olympique un nouvel État-Non-Genré.
    Pour mettre un terme à ces psychoses, des médecins ont décidé
    D’y créer la race anthropique aux sexes auto-suggérés.

    Tableau de Snake.

  • La sirène végane

    La sirène végane

    Ce n’est pas une queue de poisson mais une racine de carotte ;
    Pas de cheveux mais du cresson dont elle n’est pas peu fiérote.
    Vous la trouverez au potager se nourrissant de pommes de terre
    Qu’elle contribue à propager par son lait phytosanitaire.

    Les sirènes véganes ont du lait qui perle de leurs seins en poire
    Dont les mamelons ondulés plaisent aux vers qui voudraient y boire.
    Heureuse l’humble jardinière qui la découvre dans une endive
    Et passe de fonction routinière à une activité lascive.

    Si la queue sert à aguicher la jardinière dans son jardin,
    Elle fait office de godemichet et s’agrandit comme un gourdin.
    Si vous passez près des enclos et oyez des gémissements,
    C’est la maraîchère à huis clos qui pousse des trémoussements.

    Illustration de Forest Diver sur https:www.behance.netgallery247706332d-digital .

  • Jumping Mermaid

    Jumping Mermaid

    Sur les rouleaux, on voit l’surfeur et dans le rouleau, très sereine,
    On la voit jaillir sur sa proie laissant la planche à la dérive.
    Tant pis pour le sportif gaffeur qui ne croyait pas aux sirènes
    Maintenant je pense qu’il y croit mais c’est trop tard quoi qu’il arrive.

    Quand la mer fait de grosses vagues, les sirènes chassent en équipe
    Lors des frégates et concours, toutes s’y adonnent en chœur.
    Aussitôt qu’elles voient que divague d’exaltation le pauvre type,
    L’une le fauche dès qu’il encourt la jubilation du vainqueur.

    Pourtant je dois rendre justice, quand même, à son esprit sportif
    Car elle enlève du peloton notamment les brebis galeuses
    Qui auraient porté préjudice par leurs errements abortifs
    En mêlant au phytoplancton leurs cervelles encore moelleuses.

    Tableau d’Anna Podedworna sur https:www.artstation.comakreon .

  • Ôtons le voile de l’histoire !

    Ôtons le voile de l’histoire !

    À peine livrée à Adam, Ève sous sa housse en plastique
    N’a pas goûté la moindre pomme ! C’est Lucifer, ce scélérat,
    Qui, dès qu’il eut planté sa dent, mourut d’hypertonie spastique
    Et Dieu voulut accuser l’homme mais c’est la femme qu’Il déféra.

    On fit donc venir l’accusée avec les preuves du délit ;
    Une pomme à peine croquée et un rat mort empoisonné.
    Adam, témoin, fut récusé, le procès fut une homélie
    Dont la défense fut escroquée et son avocat bâillonné.

    Tout est une histoire de dupes et machination diabolique
    Quant au péché originel, Ève mérite qu’on la venge
    Car si l’on soulevait la jupe ou la robe machiavélique
    Du juge impie et criminel, on verrait le sexe des anges.

    Tableau de David Bowers.

  • Le cerveau reptilien

    Le cerveau reptilien

    Eh oui, le serpent de la fable niche au cœur même du cerveau
    Depuis l’origine du monde, de la genèse à ma naissance.
    Ainsi l’innocence ineffable de l’enfance est un écheveau
    De bienfaits et de maux immondes entrelacés en connaissance.

    Alors mon cerveau reptilien relie ma vie d’avant la vie
    Par le cordon ombilical jusqu’aux racines de la Terre.
    Et moi, je ne suis plus qu’un lien qui a poussé et qui gravit
    Un nouvel échelon vertical vers mon futur complémentaire.

    Donc le péché originel, la lutte du bien et du mal,
    La fameuse faute imputée à Ève provient de la chaîne
    Continue comme une sentinelle qui veille son côté animal
    Pour créditer ou amputer chaque initiative qui s’enchaîne.

    Ainsi « l’homme est un loup pour l’homme » commence à l’intérieur de soi
    Et mes neurones interrupteurs acceptent ou refusent le mal.
    Nul besoin d’avoir un diplôme pour comprendre que, quoi qu’il en soit,
    Le véritable corrupteur, c’est moi-même, c’est paranormal.

    Tableau de lifo_art.

  • Juste la science ?

    Juste la science ?

    La science se veut juste comme une justice aveugle
    Qui ordonne le monde selon sa vérité.
    Or la loi est injuste envers celui qui beugle
    Contre un progrès immonde pour la postérité.

    La science éblouit, elle devient nécessaire.
    Que chacun en devienne l’esclave tributaire !
    Chaque étape inouïe fait qu’l’étau se resserre
    Jusqu’à ce qu’il parvienne à détruire la Terre.

    Je n’suis pas pessimiste ni anti progressiste
    Sauf lorsque la science devient « La » religion
    Qui mène les optimistes et les controversistes
    À vivre en inconscience ; hélas, ils sont légion.

    Tableau de Youri Ivanov sur www.jouriskunst.nosd-world .

  • Manipulation

    Manipulation

    Je suis en équilibre instable entre mes deux fondamentaux ;
    L’un qui parle au fond de moi-même, l’autre qui me parle comme un moule.
    Un moule souvent contestable de trop d’exercices mentaux
    Pour m’adapter à ceux qui m’aiment mais qui me font tourner la boule.

    Vais-je tomber dans la confiance et lâcher prise aux inquiétudes ?
    Vais-je lutter dans la conscience pour sauver ma propre quiétude ?
    Vais-je agir avec méfiance et adapter ma solitude ?
    Vais-je sombrer dans l’inconscience et accepter ma servitude ?

    Si la vie ne tient qu’à un fil, qui maintient les deux bouts ensemble ?
    Un Dieu, un ange ou un démon ? Ou les trois Parque au sécateur ?
    On dit qu’à la mort tout défile des souvenirs qui nous ressemblent ;
    Moi, j’aspire à voir en amont comme en aval, l’opérateur.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Rencontres et complémentarités

    Rencontres et complémentarités

    Deux races distinctes évoluent, chacune dans son monde parallèle,
    Qui ne se croiseront jamais sauf si l’amour ne le permet.
    Quand le moment est révolu et que les cœurs se décervellent,
    La rencontre peut désormais s’accomplir et se refermer.

    Mais ils demeureront disjoints chacun dans son sexe attitré,
    Chacun dans son genre de bande avec ses règles et ses combats.
    Un jour ils deviennent conjoints par un coup de foudre attirés
    Pour faire mille sarabandes et dans le lit, c’est la nouba !

    Et puis après, ils se séparent ; la loi des vases communicants
    Ne coulant plus de même source, ils se retrouvent chacun chez soi.
    Parfois la brèche se répare et l’on repart en fornicant
    Dans d’autre univers aux ressources bien différentes, ça se conçoit.

    Illustration de Lorenzo Mattotti.

  • Toute la vérité sur la Lune

    Toute la vérité sur la Lune

    Lorsqu’ils sont allés sur la Lune,
    toutes les images étaient fausses
    Et enregistrées en studio
    par un cinéaste fanatique.
    La vraie raison qui importune
    et met nos soupçons à la hausse
    C’est qu’Armstrong comme un bel idiot
    s’éprit d’une belle lunatique.

    Eh oui ! La Lune est habitée
    par des houris en mini-jupes
    Dont l’activité principale est
    cueillir et vendre des pommes.
    Les astronautes invités
    pensant qu’on ne serait pas dupes,
    Ont préféré se porter pales
    et tout biffer d’un coup de gomme.

    Après, quelques expéditions
    ont eu lieu sans qu’il n’y ait de fuites
    Mais les lunatiques se fâchèrent
    car les terriens firent les bégueules.
    Voilà pourquoi en punition,
    les missions n’eurent aucune suite
    Et les pommes vendues aux enchères
    entre Microsoft et Apple.

    Tableau d’Andrey Boris.

  • L’astrologue au logis

    L’astrologue au logis

    Pas de logique pour l’astrologue, pas de hasard dans son logis ;
    Tout est prédit, analysé, collant à sa physionomie.
    Qu’il est étrange, le dialogue datant de la mythologie
    Entre les astres banalisés et la moderne astronomie !

    J’ai l’âme et le cœur étoilés et l’esprit toujours dans la Lune,
    J’ai fait un retour à la Terre assez brutal de quinze mètres.
    L’astrologie s’est dévoilée par la relation opportune
    Entre miracles et mystères qui ont fait de moi mon propre maître.

    Ce n’est pas elle qui m’a déçu mais les gens soi-disant ouverts
    Qui cherchent un changement de vie mais inaptes à la délivrance
    Malgré la vision du tissu de leurs problèmes découverts,
    Finalement qui sont ravis de vivre dans leur corps de souffrance.

    Tableau de Georgy Kurasov sur http:www.kurasov.comindex.php?gals .

  • Sous le soleil de l’Amazone

    Sous le soleil de l’Amazone

    Sur une selle empanachée, une amazone ensommeillée
    Monte un beau cheval harnaché lors d’un été ensoleillé.
    Un bras portant un écu d’or, l’autre en train d’esquisser un geste,
    Ainsi implanta le décor, Ptolémée pour son Almageste.

    Quel rapport aux mathématiques, l’amazone peut-elle apporter
    Alors qu’elle est emblématique du féminisme rapporté ?
    Je n’en ai pas la moindre idée ; c’est ce rêve idiot que j’ai fait
    Qui, de lui-même, a décidé ce rapprochement imparfait.

    Mais si les courbes féminines sont aussi parfaites que sublimes,
    Si leurs pigments de mélanine s’avèrent de vrais pousse-au-crime,
    C’est qu’il a le compas dans l’œil et le don des mathématiques,
    Ce dieu qui traça sur sa feuille la femme pure énigmatique.

    Tableau de Georgy Kurasov sur http:www.kurasov.comindex.php?gals .

  • L’arbre éternel et féminin

    L’arbre éternel et féminin

    Que les femmes soient encore plus proches que les hommes de la nature
    Me laisse imaginer les liens qui leur prolongent leurs racines.
    Or quand les hommes leur reprochent leurs comportements immatures
    Que dire du cerveau reptilien dont l’art primitif se dessine ?

    Saint-Louis n’attendait pas l’automne pour effeuiller sa Marguerite,
    Et Roméo aimait Juliette tous les autres mois de l’année.
    Si la nature est monotone, la femme bouleverse nos rites
    Avec son allure de fillette et sa bonne humeur spontanée.

    Elle se fane, elle se flétrit et la nature reprend ses droits
    À qui la faute ? À Dieu ? Au temps ? À la peur de mourir demain ?
    C’est l’Univers qui l’a pétrie, c’est l’Univers qui la foudroie
    Mais elle reste tout autant l’arbre éternel et féminin.

    Tableau de Hayk Shalunts.

  • Valentine et la chasse aux fleurs

    Valentine et la chasse aux fleurs

    Après des pluies interminables, tous les boutons d’or ont percé,
    Coquelicots rouges des champs, pissenlits, bleuets, marguerites.
    Dans ses bras indéterminables, le renouveau les a bercés
    Dans l’instant au soleil couchant d’une promenade émérite.

    Lanternes rouges et lampions blancs, printemps du soir, lueurs d’espoir,
    Comme si la nature indiquait ses symptômes de bonne santé.
    Première étoile, dernière Lune mais ce n’est pas contradictoire ;
    Là-bas ancrée au bout du quai sonne une corne impatientée.

    Une invitation au voyage autour du lac imaginaire
    Pour une tournée d’espiègleries de villes en villes, de fleurs en fleurs ;
    Fleurettes tressées en maillage sur des cortèges processionnaires,
    Festivaliers, corso fleuri du Lavandou jusqu’à Honfleur.

    Tableau de Thomas Little.

  • Les sirènes serpents

    Une sirène à queue de serpent dans le mystère des profondeurs
    Où la faune est organisée pour s’adapter à son milieu…
    Chez Andersen et Peter Pan, elles étaient plutôt en rondeurs
    Mais dans leur monde paganisé, les dieux sont les maîtres des lieux.

    La Reine possède la plus grosse taille de serpent des abysses ;
    C’est ainsi que le Roi l’a choisie pour ses anneaux et ses écailles.
    Il faut mille-et-un coups de brosses pour nettoyer son appendice
    Et de l’élixir d’ambroisie pour une queue de cette taille.

    Les serpents-sirènes à l’air libre aiment l’ombre des marécages
    Où elles pourront faire leur mue dans l’humidité des marais.
    C’est vital pour leur équilibre ainsi que pour leur relookage
    Car les femmes-serpents sont promues à plaire aux marins timorés.

    Tableaux d’Anna Verhoog, de Steven Bellshaw et de Mihail Gard.

  • La cavalière, le roi et la reine des sirènes

    Tiens ! Commençons donc par le Roi, le roi putatif des abysses
    Qui prétendait sans faux-semblants être d’origine anglo-saxonne.
    Mais il n’est pas celui qu’on croit et, à moins qu’il ne s’estourbisse
    Avec son épée en fer blanc, il n’a jamais tué personne.

    La Reine est une aventurière qui a bâti sa renommée
    À coups de queue qu’elle a si chaude que la mer s’en met à fumer.
    Mais ce n’est qu’une roturière qui a grimpé tous les sommets
    Par les cœurs dont elle se galvaude des marins qu’elle a consumés.

    Mais revient à la cavalière le pompon de la vanité
    Car elle trompe tout son monde avec la pire impertinence.
    Elle se montre inhospitalière et n’aspire qu’aux mondanités
    Avec la classe la plus immonde des grands requins de la finance.

    Tableaux de Stefania Kotati.

  • Marianne aux Jeux Olympiques

    Marianne aux Jeux Olympiques

    « C’était tendance, c’était troublant, tout était cousu de fil blanc ! »
    Mais ça présente toutes les prémices d’une bande de fous qui frémissent
    En prétendant avec bonheur railler en tout bien tout honneur
    Culture et tradition françaises tout en desservant son ascèse.

    Les femmes nues, qu’on se le dise, ne sont pas que des marchandises
    Ni des provocations complexes sitôt qu’elles ont changé de sexe !
    Et les parodies liturgiques deviennent aussitôt névralgiques
    Quand le fils de Dieu apparaît comme un curé de Camaret.

    Maintenant que la coupe est pleine, que les gaulois quittent la plaine
    Et plongent dans les eaux de la Seine qui aurait été rendue saine
    Et y entraînent tous les ministres de ce gouvernement sinistre
    Pour tenter d’étrange façon de les laver de tout soupçon.

    Parodie de « La Liberty guidant le peuple » de Delacroix publiée par Kent Walker sur https:www.topito.comtop-detournements-liberte-guidant-le-peuple-delacroix .

  • Entrée en vigueur et sortie de rigueur

    La loi entrée dans l’hémicycle en sortira légalisée
    Si le Sénat lui accrédite le droit d’être légitimée
    Sinon recommence le cycle d’une navette organisée
    Qui finira, à l’heure dite et au jour-J, éliminée.

    Enfin, parvenue au sommet où elle ne fait que s’agiter,
    La loi pose déjà des problèmes, surnage et coule comme une pierre.
    Mais voilà ; à peine consommée, on ne peut plus la rejeter.
    La République en plein dilemme ne sait pas faire marche arrière.

    Mais heureusement les vacances et ces fichus jeux olympiques
    Aspirent à bouleverser l’Ordre et le désorganiser
    Avec toute l’extravagance de cérémonies utopiques
    Qui s’apprêtent toutes à nous verser dans un foutoir satanisé.

    À qui la faute ? À la Mairie ? À l’Élysée ? Au Makronat ?
    On ne sait plus, tout est brouillé, mélangé à l’eau de la Seine !
    Sans doute qu’une confrérie plus ou moins liée au patronat
    Nous a l’avenir verrouillé vers une société malsaine.

    Tableaux de Michael Whelan sur https:www.michaelwhelan.com .

  • La légende de la Vouivre

    La légende de la Vouivre

    Tombée dans l’étang en bas âge, elle fut sauvée par des grenouilles
    Et fut nourrie au lait de loutres et aux œufs de carpe argentée
    Qui colorèrent son visage comme un fond de teint de vasouille,
    Une peau blanchâtre et, en outre, des cheveux roses endiamantés.

    Comme elle séjourna dans l’eau bien trop longtemps pour une humaine,
    Pieds et mains devinrent palmés par la pratique de la nage.
    Adolescente au teint pâlot, advint un curieux phénomène
    Car rien ne pouvait lui calmer ses excès de libertinage.

    Notre sirène des eaux douces, cachée derrière les roseaux,
    Guettaient les pêcheurs en bateau pour leur souhaiter la bienvenue.
    Quand sortait sa jolie frimousse poussant un chant amoroso,
    Le bonhomme devenait pataud de la voir grimper toute nue.

    Bientôt les femmes des pêcheurs voulurent chasser la sorcière
    Et la tuer quoi qu’il advint malgré tout c’ qui aurait pu s’ensuivre.
    Alors la fille d’un air bêcheur s’échappa de la souricière,
    Gagna le marais poitevin et changea de nom pour « la Vouivre ».

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Sirènes et chimères d’étangs passés et à venir

    De la nature des sirènes et leur instinct de chasseresse,
    La diversité des moyens pour piéger l’homme est légendaire.
    Depuis nos régions riveraines jusqu’aux îles enchanteresses,
    Le décompte des citoyens mystifiés est lapidaire.

    Leur apparence bucolique, douce, naturelle et forestière,
    Attire poètes et artistes qui recherchent l’inspiration.
    Mais la forêt mélancolique est loin d’être primesautière
    Et la sirène pépiniériste les absorbe par macération.

    Sirène des îles, sirènes des champs, entendez-vous dans nos montagnes
    Glousser ces monstres à chair de poule qui viennent près de vos maisons
    Et n’ont pas vraiment l’air méchant mais font du pâté de campagne,
    Une fois que le sang s’écoule, en vous mettant en salaison ?

    Tous les goûts sont dans la nature surtout chez la gente chimère ;
    Les ogres, les croque-mitaines et harpies aux griffes effilées.
    Si ces créatures s’aventurent, arborant leurs appas mammaires
    En France métropolitaine, je vous conseille de filer.

    Tableaux de Władimir Golub sur https:bialczynski.pl20140708bialoruska-wizja-slowianskiej-baji-wladimir-golub .

  • L’œil coquelicot

    L’œil coquelicot

    Dieu fit de moi son magicien cette nuit, d’un rêve éveillé,
    Où il nous fit nous rencontrer moi avec mon âme infantile
    Par le truchement opticien d’un cœur de fleur émerveillé
    Dont l’œil paraissait me montrer comment son esprit me ventile.

    Et tout ce que je sème aux vents, questions, contentieux et dilemmes,
    M’est répondu par l’intuition qui me souffle au creux de l’oreille
    Quelque dénouement innovant, une solution aux problèmes
    Ou l’assurance de l’intention d’une espérance sans pareille.

    Je l’appelle « l’œil coquelicot » comme un fil rouge qui rassemble
    Les amours de chaque printemps qui superposent leurs passions
    Par des réseaux ombilicaux dont chaque extrémité ressemble
    À un ange œuvrant à plein temps à ma propre émancipation.

    Photo de Thomas Hans.

  • L’offrande musicale

    Au baladin mélancolique, le cœur mélomane en recherche
    De nouveaux textes, de nouveaux airs, afin d’améliorer son chant.
    Jouant des notes bucoliques suivant les chemins de traverse,
    Il se retrouve dans un désert de création à contrechamp.

    À l’écrivain la page blanche, au musicien les notes vides.
    C’est ainsi, le canal du cœur est obscurci d’un vague à l’âme.
    Ce qui sortait d’une avalanche, issu d’inspiration avide,
    Rencontre un sentiment bloqueur tranchant comme le fil d’une lame.

    Mais voici la muse amusée qui sait comment ouvrir les vannes
    Et faire couler un nouveau souffle bravant l’entrave corticale.
    Elle sait user et abuser de son don dont elle se pavane
    Et donner le ton qui insuffle l’envie d’offrande musicale.

    Aussitôt le cœur grand ouvert, les notes déchaînées s’envolent
    Sur une partition du tendre pleine d’hardiesse et d’humour.
    Déjà du chemin découvert sortent des passages frivoles
    Qui sont aussi fous à entendre qu’une envie de faire l’amour.

    Tableaux de John Holcomb.

  • Le mois d’août sous la pluie et Noël à la plage

    Quelle différence existe-t-il entre les nouvelles saisons
    Dont le changement climatique nous nargue par ses contrariétés ?
    Dès lors le temps se montre hostile pour on ne sait quelle raison
    Et les variations thématiques ne sont plus ce qu’elles étaient.

    Les quinze aoûts noyés sous la pluie, les Saint-Valentin au soleil,
    Noël à la plage sous l’azur et Pâques sous la canicule ;
    Faut-il prendre son parapluie puisqu’avec ou sans c’est pareil ?
    La mode est à la démesure et la météo ridicule.

    Tableaux de Nina Childress sur https:ninachildress.com .

  • Adieu juillet, bonjour août

    Adieu juillet, bonjour août

    J’m’en fous d’l’école, on m’a menti ; on m’a fait croire que quatre saisons
    Faisaient la pluie et le beau temps pour le bonheur de la Nature.
    Mais cette année, j’ai pressenti qu’ils avaient perdu la raison,
    Ces météorologues autant incompétents qu’immatures.

    Adieu juillet, ne revient pas l’année prochaine sans avoir
    Révisé ta copie conforme à un été satisfaisant !
    Remballe tes pauvres appas qui n’ont pas eu lieu d’émouvoir
    Les vacanciers dont l’uniforme fut bottes et cirés déplaisants !

    Salut l’août, je compte sur toi pour rattraper l’absurdité
    Et faire revenir dare-dare des jours un peu plus estivaux.
    Donne-moi un soleil courtois et sa chaleur ressuscitée ;
    Trouve et ligote-moi Saint-Médard, puis jette-le dans le caniveau !

    Illustration de June Leeloo sur https:havengallery.comportfoliojune-leeloo-imaginarium .

  • Intense méditation

    Intense méditation

    Sans doute afin de rechercher tous les secrets de l’univers
    Inscrits dans les atomes mêmes de ses cellules émettrices,
    La méditation haut perchée traverse alors les trous de ver
    Pour retrouver ad hominem ses origines créatrices.

    Sans doute un contact qui remonte aux racines de l’existence ;
    Un train voyageant du passé vers le présent de l’avenir.
    Chaque wagon alors raconte une histoire avec consistance
    De ses passagers dépassés par les événements à venir.

    Sans doute chaque recueillement renoue les fils de la pensée
    En remettant le voyageur dans la réalité d’un monde
    Qui crée, dans l’entrebâillement de sa prière récompensée,
    L’un de ces rendez-vous majeurs de sa folle course vagabonde.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La porte du temple sacré

    À celui qui chercherait Dieu entre les pages de la bible,
    À celle qui trouverait la foi et désirerait tout connaître,
    Il est un miséricordieux moyen de ne pas manquer sa cible
    En empruntant la même voie que celle qui nous a fait naître.

    Six jours pour accoucher d’un monde et se reposer le septième
    Prouve que le Dieu géniteur est un créateur triomphant.
    Tout ça pour qu’après il l’inonde car il lui causait des problèmes
    Prouve un œdipe inhibiteur entre la mère et ses enfants.

    On dit que le royaume des cieux ressemble à un trésor caché
    Ou une petite graine semée qui donne le fruit et l’ivraie.
    J’en connais un joyau précieux auquel je suis très attaché
    C’est lorsqu’avec ma bien-aimée nous faisons l’amour pour de vrai.

    Ainsi le sexe remplacerait le divin d’une peccadille
    Sous réserve que vous approchâtes le temple du féminin sacré.
    Quant au chameau qui passerait sans peine par le chas d’une aiguille,
    Le chas est plutôt une chatte et l’aiguille un phallus nacré.

    Sculpture de Lucy Churchill sur https:www.lucychurchill.comsculpturepersonal-sculpture .

  • Pas que le sax dans la vie

    Pas que le sax dans la vie

    Il n’y a pas que le sax dans la vie – pourtant c’est un bel instrument –
    Ni l’iPhone qui conduit les gens dans une ex-communication.
    Loin du sex-appeal qui ravit et du saxophone présumant
    Un air de jazz intelligent et de la bonne éducation.

    Le saxophone a de l’ampleur ; les iPhoneurs ont de la voix ;
    Lui, perce en faisant des solos ; eux, nous bombardent de monologues ;
    Lui, nous évoque l’âme en fleur † ; eux, font chier tout un convoi ;
    Lui, nous charme de trémolos ; eux, enchantent les neurologues.

    Je ne joue pas du saxophone, j’ai un iPhone cependant
    Mais je n’ai ni le nez vissé ni la nuque à trente degrés.
    Le soir, je ne suis pas aphone ni devenu malentendant
    À cause du besoin de hisser ma voix aux circuits intégrés.

    (Tableau de Georgy Kurasov sur http:www.kurasov.comindex.php?gals
    † L’Âme en fleur est un poème de Victor Hugo https:www.bonjourpoesie.frlesgrandsclassiquesPoemesvictor_hugochanson_lame_en_fleur .)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Thé dansant

    Pour les anciennes générations, c’était le rituel du dimanche
    Que les nouvelles jugent ringard tout autant que l’accordéon.
    Mais danser sans modération et bien se balancer les hanches
    Reste charmant à tous égards mais démodé sous les néons.

    Que reviennent valses et tango, ces danses qui parlent d’amour ;
    Qu’on baisse le son des discothèques, que tous les âges soient réunis !
    Que tarentelle et fandango soient rétablis au goût du jour
    Et remplacent ce rock de métèque importé des États-Unis !

    Tableaux de Georgy Kurasov sur http:www.kurasov.comindex.php?gals .

  • Cherchez la femme !

    Cherchez la femme !

    Pas besoin de chercher bien loin ; derrière tout homme il y a une mère,
    Derrière toute femme également et Dieu se cacherait derrière.
    Dieu et le Diable sont témoins, ça remonte à l’ère primaire
    Quand la vie a finalement lancé sa triviale carrière.

    Les crimes sont souvent perpétrés… pourquoi : Pour l’amour d’une femme !
    Ou pour l’argent ça équivaut : c’est pour entretenir une femme !
    Ou le pouvoir mais arbitré pour dominer toutes les femmes
    Quoi qu’il en soit, ce n’est pas nouveau, on en revient toujours à la femme.

    Quand on est jeune, on n’a qu’un but : se trouver la femme parfaite
    Si on s’en lasse on a le choix avec d’autres différents modèles.
    Quand vient la période du rut, hélas elle a mal à la tête
    Et dans ce cas, il lui échoit de jouer aux mari infidèle.

    Tableau d’Artush Voskanyan.

  • Pluie de cartes ce soir vers 19h30

    La météo mélange tout comme un jeu de cartes du temps
    Où l’hiver me pique de froid et l’été me chauffe le cœur.
    Le printemps abat ses atouts par la chance du débutant
    Et l’automne tombe avec effroi sur le carreau à contrecœur.

    La météo imprévoyante agit comme cartomancienne
    En étalant ses prévisions pour en faire un tirage au sort.
    Elle est surtout assez croyante envers ses recettes à l’ancienne
    Telle la grenouille en dérision selon si elle rentre ou elle sort.

    Parfois le temps joue de malice selon le coucher de la veille
    Et la couleur du crépuscule qui, malgré son côté savant,
    Pose un lapin blanc dont Alice, celle du pays des merveilles,
    Rend la météo ridicule et vole la rose des vents.

    Souvent la pluie est annoncée par des présages dans le ciel
    Qui semblent préparer le temps selon les orages qui tonnent
    Depuis longtemps j’ai renoncé aux bulletins circonstanciels
    Qui promettent encore le printemps mais nous resservent toujours l’automne.

    Tableaux sur Robot Dreams of Beauty.

  • Déshabillé en papier de soie

    Déshabillé en papier de soie

    Papier de soie, papier froissé, papier crépon, papier chiffon,
    Les vêtements prêts-à-jeter en papier à motifs gravés
    Auront tendance à remplacer les textiles qui ne satisfont
    Plus la citadine agitée qui blâme sa machine à laver.

    Enfin des machines à créer, à fabriquer, à imprimer
    À partir de pâte à papier une garde-robe par jour !
    D’une discrétion agréée et toute censure exprimée
    Qui pare de la tête au pied le corps de ses plus beaux atours.

    Ça se déchire sur un sein ? C’est fait exprès, c’est plus malin !
    Ça dévoile un peu trop les hanches ? C’est normal, c’est prédécoupé !
    Ça ne cache rien du bassin ? C’est pour attirer les câlins !
    Quant à ce qu’elle met le dimanche, c’est juste pour vous entourlouper.

    Tableau de Georgy Kurasov sur http:www.kurasov.comindex.php?gals .

  • La force tranquille

    La force tranquille

    Point de repos, même le dimanche, pour le septième travail d’Hercule
    Qui dut se retrousser les manches du matin jusqu’au crépuscule.
    Point de mots d’amour à débattre et tant pis pour sa bien-aimée
    Qu’il abandonna pour combattre et tuer le lion de Némée.

    Sauf… que ce n’était pas un lion mais un taureau, un bel auroch,
    Se comportant en trublion en Crète et non pas au Maroc.
    J’en perds le grec et mon latin à lire la mythologie,
    Perdu sur le mont Palatin, égaré loin de mon logis.

    Quant à l’épouse – il en eut quatre, le champion fut un chaud lapin –
    Pour qui alla-t-il donc se battre après avoir mis son grappin ?
    Pas Mégara, trop rancunière, ni Omohale, catastrophée,
    Ni même Hébé, la p’tit’ dernière, mais Déjanire qui eut le trophée.

    Tableau de Georgy Kurasov sur http:www.kurasov.comindex.php?gals .

  • À l’heure de l’apéro

    Une femme seule à l’apéro avec un livre, à tous les coups,
    Surveille, cherche, ou attend quelqu’un à qui elle a envie de plaire.
    Elle a beau faire son numéro, à la voir se tordre le cou,
    Vous comprendrez, tout un chacun, qu’il y a de l’aventure dans l’air.

    Une femme seule au restaurant, le verre touché du bout des doigts,
    Attend encore le prétendant qui est une fois de plus en retard
    Dont le record s’améliorant va déclencher comme il se doit
    Vengeance à son corps défendant : le verre dans la gueule du vantard.

    Une femme seule à la terrasse avec un chien et une ombrelle
    Attend celui qui l’a plaquée ; crime envers sa féminité.
    Entre son cœur qui la harasse et l’esprit qui cherche querelle,
    Le gars va se faire matraquer, mordre… et plus si affinités.

    Une femme seule devant sa porte n’attend plus rien sauf la police ;
    Elle s’est vengée de son amant en le tuant à bras-le-corps.
    Ah que le diable les emporte tous ces hommes remplis de malice !
    Mais son avocate de maman l’acquittera cette fois encore…

    Tableaux de Georgy Kurasov sur http:www.kurasov.comindex.php?gals .

  • Tous mes visages sont dans la Nature

    Visage juvénile au printemps, la paréidolie débute
    Par une percée alentour de jeunes pousses et perce-neige.
    Mère Nature fête ses vingt ans et vraiment rien ne la rebute
    Pour montrer les plus beaux contours que font ses éternels manèges.

    Visage mature en été, la paréidolie mûrit
    D’une abondance dans les vergers aux fruits des plus belles semences.
    Mère Nature vient allaiter en mettant fin aux pénuries
    Toute la faune et les bergers pour le temps de la transhumance

    Visage empathique en automne, la paréidolie se fane
    De couleurs chaudes et ambrées qui enterrent les feuilles mortes.
    Mère Nature, l’air monotone, se pare de brumes diaphanes
    Qui habillent son corps cambré de vagues qui la réconfortent.

    Visage endormi en hiver, la paréidolie s’endort
    Dans une mort surnaturelle car rien n’est tout à fait fini.
    Mère Nature et l’Univers se retrouvent dans un lit d’or
    Pour une raison structurelle qui se répète à l’infini.

    Tableaux d’Oleg Shupliak sur https:arts.centerukOlegShupliak .

  • Contes à dormir debout en contreplongée

    Contes à dormir debout en contreplongée

    Les contes à dormir debout me plongent dans l’expectative
    Et plus fort on me les raconte, plus ils s’avèrent incroyables.
    Plus je dresse de garde-boues contre la fange putative,
    Plus je me sens laissé-pour-compte contre l’état impitoyable.

    Mais aussitôt que je conteste, je m’attire les foudres des autres,
    Ceux qui ne veulent pas de problème afin que tout soit comme avant.
    On m’admoneste, on me déteste, on me traite de mauvais apôtre
    Complotiste au visage blême qui se prétend singe savant.

    Alors je me laisse engloutir sous cet océan de bêtise
    Que jamais ne pourrai vider sauf si l’on s’y met tous ensemble
    Sinon nous verrons aboutir après des années d’expertise
    Ce nouvel ordre pour ovidés dans un futur qui leur ressemble.

    Tableau de Hashimoto Reina.

  • Te mouilleras-tu ?

    Te mouilleras-tu ?

    Marianne, te mouilleras-tu quand tu iras boire à la source
    De l’avis de tous les Français concernant le cours de la vie ?
    Marianne, te dépouilleras-tu pour tomber le cours de la bourse
    À l’inflation référencée au pifomètre sans préavis ?

    Marianne, fais bien attention à n’ pas avaler les couleuvres
    Provenant du cours du dollar qui vient se jeter dans l’euro !
    Marianne, tu as trop de tension à force de les voir à l’œuvre
    Tous ces politiciens gueulards, beaux parleurs et godelureaux.

    Gare à ne pas te faire baiser quand tu lèveras ton derrière ;
    Telle est prise qui croyait prendre comme la république en marche !
    Quand ta soif sera apaisée assure alors bien tes arrières
    Au cas où tu t’ ferais surprendre par le président patriarche !

    Tableau de Jana Brike sur https:www.kaifineart.comjanabrike .

  • La poussée amoureuse d’Archimède

    La poussée amoureuse d’Archimède

    Heureuse comme une sirène dans l’eau lorsqu’elle rencontre un amant
    Qui fait l’amour entre deux eaux à défaut de septième ciel
    Mais dont le lit de longs rouleaux lui permettra conséquemment
    Des positions amoroso qui offrent tout leur potentiel.

    Un peu comme en apesanteur mais sans conquête de l’espace ;
    Juste libérée de son poids grâce à la poussée d’Archimède
    Tout augmentée par la lenteur d’un coït qui passe et repasse
    Et dont les corps font contrepoids à une série d’intermèdes.

    Le marin finira noyé mais quel bonheur dans l’épectase !
    Quelle magnifique fin de carrière pour un loup de mer en retraite !
    Si cela peut vous apitoyer, sachez que connaître l’extase
    Sexuelle, la queue en arrière, vaut bien un dernier coup d’arête.

    Tableau Art Bay Mythos sur https:www.artbymythos.com .

  • La Grande-Sirène

    La Grande-Sirène

    La Voie Lactée, dans l’Univers, dépend de la Grande-Sirène,
    Mère des eaux disséminées dans les galaxies infinies.
    Quand une lune est en hiver, Elle l’endort d’une sereine
    Éclipse pour éliminer ses trous noirs d’embrouillaminis.

    Dans la mer de sérénité, elle vient souvent s’accrocher
    À l’île de fécondité d’un désir d’insémination
    Auprès d’autres divinités tandis qu’elle rêve sur son rocher
    Aux formes de rotondités que prendront ses constellations.

    Si celle-ci n’existait pas, nous n’aurions pas la connaissance
    Des lois cosmiques appliquées à la Grande Sirène qui sème.
    Pour le comprendre, il n’y a qu’un pas à faire pour suivre la naissance
    Des phénomènes inexpliqués qui se résoudront par eux-mêmes.

    Illustration de Chiara Fedele sur http:chiarafedeleillustrator.it .

  • De l’eau dans la tête

    De l’eau dans la tête

    Lorsque j’ai de l’eau dans la tête, je me noie dans les proportions ;
    Mon propre corps est déformé et ses frontières se dispersent.
    Une kyrielle d’épithètes dans mon cerveau en distorsion
    Nomme les objets transformés par l’âme qui s’écoule à verse.

    Quoique je fasse dans cet état sera super expressionniste,
    Complètement démesuré selon la densité de l’eau ;
    Comme l’aiguille d’Étretat à l’esprit creux antagoniste
    Ou bien la sirène azurée qui m’entraînerait à vau-l’eau.

    Je peins des tableaux à rebours, à contrepied, à contretemps ;
    J’écris des poèmes qu’il faut lire de la fin au commencement ;
    Mon cœur cumule ses débours selon les caprices du temps ;
    Tout ça finalement pour dire l’état de mon épanchement.

    Tableau de Lilia Varetsa.