Semblant crever le ciel, les gros nuages lourds Vont bientôt s’écraser dans les champs cultivés. Tout l’orange coulera sur le vert du velours. Je ne sais quelle couleur sera transitivée.
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COUPEZ LE CLAIRON ! Il n’y a plus rien à dire ARRETEZ LE SON ! Il n’y a plus de raison. FAITES TAIRE VOS DOULEURS ! Plus besoin d’interdire TAISEZ-VOUS EN DOUCEUR ! Rentrez dans vos maisons.
Arrivé au bout du monde, à l’endroit où les frontières Convergent à l’horizon et s’enfuient dans l’infini, Le macareux est perplexe : Où est donc son équipière ? On lui a coupé le son, coupé le fil de sa vie.
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Son âme est en balance et son cœur l’est aussi. Ses émotions profondes, de grande intensité, Donnent une intelligence qui transperce et grossi Ce que l’esprit découvre en perspicacité.
Ses actions sont de feu et sont spectaculaires Et l’élèvent en haut de l’échelle sociale. Il lui faut des charmeurs et de beaux partenaires Pour combler ses attentes et ses amours cruciales.
Elle vit d’harmonie en bonne compagnie Mais pourtant solitaire et peu conventionnelle. Des changements soudains pour construire sa vie Mais d’une inspiration toujours spirituelle.
Sa vigueur sexuelle est toujours maintenue. Elle sait satisfaire le conjoint bienheureux. Même si elle éprouve quelques disconvenues, Elle sait se nourrir d’un foyer harmonieux.
Elle veut être aimée et être réchauffée, Elle rêve d’espoir d’être mise au soleil, Elle se laisse entraîner en dédales compliqués, Mais c’est dans les échanges égaux qu’elle s’émerveille.
Le marchand de ballons est natif d’Aragon. Hier, il s’est marié avec notre fleuriste. Elle vend des tulipes et des lys martagon Qui sont le nirvana des meilleurs coloristes.
Les nouveaux mariés sont des co-créateurs ! Ils ont inventé tout plein d’embellissements ! De ballons en tulipes et de toutes les fleurs Qui font ravir les cœurs et unir les amants !
Des ballons explosifs, détonants, rouge-sang. Tulipes aéronefs au brevet déposé. Mais leur plus bel ouvrage, le plus éblouissant, C’est à leur nuit de noces qu’il vous fut exposé.
Tout enduite de peinture à même son corps nu, La mariée arborait une peau de lumière. À ses seins fantasmés de papillons cornus Répondaient, sur ses fesses, des fleurs d’or en poussière.
Juste pour rappeler tous ces meilleurs moments, Pendaient à ses oreilles des tulipes vermillon. Et le plus beau bouquet d’un hommage embaumant, C’était l’œil sur son sexe qui mirait l’étalon !
Un fragment de Gorgone, un brin de ses cheveux, Ce bouquet de tulipes me le rappelle un peu. Je les ai recueillis sur les bords du lac bleu, Hier matin, à l’aurore, j’étais un peu vaseux.
Je ne sais quel effet il exerce sur moi Mais je subis des crises et n’ai plus d’énergie. Je passe mes journées allongé et sans voix, Je suis comme assommé, je suis en léthargie.
Est-elle fée ou sorcière, celle qui m’a enchanté ? Je ne sais pas laquelle à qui je dois m’adresser ! Pour en rompre le charme, je me laisse décanter, Tout mon corps est en grève et mon âme agressée.
Parfois je vois ces têtes onduler dans le soir Comme des serpents bleus au bout de ses cheveux. Madame la méduse a brisé mes espoirs, Mon cœur est en galère, je t’en fais mon aveu.
J’ai cherché dans ma tête l’origine du mal Qui m’arrache les neurones du premier au dernier. Ces vertiges impossibles sont au point maximal, Le thermomètre explose et j’en perds mon vernier.
Ce matin la sorcière a lâché son empreinte. Le bouquet de tulipes est enfin apaisé. Mais pour rompre le charme j’ai besoin de l’étreinte D’une femme amoureuse et de ses doux baisers.
J’avais à ma fenêtre un bouquet d’hirondelles. Elles avaient fait leur nid dans cet ilot fleuri. C’était l’année dernière, je t’avais pour modèle, Tu jouais à la muse, tu étais ma seigneurie.
Quand j’ouvrais les volets, je les voyais voler À la chasse aux insectes ; leur plancton aérien. Quand le temps était lourd, je voyais s’envoler Mes oiseaux en piqué des insectes terriens.
Une coupe fermée, à l’entrée exiguë, Leur nid était bâti sur le toit de la hutte. Elles l’avaient construit dans l’espace contigu De cet ilot fleuri qu’est mon anacoluthe.
Les oiseaux ont niché au début du printemps. La femelle a couvé ses petits œufs tout blancs. La nidification est travail éreintant Et son mâle veillait d’attention redoublant.
Un jour les oisillons ont quitté leur maison. Ils ont mis des idées dans ma belle demoiselle. Elle m’a montré son nid au creux de son giron Et m’a dit : « Mon chéri faites-moi l’hirondelle ! »
Ils naviguent en surface, tous les sub-aériens Ils refont leur plein d’eau et de poissons d’argent Parés à la manœuvre les vaisseaux icariens Vont bientôt s’envoler dans les limbes divergents.
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Noria sinusoïdale qui caresse la dune, Tous ces dromaludaires voguent au fil de l’eau. Mais leur maître a troqué pour toute une fortune Et les a changés pour une horde de chalumeaux.
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Pour l’hommage à la fleur et pour son beau plaisir Il faut deux papillons pour l’aimer à loisir. L’un au pôle nord pour goûter à son suc L’autre au pôle sud pour l’aimer de son rut.
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Viens ! On part tout de suite dans le rebrousse-temps ! Je suis tombé amoureux de celle qui m’a fait naître. Je retourne l’enlever pour être mon enfant, Aussi bizarre que ça puisse vous paraître !
Retour vers le futur, choisis bien ton année Direction le passé avec la marche arrière Et les autres vitesses pour voir la destinée Mais il faudra freiner de toutes les manières !
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Venez tous entonner ce canon inédit ! Les filles chanteront les petites fleurs roses, Les garçons répondront de fleurs bleues aux ladies Et ensemble mangeront ces quelques jameroses.
Prêtez votre attention à votre respiration ! Surveillez ma baguette, je donne le départ. Je commence par les filles, suivez la partition ! Puis avec les garçons, souple comme le guépard !
Je chante avec les filles, je chante avec les gars, On prend les marguerites, on les effeuille un peu. Ne perdez pas le rythme, ne faites pas de dégâts, Il faut bien respecter les montées et les creux !
Reprenons s’il vous plait « Ah si j’étais fougère… » Les filles en voix de tête, les garçons à la basse. Attention maintenant la voix est plus légère Tandis que dans l’orchestre chante la contrebasse !
Demain à la kermesse, vous serez la vedette ! La chorale florale donnera son spectacle Et charmera les cœurs, pour l’oreille sudète, Pour redorer l’éclat et monter au pinacle !
Assis à ma fenêtre, des couleurs pleins les yeux, J’observe le jeu des ombres qui profilent les maisons. Les façades muettes aux volets capricieux Montrent mille personnes à la belle saison.
Ne cherchez pas ce port, vous ne le trouverez pas ! Il n’existe qu’en rêve et en imagination. C’est le fruit d’une artiste qui fit un mauvais pas Dans les bras d’un poète pour une aliénation.
Elle a, sur sa palette, disposé ses couleurs, Lui a, à sa requête, mêlé un peu de vers. Mais elle a accouché l’œuvre dans la douleur ; Lui, il s’est reposé, ce poète pervers !
Plusieurs individus s’y sont trouvés piégés ! Ils errent dans les rues et dans les cabarets. Ils ont aménagé dans ces jolis masets Mais ils sont prisonniers et vont le demeurer !
Impossible de fuir ce qui n’existe pas ! Aucun bateau ne viendra mouiller dans ce port ! Ceux qui ont essayé ont connu le trépas ! La vie est arrêtée, le temps suspend la mort.
Accroché sur les branches de l’arbre nourrissant, L’enfant goûte le suc de ses fruits suspendus. Le nectar enivrant du jus attendrissant Fait la sève montante à l’amour défendu.
J’en connais l’origine, je suis le jardinier. J’ai affectionné l’arbre et je l’ai caressé. J’ai greffé de ma sève du sac de mon grainier Dans une jouissance et l’extase gynécée.
Ô mon arbre-compagne, je me souviens encore Du goût de ton écorce et du creux de tes branches. J’ai goûté moi aussi à cette Manticore Qui habitait ton âme jusqu’à ta cime franche.
Maintenant cet enfant qui tète goulûment Va connaître les hommes et grandir à ton tour. Je l’accompagnerai partout assidûment Et je lui apprendrai à pratiquer l’amour.
Mais pour l’heure mon arbre réclame encore un peu De tendresse et de rêve, c’est une plante insatiable. Mais je sens que ma sève dure, d’un goût juteux, Et qu’auprès de mon arbre ma vie est formidable.
Croisons-nous dans les bois pendant que les biches sont aux abois. Si les faons y étaient, ils les tèteraient, Mais comme ils n’y sont pas, ils ne les tètent pas ! Alors pour les bibiches gourmandes On se fait quelques réprimandes Et le vainqueur aura droit À toutes les biches à la fois ! Dure loi, que celle de la forêt !
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Petite souris n’a pas peur devant le fier Léviathan ! Un courage à la hauteur de son cœur si combattant ! Dans son âme elle a la force que son cœur lui canalise ; À son corps flambe l’amorce de sa performance acquise !
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Quand je glisse doucement dans les limbes du rêve Le décor se déforme et mes chemins divergent Il n’y a plus de murs, il n’y a plus de trêve Il n’y a plus qu’un éden dans la plus belle auberge.
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Dans la lueur de ses phares, j’ai retrouvé mon chemin. Désormais rien ne sépare, je reviens au lendemain. Dans ces couleurs de fanfare, je trouve en un tournemain Grâce au hibou-gyrophare, mon plan sur le parchemin.
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Elle avait gardé ce pli, une sorte de survie. Marquée pour toute sa vie, dans son corps tout circonscrit. Comment porter ce fardeau toute sa vie sur son dos ? Je me sens un peu bardot ! Je me sens un peu lourdaud !
Je suis loin d’imaginer ce qui t’a ainsi courbée, Ces années, embobinée, dans tes ornières, embourbée ! Ces empreintes qui te marquent dans le corps jusqu’à l’arnaque Te trompent et puis t’embarquent dans la tribu d’hérésiarques.
Quand je vois ton corps intime matraqué d’outrages ultimes Qui te transforment en victime et jusqu’au dernier centime, J’ai honte pour la race humaine qui a violé ton hymen Et a réduit ton domaine en un simple phénomène.
Puis-je rendre cet hommage d’abord juste à ton image ? Mais j’ai peur que ton plumage se rabaisse à ton ramage ! Pourtant ce serait dommage d’effacer dans un gommage. Parce que quel que soit l’âge, tu parais toujours très sage !
À ces seins si fascinants qui nourrissent tes enfants, À ces hanches qui enfantent et qui te font triomphante ! À ton giron si fécond qui ressemble à un flacon, À ces bras pour embrasser, à l’amour, dédicacés !
Un sourire qui désarme et qui transmet tout ton charme ! Un baiser pour faire fondre et qui, au cœur, sait répondre ! Des yeux faits pour y noyer tous mes rêves apitoyés ! Une bouche si suave qui chante tous les octaves !
Ces mains douces pour l’amour et le cœur empreint d’humour ! Ces mains faibles mais qui chargent sans crier à la surcharge ! Ces mains qui travaillent dur jusqu’à toucher la rupture, Ces mains, oui, pourtant qui donnent toutes ces plus belles pommes !
Et moi qui ne suis qu’un homme, moi, cette grande personne, Comme un crétin qui raisonne aux pensées si polissonnes ! J’ai honte d’appartenir à ceux qui t’ont asservie. Mais je sais me souvenir de tes peurs inassouvies.
Je n’ai pas ton corps sculpté pour la vie que tu as portée, Je n’ai pas ta destinée, ni ton âme si affinée ! Je ne peux m’imaginer le poids des fardeaux minés Qui t’ont ainsi condamnée dans ta forte destinée.
Ô Mesdames Tournesols, vous avez bien de grands yeux ! C’est pour servir de boussole à mon esprit capricieux ! Ô Mesdames jolies fleurs, vous avez bien de grands cils ! C’est pour arrêter mes pleurs quand j’ai le cœur indocile.
Tous ces yeux qui me regardent semblent veiller sur mon âme, Ils veillent à ma sauvegarde et rallient l’homme à la femme. C’est comme si le soleil avait semé des gardiens Pour veiller sur mon sommeil et m’aider au quotidien.
Ô Mesdames Tournesols, reposez-vous donc un peu ! Vous brillez de mille feux et mille éclats merveilleux ! Ô Mesdames étincelantes, vous ranimerez ma flamme Vous êtes affriolantes, vous êtes mon oriflamme.
Vos pétales me renvoient la chaleur de votre sire, La mettant en portevoix jusqu’à me faire roussir. C’est comme un feu d’artifice éclatant de mille étoiles Qui illumine d’office l’écran vierge de ma toile.
Ô Mesdames Tournesols, continuez toujours pareil ! Ajustez vos parasols sur la course du soleil ! Ô Mesdames éblouissantes, avec vous mon cœur s’enflamme Comme des balles traçantes conduisant l’épithalame.
Épithalame : Poème lyrique composé à l’occasion d’un mariage en l’honneur des nouveaux époux.
Solitaires dans leur duo, Réfugiés dans la musique, Lancés dans leurs trémolos, Minaudant une mimique.
Donnez-nous vite le « La », Restez assis s’il vous plait ! Mieux vaut être de gala, Facile d’être fair-play ! Solfège rime avec arpège ! La chemise est assortie, Si la cravate est départie, Donnez-nous ce privilège !
Solitude inexistante, Réunis faisant la paire, La main gauche remontante, Mise sur les cordes raides.
Dodo, c’est une berceuse, Rêvez doucement en chœur. Michonnez votre amoureuse, Façonnez-lui votre cœur. Sollicitez-lui sa main, La main glissée sous la jupe, Si la belle n’est pas dupe, Dormez ensemble à demain !
Soleil chaud dans une aubade. Récital durant l’été. La soirée en sérénade Mise dans l’eau du Léthé.
Dormez et faites l’amour ! Recommencez au matin ! Mitonnez-lui des mamours ! Faire rouler les patins ! Solution en attendant : La belle portant votre nom, Si vous avez des enfants, Donnez-leur tous ses prénoms.
Invisible et secrète dans l’ombre de la nuit, Sa frêle silhouette se drape dans l’éther. Son contour féminin se dessine à minuit Dans des zones où pénombre s’accorde avec mystère.
Elle s’est envolée, colombe, à tire-d’aile, Elle va tous les jours et par monts et par vaux. On ne peut pas la suivre, c’est une tourterelle, Ni l’enfermer à clef au profond d’un caveau !
Mais moi je l’accompagne quand elle passe à portée. Elle est douce et charmante et toujours enjouée. Elle a besoin d’épaule et de bras rapportés. Mon soutien est sa force et l’ennui déjoué.
Une petite fille qui trace son chemin, Toujours prête à sourire et à faire la fête. Ses amis lui apportent la joie des lendemains, Mais dès passé minuit, la machine s’arrête.
Et l’oiseau, dans tout ça ? me direz-vous inquiet ? C’est l’ami invisible qui l’escorte partout ! Vous ne le verrez pas, il est toujours caché. Seul un cœur en patience peut l’entendre surtout !
Mais foin de ces mystères, la madone à l’oiseau N’est pas plus singulière qu’une étrange personne. Son cœur est un trésor de présents, de cadeaux. Et le plus important, c’est son cœur qu’elle donne.
Magicienne le jour et fidèle la nuit, Je n’ai jamais connu ses colères ou ses fièvres. Elle a de l’équilibre et ne connait pas l’ennui. Elle s’allaite aux bienfaits des charmes du genièvre.
Et moi, je suis l’oiseau, qui égaie ses journées. Je chante et je fredonne des chansons d’amour. Mon plumage est soigné de ses longs doigts de fée. Je lui rends cet hommage, moi l’oiseau troubadour.
Par un jour de printemps, je l’avais rencontrée. J’étais l’oiseau blessé tombé du haut du nid. Elle a su prodiguer et a su démontrer L’énergie nécessaire à ma mélancolie.
Vous ne trouverez pas le bout de ma pelote ! Un fou un peu fantasque en a coupé le bout. Depuis elle galope à travers l’azimut Et lorsque je l’appelle, je lui crie « Belzébuth ! »
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Englouti dans mes rêves de l’océan étrange, Toutes ces fleurs dressées m’ont prêté leur oreille. La communication dans l’atmosphère orange M’a révélé mes peurs de façon sans pareille !
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Je sais, moi, du Maroc, ses énigmes étranges Qui t’accostent, aussitôt que ton univers change.
Tu parcours, au début, d’un œil neuf, étranger Cette ethnie inconnue que tu dois partager.
Il t’attire, celui-là au coin d’une ruelle Il t’étonne, il diffère, sa nation est plurielle.
Elle est passée, rapide, sans que tu l’aperçoives Elle est belle, elle a fui sans que tu la perçoives.
Nous aurions désiré nous arrêter, enfin, Pour goûter, un moment, ces délices sans faim.
Vous auriez cru, qu’ici, c’était pour vous y plaire Sans savoir que ces lieux cachaient des hommes fiers.
Ils sont d’ailleurs, chez eux ; ils y ont leurs affaires Ils ont d’autres horizons ; vous devrez vous y faire.
Elles te laisseront ce message éternel. Reviens bientôt nous voir, nous sommes fraternels.
Casablanca, le 1er janvier 2006
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Pour résoudre l’énigme, je te donne un indice : Dans tous ces camaïeux de blancs, de bleus, de verts, Mille reflets de jade dans tous ces appendices Et le château juché sur son rocher couvert.
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Un perroquet perché au-dessus du volcan, Échappé du Mexique, perdu dans les Balkans, Il s’envole émergeant d’une mer de nuages Et sur cet océan il ébroue son plumage.
Soudain semblant crever l’horizon de l’espace, Voici le Roi Soleil, sa Majesté fugace ! Irradiant de son feu cet univers qui naît, Engendré par la vie de son Dieu qui parait.
Il étend tous ses bras dans un ciel de lumière Qui vient pour inonder les rochers de poussière. Enfin la mère accouche dans ses miroitements Et enfante l’amour qui brille au firmament.
À l’étal des marchés dans les halles animées, Elle montrait son sourire et ses grands yeux rieurs. Elle trônait en reine dans sa robe élimée Et haranguait son peuple avec un ton crieur !
Elle vendait des colchiques et des pommes d’amour, L’étalage magique attirait les badauds. Avec de la tendresse et à foison d’humour, Le marché résonnait de ses petits cadeaux !
Je lui ai acheté mes meilleurs ingrédients. Elle ajoutait la touche finale du jour. Je donnais aux amis quand j’étais étudiant Un peu de son amour, un peu de son bonjour.
Elle m’a recueilli une soirée d’hiver, Je devais traverser les montagnes du nord. Elle m’a prodigué les soins les plus divers. Je m’en souviens encore comme un chant de ténor.
Ma gentille Florette, lorsque je pense à toi, Tout mon cœur s’émerveille comme sous l’arc-en-ciel. Mes meilleurs souvenirs sonnent l’appel courtois Quand je revois en rêve mes désirs essentiels.
Encore un jour de fête qui se rajoute aux ans, Un trésor qui prospère et qui prend sa valeur. Les meilleures marmites font les bons composants, Comme un sabre magique retourne à l’avaleur.
Si nos chemins divergent, le tiens est balisé De petites lumières disposées par les fées ; Elles t’ont préparée, avec les alizées, Une jolie demeure et du plus bel effet !
Trois petites étoiles suspendues sous ton ciel Indiqueront ma présence et de belles pensées. Si jamais l’auréole s’assombrit en partiel, Jamais l’éclat du cœur n’en sera offensé.
Répétées à l’envi, toutes ces fleurs de vie, Cette gerbe efflorée par la main du semeur, Semble perpétuer d’un élan de survie Le désir d’exister et fixer sa demeure.
Combien de mes erreurs entachées de couleurs Semblent me rappeler tous mes vices cachés ? Combien de ces valeurs sont de fausses douleurs Et combien il est temps d’enfin me débâcher ?
Connaîtrai-je la peur de perdre mes valeurs Même si l’inconnu n’a pas de consistance ? Peu m’importe de quitter ce monde de malheurs Si les lois et les règles ont autant d’importance !
Pas d’erreur, pas de faute, tout ça, c’est inventé ! Le péché, le respect et la propriété, La prise du pouvoir est ainsi éventée ! Nos maîtres ont triché et trahi la société.
Tous ces murs élevés pour cacher à ma vue Tous les trésors volés commencent à trembler ! Je vais dynamiter et prendre au dépourvu Tous ceux qui m’ont trompé avant d’y ressembler.
Je me suis approché de l’oreille des fleurs, Agenouillé dans l’herbe mouillée de rosée, Accrochée dans l’espace d’un temps maroufleur Qui la fixe à la terre ; l’intermédiaire osé.
Juste un chuchotement accordé aux pétales, Un murmure énoncé au creux de son pistil, L’infime vibration est transmise aux sépales, Et plonge dans la terre sans en perdre le style.
Tous mes vacillements sont transmis à la terre, Tous mes atermoiements partent dans les racines, La planète à l’écoute n’a pas de mystère Et connait mes conflits dans mon âme assassine.
Elle est funambule, un peu libellule, La belle coccinelle veut défier le ciel. Elle met les voiles, les pieds sur la toile Et s’en va régner sur les araignées.
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Il démarre au quart de tour, il fait un aller-retour En un instant de misère, mon fier vaisseau du désert ! Aussitôt que je l’enfourche, il soulève bien sa fourche Et bondit dans l’étendue de dunes, bien entendu !
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Serre-moi la trompe que je te détrompe, Que je te rassure de toute censure. Défense d’espoir, plus de désespoir. Lave tes blessures soigne tes morsures !
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Au fil de mon bateau-livre, enivré de fumées saoules, Je suis le flot chimérique entraîné de tout mon soûl. Sur mes rêves poétiques qui s’enfuient je ne sais où, Je vis la fuite illogique, inattendue et partout.
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Émergeant du bois, la biche aux abois Semblait fascinée juste devant moi. Moi, le jeune cerf, j’étais découvert Et le cœur qui serre dans ces reflets verts.
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Que de belles fleurs, de belles couleurs Aux pieds de Votan, au pied du volcan ! N’est-il pas étrange de voir dans l’orange La source de vie qui partout fleurit ?
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Elle bronzait nue, là dans les calanques. Elle offrait son corps aux yeux des passants. Moi qui traversais, coupant la salanque, J’avais le regard fort embarrassant.
Ses bras écartés, posés sous la nuque Tendaient sa poitrine aux rayons cuivrés. Moi qui suis normal, pas même eunuque, Mon cœur battait fort jusqu’à m’enivrer.
Elle était sans voix, la belle sirène, Pour ce rendez-vous, elle avait troqué Sa queue de poisson avec sa marraine Contre sa parole qui restait bloquée.
Pas une parole ne sortait de sa bouche. Ni des mots d’amour, ni des mots sucrés. Je n’ai pas compris si j’avais la touche ; Notre liaison était échancrée.
J’ai pris une plume pour écrire alors Quelques mots d’amour sur son joli corps. Elle a répondu brandissant mon sexe Pour tracer sur moi le texte réflexe.
Pour communiquer nous utilisons Ma plus grosse plume et son encrier. Chacun à son tour, face à l’horizon, Faisons couler l’encre jusqu’à en crier !
Elle a tant bramé qu’elle a retrouvé Sa voix et le charme s’est évaporé. Ondulant sa queue sans désapprouver Elle s’est enfuie, là, toute éplorée.
Si à votre tour, vous la rencontrez, Nue et allongée dans une calanque, Pour rompre le charme et pour le contrer, Je n’ai pas d’idées et je suis en manque…
Bouquet essentiel de douces pensées ; Un bouton de rose pour faire un présent ; Un peu de fougères, c’est peu dépenser Mais ça met du vert, air omniprésent.
Une rose blanche pour demain dimanche ; Un bouton fleuri pour ce samedi. Rose de Thuringe pour faire romanche ; Un peu de frou-frou pour la comédie.
Des fleurs des Sept-Vents, là sur le devant ; Des fleurs de bruyère protègent l’arrière ; Un peu de lilas nous fait l’allégresse ; Un brin d’hortensia pour une caresse.
Il est hygiénique et très important De mettre en bouquet ses belles pensées ! Un bouton portant la trace du temps Pour voir s’épanouir tous ses beaux projets.
Commence aujourd’hui ton premier bouquet : Choisis bien le vase à ton corps pareil ; À chaque intention, fais un beau paquet ; Et refleuriront toutes tes merveilles !
J’ai toutes tes larmes recueillies souvent Dans cette cuvette, dans cet océan. Toutes ces douleurs, ces cris émouvants Sont bien conservées dans ce beau séant.
Bercées par les vagues aux reflets d’argent Dans ce baptistère au creux des rochers, Coiffées de nuages au ciel divergent, Lavabo de sable, toutes raccrochées.
Dans un camaïeu d’or et d’outremer, Les larmes infusées perdent de leur sel. Elles prennent un goût un peu doux-amer, Un peu aigrelet, comme un hydromel.
Quand seront passées les heures endurées, Tout ce goût de fiel, amer et cruel, Sera dilué, sera récuré. Pauvre cœur blessé, pauvre Emmanuelle !
Lavabo de sable filtre doucement ! Tous ces maux s’enfoncent dans ta digestion ! Puis sont absorbés en soubassement Et sont transformés en résurrection !
J’ai planté mon cœur dans les Alpes Suisses, Juste au bord du lac aux sables de grès. Un trait de couleur sur ses belles cuisses, Prêt à consommer au dernier degré.
Plus haut que les monts, mon amour est fort, Plus fort que les vents soufflant sur la plaine, Plus profond que l’air sans le moindre effort Que l’air du moment dans mon âme pleine.
Pour rêver un peu, rêver à l’amour, J’ai cueilli la fleur, l’étoile d’argent, Je l’ai déposée d’un geste glamour Pour y voir glisser ma plume émargeant.
Soudain embrasée de mille rayons, Soudain embrassée sur son joli front, Juste soulignée d’un trait de crayon, Comme titillée d’un infime affront.
Son cœur s’est ouvert dans un flamboiement, Fils d’or et d’argent tout étincelants. Une longue plainte comme un aboiement, Jouissait d’un sexe encore ruisselant
À peine touchée, à peine effleurée, Tout à son plaisir toute énamourée, Juste caressée, tout juste affleurée, Soleil rayonnant du cœur ajouré.
Je passais souvent devant sa fenêtre, Elle avait appris à me reconnaître. Au son de mes pas, elle avait compris Que je m’approchais ; j’en étais épris.
Elle était coquine et savait montrer Ses charmes indiscrets et les démontrer. Elle posait nue devant sa fenêtre En sachant très bien ce qui allait naître.
Vous l’avez compris, la belle ingénue Était séduisante au-delà des nues ! Mes yeux se posaient tout déshabillés Sur cette poitrine toute émerveillée !
Des seins merveilleux qui me regardaient Tout droit dans les yeux et me provoquaient. Quand je m’arrêtais devant sa fenêtre, Elle se relevait pour me compromettre.
Les mains sur les hanches, les jambes écartées, J’étais fasciné devant sa beauté. Son sexe épilé semblait murmurer « Viens me délivrer, je suis emmurée ! »
J’ai frappé un coup au pas de sa porte, Tant pis si j’ai tort, le diable m’emporte ! Elle m’a ouvert, tout comme une offrande Elle m’a offert enfin de la prendre.
Je suis l’homme au Chap’Ose. Coiffé de ce chapeau magique, je peux oser ne pas être raisonnable, oser être farfelu, oser affirmer de lever mon bouclier contre toute intrusion raisonnable et oser m’engager à laisser la morosité à l’extérieur. J’ose promettre de lessiver les fantômes stériles des souvenirs inutiles et de décrasser les blessures qui déchirent et qui tirent vers le bas.
Chamarré de couleurs et d’étranges reflets, Les bateaux filent à l’aise et les marins vainqueurs Partent à la conquête des îlots essoufflés Qui leur apporteront mille vents de couleurs.
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Elle a l’accent aigu au bout de sa main gauche. Elle a mis l’accent grave au bout de sa main moite. Un accent circonflexe courbe sa jambe droite Et le pied au tréma pour terminer l’ébauche.
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Notre soleil n’est pas toujours au rendez-vous Car parfois c’est la pluie et parfois il fait nuit. Alors pendant ce temps serrons-nous entre nous ; Entre tes bras j’aurai moins froid et moins d’ennui.
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Pour mon anniversaire on va faire une fête Et pour le décorer j’ai posé ce bouquet. Quelques roses d’amour pour mettre un cœur au faîte Sur un brin de glaïeuls élevés au Touquet.
Pour rester modéré, j’ai mis l’eau de Vichy Dans un broc faïencé qui est un peu fêlé, Mais l’alchimie agit sur ces fleurs de lychees Et la magie opère, le charme est révélé.
Ce bouquet tord l’espace dans un rebrousse-temps. Il transgresse l’essor dans les sept dimensions. Si son cœur de cristal appartient à Votan Son volcan intérieur en porte la mention.
Dis-moi, Source de Vie, enseigne-moi l’esprit ! Apprends-moi ta sagesse dans toute sa largesse ! Livre-moi dans le cœur tout dont je suis épris À mon âme en collecte de sa chair sauvagesse !
Un peu plus tous les jours, un peu plus chaque jour. Plus encore qu’hier et bien moins que demain. Tous ces élans d’amour rehaussent mon séjour Que je partagerai tout au long du chemin.
Loin de se terminer, ce bouquet refleuri Tous les jours de ma vie ; tous les jours c’est l’amour. Il suscite les rencontres de jolies seigneuries ; Toutes ces belles âmes qui m’aiment en retour.
Elle a mis en cocotte tout l’amour de son cœur. Ses arômes embaumés se suivent à la trace. Elle goûte la vie d’un petit air moqueur. Elle porte en oriflamme son tablier madras.
Sa peau est saturée d’un parfum de cannelle, La chevelure ornée de fleurs aromatiques. À sa bouche un refrain d’un air de villanelle, Ses mains dirigent en maître son art gastronomique.
Elle rythme les heures à grand coups de chaudron, Tinte mille timbales avec sa mandoline, Exécute des danses en maniant des tendrons Avec ses grands couteaux plantés dans les pralines.
Elle tourne, elle danse devant ses fourneaux, Elle virevolte en maniant ses cuillers d’olivier, Elle orchestre ses pots, accorde les bigorneaux Qui font un quatuor dans les eaux du vivier.
Son cœur est accordé à sa table enrichie. Si vous voulez l’aimer offrez-lui une gerbe De thym et de laurier et de l’eau de Vichy. Elle sait conjuguer les mets avec les verbes.
Version « méchante sorcière »
La perfide Lucrèce a mangé la chandelle Avec ses vieux crapauds qui croupissent en bocaux, Parfumés aux esprits de soufre et mortadelle, Relevés de piments et de bulbes buccaux.
Une peau grenelée d’écailles de serpent, Les cheveux en bataille en toile d’araignées, Une bouche pincée aux moustaches émergeant Et le cul endiablé infusé en saignée.
Elle fait bouillir les cœurs dans ses maudits chaudrons, Se délectant des cris que poussent ses victimes Quand elle entre en transe entachée de goudron, Brandissant ses balais dans les parties intimes.
Certains soirs on la voit danser nue sous la lune Avec les farfadets et les vieux loups garous Et plein d’originaux compagnons de fortune, Enfourcher leur balai et partir au Pérou !
Son âme est consignée au bas d’un parchemin Émargé de son sang par un trait de sa plume. En un coup de balai elle fait son chemin Guidée par son étoile : une tête d’enclume !
Les voleurs de couleurs en sont tout barbouillés, Leur forfait achevé, ils retournent au repaire. Ils laissent derrière eux une piste embrouillée. Ils sont fiers et heureux, ces deux fieffés compères.
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La mer ouvre un passage au messager d’amour Et les flots qu’elle écarte lui montrent le chemin. Il apporte ma lettre à l’aimée de mes jours. J’ai gravé mes serments au bas du parchemin.
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