Plus je m’élève et je m’envole, plus je vois le monde d’en haut, Plus je m’aperçois que ma place est devenue toute petite. C’est facile en trois battements d’ailes de repartir au fil de l’eau, Mais j’aurais aimé que ma vie soit un peu moins acrobatique.
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Elle danse et se défile dans un ballet qui s’enfile. Tous ces fils de fées de soies tombent de l’effet de soi. La marionnette file, libre Marion sans-fil. Juste un lien par devers soi pour pouvoir rentrer chez soi.
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Les bulles tintinnabulent, les pensées bientôt s’échappent, Les souhaits bien vite s’envolent, et l’enfant ose s’envoler ! Laissez-le grimper sur ses bulles, laissez-le voler dans sa cape, Il n’a plus besoin de racines, il n’y a pas lieu de s’affoler !
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Tantôt furtifs, tantôt absents, tantôt subtils, tantôt présents, Toujours tissés de mains de fées, toujours tressés d’effets d’amour, Toutes ces cordes, toutes ces ficelles, toutes ces chaînes, tous ces rubans, Au fil des toiles d’araignées, au fil des heures et des jours.
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Même les plus belles fleurs se parent de beaux masques. Elles n’ont pas confiance et veulent juste paraître. Mais lorsque tombe le masque, elles se trouvent bien flasques. Comment leur faire comprendre que leur beauté, c’est leur être ?
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La brume a recouvert la vallée de mes rêves. Tout noyé dans le gris, tout noyé dans l’ennui. Seul un soleil timide veille doucement sans trêve Sur mes amours enfouies, plongées dans cette nuit.
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Le lapin malicieux a encore fait des siennes… Sacré vieux Lapinou, il n’en rate pas une ! Tandis qu’Alice boit son eau himalayenne, Il la fait léviter pour regarder sa lune !
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Ma Venise est en ébauche, tu me l’as juste esquissée. Mon rêve va prendre forme à chaque coup de crayon. C’est au fur et à mesure que tu conçois, toi qui sait, Cet intime paradis où Dieu envoie ses rayons.
Quand les eaux seront en place, alors toutes les gondoles Mèneront les amoureux dans des chambres tamisées. Quand les ponts seront bâtis, on verra des farandoles Former une chaîne immense et les enfants s’amuser.
Après viendront les couleurs qui enchanteront les murs. Parfois des nuances douces, parfois des nuances vives. On ouvrira les volets sur de belles amours mûres. On tirera les rideaux sur des tables et leurs convives.
Moi, j’allumerai les lanternes sur les places romantiques Où les amants enlacés se feront mille promesses. Je lancerai des reflets par des ricochets antiques En faisant de belles rimes pour égayer les kermesses.
Je veux entendre jouir tous les hommes et toutes les femmes ! Je veux sentir les parfums des coquettes et des coquines ! Je veux voir les amoureux s’embrasser de toute leur âme ! Je veux goûter les baisers des fantasques arlequines !
Il n’est pas paradisier et c’est un bon point pour lui ! Avec ses pattes de canard et son bec à provisions, On dirait une ménagère blottie sous son parapluie Et dodelinant des hanches en faisant ses commissions.
C’est un oiseau porte-plume, d’un caractère bien trempé. Sa peau lisse est bien ancrée sous un plumage opalin. Un oiseau un peu bouffon qui vous force à vous cramper ; Il n’est pas très à la mode, il n’a pas l’air très malin.
Peste soit du créateur, d’avoir pu l’imaginer ! Peste soit de l’architecte, d’avoir pu le dessiner ! Peste soit de l’ouvrier, d’avoir bien pu l’usiner ! Peste soit du barbouilleur, d’avoir pu l’enluminer !
Pour rajouter une couche sur ce beau papier couché, Je trempe mon pélican dans l’encrier de mes songes. Inutile de sauver cet oiseau mal embouché, Inutile d’enfoncer ni de faire un pieux mensonge.
Mais voilà ! Il est créé ! Il va bien falloir l’aimer ! Surtout pas de tolérance, ce n’est bon que pour les fourbes ; Mais permettre et accepter de le laisser s’essaimer Et l’autoriser à vivre avec ses pics et ses courbes.
Tout frémissant, la queue agile, Je suis tout doucement le pêcheur. C’est moi qui sens l’odeur d’argile C’est moi, le chien fou du prêcheur !
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Dans mes souvenirs d’enfance, j’allais à l’école primaire. Au milieu de la grand ’cour, trônait un arbre gigantesque. Personne ne le savait, il n’était pas ordinaire, Il cachait dans sa structure cet abracadabrantesque :
Un ami imaginaire, un être extraordinaire ! Qui vivait dans l’arbre creux que seuls pouvaient voir mes yeux. Tous les jours à la récré, il était mon luminaire ! C’est lui qui m’a tout appris, du divin, du merveilleux !
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Dans mes reflets, j’ai mêlé quelques reflets rouges et bleus. Ils ont vite pris leur place en révélant leur lumière. Tous ces mariages de nuances, ces associations, morbleu ! Ont généré mes meilleures ressources nourricières.
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Au pays des lumières, bientôt je reviendrai. Pas besoin de panneaux ni de cartes routières ! L’amour que j’ai semé sur la route cendrée Me servira de borne pour trouver ta chaumière.
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Je n’avais pas de plateau, mais j’ai pris un moule à tarte. Je n’avais pas de joli pot, mais j’ai pris ce pot-à-eau. Je n’avais pas de belles roses, pas de menu à la carte, J’ai cueilli quelques tulipes sur la colline, là-haut.
Mais je n’ai pas critiqué, je n’ai rien bouleversé. Ce moule à tarte un peu frustre fut un plateau merveilleux ! Ce petit pichet timide, avec mes larmes versées, S’est révélé le plus beau de mes rêves sommeilleux !
À force de me servir de tous tes objets magiques Qu’on aurait laissé pour compte en dédaignant leur présence, Je leur ai donné mon cœur et mon âme analogique. Je les ai tous réveillés, sans mépris ni médisance.
Mon pauvre petit bouquet s’est retrouvé à l’honneur. Un symbole positif, une création surprise. Et tous ces petits objets qui tombaient en déshonneur Ont gagné tous leurs galons dans cette noble entreprise.
Toi qui m’as ouvert ta porte, je saurai y reconnaître Tous tes merveilleux sujets et les remettre à leur place. Celle où leur cœur brillera et où l’on verra renaître Le vilain petit canard et le Phénix de leurs glaces.
Il ne le sait pas encore mais il va quitter son aire. C’est un oiseau migrateur, c’est un oiseau du passage. Il va laisser derrière lui ce qui fut son ordinaire, Tous ses souvenirs d’enfance et tous ses apprentissages.
Il va voler de ses ailes et prendre grand son envol. Il va derrière l’horizon, au-delà de ses rêves. Si vous le voyez passer, merci d’être bénévole Et l’aider dans sa lancée car il va voler sans trêve.
Sa boussole n’est pas sûre car son cœur bat la breloque. Pensez ! C’est la première fois qu’il vit sa vie d’oisillon. Il n’a pas perdu le nord mais saoulé par la berloque Qui lui donne le vertige et sonne le carillon.
Il va retrouver sa belle, tout là-haut dans son nid d’aigle. Là où la pluie et le vent se déchaînent sans limite. Au pays de la lumière où son petit cœur espiègle Va se révéler vaillant dans ses amours dynamite.
Ne cherchez pas à comprendre, pourquoi s’envole l’oiseau. Il est tombé de son nid, il a rompu ses attaches. Très bientôt tel le Phénix, il va renaître du roseau Qui s’est brisé et grillé mais qui s’accorde à sa tâche.
Accroché à la lumière de l’arbre qui me soutient, Entouré des branches fortes, nourri de ses fruits brillants, Je sens mes forces renaître comme un poème goethien Qui me ravive le cœur et chante à l’âme en riant.
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Elle avait déposé quelques fleurs bleu-doré Sur mon cœur étoilé qui s’était épanoui. Une poudre magique, une essence adorée Qui a semé l’amour dans mes rêves évanouis.
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Aujourd’hui ça fait trois ans, qu’elle est partie loin de moi ; Elle a attendu longtemps pour que je la reconnaisse. Aujourd’hui je pense à toi, après ces trente-six mois Et j’allume une bougie pour que ton âme renaisse.
Ça fait sept ans maintenant que tu as quitté la vie Pour veiller sur tes enfants sur le navire amiral. Es-tu devenu capitaine ? Commandant en préavis ? As-tu connu les sirènes ? Leur écho est-il spiral ?
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Mes bateaux de la lanterne, où la lune s’est accrochée, Emmanchée en haut du mât pour illuminer la nuit, Avec des bateaux complices, ils vont bientôt approcher Les ténèbres à l’horizon comme un soleil de minuit.
Bateau-lune ou bateau-phare, ils ont de multiples noms. Mes bateaux de la lanterne, aux mâts tout illuminés Et qui arborent la Lune comme un précieux gonfanon Pour guider les nefs perdues dans les tempêtes embruinées.
Un jour mon père a sorti son bateau resté à quai. Il est parti loin derrière l’horizon de l’océan. Il ne reviendra jamais, il a rejoint le banquet Des anges qui l’ont reçu comme un naufragé céans.
Puis ma mère a affrété une barque bien discrète. Partie comme pour le marché mais a croisé la tempête. Son bateau s’est fracassé sur les terribles arêtes Des récifs de compassion, sans tambour et sans trompette.
Moi, mon bateau est petit ; pas de voile, juste deux rimes. Sur mon mât sobre et ténu, j’ai attaché une étoile. Souvent je pars dans la nuit, dans la noirceur de déprime Et je troue l’obscurité d’un fin éclat sur la toile.
Avez-vous vu nager la sirène sous l’eau ? C’est avec grâce qu’elle accomplit son boulot. Toujours brasser par dix-mille mètres de fond Toujours nager de plus en plus profond.
Aller repérer les sillages des navires Afin que le cœur de l’équipage chavire. Toujours choisir parmi tous ces fiers commandants Celui qui, seul, sera digne d’être son vrai prétendant.
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Cette fille avait un secret pour ne pas se faire draguer. Elle restait froide et hermétique derrière sa forteresse ultime. Des habits stricts un peu austères et pas question d’aller trâguer Dans des lieux privés ou public pour des engagements intimes.
Je l’ai croisée dans l’ascenseur, un jour où je m’étais perdu Dans sa tour d’ivoire rigide en cherchant trois ou quatre rimes, Les yeux baissés, effarouchée, le regard absent, éperdu, Toi, j’ai pensé, un peu moqueur, « où caches-tu tes pousses-au-crime ? »
Je l’ai suivie discrètement jusqu’à la porte la plus haute. Quand elle m’a vu elle a bien vite tenté de refermer sa porte. C’était trop tard, j’avais déjà, avec ma belle voix de hulotte Commencé à décrire un peu mes vers sur quelques feuilles mortes.
Je lui ai parlé de ses seins, tantôt du droit, tantôt du gauche. Je les ai nommés par amour « Ô Tétinou », « Ô Tétinette » ! Je lui ai parlé des vallées et des montagnes en ébauche Qui se profilaient dans les creux et les rondeurs de la minette.
Tandis qu’elle fermait les yeux, je lui dégrafais sa brassière Et j’effleurais tout doucement le bout dodu de ses tétons. Quand je lui eus hypnotisé sa jolie poitrine nourricière, Je laissai mes mains déraper et débouclai son pantalon.
Ôtant bien vite la culotte de la donzelle un peu pâlotte, J’embrassai sans hésitation avec douceur ses replis doux. Il a fallu que je l’emporte directement dans sa roulotte ; Ses jambes ne la portaient plus, on aurait dit des scoubidous.
Croyez-moi si vous le voulez mais l’ingénue s’est réveillée ! En souvenir du décoinçage, elle ne porte plus sa culotte. Juste une jupe pour laisser sur ses fesses l’air la balayer Et me saluer en soulevant sa jupe d’une main tremblote.
Souvent je repense au Mont de Vénus ou de Cupidon. J’y vais avec mes amis, je les regroupe tous en rond Puis je les prends en photo avec l’ange Stupidon Et je demande à tout le monde de faire un beau mamelon !
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C’est l’histoire de deux frères, unis dans leur folle quête. Conquicourt est solitaire et jamais il ne s’arrête Conquiroule est solidaire et adhère à l’étiquette : Quelle qu’en soit la raison, ils ont un piaf dans la tête !
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Un peu timidement, un peu trop sagement, La demoiselle n’ose abandonner sa pose. Cache-t-elle un amant ou un arrangement ? Si ce n’est pas grand-chose, pourquoi être ainsi close ?
Manque-t-elle d’audace les pieds nus sans godasses ? Cherche-t-elle la raison pour quitter sa maison ? La petit blondasse me semble un peu fadasse Sans une inclinaison pour la défloraison.
Est-ce à moi de briser sa coquille irisée ? Pourra-t-elle casser l’enveloppe angoissée Qui l’enferme, épuisée, dans l’abandon grisé, Soumise et rabaissée, dans sa vie opiacée ?
Cette sainte nitouche a l’amour sur la bouche Mais elle n’ose pas se jeter dans ses bras ! Elle reste sur la touche sans risquer l’escarmouche. Pas de premier faux pas, pas d’abracadabra !
Vénus, secoue-moi donc cette fille d’amidon ! Fais-lui sentir tes charmes, fais du bien à son âme ! Aide-moi, Cupidon, à secouer l’édredon ! Sonnez bien fort l’alarme et lâchez les gendarmes !
Préparez un calice bien rempli de malice ! Donnez à cette gourde des mamelles bien lourdes ! Remplissez de délices son cul jusqu’au calice ! Plus jamais la balourde à l’amour sera sourde !
Pénétrez l’intérieur de ce cœur de malheur, Remontez le réseau nerveux jusqu’au cerveau, Montrez à l’extérieur ses infimes douleurs, À grands coups de ciseaux, libérez cet oiseau !
Si je vous racontais la suite au pied levé, Ce serait bien dommage et un manque d’hommage. Tentez d’imaginer, tentez de soulever, Quel divin allumage fit voler son plumage !
Au matin la brume orange enveloppe de douceur Toutes ces fleurs bleues étranges qui s’éveillent de leurs rêves. À quoi donc rêvent les fleurs ? Je ne suis pas connaisseur Mais elles sont dans mes songes et mes pensées les plus brèves.
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Ô mon bel ange endormi, qu’as-tu rêvé cette nuit ? Un grand ciel bleu sans étoile ? Une explosion dans l’espace ? As-tu vu naître les hommes ? As-tu vu naître l’ennui Qui les endort en silence, coincés dans leur carapace ?
Tu as les ailes roussies, ton auréole est voilée, Tes seins sont bien fatigués d’avoir livré tout leur lait. Ton sexe ruisselle de feu comme une flamme étoilée, Ton ventre est encore rond ; il a servi de palais.
Tu as enfanté un œuf, fécondé par un esprit, Engendré par les étoiles et couvé par une humaine. Demain tes ailes tomberont, mais sans l’ombre d’un mépris, Ton auréole chutera tout au long de la semaine.
Juste avant que tu t’éveilles, laisse-moi tenir ta main, Toucher une dernière fois l’envergure de tes ailes, Embrasser ton auréole pour un dernier examen, Embrasser tes aréoles, ton ventre de demoiselle.
Mais voilà que tes yeux tremblent et que tes lèvres frémissent. Toutes tes plumes s’envolent dans un vol de canaris. Je vois ton ventre qui bouge pour annoncer les prémices De l’enfant qui va paraître et de sa mère Marie.
Sur ce rideau de chute en cascade grondante, Ce fleuve vertical d’une vie abondante, Quand je prends l’ascenseur pour oser tout changer C’est un nouvel élan, qu’a mon âme, échangé !
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Du haut de ces falaises, quarante siècles s’envolent ! Peut-être plus, peut-être moins, je ne sais plus compter… Sur les ailes de la foi mon cœur est bénévole Et il répand l’amour partout dans le comté.
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Des valeurs de couleurs aux valeurs de matière, Des ombres embrumées aux ombres dérobées, Vous êtes ma peinture sur la plage côtière, Diluée d’aquarelle par la mer enrobée.
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J’aime quand la pluie mouille et inonde la toile ! J’aime quand elle goutte sur les fils bien tendus ! Je l’embrasse en léchant la gouttelette à poil ! Je l’absorbe et jouit à mon corps suspendu !
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Ces couleurs qui flamboient sous le boisseau du pont Sont les fruits de ma vue et le suc de ma vie. Je m’en nourris le jour et j’en fais le harpon Qui me fait attraper le sel de ma survie.
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Pour mon régime sans selle, j’ai choisi la bicyclette. Bien debout sur les pédales, bien droite et bien alignée. Dans les montées je me cambre, dans les descentes j’suis pipelette, Mais c’est mieux sur terrain plat sinon je vais trépigner !
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Ils vont tous bien ensemble, les coques appareillées. Ils sont fiers, ils sont braves, ils bandent vers le ciel. Demain c’est la régate et l’honneur va payer ! Pour la gloire du plus brave, le plus providentiel !
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Tous les chemins que je traverse Laissent des traces dans mes godasses Graines d’amour ou de converse Collectionnées avec audace.
Quelquefois la graine magique Lance un bourgeon droit vers les cimes. Je n’ai plus qu’à, en tout logique, Escalader l’étrangissime.
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Elles sont fières et aguerries, intrépides et timorées, Elles cherchent le mâle en rut, le vainqueur du meilleur bois ! Elles jouent les effarouchées, mais nul n’est sans ignorer Que les cerfs sont ainsi faits et les bibiches aux abois !
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Juste quelques entrechats sur les bancs de poissons. Juste trois petits pas en effleurant les ondes. En aucune façon je ne trouble la boisson De Messire le Loup qui patrouille à la ronde.
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Toutes les maisonnées que j’aime sont bâties dans ces vallons. Elles ne sont jamais les mêmes mais j’y loge et puis, c’est tout. Dans chacune vit une femme, juste vêtue de hauts talons Et quand j’y viens en silence, j’introduis mon passepartout.
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Dans l’orient mystérieux, bien à l’est de l’Eden, Dans les marais brumeux protégés des humains, La fée aux yeux bridés vous apparaît soudaine Lorsque vous cheminez dans les champs de cumin.
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La danseuse en tutu est un peu ingénue. D’abord à petits pas, puis avec entrechats, Elle s’effeuille peu à peu jusqu’à devenir nue Et lorsqu’elle fait ses pointes, ce sont des pieds-de-chat.
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Temps de deuil au sang bleu me fait pleurer les yeux ; La nature n’est plus qu’un tableau daltonien. Où est passé l’Azur, cet ange facétieux Qui colorait mes rêves parfois si plutoniens ?
Je ne vous parle pas d’une couleur passée Mais d’une amie qui marque les souvenirs du cœur. Parmi les soirs d’étés dans des tons compassés Lorsqu’elle allait coucher avec l’astre moqueur.
Je n’entends plus le temps, je n’entends plus le vent. Le vacarme muet des feuilles mortes est creux. Les oiseaux sont en deuil et chantent à contrevent Des liturgies d’adieux au souvenir chancreux.
Je n’aurai pas de rimes, je n’aurai pas de mots Pour vous dire combien ce bleu m’était précieux ! C’était plus qu’un amant, c’était mon cœur jumeau ; Je ne puis que pleurer, le cœur sur les essieux.
Adieu sel de la vie, adieu bleu de mes yeux ! Ce monde n’est plus le mien et je vais m’enfermer Durant tout mon hiver, je serai disgracieux, En veillant sur ses cendres jusqu’à les transformer !
Là où va l’éléphant, je marche droit devant. À nous deux nous frappons la terre gravement. Je suis très fier de lui, il n’est pas décevant. Il est mon inertie et je vais bravement.
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Je vais souvent dans le désert retrouver la dune que j’aime. J’aime arpenter avec passion ce mont de Vénus que j’adore. J’adore aussi m’y arrêter pour mettre au point mon stratagème, Pour la surprendre lorsque je souffle mes soupirs de conquistador.
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Dans ce monde débile où les chats sont trop gris Je veux être en couleurs, je veux vivre ma vie ! Alors, bye bye les neutres, je suis vraiment aigri, Je me casse sur l’heure, je transgresse et je vis !
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Aussitôt qu’il passe à portée, je lui caresse son bourgeon. Il durcit prêt à m’allaiter, et ma bouche fait le plongeon Vers ce téton qu’elle suçote et qu’elle embrasse à tâtons, Puis le mordille et le barbote jusqu’à entendre son ronron !
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Je cours plus vite que le soleil, c’est mon ombre qui me l’a dit. Je démarre sec depuis l’aurore et continue jusqu’à midi. Aussitôt qu’il est rattrapé, l’astre retombe en maladie. Il va bien vite se coucher ; je l’ai battu sans perfidie !
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Le regard immobile et les orbites vides, Les géants nostalgiques continuent à attendre. Les oreilles figées d’émotions impavides, Leurs souvenirs n’ont plus de raisons à entendre.
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Je ne suis pas roseau, je ne suis qu’un petit phare. Quand Neptune se déchaîne, je ne plie ni ne courbe. Mais c’est ma rectitude qui rythme la fanfare Lorsque grondent les vagues de ce pauvre dieu fourbe !
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Dans mon île imaginaire, tout le monde à la cascade ! Le matin quand on se lève, on va tout nu sous la douche. On s’amuse avec les filles, on leur tend des embuscades, On fait l’amour sur la berge, on les embrasse sur la bouche.
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Mes valises sont magiques, elles contiennent des vacances. J’en possède une « Montagne » et une autre « Sable fin » Et j’y resterai des heures à de très hautes fréquences Dans mon petit paradis, comme un tout petit couffin.
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