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  • Chercher ma place

    Chercher ma place

    Plus je m’élève et je m’envole, plus je vois le monde d’en haut,
    Plus je m’aperçois que ma place est devenue toute petite.
    C’est facile en trois battements d’ailes de repartir au fil de l’eau,
    Mais j’aurais aimé que ma vie soit un peu moins acrobatique.

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  • La marionnette sans fil

    La marionnette sans fil

    Elle danse et se défile dans un ballet qui s’enfile.
    Tous ces fils de fées de soies tombent de l’effet de soi.
    La marionnette file, libre Marion sans-fil.
    Juste un lien par devers soi pour pouvoir rentrer chez soi.

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  • Laissez-les s’envoler

    Laissez-les s’envoler

    Les bulles tintinnabulent, les pensées bientôt s’échappent,
    Les souhaits bien vite s’envolent, et l’enfant ose s’envoler !
    Laissez-le grimper sur ses bulles, laissez-le voler dans sa cape,
    Il n’a plus besoin de racines, il n’y a pas lieu de s’affoler !

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  • Tous ces fils d’anges

    Tous ces fils d’anges

    Tantôt furtifs, tantôt absents, tantôt subtils, tantôt présents,
    Toujours tissés de mains de fées, toujours tressés d’effets d’amour,
    Toutes ces cordes, toutes ces ficelles, toutes ces chaînes, tous ces rubans,
    Au fil des toiles d’araignées, au fil des heures et des jours.

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  • Les fleurs masquées

    Les fleurs masquées

    Même les plus belles fleurs se parent de beaux masques.
    Elles n’ont pas confiance et veulent juste paraître.
    Mais lorsque tombe le masque, elles se trouvent bien flasques.
    Comment leur faire comprendre que leur beauté, c’est leur être ?

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  • Sous les nuages, l’amour

    Sous les nuages, l’amour

    La brume a recouvert la vallée de mes rêves.
    Tout noyé dans le gris, tout noyé dans l’ennui.
    Seul un soleil timide veille doucement sans trêve
    Sur mes amours enfouies, plongées dans cette nuit.

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  • Malice au pays des pervers

    Malice au pays des pervers

    Le lapin malicieux a encore fait des siennes…
    Sacré vieux Lapinou, il n’en rate pas une !
    Tandis qu’Alice boit son eau himalayenne,
    Il la fait léviter pour regarder sa lune !

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  • Venise à peu presque

    Venise à peu presque

    Ma Venise est en ébauche, tu me l’as juste esquissée.
    Mon rêve va prendre forme à chaque coup de crayon.
    C’est au fur et à mesure que tu conçois, toi qui sait,
    Cet intime paradis où Dieu envoie ses rayons.

    Quand les eaux seront en place, alors toutes les gondoles
    Mèneront les amoureux dans des chambres tamisées.
    Quand les ponts seront bâtis, on verra des farandoles
    Former une chaîne immense et les enfants s’amuser.

    Après viendront les couleurs qui enchanteront les murs.
    Parfois des nuances douces, parfois des nuances vives.
    On ouvrira les volets sur de belles amours mûres.
    On tirera les rideaux sur des tables et leurs convives.

    Moi, j’allumerai les lanternes sur les places romantiques
    Où les amants enlacés se feront mille promesses.
    Je lancerai des reflets par des ricochets antiques
    En faisant de belles rimes pour égayer les kermesses.

    Je veux entendre jouir tous les hommes et toutes les femmes !
    Je veux sentir les parfums des coquettes et des coquines !
    Je veux voir les amoureux s’embrasser de toute leur âme !
    Je veux goûter les baisers des fantasques arlequines !

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Le pélican bouffon

    Le pélican bouffon

    Il n’est pas paradisier et c’est un bon point pour lui !
    Avec ses pattes de canard et son bec à provisions,
    On dirait une ménagère blottie sous son parapluie
    Et dodelinant des hanches en faisant ses commissions.

    C’est un oiseau porte-plume, d’un caractère bien trempé.
    Sa peau lisse est bien ancrée sous un plumage opalin.
    Un oiseau un peu bouffon qui vous force à vous cramper ;
    Il n’est pas très à la mode, il n’a pas l’air très malin.

    Peste soit du créateur, d’avoir pu l’imaginer !
    Peste soit de l’architecte, d’avoir pu le dessiner !
    Peste soit de l’ouvrier, d’avoir bien pu l’usiner !
    Peste soit du barbouilleur, d’avoir pu l’enluminer !

    Pour rajouter une couche sur ce beau papier couché,
    Je trempe mon pélican dans l’encrier de mes songes.
    Inutile de sauver cet oiseau mal embouché,
    Inutile d’enfoncer ni de faire un pieux mensonge.

    Mais voilà ! Il est créé ! Il va bien falloir l’aimer !
    Surtout pas de tolérance, ce n’est bon que pour les fourbes ;
    Mais permettre et accepter de le laisser s’essaimer
    Et l’autoriser à vivre avec ses pics et ses courbes.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Je suis le pêcheur

    Je suis le pêcheur

    Tout frémissant, la queue agile,
    Je suis tout doucement le pêcheur.
    C’est moi qui sens l’odeur d’argile
    C’est moi, le chien fou du prêcheur !

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  • L’arbre creux de mon enfance

    L’arbre creux de mon enfance

    Dans mes souvenirs d’enfance, j’allais à l’école primaire.
    Au milieu de la grand ’cour, trônait un arbre gigantesque.
    Personne ne le savait, il n’était pas ordinaire,
    Il cachait dans sa structure cet abracadabrantesque :

    Un ami imaginaire, un être extraordinaire !
    Qui vivait dans l’arbre creux que seuls pouvaient voir mes yeux.
    Tous les jours à la récré, il était mon luminaire !
    C’est lui qui m’a tout appris, du divin, du merveilleux !

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  • Reflets rouges et bleus

    Reflets rouges et bleus

    Dans mes reflets, j’ai mêlé quelques reflets rouges et bleus.
    Ils ont vite pris leur place en révélant leur lumière.
    Tous ces mariages de nuances, ces associations, morbleu !
    Ont généré mes meilleures ressources nourricières.

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  • Au pays des lumières

    Au pays des lumières

    Au pays des lumières, bientôt je reviendrai.
    Pas besoin de panneaux ni de cartes routières !
    L’amour que j’ai semé sur la route cendrée
    Me servira de borne pour trouver ta chaumière.

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  • Les contenants ridicules

    Les contenants ridicules

    Ma peintre m’a fait une farce
    Avec cette croûte un peu ratée.
    Peut-être qu’elle a bu, la garce
    Tout le contenu tafiaté.

    Pourquoi deux bouteilles un peu minces
    Et un cruchon un peu potelé ?
    Pourquoi ces couleurs de cagoince
    Et ce fond un peu bottelé ?

    Peut-être est-elle fatiguée
    C’est sûrement une satire
    Entre deux maigres prodigués
    Et une grosse tirelire.

    Voilà ce que c’est que blesser
    Le cœur d’une peintre fantasque !
    Elle se met à oppresser
    Les emballages et les flasques.

    Mais le poète a plus d’un tour
    Dans son sac à malices à rimes.
    Mais il sait trouver alentour
    Comment créer les pousse-au-crime !

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Les objets d’humilité

    Les objets d’humilité

    Je n’avais pas de plateau, mais j’ai pris un moule à tarte.
    Je n’avais pas de joli pot, mais j’ai pris ce pot-à-eau.
    Je n’avais pas de belles roses, pas de menu à la carte,
    J’ai cueilli quelques tulipes sur la colline, là-haut.

    Mais je n’ai pas critiqué, je n’ai rien bouleversé.
    Ce moule à tarte un peu frustre fut un plateau merveilleux !
    Ce petit pichet timide, avec mes larmes versées,
    S’est révélé le plus beau de mes rêves sommeilleux !

    À force de me servir de tous tes objets magiques
    Qu’on aurait laissé pour compte en dédaignant leur présence,
    Je leur ai donné mon cœur et mon âme analogique.
    Je les ai tous réveillés, sans mépris ni médisance.

    Mon pauvre petit bouquet s’est retrouvé à l’honneur.
    Un symbole positif, une création surprise.
    Et tous ces petits objets qui tombaient en déshonneur
    Ont gagné tous leurs galons dans cette noble entreprise.

    Toi qui m’as ouvert ta porte, je saurai y reconnaître
    Tous tes merveilleux sujets et les remettre à leur place.
    Celle où leur cœur brillera et où l’on verra renaître
    Le vilain petit canard et le Phénix de leurs glaces.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Le migrateur

    Le migrateur

    Il ne le sait pas encore mais il va quitter son aire.
    C’est un oiseau migrateur, c’est un oiseau du passage.
    Il va laisser derrière lui ce qui fut son ordinaire,
    Tous ses souvenirs d’enfance et tous ses apprentissages.

    Il va voler de ses ailes et prendre grand son envol.
    Il va derrière l’horizon, au-delà de ses rêves.
    Si vous le voyez passer, merci d’être bénévole
    Et l’aider dans sa lancée car il va voler sans trêve.

    Sa boussole n’est pas sûre car son cœur bat la breloque.
    Pensez ! C’est la première fois qu’il vit sa vie d’oisillon.
    Il n’a pas perdu le nord mais saoulé par la berloque
    Qui lui donne le vertige et sonne le carillon.

    Il va retrouver sa belle, tout là-haut dans son nid d’aigle.
    Là où la pluie et le vent se déchaînent sans limite.
    Au pays de la lumière où son petit cœur espiègle
    Va se révéler vaillant dans ses amours dynamite.

    Ne cherchez pas à comprendre, pourquoi s’envole l’oiseau.
    Il est tombé de son nid, il a rompu ses attaches.
    Très bientôt tel le Phénix, il va renaître du roseau
    Qui s’est brisé et grillé mais qui s’accorde à sa tâche.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Mon arbre de lumière

    Mon arbre de lumière

    Accroché à la lumière de l’arbre qui me soutient,
    Entouré des branches fortes, nourri de ses fruits brillants,
    Je sens mes forces renaître comme un poème goethien
    Qui me ravive le cœur et chante à l’âme en riant.

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  • Quelques fleurs bleues sur un cœur d’étoiles

    Quelques fleurs bleues sur un cœur d’étoiles

    Elle avait déposé quelques fleurs bleu-doré
    Sur mon cœur étoilé qui s’était épanoui.
    Une poudre magique, une essence adorée
    Qui a semé l’amour dans mes rêves évanouis.

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  • Une bougie pour maman, une bougie pour papa

    Aujourd’hui ça fait trois ans, qu’elle est partie loin de moi ;
    Elle a attendu longtemps pour que je la reconnaisse.
    Aujourd’hui je pense à toi, après ces trente-six mois
    Et j’allume une bougie pour que ton âme renaisse.

    Ça fait sept ans maintenant que tu as quitté la vie
    Pour veiller sur tes enfants sur le navire amiral.
    Es-tu devenu capitaine ? Commandant en préavis ?
    As-tu connu les sirènes ? Leur écho est-il spiral ?

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  • Mes bateaux de la lanterne

    Mes bateaux de la lanterne

    Mes bateaux de la lanterne, où la lune s’est accrochée,
    Emmanchée en haut du mât pour illuminer la nuit,
    Avec des bateaux complices, ils vont bientôt approcher
    Les ténèbres à l’horizon comme un soleil de minuit.

    Bateau-lune ou bateau-phare, ils ont de multiples noms.
    Mes bateaux de la lanterne, aux mâts tout illuminés
    Et qui arborent la Lune comme un précieux gonfanon
    Pour guider les nefs perdues dans les tempêtes embruinées.

    Un jour mon père a sorti son bateau resté à quai.
    Il est parti loin derrière l’horizon de l’océan.
    Il ne reviendra jamais, il a rejoint le banquet
    Des anges qui l’ont reçu comme un naufragé céans.

    Puis ma mère a affrété une barque bien discrète.
    Partie comme pour le marché mais a croisé la tempête.
    Son bateau s’est fracassé sur les terribles arêtes
    Des récifs de compassion, sans tambour et sans trompette.

    Moi, mon bateau est petit ; pas de voile, juste deux rimes.
    Sur mon mât sobre et ténu, j’ai attaché une étoile.
    Souvent je pars dans la nuit, dans la noirceur de déprime
    Et je troue l’obscurité d’un fin éclat sur la toile.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Avez-vous vu nager la sirène ?

    Avez-vous vu nager la sirène ?

    Avez-vous vu nager la sirène sous l’eau ?
    C’est avec grâce qu’elle accomplit son boulot.
    Toujours brasser par dix-mille mètres de fond
    Toujours nager de plus en plus profond.

    Aller repérer les sillages des navires
    Afin que le cœur de l’équipage chavire.
    Toujours choisir parmi tous ces fiers commandants
    Celui qui, seul, sera digne d’être son vrai prétendant.

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  • Sainte Nitouche épanouie

    Sainte Nitouche épanouie

    Cette fille avait un secret pour ne pas se faire draguer.
    Elle restait froide et hermétique derrière sa forteresse ultime.
    Des habits stricts un peu austères et pas question d’aller trâguer
    Dans des lieux privés ou public pour des engagements intimes.

    Je l’ai croisée dans l’ascenseur, un jour où je m’étais perdu
    Dans sa tour d’ivoire rigide en cherchant trois ou quatre rimes,
    Les yeux baissés, effarouchée, le regard absent, éperdu,
    Toi, j’ai pensé, un peu moqueur, « où caches-tu tes pousses-au-crime ? »

    Je l’ai suivie discrètement jusqu’à la porte la plus haute.
    Quand elle m’a vu elle a bien vite tenté de refermer sa porte.
    C’était trop tard, j’avais déjà, avec ma belle voix de hulotte
    Commencé à décrire un peu mes vers sur quelques feuilles mortes.

    Je lui ai parlé de ses seins, tantôt du droit, tantôt du gauche.
    Je les ai nommés par amour « Ô Tétinou », « Ô Tétinette » !
    Je lui ai parlé des vallées et des montagnes en ébauche
    Qui se profilaient dans les creux et les rondeurs de la minette.

    Tandis qu’elle fermait les yeux, je lui dégrafais sa brassière
    Et j’effleurais tout doucement le bout dodu de ses tétons.
    Quand je lui eus hypnotisé sa jolie poitrine nourricière,
    Je laissai mes mains déraper et débouclai son pantalon.

    Ôtant bien vite la culotte de la donzelle un peu pâlotte,
    J’embrassai sans hésitation avec douceur ses replis doux.
    Il a fallu que je l’emporte directement dans sa roulotte ;
    Ses jambes ne la portaient plus, on aurait dit des scoubidous.

    Croyez-moi si vous le voulez mais l’ingénue s’est réveillée !
    En souvenir du décoinçage, elle ne porte plus sa culotte.
    Juste une jupe pour laisser sur ses fesses l’air la balayer
    Et me saluer en soulevant sa jupe d’une main tremblote.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Tout le monde au mamelon

    Tout le monde au mamelon

    Souvent je repense au Mont de Vénus ou de Cupidon.
    J’y vais avec mes amis, je les regroupe tous en rond
    Puis je les prends en photo avec l’ange Stupidon
    Et je demande à tout le monde de faire un beau mamelon !

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  • Conquicourt et Conquiroule

    Conquicourt et Conquiroule

    C’est l’histoire de deux frères, unis dans leur folle quête.
    Conquicourt est solitaire et jamais il ne s’arrête
    Conquiroule est solidaire et adhère à l’étiquette :
    Quelle qu’en soit la raison, ils ont un piaf dans la tête !

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  • La forteresse au cul coincé

    La forteresse au cul coincé

    Un peu timidement, un peu trop sagement,
    La demoiselle n’ose abandonner sa pose.
    Cache-t-elle un amant ou un arrangement ?
    Si ce n’est pas grand-chose, pourquoi être ainsi close ?

    Manque-t-elle d’audace les pieds nus sans godasses ?
    Cherche-t-elle la raison pour quitter sa maison ?
    La petit blondasse me semble un peu fadasse
    Sans une inclinaison pour la défloraison.

    Est-ce à moi de briser sa coquille irisée ?
    Pourra-t-elle casser l’enveloppe angoissée
    Qui l’enferme, épuisée, dans l’abandon grisé,
    Soumise et rabaissée, dans sa vie opiacée ?

    Cette sainte nitouche a l’amour sur la bouche
    Mais elle n’ose pas se jeter dans ses bras !
    Elle reste sur la touche sans risquer l’escarmouche.
    Pas de premier faux pas, pas d’abracadabra !

    Vénus, secoue-moi donc cette fille d’amidon !
    Fais-lui sentir tes charmes, fais du bien à son âme !
    Aide-moi, Cupidon, à secouer l’édredon !
    Sonnez bien fort l’alarme et lâchez les gendarmes !

    Préparez un calice bien rempli de malice !
    Donnez à cette gourde des mamelles bien lourdes !
    Remplissez de délices son cul jusqu’au calice !
    Plus jamais la balourde à l’amour sera sourde !

    Pénétrez l’intérieur de ce cœur de malheur,
    Remontez le réseau nerveux jusqu’au cerveau,
    Montrez à l’extérieur ses infimes douleurs,
    À grands coups de ciseaux, libérez cet oiseau !

    Si je vous racontais la suite au pied levé,
    Ce serait bien dommage et un manque d’hommage.
    Tentez d’imaginer, tentez de soulever,
    Quel divin allumage fit voler son plumage !

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Fleurs matutinales

    Fleurs matutinales

    Au matin la brume orange enveloppe de douceur
    Toutes ces fleurs bleues étranges qui s’éveillent de leurs rêves.
    À quoi donc rêvent les fleurs ? Je ne suis pas connaisseur
    Mais elles sont dans mes songes et mes pensées les plus brèves.

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  • L’ange endormi

    L’ange endormi

    Ô mon bel ange endormi, qu’as-tu rêvé cette nuit ?
    Un grand ciel bleu sans étoile ? Une explosion dans l’espace ?
    As-tu vu naître les hommes ? As-tu vu naître l’ennui
    Qui les endort en silence, coincés dans leur carapace ?

    Tu as les ailes roussies, ton auréole est voilée,
    Tes seins sont bien fatigués d’avoir livré tout leur lait.
    Ton sexe ruisselle de feu comme une flamme étoilée,
    Ton ventre est encore rond ; il a servi de palais.

    Tu as enfanté un œuf, fécondé par un esprit,
    Engendré par les étoiles et couvé par une humaine.
    Demain tes ailes tomberont, mais sans l’ombre d’un mépris,
    Ton auréole chutera tout au long de la semaine.

    Juste avant que tu t’éveilles, laisse-moi tenir ta main,
    Toucher une dernière fois l’envergure de tes ailes,
    Embrasser ton auréole pour un dernier examen,
    Embrasser tes aréoles, ton ventre de demoiselle.

    Mais voilà que tes yeux tremblent et que tes lèvres frémissent.
    Toutes tes plumes s’envolent dans un vol de canaris.
    Je vois ton ventre qui bouge pour annoncer les prémices
    De l’enfant qui va paraître et de sa mère Marie.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Chute libre

    Chute libre

    Sur ce rideau de chute en cascade grondante,
    Ce fleuve vertical d’une vie abondante,
    Quand je prends l’ascenseur pour oser tout changer
    C’est un nouvel élan, qu’a mon âme, échangé !

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  • Lâchez les oiseaux

    Lâchez les oiseaux

    Du haut de ces falaises, quarante siècles s’envolent !
    Peut-être plus, peut-être moins, je ne sais plus compter…
    Sur les ailes de la foi mon cœur est bénévole
    Et il répand l’amour partout dans le comté.

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  • Dégradés de rochers

    Dégradés de rochers

    Des valeurs de couleurs aux valeurs de matière,
    Des ombres embrumées aux ombres dérobées,
    Vous êtes ma peinture sur la plage côtière,
    Diluée d’aquarelle par la mer enrobée.

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  • Viens Bubulle, viens

    Viens Bubulle, viens

    J’aime quand la pluie mouille et inonde la toile !
    J’aime quand elle goutte sur les fils bien tendus !
    Je l’embrasse en léchant la gouttelette à poil !
    Je l’absorbe et jouit à mon corps suspendu !

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  • Sous les ponts, le rêve

    Sous les ponts, le rêve

    Ces couleurs qui flamboient sous le boisseau du pont
    Sont les fruits de ma vue et le suc de ma vie.
    Je m’en nourris le jour et j’en fais le harpon
    Qui me fait attraper le sel de ma survie.

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  • Bien debout sur mon vélo

    Bien debout sur mon vélo

    Pour mon régime sans selle, j’ai choisi la bicyclette.
    Bien debout sur les pédales, bien droite et bien alignée.
    Dans les montées je me cambre, dans les descentes j’suis pipelette,
    Mais c’est mieux sur terrain plat sinon je vais trépigner !

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  • Les mâts en folie

    Les mâts en folie

    Ils vont tous bien ensemble, les coques appareillées.
    Ils sont fiers, ils sont braves, ils bandent vers le ciel.
    Demain c’est la régate et l’honneur va payer !
    Pour la gloire du plus brave, le plus providentiel !

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  • La plante des pieds

    La plante des pieds

    Tous les chemins que je traverse
    Laissent des traces dans mes godasses
    Graines d’amour ou de converse
    Collectionnées avec audace.

    Quelquefois la graine magique
    Lance un bourgeon droit vers les cimes.
    Je n’ai plus qu’à, en tout logique,
    Escalader l’étrangissime.

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  • Allez ! Les bibiches

    Allez ! Les bibiches

    Elles sont fières et aguerries, intrépides et timorées,
    Elles cherchent le mâle en rut, le vainqueur du meilleur bois !
    Elles jouent les effarouchées, mais nul n’est sans ignorer
    Que les cerfs sont ainsi faits et les bibiches aux abois !

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  • Entre poissons-chats

    Entre poissons-chats

    Juste quelques entrechats sur les bancs de poissons.
    Juste trois petits pas en effleurant les ondes.
    En aucune façon je ne trouble la boisson
    De Messire le Loup qui patrouille à la ronde.

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  • Toutes les maisonnées que j’aime

    Toutes les maisonnées que j’aime

    Toutes les maisonnées que j’aime sont bâties dans ces vallons.
    Elles ne sont jamais les mêmes mais j’y loge et puis, c’est tout.
    Dans chacune vit une femme, juste vêtue de hauts talons
    Et quand j’y viens en silence, j’introduis mon passepartout.

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  • Féérie d’Asie

    Féérie d’Asie

    Dans l’orient mystérieux, bien à l’est de l’Eden,
    Dans les marais brumeux protégés des humains,
    La fée aux yeux bridés vous apparaît soudaine
    Lorsque vous cheminez dans les champs de cumin.

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  • La danseuse effeuillée

    La danseuse effeuillée

    La danseuse en tutu est un peu ingénue.
    D’abord à petits pas, puis avec entrechats,
    Elle s’effeuille peu à peu jusqu’à devenir nue
    Et lorsqu’elle fait ses pointes, ce sont des pieds-de-chat.

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  • Le deuil bleu de l’automne

    Le deuil bleu de l’automne

    Temps de deuil au sang bleu me fait pleurer les yeux ;
    La nature n’est plus qu’un tableau daltonien.
    Où est passé l’Azur, cet ange facétieux
    Qui colorait mes rêves parfois si plutoniens ?

    Je ne vous parle pas d’une couleur passée
    Mais d’une amie qui marque les souvenirs du cœur.
    Parmi les soirs d’étés dans des tons compassés
    Lorsqu’elle allait coucher avec l’astre moqueur.

    Je n’entends plus le temps, je n’entends plus le vent.
    Le vacarme muet des feuilles mortes est creux.
    Les oiseaux sont en deuil et chantent à contrevent
    Des liturgies d’adieux au souvenir chancreux.

    Je n’aurai pas de rimes, je n’aurai pas de mots
    Pour vous dire combien ce bleu m’était précieux !
    C’était plus qu’un amant, c’était mon cœur jumeau ;
    Je ne puis que pleurer, le cœur sur les essieux.

    Adieu sel de la vie, adieu bleu de mes yeux !
    Ce monde n’est plus le mien et je vais m’enfermer
    Durant tout mon hiver, je serai disgracieux,
    En veillant sur ses cendres jusqu’à les transformer !

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Là où va l’éléphant – 4

    Là où va l’éléphant - 4

    Là où va l’éléphant, je marche droit devant.
    À nous deux nous frappons la terre gravement.
    Je suis très fier de lui, il n’est pas décevant.
    Il est mon inertie et je vais bravement.

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  • La fesse cachée de la dune

    La fesse cachée de la dune

    Je vais souvent dans le désert retrouver la dune que j’aime.
    J’aime arpenter avec passion ce mont de Vénus que j’adore.
    J’adore aussi m’y arrêter pour mettre au point mon stratagème,
    Pour la surprendre lorsque je souffle mes soupirs de conquistador.

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  • Je me casse

    Je me casse

    Dans ce monde débile où les chats sont trop gris
    Je veux être en couleurs, je veux vivre ma vie !
    Alors, bye bye les neutres, je suis vraiment aigri,
    Je me casse sur l’heure, je transgresse et je vis !

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  • Le ronron du mamelon

    Aussitôt qu’il passe à portée, je lui caresse son bourgeon.
    Il durcit prêt à m’allaiter, et ma bouche fait le plongeon
    Vers ce téton qu’elle suçote et qu’elle embrasse à tâtons,
    Puis le mordille et le barbote jusqu’à entendre son ronron !

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  • Plus vite que le soleil

    Plus vite que le soleil

    Je cours plus vite que le soleil, c’est mon ombre qui me l’a dit.
    Je démarre sec depuis l’aurore et continue jusqu’à midi.
    Aussitôt qu’il est rattrapé, l’astre retombe en maladie.
    Il va bien vite se coucher ; je l’ai battu sans perfidie !

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  • Les géants nostalgiques

    Les géants nostalgiques

    Le regard immobile et les orbites vides,
    Les géants nostalgiques continuent à attendre.
    Les oreilles figées d’émotions impavides,
    Leurs souvenirs n’ont plus de raisons à entendre.

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  • Même pas peur

    Même pas peur

    Je ne suis pas roseau, je ne suis qu’un petit phare.
    Quand Neptune se déchaîne, je ne plie ni ne courbe.
    Mais c’est ma rectitude qui rythme la fanfare
    Lorsque grondent les vagues de ce pauvre dieu fourbe !

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  • Village avec douche

    Village avec douche

    Dans mon île imaginaire, tout le monde à la cascade !
    Le matin quand on se lève, on va tout nu sous la douche.
    On s’amuse avec les filles, on leur tend des embuscades,
    On fait l’amour sur la berge, on les embrasse sur la bouche.

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  • Ma valise vacances

    Ma valise vacances

    Mes valises sont magiques, elles contiennent des vacances.
    J’en possède une « Montagne » et une autre « Sable fin »
    Et j’y resterai des heures à de très hautes fréquences
    Dans mon petit paradis, comme un tout petit couffin.

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