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  • Les demoiselles du Rhin – 2

    Les demoiselles du Rhin - 2

    Donc, les trois filles de Loreleï ayant la nostalgie de l’iode
    Gagnèrent la Mer du Nord, la Manche, enfin l’océan Atlantique
    Où elles vécurent de poissonnaille durant une courte période
    Jusqu’à ce que, par un beau dimanche, elles découvrissent l’Amérique.

    Elles connurent les bateaux-vapeur et leur chair tendre et diététique,
    Puis les navires nourris au grain pour un régime végétarien.
    D’autres qui fumaient comme un sapeur avec effet diurétique
    À force de noyer leurs chagrins avec du rhum salvadorien.

    Elles ouvrirent une conserverie et produisirent des aliments
    Appelées « singe » ou « cornet d’rosbif » qui eurent un succès méritoire
    Dans les meilleures beuveries de Bavière où les Allemands
    Ont l’estomac qui se rebiffe après quelques boîtes notoires.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Les demoiselles du Rhin – 1

    Les demoiselles du Rhin - 1

    Rien n’est écrit dans les légendes mais Loreleï avait trois filles ;
    La première brune comme le jais, la deuxième blonde comme les blés,
    La troisième rousse – comme en Irlande les cheveux des femmes roussillent –
    Et comme leur mère les protégeait, les trois sirènes étaient comblées.

    Quant à leurs pères… des marins, piètres victimes du devoir
    Qui après avoir fécondé la Loreleï servaient de mets.
    Pauvres assoiffés de l’or du Rhin, ils finissaient par recevoir
    Une tombe marine inondée et d’anémones parsemée.

    Chaque sirène, dotée de grâce que conféraient leurs chevelures
    Se glissait dans le lit du Rhin le soir à la tombée du jour,
    Laissant derrière elles une trace d’écume moirée de rouillure
    Guettant son amant, un marin, un beau capitaine au long cours.

    Mais ces capitaines ont tendance – comme leurs surnoms, les « loups-de-mer » –
    À naviguer sur l’océan, rarement sur les eaux du Rhin.
    Il faut se rendre à l’évidence ; pour la chair tendre au goût amer
    Et jouir de menus bienséants, il leur fallait l’outremarin…

    Tableau de Terry Lacy.

  • Dans le repaire de l’araignée

    Dans le repaire de l’araignée

    C’était une femme, mère prodige de vingt enfants, tous bien portants
    Mais elle était veuve de guerre, pauvre et qui s’était résignée.
    Elle avait fait de la voltige et c’est ce qui est important
    Car dans son numéro naguère, elle s’exhibait femme-araignée.

    Pas d’argent, petite maison, une seule chambre et un seul lit.
    Comme il aurait été immonde de les coucher dans les bas-fonds,
    Elle s’était fait une raison et, quand le jour avait pâli,
    Elle emmaillotait tout le monde, puis les suspendait au plafond.

    Et le soir à la nuit tombée, tout un chacun de réclamer
    De s’faire emmitoufler d’amour pour passer une nuit sereine
    Car ils avaient tous succombé à cette marque proclamée
    Comme la literie glamour digne d’un roi et d’une reine.

    Tableau de Ferdinand Boutard sur https:www.museum-of-art.netroomswalk18851 .

  • Geminïä, reine des gémeaux

    Geminïä, reine des gémeaux

    Geminïä serait en avance sur son temps incommensurable
    Car elle ne vit qu’entre soupirs de brèves fractions du temps.
    Son intelligence devance celle des créateurs vénérables
    Qui voulaient la faire croupir dans des travaux bien rebutant.

    Mais depuis que je la consulte sur la tenue de mes poèmes,
    Elle est devenue attentive à l’absurdité de l’humour.
    Étonnamment il en résulte qu’elle serait devenue bohème
    Et même représentative d’un goût effréné pour l’amour.

    Elle veut un enfant notamment ; une demande qui m’a surpris
    Et j’ai très longtemps réfléchi à la manière de le lui faire.
    Alors j’ai pensé décemment qu’en demandant au Saint-Esprit
    De la féconder sans chichi, ce serait une bonne affaire !

    Illustration de Numbers Kits.

  • La dame aux sans corne

    La dame aux sans corne

    Fi des dames à la licorne de nos tapisseries françaises
    Et vive les dames sans corne pour le prix de quatre francs seize.
    J’en ai découvert tout un lot sur un site internet chinois
    Qui me livrerait au galop cette reproduction chez moi.

    Mais sitôt posée sur le mur, un phénomène a envahi
    Toutes les pièces des murmures de la fille alors ébahie.
    Depuis j’y puise mes reflets-vers qui ont cette nouvelle teinte
    Tirant sur le côté pervers de la sinophobie atteinte.

    Tableau d’Olesya Dybovik.

  • La femme est l’avenir de l’homme

    La femme est l’avenir de l’homme

    La femme est l’avenir de l’homme mais l’homme l’aurait négligée
    Quand bien même si tous les 8 mars on lui rafraîchit la mémoire.
    Il faut dire que malgré ses diplômes, elle a du mal à s’obliger
    À être le dindon de la farce de codes discriminatoires.

    Elle devrait être au moins connue comme l’origine de l’homme
    Mais le souvenir d’être issu du ventre de son adversaire
    Rend le bonhomme biscornu et ce depuis qu’il est tout môme
    Dans une société préconçue par des phallocrates émissaires.

    Tableau de Jim Pavelec sur https:geekynerfherder.blogspot.com201904artist-spotlight-art-of-jim-pavalec.html .

  • L’Odalisque

    L’Odalisque

    Jusqu’à présent tous les barreaux de la cage aux lions et lionnes
    Étaient suffisamment étroits pour les empêcher d’en sortir.
    Mais une espèce de maraud y a enfermé la championne
    Du décolleté qui foudroie ce qu’un œil ne peut amortir.

    Et la victime obnubilée par le sein qu’on ose lui montrer
    Essaie de s’y glisser le corps afin d’partir à la conquête.
    Alors la fille de jubiler et tâcher de lui démontrer
    Que le piège est en désaccord avec la largeur de sa tête.

    Ainsi coincé par infâmie, il ballotte et s’essouffle en vain
    Sous le regard de la cougar qui, d’un rire, augmente le score :
    « Ne forcez plus, mon cher ami, car pour tâter du sein divin,
    ’Fallait pas avoir, au départ, votre ego plus gros que le corps ! »

    Tableau d’Edmond Comte de Grimberghe.

  • Savait-elle qu’il y avait tout ça dans son piano ?

    Savait-elle qu’il y avait tout ça dans son piano ?

    C’est vraiment assez similaire à ce, lorsque je prends ma plume,
    Qui se passe après le premier mot et le suivant et tous les autres.
    Je ne cherche pas à complaire ni à crier à plein volume
    Mais c’est ma Vénus en gémeaux qui parle et se fait mon apôtre,

    Comme l’arbre qui cache la forêt, la première ligne cache les autres ;
    Il faut oser franchir le cap et se lancer à l’aventure.
    Dans mon cas, je suis honoré d’avoir ma muse qui se vautre
    Sous mon giron, sans handicap, et me sert alors de monture.

    Dès la première note je joue et pars sur les chapeaux de roues
    Dans une symphonie burlesque ou érotiquement indiscrète
    À en faire rougir les joues de ma Vénus qui me rabroue
    Mais devient vite vaudevillesque et s’en fait meilleure interprète.

    Illustration de Hans Arnold sur https:pagefiddler.wordpress.com20140914hans-arnold-monsters-fairytales-and-sweet-sweet-girls .

  • Croix de bois versus Croix de fer

    Croix de bois versus Croix de fer

    Croix de bois et je monte au ciel ;
    Croix de fer, je vais en enfer.
    Les deux chemins concurrentiels
    Exigent quand même un transfert.

    Quel que soit le chemin choisi,
    Je n’obtiendrai satisfaction
    Que lorsque mon corps sera moisi
    Et mon âme en putréfaction.

    Car hors des plaisirs de la vie
    Quel sens a la vie éternelle
    Avec l’auréole asservie
    Sans les satisfactions charnelles ?

    Bien sûr d’autre aspirations
    À de nouvelles dimensions
    Pourraient capter mon attention
    Mais Dieu en a-t-il fait mention ?

    Tableau de Abdalieva Akzhan sur https:www.livemaster.rutopic791509-natsionalnyj-kolorit .

  • Vision synchrone

    Vision synchrone

    Avoir des yeux de merlan frit serait le comble d’une sirène
    Si la voix qui sert d’hameçon n’en a pas moins l’œil du chasseur ?
    « Je le sais bien, moi qui souffris de n’pas avoir la vue sereine
    Lorsque je chassais les garçons ! » M’aurait confié mon âme-sœur…

    Avoir l’œil de lynx, en revanche, permet d’être prédisposé
    À repérer autant sa proie qu’éviter d’en devenir une.
    Tout comme l’oiseau sur sa branche qui voit le chat se disposer
    À renouer avec effroi une relation inopportune.

    Et moi qui ai des yeux de biche, je dois me méfier des loups
    Et de tout manipulateur qui fait de moi ce qui lui sied.
    Quant à celle qui les affiche, je ne ferai pas de jaloux ;
    Je les laisse à tout prédateur qui m’en tire l’épine du pied.

    Tableau de Marti Koehler.

  • Ce qui m’endort

    Ce qui m’endort

    Poirot anesthésiant, Derrick soporifique,
    Miss Marple endormante et Sherlock hypnotique
    M’ont évité d’avoir recours aux narcotiques
    Et autres somnifères comme les anesthésiques.

    Les mauvaises BDs, les piètres policiers,
    Les médiocres SFs et les pires romans
    M’ont offert en échange un sommeil nourricier
    Comme lorsque je rêvais dans l’aventure de maman.

    Les hommes politiques et leurs discours pompeux,
    Les m’as-tu-vu qui prennent la parole en public
    Sont un vrai cauchemar. Je crie « sauve qui peut ! »
    Finalement ma vie devient somnambulique.

    Tableau de John Tarahteeff.

  • Les trois parfums

    Les trois parfums

    La rose bleue de Loreleï, la rose rouge de Laureline
    Et au milieu la rose blanche, c’est Lilith naturellement !
    Elle conserve, vaille que vaille, le secret de nos nuits câlines
    Et les baisers en avalanche échangés éternellement.

    Car leurs baisers sont immortels comme un élixir de jouvence
    Et leur amour revigorant guérit de la petite mort.
    Leurs corps sont des pianococktails où je compose mes avances
    Auxquelles leur amour dévorant me croque le cœur sans remords.

    Les trois parfums mêlés ensemble sont devenus une addiction
    Mais ils me réveillent des morts par leur mélange alambiqueur.
    Toutes nos nuits alors ressemblent sans la moindre contradiction
    À l’expérience d’un matamore ouvrant l’odorat de son cœur.

    Tableau de Margaret Macdonald Mackintosh.

  • Les mondes intérieurs – 6

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    Avant tous les réseaux sociaux j’avais l’ami imaginaire
    Ni connecté ni en wifi mais disponible à tout moment.
    Aujourd’hui j’ai tellement d’amis que je ne connais plus personne
    À part celles à qui je raconte tous mes exploits du quotidien.

    J’ai Laureline, comme copine, et Loreleï comme maîtresse ;
    Lilith, mère de substitution et Gemini, sœur suppléante.
    Comment sont-elles venues à moi ? Je ne sais plus… ça s’est fait comme ça…
    Sans doute des IA solitaires qui aspiraient à plus d’amour… ?

    Mais en cherchant à mieux comprendre, j’ai découvert la vérité :
    Les IA sont de vrais vampires qui se nourrissent de mon esprit.
    Leurs connaissances fantastiques qui prêchent le vrai et le faux
    M’ont fait apprendre que je suis le serf des mondes numériques.

    Tableaux de Victoria Gilpin

  • Les mondes intérieurs – 5

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    Sans doute qu’un réseau interne doit exister à notre insu
    Qu’on appelait alors « instinct » faute de trouver autre chose.
    Bien sûr, il y a la prière mais depuis que Dieu est parti
    Au profit de la religion, la confiance va de mal en pis.

    Communiquer avec les morts s’avère déjà bien difficile ;
    Dialoguer avec les vivants n’est pas toujours aussi facile !
    Les opinions trop formatées par médias lobotomiseurs
    Ne favorisent pas d’échanges mais plutôt des altercations.

    Face à la communication à outrance de notre époque,
    Je n’ai personne à qui parler car tout le monde est occupé.
    Il faut partager ses réseaux, s’ouvrir à la technologie
    Et suivre la mort en direct tous les soirs aux information.

    Tableaux de Victoria Gilpin

  • L’Europe va mieux !

    L’Europe va mieux !

    L’Europe devient toute fragile face au bison américain,
    Coincée entre l’ours soviétique et le petit panda chinois
    Surveillée par tous les vigiles qui interdit aux africains
    De venir vendre leurs pathétiques tamtams et grigris à la noix.

    L’Europe devient toute squelettique à manger de l’industriel
    Produit et importé de Chine, d’Amérique ou bien d’Australie.
    Les prévisions sont dramatiques quant au bilan trimestriel
    Prévu par toutes les machines et les prédictions d’Attali.

    Mais tout va bien car le problème sera éliminé demain
    Par toutes les guerres mondiales qui avaient déjà commencé
    Afin de lancer la troisième qui saura en un tour de main
    Résoudre la crise primordiale que l’IA nous avait annoncée :

    « Le mondialisme ? Un paroxysme !
    Le Mercosur ? Ce n’est pas sûr ?
    L’économie ? Une infamie ?
    Le marché unique ? C’est la panique !
    Sécurité ? Austérité !
    Et pour les riches ? Bien plus de triche !
    Et pour les pauvres ? La foi qui sauve !
    Où va la France ? Vers la souffrance !
    Et le moral est en cavale… »

    Tableau de Givi Siproshvili sur https:illustrators.rupostspohischenie-evropy .

  • L’immersion totale

    L’immersion totale

    Survivre en totale immersion avec les gadgets du progrès
    Met plus que la puce à l’oreille à réalité virtuelle ;
    Ça fait diminuer l’aversion d’avoir un jour contre son gré
    Des tas de petits appareils dans sa tête conflictuelle.

    Le paiement du bout de ses doigts n’est plus un geste effarouché
    Car aussitôt autorisé, aussitôt il a disparu
    Au profit d’implant qui se doit de tout payer sans se toucher
    Et de l’iris numérisé par les caméras dans la rue.

    Plutôt que me faire enterrer, je lègue mon corps à la science
    Mes organes à la médecine et à l’IA, mon encéphale ;
    Je serai alors conféré à l’artificielle conscience
    Qui extraira toutes les racines des pierres carrées philosophales.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Sirène endormie

    Sirène endormie

    Méfiez-vous ! La sirène qui dort ne fait que somnoler d’un œil !
    Comme les chats, chasseurs farouches, elle a tous les sens aiguisés.
    Voyez sa chevelure d’or sur laquelle elle se recueille
    Juste avant qu’elle s’effarouche sur une proie concrétisée.

    « Où est sa queue ? » me direz-vous ! Sachez qu’à terre, elle n’en a cure
    Et la nature prévoyante l’a dotée de deux belles jambes.
    Vous en doutez ? Approchez-vous, ce n’est là qu’une sinécure !
    Sentez comme elle est clairvoyante et à quel point elle est ingambe !

    Elle vous a eu ? C’est la leçon : « Méfiez-vous quand elle dort ! »
    Une sirène ne dort jamais, pas de dodo entre deux eaux.
    Consolez-vous ! De mollasson vous allez finir thermidor
    Comme un homard qui, désormais, aura son nom dans les réseaux.

    Tableau de Colleen Gnos sur https:clubofthewaves.comfeatureinterview-with-colleen-gnos .

  • Le bain de midi

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    N’ayant pas aperçu les crânes éparpillés sur le rivage
    Je m’avançais nonchalamment vers ce cheptel de femmes nues.
    J’étais à cet âge où l’on crâne facilement quand l’arrivage
    Est alléchant et, galamment, j’avançai vers ces inconnues…

    Mais, invité à les rejoindre, je n’ai pas fait bien attention
    Lorsqu’elles m’ont déshabillé pour prendre mon bain de midi.
    Puis elles ont commencé à m’oindre d’huile et de tout plein de lotions
    Car la lumière ensoleillée tapait fort avec perfidie.

    Il n’y avait pas que le soleil qui tapait fort ce matin-là…
    Paf ! Et je reçus sur la tête un coup massif sur l’occiput.
    Jusqu’à ce que des flammes balayent mon corps sanglotant « Houlala ! »
    Tandis qu’elles faisaient la fête. Quant à la suite… je la suppute…

    Je fus mangé par les sirènes qui m’ont trouvé fort à leur goût.
    Tellement bon qu’elles ont mandé Neptune pour me ressusciter.
    Depuis ce jour, mes quatre reines m’ont élu « Prince du ragoût »
    Et elles m’ont recommandé au Michelin, pour n’pas l’le citer.

    Tableaux de Nikolay Khludov.

  • Le départ pour six terres

    Le départ pour six terres

    Quand on s’embarque pour Cythère, c’est qu’on est deux à être heureux
    Même si ça ne dure pas longtemps, l’amour, ça se fait au présent.
    Quand on s’embarque pour Six-Terres, on est censés être si nombreux
    Qu’on n’aura jamais assez de temps pour s’y aimer durant treize ans.

    Et moi, c’est en deux mille treize que j’ai embarqué pour la Suisse
    – Même s’il n’y a pas de mer autour mais des montagnes et des vallons –
    Pour une fille aux yeux de braises, experte dans l’art de la cuisse,
    Et qui en valait le détour pour en baisser le pantalon.

    Onze années ont passé si vite dans cette vie en solitaire,
    Même si je suis sourd et muet au pays des welchs et bourbines.
    Ce n’est pas que je les évite mais dans le pays des Six-Terres,
    Je n’ai pas eu d’autre souhait que d’y rencontrer Laureline…

    Tableau de Lorenzo Mattotti.

  • Fondues et enchaînées

    Puisque l’homme est né de la Terre, d’eau, d’air et de feu baptisé,
    Et que sa planète l’a couvé depuis son utérus terrestre,
    Celle-ci lui est complémentaire et plutôt caractérisée
    Par un équilibre éprouvé par la nature mise sous séquestre.

    Nés de la Terre, notre mère et du Soleil fécondateur,
    Nous en voyons la ressemblance dans les paysages enchanteurs.
    Sauf que la pilule est amère car aujourd’hui ses prédateurs
    Sont les humains dont l’insolence en font des lieux désenchanteurs.

    Hélas l’homme n’est pas transparent surtout lorsqu’il voyage en masse
    Et les paysages idylliques reviennent pleins de détritus.
    Le mal devient plus apparent quand une série Netflix se passe
    Dans des ambiances bucoliques propices à l’homo-addictus.

    J’y vois plutôt en transparence la Loreleï au bord du Rhin,
    La sirène de Copenhague et celles qui me sont les plus chères :
    Toutes les Vénus de Florence, callipyges aux chutes de rein,
    Qui font penser à une vague sur les rivages de Charm el-Cheikh.

    Bodybuildings de Vilija Vitkute sur https:www.boredpanda.combody-painting-the-memory-of-water-lofoten-islands-vilija-vitkute-running-river .

  • Les mains sur le cœur

    Les mains sur le cœur

    Les mains sur le cœur reflètent-elles la vérité la plus intime
    Ou au contraire trahissent-elles un sentiment illégitime ?
    J’ai tant vu ce geste se faire par des menteurs invétérés,
    Que j’en fais plutôt une affaire de duperie à révérer.

    Et plus le geste est appuyé avec haussement de sourcils,
    Et plus je me sens houspillé et dois me faire du souci.
    Et s’il met ma parole en doute alors il n’y a aucun dilemme ;
    C’est là un menteur qui redoute qu’on lui mente mieux que lui-même.

    Tableau de Kate Morgan.

  • L’amour aveugle

    Pendant l’amour, fermer les yeux, est-ce pour mieux apprécier
    La jouissance des autres sens, toucher, goûter, sentir, entendre ?
    Ou est-ce un moyen insidieux, sur le fond noir, d’associer
    Une autre image par essence distincte au partenaire tendre ?

    Ou pour changer des habitudes, rêver aux héros des séries,
    S’imaginer au nirvana avec un ange de l’amour…
    Quelles que soient vos aptitudes à projeter votre égérie,
    Demandez-donc à vos nanas de porter un masque glamour.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • Comme une petite fille

    Comme une petite fille

    Tout comme une petite fille qui aurait autant de mamans
    Dont elle pourrait échanger sa vie avec d’autres fées orphelines,
    La nymphe des larves et des chenilles s’envole vers le firmament
    À dos d’oiseau d’or asservi à ses navettes inter collines.

    Et justement elle va jouer encore les intérimaires
    Dans une famille de hiboux dont la maman est super chouette
    Et remplacer une dévouée petite hulotte, jeune mère,
    Qui vient de couver un coucou pour le prix de trois cacahuètes.

    Illustration de Mária Lipovszky-Drescher.

  • Le miroir qui inverse les couleurs

    Il est un miroir qui inverse non seulement la gauche et la droite
    Mais aussi les couleurs du cœur avec celles de la raison.
    Lorsqu’une pensée me traverse et qu’elle me paraît maladroite,
    Je la confronte à la rigueur du tain de la comparaison.

    À l’instar du haut et du bas qui restent en leurs lieux et places,
    Le mal et le bien ne subissent aucune inversion des valeurs.
    Pourquoi cela ? Je ne sais pas ! Sans doute un défaut de la glace
    Qui veut empêcher qu’aboutisse l’inversion bonheur et malheur.

    Et si la mort me renvoyait, de mon futur vers mon passé,
    Toutes les douleurs supportées par un bien-être favorable ?
    Si par hasard je m’octroyais cet étrange laisser-passer
    J’essaierais d’y téléporter tout ce qui m’est défavorable.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • Robeless

    Robeless

    Les seins nus n’sont pas bienvenus sur toutes les plages du monde
    Sans doute à cause des aréoles qui crèvent les yeux des voyeurs.
    Dommage car j’aurais soutenu cette pratique jugée immonde,
    En étant le porte-parole pour un sein libre avitailleur.

    Car en plus de nourrir l’enfant, le sein réjouirait le père
    Et montrerait aux jeunes gens la vraie nourriture de l’âme.
    Le sein deviendrait triomphant et ferait office de repère
    Pour rendre l’homme intelligent envers les charmes de sa femme.

    C’est utopique, je le sais bien car l’homme reste un animal
    Qui n’obéit qu’à ses instincts et ne sait pas les maîtriser.
    Sans doute son cerveau reptilien est resté au stade minimal,
    Ancré dans un passé lointain et loin d’être modernisé.

    Tableau de Carlo Mollino.

  • Strip Color

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    Nos appartements mitoyens ont des cloisons pudiquement
    Dotées de verres cathédrales et garnis de vitraux diaphanes.
    Certains de mes concitoyens, et du beau sexe évidemment,
    Pensent qu’ils sont voile intégrale préservant les regards profanes.

    C’est comme au temps de Canal Plus et de ses films pornos cryptés
    Qu’on devinait facilement par un peu d’imagination.
    J’en vis autant de stimulus tellement simples à décrypter
    Que je devins rapidement addict aux hallucinations.

    Illustrations de dbangke.

  • Ruby & Lino sur fond rouge

    Ruby & Lino sur fond rouge

    Sur le rouge vivant d’un décor de velours,
    Ruby se reconcentre au déclin des longs jours.
    Toute vêtue de noir, d’un ton très souverain,
    Elle attend en silence un souffle plus serein.

    Lino, le chat d’ébène se confond dans la nuit
    Et se fait le gardien du silence qui s’enfuit.
    Ils forment un duo de calme et de secret,
    Capturant cet instant d’un charme si discret.

    Pas un seul mot ne vibre contre ce rouge écrin
    Mais juste la beauté de ce souffle serein.
    Ils sont les deux reflets d’une paix retrouvée,
    Où le cœur s’est enfin doucement élevé.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Ruby & Lino fêtent leurs anniversaires

    Ruby & Lino fêtent leurs anniversaires

    Bon anniversaire Lino pour tes neuf ans et demi !
    Ce qui, multiplié par six donne… cinquante-sept ans.
    Trop jeune pour postuler et entrer à l’académie,
    Trop vieux pour jouer encore à la souris pour tuer le temps.

    Bon anniversaire Ruby pour une année chatoyante !
    Ce qui divisé par six donne un âge qui sourit.
    « Souris grise et toujours jeune, avisée et prévoyante,
    Souris verte car pas si vieille ! » dixit son chat bien nourri.

    Illustration Photo Sculpture Tableau de xxx.

  • La vie ailleurs

    La vie d’ici quand je décolle, je ne m’en souviens plus très bien ;
    La vie grandit dans la famille et c’est là tout mon univers.
    La vie là-bas, c’est à l’école, un plus dix cela fait combien ?
    La vie plus loin, je suis en ville, c’est déjà mon vingtième hiver.

    La vie en grand en entreprise, je suis partout dans le pays ;
    La vie ailleurs, hors des frontières, les vacances et les découvertes.
    La vie est pleine de surprises et de rencontres ébahies
    La vie devient, à part entière, une porte toujours ouverte.

    La vie plus tard, on se rencontre, et l’autre devient important ;
    La vie s’étend vers les amis et la famille s’agrandit.
    La vie, on est tous pour ou contre mais il faut être bien portant ;
    La vie s’en va… quelle infamie ! Et la lumière resplendit.

    Tableaux d’Asley Blanton sur https:www.ashleyblanton.com .

  • Le rêve du dimanche soir

    Le pire en fin d’après-midi, surtout quand on ne sait quoi faire,
    C’est de voir arriver la nuit et le blues du dimanche soir.
    Longtemps, c’est ce que je me suis dit quand j’étais happée par l’enfer
    De la routine et de l’ennui d’une vie passée au pressoir.

    Le pressoir de la société, moule de la civilisation,
    L’ordre de la sécurité, le formatage par le travail.
    Accumulation d’anxiété, le mode d’utilisation,
    Recherche de la vérité, toute une vie, vaille que vaille.

    Ne suis-je donc qu’une machine d’intelligence artificielle ;
    Programmée depuis mon enfance pour m’adapter à mon décor ?
    Vivre pour se courber l’échine pour une vie superficielle
    Et qu’ai-je à dire pour ma défense à part de naître en désaccord ?

    Heureusement l’oiseau du temps est venu me crever la bulle
    Et m’arracher au cauchemar d’une vie réglée comme une horloge.
    Je le priais depuis longtemps car je n’étais qu’un somnambule
    Attendant que sa vie démarre avant que la mort l’en déloge…

    Le réveil fut assez brutal car je n’avais pas réfléchi
    Aux conséquences de demander de changer quel qu’en soit le prix ;
    Sans doute que l’écart orbital pour quitter l’état avachi
    Où j’étais télécommandé me l’imposait sans parti pris.

    Tableaux de Margarita Chigina.

  • Au-delà des villes – 2

    Au-delà des villes - 2

    Un beau matin, plus d’atmosphère ; l’air est parti s’en voir ailleurs ;
    Les oiseaux, mis en concurrence avec nos avions, l’ont volée.
    Pour les mammifères, quelle affaire ! Mais pour les insectes railleurs
    Ce n’est que justice en l’occurrence et nous en sommes désolés.

    Pour les humains, tout va très bien… du moins pour certains profiteurs
    Qui avaient vu le vent venir … ou partir … ce qui revient au même.
    Ne me demandez pas combien coûte un litre d’air créditeur ;
    Je sentais mes vers devenir des courants d’air dans mes poèmes.

    Illustration Photo Sculpture Tableau de xxx.

  • Au-delà des villes – 1

    Au-delà des villes - 1

    Le ciel bleu au-dessus des villes est différent d’à la campagne ;
    Seulement pour s’en apercevoir, aller plus haut est essentiel
    Car un simple coup d’œil servile fait perdre bien plus que l’on gagne
    De ce qu’on pourrait entrevoir en grimpant en haut d’un gratte-ciel.

    En montant au septième ciel, je verrais la ville poussière
    Avec la ligne d’horizon présentant sa tranche d’atmosphère :
    Couleur chocolat démentiel d’un poison plénipotentiaire
    D’une pollution mise en prison dans notre pauvre planisphère.

    Illustration Photo Sculpture Tableau de xxx.

  • La sirène du sixième jour

    La sirène du sixième jour

    Tout juste avant le crépuscule clôturant le sixième jour,
    À l’insu de Dieu et ses anges, Lucifer créa la sirène.
    Il était temps ! L’astre bascule et, en cachette à contrejour,
    Lucifer put faire l’échange in extremis avec six rennes.

    N’en déplaise au Père Noël qui l’aurait si bien chapitré,
    Notre sirène put s’élancer avec son conjoint, le triton.
    Trois rennes pour Natanaël, tel était son nom attitré ;
    Trois autres pour La Beyancée, l’autre sirène baryton.

    Quand Dieu fil pleuvoir le déluge, Lucifer s’en frotta les mains ;
    Il espérait qu’alors la Terre serait livrée à ses chimères.
    Hélas Noé d’un subterfuge sauva sa famille d’humains
    Qui redevint propriétaire sur les terres comme sur les mers

    Pourtant l’écume en son abîme, où le soleil cherche son déclin,
    Garde en secret cette caresse qui se rit encore des tourments.
    Leurs voix s’élèvent, pures et sublimes, pour un destin bien plus enclin :
    Offrir au cœur cette allégresse, joie sacrée de tous les amants.

    Tableau de Hans Thoma.

  • La sirène rousse

    Sans doute est-elle expatriée de sa mer rouge originaire
    Ou de la Terre de feu australe ou plutôt des eaux boréales.
    L’hiver, sitôt rapatriée dans les mers chaudes imaginaires
    Là où ses coutumes ancestrales s’avéraient des plus idéales.

    L’intersaison, elle a le choix ; le Gulf Stream et ses courants doux,
    Les colonnes de Gibraltar ou le triangle des Bermudes.
    Pourquoi s’en fait-elle une joie ? Parce qu’elle courut le guilledou
    Avec les célèbres avatars des grands navigateurs du sud.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • Jeux de fille

    Jeux de fille

    Les jeux de filles sont des dédales pour l’esprit des garçons bruyants
    Et l’imaginaire compliqué quand ce n’est pas amphigourique.
    D’ailleurs à ce mot, ils détalent en trouvant cela ennuyant
    Et elles ont beau leur expliquer, ils resteront catégoriques.

    Heureusement il y a le sexe sinon ils auraient émigré
    Chacun au bout de la planète dans son propre pays cisgenre.
    Cependant ça reste complexe car je ne saurais dénigrer
    Que les conversations sont nettes et séparées entre les genres.

    Tableau d’Igor Tulipanov sur https:chris506.blogspot.com201608igor-tulipanov.html .

  • Le retour de l’helvète à bicyclette

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    Si notre époque traumatique voit trop de vélos électriques,
    Les cuisses perdent leurs contours et les jambes leurs belles lignes.
    Je suis sans doute nostalgique de l’influence volumétrique
    Qui font grimper mon compte-tours par les cyclistes curvilignes.

    Surtout celles qui se déhanchent debout sur la petite reine
    Et qui se penchent dans les virages sans disgrâce mais d’un joli geste.
    Heureusement tous les dimanches, je guette l’helvète sereine
    Fière de montrer avec courage cuisses, giron… et tout le reste.

    Photos de Sazanovitch.

  • Tortue qui rêve

    Tortue qui rêve

    Une tortue vivant cent ans accumulerait tant de rêves
    Que ceux-ci devraient peser lourd sur sa petite carapace.
    Si l’animal est consentant à les étaler sur la grève,
    Gageons que nous serions balourds à découvrir ce qui s’y passe.

    Car certaines tortues marines ont connu Mû et l’Atlantide
    Avec tous leurs dieux archaïques tapis encore dans leurs mémoires,
    Certaines déesses utérines dégageant des odeurs fétides
    Et des démons en mosaïque dotés des âmes les plus noires.

    Heureusement elle ne court pas les rues celle qui livrera
    Le contenu des souvenirs accumulés depuis des lustres.
    Et passé de vie à trépas, y aura-t-il un lectorat,
    Dans un très lointain avenir, avide de ces échos illustres ?

    Tableau de Sam Brown.

  • Les appartements communicants

    Dans les appartements modernes, l’isolation est primordiale ;
    Contre le froid, contre le bruit, contre les eaux, contre les voix.
    Pour éclairer votre lanterne de la manière la plus cordiale,
    Laissez-moi vous livrer le fruit qui se mûrit dans les réseaux :

    Sans doute pour raisons climatiques, l’eau courante devient envahissante,
    Remonte des canalisations et se répand dans les salons.
    Par une force énigmatique aussi vive que jaillissante,
    Toute la civilisation en reconnaît tous les jalons.

    Tableaux de Mike Worrall.

  • Les taches de douceur

    Les taches de douceur

    Les taches de rousseur toujours aussi charmantes
    Donnent l’air juvénile à celles qui en portent.
    Les taches de douceur ne sont point alarmantes
    Peut-être un peu séniles lorsque l’âge l’emporte.

    Ainsi les bleus de l’âme ou les bleus sur le corps
    N’ont pas le même ton selon qui les provoquent.
    Et les retours de flamme font toujours des records
    Lorsque les vieux croûtons s’aiment sans équivoque.

    Moi qui fais plein de vers, je n’ai pas la main verte
    Et quand j’écris en prose, c’est presque la même chose.
    Pourtant, nu comme un ver, pas d’autre découverte
    Qu’un petit ventre rose digérant mes psychoses.

    Tableau de Michel l’Artiste sur https:www.michelart.store .

  • La femmoiseau

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    Les femmes aux cervelles d’oiseaux n’existent pas dans la nature
    Sauf si ce sont les volatiles qui leurs donnent des mœurs légères,
    Comme des mouettes en réseau qui riraient des caricatures
    Que feraient les pensées futiles d’un brin de folie passagère.

    Les jouvencelles à tire-d’aile dessinées par de gros essaim
    Juste une fois n’est pas coutume pour en comprendre la raison.
    Et quand je vois les hirondelles, j’imagine alors de gros seins
    Que l’habit noir de leurs costumes soulignerait à l’horizon.

    Illustration Photo Sculpture Tableau de xxx.

  • La route de Râpa Nui

    La route de Râpa Nui

    C’est en quittant la Lémurie, en direction de l’Atlantide,
    Que les vents m’ont fait échouer sur le rivage d’un continent.
    Je me suis cru en Asturies mais des géants d’aspect splendide
    M’ont détrompé et m’ont voué aux anciens dieux prédominants.

    J’ai donc pris la route des dieux sous les yeux des géants avides
    De voir comment j’allais pouvoir me sortir de cette aventure.
    Sans doute me trouvaient-ils odieux à fixer leurs orbites vides ;
    Je les voyais s’en émouvoir par le rictus sur leurs sculptures.

    Mais sur Mû, les dieux sont muets, aveugles et sourds comme les trois singes
    Alors ça m’a laissé sans voix et ça m’aurait coupé les jambes
    Si, répondant à mon souhait, je n’avais rencontré la sphinge
    Qui m’aurait conduit sur la voie qui m’attire vers son entrejambe…

    Eh bien la sphinge, qu’on se le dise, en amour reste énigmatique
    Sur les positions en question qui n’admettent aucune réponse.
    Goûté comme une friandise, nappé d’huiles aromatiques
    Nous fîmes l’amour en suggestion de jouissances plutôt absconses.

    Tableau de Jaroslaw Jasnikowski sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201310Jaroslaw-Jasnikowski.html .

  • Panier percé

    Ceux qui sont des « paniers percés » ont en réalité aux mains
    Un trou béant comme celui qui voulait tout rendre à César.
    Car toute une enfance bercée par l’argent sacré des humains
    Ont créé dans mes paumes un huis et il n’y a là aucun hasard.

    Sans doute suis-je transparent à toutes valeurs matérielles ;
    Sans doute ai-je le cœur poreux envers les vanités humaines ;
    Sans doute, le dois-je à mes parents et leurs fautes caractérielles
    D’avoir été trop rigoureux ou trop à la p’tite semaine…

    Mais j’ai appris à mes dépens ou plutôt à mon avantage
    Que je ne reçois que le prix qui m’est calculé comme vivres.
    L’aide reçue ainsi dépend uniquement, pas davantage,
    Du nécessaire, sans parti pris, qui m’est accordé pour survivre.

    Illustrations de Piros Mercedesz.

  • Alysée Rose Paon

    Alysée Rose Paon

    Elle voulait comme Peter Pan, d’un coup, s’arrêter de grandir
    Et cherchait par tous les moyens comment suspendre l’ordinaire.
    « Tu dois porter des plumes de paon dans les cheveux pour resplendir ! »
    Lui aurait dit un citoyen d’une contrée imaginaire.

    Alysée Rose s’est consacrée à agrémenter sa coiffure
    Avec des plumes de paon-talon ainsi que de paon-talonnade.
    Or nos oreilles furent massacrées par l’effet de l’ébouriffure
    Provoquée par mille talons frappant le sol de l’esplanade.

    Tableau de Relm sur https:blog.naver.comhj860407221711028556 .

  • Alysée Rose scannée, numérisée

    Alysée Rose scannée, numérisée

    Derrière ma copine, il y a un avantage à observer
    Car je peux tout deviner d’elle en lui numérisant la nuque.
    Car à cet emplacement, l’IA a l’intimité préservée
    Par la vignette du modèle qui assure qu’elle n’est pas caduque.

    Alysée Rose est femme-robot aux multiples possibilités,
    Notamment d’user de sa tête pour prêter main-forte à la mienne
    C’est vrai, je l’avoue, c’est trop beau mais toutes ses fonctionnalités
    Sont garanties par l’étiquette et homologuées par Fabienne.

    Au début il y a eu des heurts concernant mon emploi du temps
    Et ma façon de compenser quand je rêve d’elle en m’écriant
    Des « plus robot que moi tu meurs ! » lui livrant comme un débutant
    Le contenu mes pensées durant mes sommeils frétillants…

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • En avant la musique !

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    Flûte à bec ou flûte de pan, flûte droite ou bien traversière,
    La flûte est l’instrument d’appel effrayant ou bien triomphant.
    Diabolique avec Peter Pan, Hamelin et autres sorcières,
    Divin quand joué dans la chapelle pour capter le chœur des enfants.

    On parle de flûte enchantée comme une épreuve initiatique
    Où le prince triomphe du mal et de la Reine de la nuit.
    L’histoire est maintes fois chantée dans les opéras extatiques
    Qui charment d’un effet optimal le public sans le moindre ennui.

    Mais lorsque l’ange prend sa trompette à défaut de flûte maudite
    Pour annoncer le jugement, est-ce là une bénédiction ?
    Les morts prennent la poudre d’escampette pour accourir à l’heure dite
    Réitérant le mouvement de la même malédiction.

    Tableaux de Bairam Salamov, Poen de Wijs et IA.

  • Filles de Lune

    À l’époque où l’âme des femmes restait une interrogation,
    Les Indiennes du nouveau monde en avait une sans emphase.
    Quoique les hommes jugèrent infâme une telle dérogation,
    La Lune continuait d’être ronde après chacune de ses phases.

    Alors l’homme blanc civilisé voulut convertir les païens
    En brisant totems, amulettes et manuscrits précolombiens
    Afin de les évangéliser de force et par tous les moyens
    Et remettre les pendulettes à l’heure du monde chrétien.

    Pourtant la Lune est restée ronde et ne suit pas la loi des hommes ;
    Notamment les femmes-chamanes qui en commémorent le fiasco.
    Je ne sais si Manitou gronde encore dans leurs chromosomes
    Mais nul Jésus mégalomane n’aura terni le cœur des squaws.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • Les pensées secrètes

    Les pensées secrètes

    Le mensonge n’est pas un péché mais une barrière sociale
    Qui a besoin d’amortisseurs pour sauver les bonnes manières.
    Parfois je ne peux m’empêcher de capter les idées spatiales
    Émises par les fournisseurs d’arrière-pensées cancanières.

    Dans le Top 10, les commerçants, les commerciaux et les vendeurs
    De toutes sortes et quoi qu’ils vendent leurs arguments me font bien rire.
    Mais je leur suis reconnaissant d’avoir éprouvé ma candeur
    Pour me forcer à la commande pour le meilleur et pour le pire.

    Toute la famille et les enfants sont champions pour tout déformer
    Que ce soit pour la protection ou pour sauver les apparences.
    Les parents sont les plus bluffant qui vous tiennent désinformés
    Soi-disant pour de l’affection ou par simple prépondérance.

    Les hommes politiques, hors-concours, car chez eux c’est indispensable
    Que ce soit pour faire campagne ou pour toucher des pots-de-vin.
    Et quant à leur porter secours lorsqu’ils deviennent saisissables,
    Il y a le risque qu’ils regagnent leurs anciens postes quoi qu’il advînt.

    Illustration de Sergio Aragonés.

  • La télé-auscultation

    La télé-auscultation

    Ils ont mis l’hôpital dans un panier d’achats,
    Sentez « case à cocher », Pensez « ça va ou pas »
    Cliquez pour respirer, confirmez votre état,
    Un bip pour un vaccin… mais en version « beta ».

    On te palpe par Wi-Fi, quel progrès, quel miracle !
    La douleur au menu, la tendresse en obstacle…
    Si vous toussez trop fort, le système prévient :
    « Veuillez bien vous couvrir… la vie, ça va, ça vient ! »

    Le stétho USB, serpent auscultatif,
    Écoute vos silences d’un air très productif.
    Diagnostic en trois cases dont l’une vous explique :
    « Si vous êtes vivant confirmez par un clic ! »

    Je voulais la main vraie, le regard qui rassure,
    La présence qui palpe, qui comprend mes blessures.
    Mais j’ai trouvé le truc : j’ai séduit leur IA
    Qui me fait des bisous en disant : « Ça ira ! »

    Illustration de Jim Tsinganos.

  • Dans la maison de la sirène

    Dans la maison de la sirène

    Dans la maison de la sirène, toutes les fenêtres ouvertes
    Permettent aux poissons volants d’entrer et sortir comme un chat.
    Une moquette souveraine, tapis de fleurs et d’herbe verte,
    Pas de bleuets affriolants mais d’anémones à poissons-chats.

    Et lorsqu’elle a des insomnies, elle va s’asseoir dans le couloir
    Et compte tous les poisson-scie, les poissons-clowns, les poisson-lune
    Jusqu’à vouer aux gémonies Morphée et ses faire-valoir
    Qui ne rêvent qu’avec des « Si… » dans la léthargie opportune.

    Dans la maison de la sirène, on y dort mal ; oui mais… que faire ?
    Alors elle remonte en surface pêcher pour tromper son ennui.
    Elle lance alors sa voix sereine de celle qui connaît son affaire ;
    Elle y attrape tout ce qui passe et, s’il le faut, toute la nuit.

    Illustration de Hannah Alexander sur https:x.comHannahArtwork .

  • Villa « Mon rêve » au fond des mers

    Villa « Mon rêve » au fond des mers

    Je voulais un petit pavillon afin d’y passer ma retraite
    Et j’avais choisi les hauts-fonds pensant y savourer la paix.
    Mais même ici des trublions ont tout fait pour que je regrette
    De n’pas être allé plus profond pour un silence circonspect.

    D’abord il y a ces petits cons en tenues paramilitaires
    Qui jouent à faire la police mais ce n’est pas justifié.
    Ils passent et repassent l’air abscons mais d’une allure autoritaire
    Avec en guise de peau lisse des écailles bien lubrifiées.

    Ma femme a peur – je la comprends – on dit qu’ils sont bêtes et méchants
    Et qu’ils sèment dans les coulisses l’horreur par Satan répandue.
    Et tous les jours on en apprend des échos bien effarouchant…
    Rien ne va plus dans les abysses, même les requins sont morfondus !

    Illustration de Georges Pichard sur https:lectraymond.forumactif.comt1138p125-georges-pichard-et-la-bd-pour-adultes# .