Ne languissez pas, mes amis, mais je dois partir cette nuit Où je vais parcourir le ciel à travers les constellations. Je ne vous ferai pas l’infamie de vous délaisser dans l’ennui Car le cancer providentiel fait d’excellentes prestations.
Prévoyant comme il se doit, le cancer a rassemblé Toutes les personnalités qu’il devra représenter. Il accepte qu’on le rudoie mais ne veut pas ressembler À cette banalité dont on l’a tant plaisanté.
Il transporte la Prudence, mère de la Sûreté, Avec sa sœur la Justice et son frère le Courage. Mais la cousine Impudence n’a pas été consultée ; Pour qu’un jour on aboutisse, il faut un bon entourage !
Le cancer, souvent dans la lune, a du mal à se réveiller ; Le gémeau, une fois de plus, devra le rappeler à l’ordre. « Allons, debout tu n’as aucune excuse à tant t’ensommeiller ! J’ai fait mon temps, je suis perclus et j’ai eu du fil à retordre ! »
Je ne connaissais pas son nom alors je l’appelais « Lumière » Car elle brillait comme un diamant lorsqu’elle se déshabillait. Ensemble nous nous passionnions à iriser dans la chaumière Les sentiments que deux amants, toutes les nuits, éparpillaient.
J’ai demandé à l’univers quelques étoiles et un soleil Pour mettre au cœur de ma suissesse une lumière fort opportune. Il m’a offert pour nos hivers, un garçon couleur de merveille, Pour nos étés, une princesse qui nous a décroché la lune.
Telle est la marque indélébile que la vie fixe sur ton corps Et que verra ton entourage comme une marque de fabrique. Gageons que le temps immobile signe de son plus bel accord Tout ce qui montre ton courage qui, partout sur ta peau, s’imbrique.
Si nous immergions dans nos songes toute une illusion méritée Avec de grands échassiers blancs marchant sous les fleurs de lotus ? Le premier s’appellerait « Mensonge » et le deuxième « Vérité » Et à nos problèmes troublants, ils répondraient ensemble : « motus ! »
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Pom pom pom pom, joue le gémeau qui est au seuil de son automne Car dans deux jours sont terminées ses jolies vacances d’été. Il interprète fortissimo son petit refrain monotone Afin que soit disséminé tout c’ qu’il va devoir regretter.
Je voudrais me déshabiller de cette enveloppe de poussière Pour offrir à mon âme nue la joie de se baigner d’éther En lui procurant le billet, à la vitesse de la lumière, Afin que mon cœur ingénu touche l’astral interplanétaire.
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Souvent lorsque je marche, le temps est invisible Comme si s’arrêtait la vie à contrecœur, En passant sous les arches de ce temple indicible Que mon corps s’apprêtait à offrir à mon cœur.
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Le dimanche soir, j’arrête le temps Pour éliminer toute ma paresse ; Et je vais m’asseoir en me pelotant Contre mon minet en tendres caresses.
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Tant chutera l’honnête homme qu’il en tombera dans les pommes Avec le sexe tendu pour de beaux fruits défendus. Il ne peut rester serein devant la chute de reins Et si le désir l’accule, il se peut qu’il éjacule.
S’il fallait que je me dépêche d’embrasser les jolies filles Afin que vous consentiez ma collection de baisers, La saveur de jolies pèches flatterait bien mes papilles Que je goûterais volontiers sur mes lèvres embrasées.
Et si quand j’embrasse une femme je ne réactiverais pas Toute la partie féminine qui compléterait mon génome ? Et lorsqu’elle rejoint ma flamme, est-ce qu’elle ne retrouverait pas Toute la partie masculine qui la rendrait égale à l’homme ?
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La troisième femme, c’est celle-là qui, lorsqu’elle me prend dans ses bras, Me rappelle qu’elle m’était promise depuis la création du monde. Souvent l’amour va au-delà d’un occulte abracadabra, Comme une doctrine soumise à une vérité profonde.
La deuxième femme était toujours à quelques mètres devant moi. Elle était toujours en avance quoi que j’essaie, quoi que je fasse. Cette jalousie mise au jour m’a poursuivie avec émoi Jusqu’à ce que la confiance soit notre meilleure interface.
La première femme que j’ai connue, je l’ai connue de l’intérieur, Pareille à la voix de l’hôtesse qui vous souhaite un joli voyage. Afin d’affronter l’inconnu, elle m’a poussé vers l’extérieur Et puis c’est à toute vitesse que j’ai fait mon apprentissage.
Bienvenue dans le nouveau monde où le soleil ne meurt jamais, Où vous respirerez l’amour directement dans les poumons ! Chaque instant, à chaque seconde, une nouvelle âme apparaît Qui scintillera tous les jours dans les plaines et sur les monts.
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C’est par-ici, approchez-vous, vous avez franchi l’horizon ! Désormais tout est différent de ce que vous avez connu. Il faut bien que je vous l’avoue, si la porte de la prison S’est ouverte en vous sidérant, c’est pour vous offrir l’inconnu !
Peut-être un jour découvrirai-je ce qui est derrière l’horizon ; J’y verrai alors rassemblé ce j’aurai longtemps cherché, Avant que ne se désagrège l’infime porte de prison Qui m’avait parfois bien semblé inaccessible et haut perchée.
Existe-t-il une vitesse à laquelle il faut sacrifier Toute l’énergie dépensée pour percer ce mur de frontière ? Sauf si ce n’est ma petitesse qui me force à falsifier Tous les espoirs et les pensées que j’ai lancés ma vie entière ?
Peut-être qu’aussi j’aurai peur au moment où il faudra franchir Cette ouverture qui rapetisse quand je l’approche doucement ? Peut-être qu’à toute vapeur ou en fonçant sans réfléchir, Toutes les craintes se répartissent jusqu’à en taire le moment ?
Mais il y a une opposition entre mon petit univers Et ce qui est autour de moi comme si j’étais enfermé. Alors qu’elle est ma position ? Suis-je comme un singe en hiver ? Combien partagent-ils l’émoi d’avoir peur de se transformer ?
Peut-être que la solution est de me fondre dans la mer, Prendre la forme de la Terre, me réchauffer comme un soleil ? Pas besoin de résolution ni des bons conseils de ma mère Pour me tourner vers le mystère qui règne au fond de mon sommeil !
Merde à la vie qui m’a créé un corps fragile et en colère ! Zut à maman qui m’a fait croire que le cœur se nourrit d’amour ! Crotte à papa et ses histoires qui m’ont foutu l’esprit en l’air ! Putain de Dieu tant maugréé, toi, tu ne manques pas d’humour !
Tout ma vie, j’assimile, les vérités, les mensonges. J’ai hérité de ma mère son empreinte maternelle. De mon père, j’ai six milles aventures, rêves et songes. Et de Dieu, la douce-amère foi dans une âme éternelle.
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Merci la vie qui m’a donné un corps pour goûter et sourire ! Merci maman qui m’a nourrit le cœur d’amour et d’émotions ! Merci papa qui m’a transmis un esprit toujours prêt à rire ! Quant à Dieu, je lui ai pardonné mon âme marquée de dévotions !
Par-ici la vie attirante, par-là l’aventure amoureuse, Toutes les directions me tentent mais leurs destinations me fuient. Dans cette course délirante et cette marche langoureuse, Mon cœur est toujours en attente et je ne sais plus qui je suis.
Si l’année était un voyage et chaque jour une voiture, Qu’il serait beau le paysage vu dans le wagon-restaurant, Avec votre joli visage et puis tenter une aventure En apportant tous nos bagages au wagon-lit en espérant.
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Jamais eaux ne seront plus chaudes que celles qui m’ont baigné le corps ! Jamais mon cœur n’aura l’essence perdue du sein élémentaire ! Alors quand mon esprit s’échaude à battre de nouveaux records, Mon âme retourne en enfance retrouver sa mer placentaire.
Qu’offririez-vous à la fleuriste ? Manifestement pas des fleurs, Encore moins un joli vase mais un cadeau inattendu… Peut-être un poème humoriste, un petit vers qui lui affleure Le cœur et me donne l’extase de cueillir ses fruits défendus.
J’entends chez la voisine, des bruits dans la cuisine ; J’entends dans l’escalier, des bruits sur le palier ; J’entends quand vient le soir, le bruit des balançoires.
Je vois par la fenêtre, des beautés apparaître ; Je vois par mon balcon, souvent passer les cons ; Je vois tous les matins, rentrer tôt les catins.
Je sens à travers les plinthes, des râles et des plaintes ; Je sens à travers les murs, des vertes et des pas mûres ; Je sens à travers le sol, des cris qui batifolent.
Plaise à Dieu que je goûte le temps au compte-gouttes ; Plaise à Dieu que je tâte, les voisins bonne pâte ; Plaise à Dieu qu’un jour j’aime la voisine du septième.
Sur une mer de cheveux d’or, tous ceux qui y auront navigué, Soufflés par les vents des gémeaux, feront la plus belle fournée. Le soir, quand le soleil s’endort et que les vents sont fatigués, On se chuchote à demi-mots : « Merci pour la belle journée ! »
Sur les plateaux de Winterthur vers la colline d’Eiberg, le point le plus haut de la commune, 687 m, les champs de blé dorent tranquillement sous le soleil parés de milliers de coquelicots.
D’un pas léger, ma sœur Pierrette va au marché de Saint-Germain Avec tous ses œufs disposés sur son chapeau alvéolé. Mais le soleil, sur ma sœurette, a tant chauffé sur le chemin Que les poussins ankylosés ont décidé de s’envoler.
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Si la charcutière n’a pas succombé Aux poils de charbon du joli minet, Le chat de gouttière pourra surplomber L’étal aux jambons de sa cheminée.
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Inutile de me préparer à rencontrer cet inconnu Qui surgira à l’improviste dans une autre réalité. Même si je suis désemparé et réagis en ingénu, Tout en étant relativiste, j’accepte l’éventualité.
Les voix criardes des marchandes qui présentaient sur leurs étals Et vantaient les fruits de leurs pêches aux clientes et aux passantes ! Pour moi, c’était une légende et même un moment capital D’entendre toutes ces pimbêches causer de leurs voix fracassantes.
Tableau Eugen von Blaas – Une jeune marchande de poissons.
Évidemment, trois mois d’orages font plus que force ni que rage, Mais quand le voile se défait, ça devient un conte de fées ! Alors ne perdons pas courage et profitons des pâturages, Des fruits et de tous les bienfaits de l’été qui va faire effet !
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Juste un moment d’intimité pour se raccorder au plaisir D’avoir germé dans une enceinte bercé par le bruit de sa mère. Pas de fausse timidité et redécouvrons le désir De goûter à la manne sainte qui s’écoulait des monts mammaires.
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J’ai un gros chat sur mon épaule qui vérifie ce que je lis, Ce que je dis, ce que je pense, ce que j’inspire et je respire. Concernant la fonte des pôles, le déboisement à la folie Et tout le fric qui se dépense, il m’a dit : « Ça ne peut pas être pire ! »
On dit que le premier décan donne leur énergie aux signes Qui se tempèrent au second et se laisse aller au troisième. Il n’est pas le dernier des cons, le gémeau qui a pour consigne De nous faire sortir des gonds en nous embrouillant à l’extrême.
Je n’ai rien contre les gémeaux mais j’en ai un à la maison, son fils est gémeau, mon petit-fils est gémeau, etc. Alors il faut bien que je les charrie en peu…!
Chacun dans sa boîte, chacun dans sa bulle, On vit dans son monde mais chacun pour soi. Le progrès s’emboîte, le rêve affabule L’argent est immonde et ça me déçoit.
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Semez des graines, plantez des arbres pour nourrir la population ! Je croyais ce monde sans triche puis, j’ai connu ceux qui défrichent. Ces mauvaises graines coupent les arbres parce que la surpopulation Croit devenir encore plus riche en mettant la planète en friche.
Petite sirène sous globe qui me semble à l’abri du temps Semble bien triste dans sa bulle. Qu’est ce qui peut bien la décevoir ? Sous la mer d’ennuis qui l’englobe, elle rêve du jour percutant Qui brisera sans préambule la glace de l’amour du devoir.
Elle brille de souvenirs, la ruelle de mon enfance, Où j’ai vu la vie m’offrir toutes sortes de romances. Si sombre soit l’avenir, il suffit qu’un peu d’essence D’amour vienne découvrir que, toujours, ça recommence.
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« – Tu ressembles, Monsieur l’ange, à une jolie mésange Et je t’invite à souper dès que je t’aurai découpé !
« – Fi donc ! Monsieur le gros chat, ne faites pas le goujat ! Ayez une pensée chrétienne qui, de votre faim, vous abstienne ! »
« – Que tous les saints du Bon Dieu bénissent ce délicieux Repas qui tombe du ciel et me sera substantiel ! »
« – Bon, ça suffit, Lucifer, je ne me laisserai pas faire ! Étant d’essence bénite, tu auras une péritonite ! »
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Si la littérature me met dans de beaux draps, Je m’en voudrais bordé que de belles romances. Et si c’est ma nature de lire entre vos bras, Laissez-moi déborder l’amour de ma semence.
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Pour ressembler à un canard, je me munie d’une carotte Et je marche l’air goguenard d’une manière qui m’agrée. J’écarte bien fort les panards tandis qu’en dandinant je trotte Mais en faisant gaffe aux renards qui en voudraient à mes magrets.
De peur que la pluie ne te mouille, tu devrais, jolie demoiselle, Avant que l’ondée ne te rouille, te protéger de ton ombrelle. Aujourd’hui, la fête aux grenouilles conduit l’eau du ciel qui ruisselle À te faire filer ta quenouille entre tes jambes de gazelle.
Encore une génération et toute communication Ne se fera que par machine greffée direct sur nos racines. Et nos arrière-petits-enfants seront contents et triomphants Mais ne feront plus de câlins ni de gestes tendres et malins.
Dessin Boligan et il y en a plein d’autres sur http:boligan.com
Mon âme aime à se retrouver à travers le miroir du temps Dont je retrouve les images toutes éparpillées dans mes rêves. Ainsi la vie m’aura prouvé que le décès si rebutant N’est autre qu’un nouveau voyage qui se réitère sans trêve.
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Soudain, il a pollinisé, comme cet hiver il neigeait, Et toutes les graines d’amour ont parsemé les fleurs des champs. Comme des anges féminisés dont les petites ailes s’allégeaient D’un pollen qui sonnait glamour tandis que j’entendais un chant.
Vous me croirez si vous voulez, mais cette nuit je me trouvais Dans un wagon-lit en première couché avec la fée Carabosse. J’étais complètement chamboulé tandis que la dame me prouvait Que c’était la seule manière de voyager vers Saragosse.
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