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  • Le soufflé Saint-Michel

    Le soufflé Saint-Michel

    La mère Poulard l’a bien doré, bien cuit au four comme un soufflé !
    Désormais le Mont-Saint-Michel est classé « art gastronomique » !
    Venez goûter et adorer ce qui va vous époustoufler
    Et vous faire grimper à l’échelle des délices astronomiques.

    Le Mont-Saint-Michel doré au soleil du soir 360° chaleur tournante. À déguster en faisant l’amour.

  • La chute du cancer

    La chute du cancer

    Voilà que le cancer trébuche entre les pattes du lion
    Dont la queue sous nos yeux s’agite en voyant sa chute de rein.
    Mais entre eux, il n’y a pas d’embûche et ensemble nous réconcilions
    Le feu Bélier-Lion-Sagittaire avec l’eau du cancer serein.

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  • Nouvelle Marianne

    Nouvelle Marianne

    Pour marquer un nouvel emblème, plus sexy que les précédentes,
    Et pour incarner Marianne, le choix me paraît évident :
    Si ça ne pose pas de problème à Madame la présidente,
    J’aimerais que la fée Viviane soit proposée au président.

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  • Les préparatifs du lion

    Les préparatifs du lion

    Les préparatifs vont bon train pour savourer un mois de règne ;
    Autour du soleil, les princesses s’apprêtent auprès de sa Majesté.
    Déjà on voit avec entrain de quelle ardeur elles s’imprègnent
    Et toutes sortes de promesses qu’elles s’affairent à manifester.

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  • L’arbre de vie

    L’arbre de vie

    La vie n’est qu’une illusion où chacun se croit unique
    Car l’esprit se méconnaît et croit suivre ses envies.
    La mort, cruelle désillusion, fait voler la vieille tunique
    Et l’âme nue se reconnaît comme feuille de l’arbre de vie.

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  • Le départ du cancer

    Sur le départ, il interroge les deux chevaux de son destin
    Car le cancer met à profit sa retraite pour l’avenir.
    Voyant qu’aujourd’hui se déroge sa contribution au festin,
    Tandis que son temps s’atrophie, il emballe ses souvenirs.

    Tableau de Zayasaikhan Sambuu.

  • Yin Yang

    Yin Yang

    Si je pouvais inverser le miroir nacré du temps,
    L’homme de nuit aimerait d’amour la femme du jour ;
    Et les sexes renversés échangeraient à l’instant
    Un baiser qui troquerait un adieu pour un bonjour.

    Dessin « Yin Yang » de Alphachanelling.

  • L’évaporation sévère

    L’évaporation sévère

    Tout a fondu, les vêtements, les protections, les interdits !
    Mes vers sont tous déshabillés et mes poèmes évaporés !
    Les phrases glissent lentement dans cette chaleur étourdie ;
    Tous mes fantasmes ont grillé, rôtis à point et bien dorés.

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  • Le cheval d’amour

    Le cheval d’amour

    Sais-tu qu’au fur et à mesure que tu as parcouru le monde,
    Ton cœur, comme un cheval ailé, a transporté tout ton amour ?
    Il a triomphé des brisures par toute l’ardeur vagabonde
    Dont son courage a excellé pour ta famille chaque jour.

    Tableau de Anna Silivonchik.

  • Marius et Fanny

    Marius et Fanny

    Marius :
    « Je t’aime tellement que si je te versais
    Mon pastis dans ton eau, tu en serais troublée ! »

    Fanny :
    « Vas-y fidèlement car si t’en renversais
    Dans un autre tonneau, de coups, serais criblé ! »

    Tableau de Virginie Matz.

  • L’accord du plaisir

    L’accord du plaisir

    Elle a la douceur d’une plume qui donne l’envie de coucher
    Juste une ligne entre ses jambes dans l’encre noire du désir.
    Et l’amour gonfle de volume lorsque je parviens à toucher
    La note dans son entrejambe qui pousse l’accord du plaisir.

    Dessin de Jose Blume.

  • Chat-pristi !

    Chat-pristi !

    Ferme tes mirettes, ma jolie minette.
    J’ai dans la main prise, une jolie surprise !
    Ouvre maintenant, les yeux lentement.
    Voici ma souris et toi tu sourit.

    Si tu veux, ce soir, allons nous asseoir
    Là-haut sur le toit, juste moi et toi.
    Ronronner ensemble et puis, s’il te semble
    Avoir l’appétit, ´ferons des petits.

    Tableau de Anna Silivonchik.

  • Chez Charlemagne

    Chez Charlemagne

    Qu’est donc devenu Charlemagne, roi des francs et puis empereur,
    Descendant des carolingiens, chef du Saint-Empire Romain ?
    Au Paradis chacun se magne avec entrain, avec ferveur
    Pour voir où les théologiens ont placé son rang surhumain.

    Pas du tout !

    Il s’est retiré des affaires, il a lâché prise au pouvoir,
    Trouvé dans l’arrière pays un coin pour ouvrir une auberge.
    On y connaît son savoir-faire pour vous plaire et vous émouvoir
    Et devant vos yeux ébahis, vous fait l’omelette aux asperges.

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  • Le chemin des portées

    Le chemin des portées

    Sur le chemin des portées, les cœurs sont au diapason
    Et chacun y met sa force pour soutenir la musique.
    Et l’énergie apportée nous met tous en pamoison
    Car chaque note est l’amorce d’un plaisir métaphysique.

    Tableau de Zayasaikhan Sambuu.

  • La vie perpétuelle

    La vie perpétuelle

    Il est des moments où l’essence qui perpétue la dimension
    De toute la matière animée à travers l’espace et le temps,
    Transmet à l’homme, ses connaissances ; à la femme, ses bonnes intentions ;
    Afin que le fruit arrimé suive la loi de l’existant.

    Tableau de Irina Karkabi.

  • Rêve de pétales et de plumes

    Rêve de pétales et de plumes

    D’un cœur désemparé de peines et de pleurs
    Le jeune damoiseau pour ses amours premières,
    Les rêva toutes parées de pétales de fleurs
    Et de plumes d’oiseau sur leurs corps de lumière.

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  • L’école des chats

    L’école des chats

    À l’école des chats, les souris sont nombreuses
    À servir de support aux cours d’anatomie.
    L’un de ces scélérats eut l’idée ténébreuse
    De les mettre en rapport à leur gastronomie.

    Dessin de Lazlo Tibay.

  • L’ombre jaune

    L’ombre jaune

    Sous la lumière tamisée associée à l’ombre jaune,
    Le corps montre ses parements comme une perle sur écrin.
    J’aime que l’œil soit amusé par la beauté d’une amazone,
    Dans un instant d’égarement qui ardemment mon cœur étreint.

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  • La marseillaise bleue

    La marseillaise bleue

    Allons joueurs de la patri-i-e, le jour de gloire est arrivé !
    Contre les équipes ennemi-es, la coupe du monde est levée.
    La coupe du monde est levée.
    Entendez-vous cette mouvance de cris des braves supporters
    Qui viennent des quatre coins de la Terre acclamer l’équipe de France !
    On est Champions du Monde (pom pom pom)
    Rois de la balle ronde (pom pom pom)
    Schootons, schootons, qu’un but poignant
    Fasse de nous les gagnants !

    Pas mal, n’est ce pas ? Mais continuons :

    Napoléon enfin vengé-é-e de sa retraite de Russie.
    La grande armée fort dérangé-e, ce n’était pas très réussi !
    Ce n’était pas très réussi !
    Ce sont nos anciennes colonies qui ont su laver l’infamie
    De ces russes, ces faux-amis qui bravaient la francophonie.
    Merci les africains ! (pom pom pom)
    Merci amis maliens ! (pom pom pom)
    Marquez, marquez, les angolais
    Avec les togolais !

    Image de Jeannielise.

  • L’arbre-cancer

    L’arbre-cancer

    Vois les racines qui s’enroulent autour des deux troncs père-mère
    Et qui s’enfoncent dans la terre comme un cordon ombilical.
    Un jour, tu es sorti du moule, incrusté dans l’arbre primaire,
    Comme le fruit élémentaire de la matière corticale.

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  • Les lunettes d’illusion

    Les lunettes d’illusion

    Souvent les voyages déforment l’observateur et l’observé
    Car ces lunettes d’illusion donnent une image transgressée.
    Je pense que je me transforme et que le cadre est préservé,
    Mais le tourisme en collusion laisse une planète agressée.

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  • Minuit minette

    Minuit minette

    C’est vers minuit que ma minette cherche son chaton en peluche
    En miaulant tous ses mots d’amour comme un carillon de minuit.
    Fabienne en fait une binette et met sa tête sous la capuche
    De l’oreiller non sans humour, jurant : « Combien ce chat me nuit ! »

    Histoire authentique qui se répète assez souvent mais jusqu’à présent les voisins n’ont pas réagi.

  • Les nouvelles Parques

    Les nouvelles Parques

    Les Parques ont bien évolué depuis qu’on ne croit plus aux dieux
    Et se sont bien reconverties dans les bijoux de fantaisie.
    Car les vies sont évaluées, sur des fils miséricordieux,
    Désormais en colliers sertis avec des perles d’ambroisie.

    Rappelons que les Parques étaient, dans la mythologie, les divinités maîtresses de la destinée humaine, de la naissance à la mort, généralement représentées comme des fileuses mesurant la vie des hommes et tranchant le destin.

  • Amour est musique

    Amour est musique

    Beaucoup de mes amours sont comme la musique ;
    D’abord l’introduction est puissante et profonde,
    Puis des coups de tambours battent un rythme physique,
    Enfin, la séduction du contre-ut est féconde.

    Tableau de Marlina Vera.

  • Cours de topologie

    Cours de topologie

    Il existe des surfaces courbes que l’on appelle « positives »
    Parce que la somme des angles est dépassée par ces rivales.
    Il en est d’autres un peu plus fourbes que l’on targue de « négatives »
    Car elles ont la forme d’une sangle épousant la selle d’un cheval.

    En mathématiques, la topologie est l’étude des déformations spatiales par des transformations continues notamment les surfaces et les nœuds par leurs dimensions et aussi à leurs déformations comme l’illustre le dessin ci-joint.

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  • Les origines oubliées

    Les origines oubliées

    Je connais bien tous les chemins où trône mon arbre en sa cour ;
    Autant ceux que j’ai oubliés que ceux dont j’ignore l’origine.
    C’est parce qu’aujourd’hui et demain j’en continuerai le parcours
    Jusqu’à ce qu’en soient publiés tous les récits que j’imagine.

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  • Pertes et profits

    Pertes et profits

    Qu’est-ce que perdre de l’argent ?
    Un banal déséquilibre désavantageant.
    Qu’est-ce que gagner de l’argent ?
    Un acte de pouvoir sur un tas de gens.

    Qu’est-ce que perdre son temps ?
    Un éternel recommencement.
    Qu’est-ce que gagner du temps ?
    Juste un raccourci sur longtemps.

    Qu’est-ce que perdre l’honneur ?
    Une déchéance notable, un déshonneur.
    Qu’est-ce que gagner son honneur ?
    Une évaluation du bonheur

    Qu’est-ce que perdre l’amour ?
    Une perte fatale qui arrive toujours.
    Qu’est-ce que créer l’amour ?
    C’est la nuit et le jour.

    « Perte d’argent, perte banale. Perte d’honneur, perte notable. Perte d’ardeur, perte fatale. » extrait de « La Machine à tuer » de Jack Vance.

  • Géométrie sacrée

    Géométrie sacrée

    Prends l’étalon de ton compas et joins le sein à l’asymptote
    Jusqu’au point de rebroussement du mamelon à l’aréole.
    Après, reproduis le schéma, de l’hyperbole à la litote,
    Jusqu’au plein accomplissement qui te vaudra ton auréole.

    Tableau de Ewa Ludwiczak.

  • Les germes d’étoiles

    Les germes d’étoiles

    Qui se souvient de la planète qui était un monde intérieur,
    Où chauffait doucement un cœur comme un soleil en gestation ?
    Qui se sent nourri des comètes qui portent des germes antérieurs
    Des gènes d’étoiles vainqueurs pour une nouvelle prestation ?

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  • Les beautés de l’été

    Les beautés de l’été

    L’été est aux femmes éclatantes, ce que le printemps est aux fleurs :
    La griffe artistique divine qui épanouit leurs beautés.
    Et mon cœur contre toute attente lance ses atomes qui effleurent
    En mots crochus qui se devinent tout en touches d’amour bottés.

    Tableaux de Konstantin Razumov.

  • Perdue dans les coquelicots

    Perdue dans les coquelicots

    J’ai perdu Jacqueline dans les coquelicots ;
    Elle a troublé ma vue de ses lèvres incarnates.
    Son chapeau d’opaline et son joli vélo
    Me laissent au dépourvu de sa rouge incartade.

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  • Les belles femmes croustillantes

    Les belles femmes croustillantes

    Dommage que je ne puisse goûter ces belles femmes croustillantes,
    Étalées et prêtes à croquer le long des plages rissolées.
    J’aimerais bien les égoutter de leurs tenues émoustillantes,
    Juste assez pour les provoquer, juste les faire rigoler.

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  • Casse-tête sexuel

    Casse-tête sexuel

    Les femmes savent faire mille choses, mais pourtant n’aiment qu’un seul homme !
    Les hommes n’aiment faire qu’une chose, mais savent aimer plusieurs femmes !
    Ça devient bien souvent morose d’harmoniser dans son royaume
    Ces deux énergies bleue et rose, l’une honorable et l’autre infâme.

    Aussi, mes amis, je propose, pour que ça dégage un bon arôme,
    De faire une métamorphose, alchimique, subtil amalgame :
    Que la femme ne fasse plus qu’une chose mais donne mille amours à son homme ;
    Que l’homme fasse plusieurs fois la chose quotidiennement à sa femme.

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  • Les racines bleues

    Les racines bleues

    Quand je suis en lévitation, je chevauche un grand dragon bleu
    Et je m’envole autour des pôles dans l’ivresse des courants d’air.
    Quand je suis en méditation, j’ai la trompe d’un éléphant bleu
    Qui repose sur mon épaule comme un complice légendaire.

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  • L’arbre-mère

    L’arbre-mère

    J’ai germé dans l’arbre-mère, à l’abri dans mon cocon,
    Relié à l’univers par ses racines profondes.
    Des lumières éphémères ont bercé mon cœur fécond
    Et après passé l’hiver, j’ai émergé dans ce monde.

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  • La décal-chat-comanie

    La décal-chat-comanie

    Mon chat se cache dans l’armoire dès qu’il entend quelqu’un sonner ;
    Il explore chaque étagère, les plus moelleuses, les plus profondes.
    Mes vêtements, à sa mémoire, de tous ses poils sont jalonnés
    Et je crois bien qu’il exagère pour que mes habits s’en morfondent.

    C’est malheureusement une histoire vraie et je suis obligé de lui concéder le rez-de-chaussée de mon armoire mais, périodiquement, jeans, sweat-shirts et pulls sont constellés de ses poils.

  • Le prince des étoiles

    Le prince des étoiles

    Jamais je ne saurai les règles qui régissent le cœur des étoiles
    Mais je sais qu’elles m’ont construit pour m’élever comme un levain.
    C’est pourquoi l’esprit est espiègle à chercher à lever les voiles
    Tandis que mon âme m’instruit à me connecter au divin.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Boulevard des amis

    Boulevard des amis

    Boulevard des amis, j’habite et, dans chacune des maisons,
    Je n’ai pas besoin de frapper ; les portes sont toujours ouvertes.
    J’y fait bouillir quelques marmites avec des rimes de saison
    Du fromage de vers râpé et la bouteille toujours offerte.

    Tableau de Larisa Aukon.

  • Au bord de la mère

    Au bord de la mère

    Ici, juste au bord de la mer, j’aime m’enivrer des embruns.
    Ici, juste au bord de l’amère saveur des vents du souvenir.
    Ici, juste au bord de la mère, le nez dans son corsage brun
    Pour un agrément éphémère qui présage un bel avenir.

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  • Mon petit village

    Mon petit village

    Ma vie est comme un petit village où chaque année j’y ai construit
    Plusieurs maisons pour les amours et parfois à rebrousse-poil.
    Ma vie est un apprentissage qui inlassablement m’instruit
    Et quand la nuit couvre le jour, les amis brillent comme des étoiles.

    Tableau de Larisa Aukon.

  • L’arbre aux fleurs

    L’arbre aux fleurs

    Un jour, tous les feux d’artifices qui animent les festivals
    Engendrent avec de la musique des centaines d’enfants floraux.
    Voyez les arbres du solstice qui, sous le soleil estival,
    Portent les fruits métaphysiques bercés sous les chants pastoraux.

    Tableau de Juan Romero.

  • L’arbre aux caméléons

    L’arbre aux caméléons

    Toute une année, c’est comme un arbre ; les grosses branches sont les mois,
    Toutes les feuilles sont les jours, et chaque jour, une couleur.
    Plein de caméléons de marbre, immobiles frères siamois,
    Selon la valeur de l’amour expriment la joie ou la douleur.

    Tableau de Juan Romero.

  • L’arbre aux oiseaux

    L’arbre aux oiseaux

    Sur les trois cent soixante-cinq branches de l’arbre qui marque l’année,
    Des oiseaux aux tons chatoyants marquent l’humeur de la journée.
    Ainsi du lundi au dimanche, ils offrent une miscellanée
    De jours joyeux ou larmoyants, selon l’humour de la fournée.

    Tableau de Juan Romero.

  • Le message d’éternité

    Le message d’éternité

    J’aimerais m’écrire un message, printemps-été-automne-hiver,
    Que je lirais après ma vie, que je lirais après ma mort,
    Que je lirais dans un autre âge ou bien dans un autre univers,
    Enfin si mon âme survit à mon corps comme un oxymore.

    J’y collerais tous les fragments de mon passé, de mon présent,
    De mon futur, évidemment et du temps où je ne suis plus.
    Des bouts de phrase, des segments, des extraits pas trop déplaisants,
    Tout ce qui peut incidemment me rappeler ce qui m’a plu.

    Bien sûr, il y aurait tous les romans d’amour, d’histoires et d’aventures,
    Les meilleurs dont j’ai souvenance et même ceux que j’ai perdus.
    De la musique, des bons moments lorsqu’on partait tous en voiture,
    Quand c’était le temps des vacances et de la jeunesse éperdue.

    Et puis un jour, Dieu seul sait quand, une comète viendra frapper
    Ces souvenirs enregistrés ; et la poussière des étoiles
    Donnera vie, en impliquant toutes ces mémoires rattrapées
    Qui, en périodes chapitrées, des mystères, lèvera le voile.

    Si je réfléchis en instant, je suis peut-être en ce moment
    En train de lire cette histoire d’un autre temps, d’un autre espace.
    La seule preuve l’attestant, je ne sais pas vraiment comment,
    Du fond de mon cœur, c’est notoire, je crois que c’est ce qui se passe.

    Tableau de Fabienne Barbier

  • Les paysages emphatiques

    Les paysages emphatiques

    J’aime ces histoires champêtres comme les écrivait George Sand
    Quand elle mettait les paysans au rang de héros empathiques.
    Ô combien j’aime me repaître de ces récits qui me transcendent,
    Me font le cœur poétisant sur ses sentiments emphatiques.

    (Empathique : capacité de s’identifier à autrui dans ce qu’il ressent.
    Emphatique : grandiloquent, un peu pompeux.)

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  • Sur une route de provence

    Sur une route de provence

    Sur une route de Provence,
    Les deux senteurs qui se mélangent,
    Fleurs de lavande, grains de muscat
    Et la lavande entre deux draps,
    Dans un sachet tout provençal
    Et le muscat dans la corbeille
    Au beau milieu de la desserte.
    Ou pourquoi pas au fond d’un verre ?
    Pour le gâteau après la messe,
    Les deux senteurs qui se mélangent
    Dans un vieux mas de la Provence.

    (Tableau de Lucos ARNO – Huile format 30×30 cm sur papier « figueras »de Canson. »Soir de Provence.
    Texte de Henriette Berge – « Sur une route de lavande et de vin… » René Char.)

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  • Les couleurs endormies

    Les couleurs endormies

    Les couleurs sont bien déformées dans ma mémoire quand je tente
    De revoir les vieilles images consignées dans mes souvenirs.
    Les teintes sont chloroformées et quand je les pense constantes
    Elles ne sont plus que le gommage qui peu à peu se voit ternir.

    J’ai pris cette photo l’année dernière dans la forêt d’Eschenberg et Google s’est amusé à me la coloniser différemment. Ça m’a fait penser que les couleurs que je crois enregistrées fidèlement dans ma mémoire sont souvent fausses lorsque je revois de vieilles photos de voiture verte que je voyais grise, de noire que je pensais bleue… jusqu’à même me tromper dans des répliques de films célèbres que je croyais retenues par cœur…

  • Les onze échos

    Les onze échos

    Femme chamane, de ton tambour, tu préviens partout à la ronde
    La bienvenue que tu me fais par les coups que tu énumères :
    Onze échos sonnés à rebours comme mon départ dans ce monde
    Où je vais vivre de bienfaits à tes côtés, ma tendre mère.

    Tableau de Anne-Marie Zilberman.

  • Les confessions secrètes

    Les confessions secrètes

    « Oui, nous formons une organisation réactionnaire, secrète, maléfique. Nous possédons des agents partout. Nous connaissons mille procédés pour décourager la recherche, saboter les expériences, fausser les renseignements…
    Cependant, permettez-moi de répondre maintenant à quelques questions et accusations qui nous viennent souvent aux oreilles. Les membres du gouvernement jouissent-ils de la richesse, des privilèges, de la puissance, sont-ils dispensés d’obéir aux lois ? L’honnêteté nous oblige à répondre : oui, à des degrés divers qui dépendent des circonstances et des contingences. Dans ce cas, le gouvernement serait un groupe fermé, limité ? En aucune sorte. Nous nous considérons, évidemment, comme une élite intellectuelle. Mais nos portes sont ouvertes à tous, bien que peu d’élus puissent les franchir.
    Notre politique ? Plutôt simple. L’ère économique a mis une arme terrible entre les mains des mégalomanes qui se trouvent dans notre sein. Il existe d’autres connaissances qui, si elles étaient mises à leur disposition, pourraient leur assurer un pouvoir tyrannique. C’est pourquoi nous contrôlons la dissémination de la connaissance.
    On nous stigmatise du nom de « divinités auto-sacralisées » ; on nous accuse de pédantisme, de conspiration, de condescendance, d’arrogance, d’être obstinément persuadés de notre bon droit. Ce sont là les moindres critiques qu’on nous adresse. On nous traite d’insupportables paternalistes et, dans le même temps, on nous reproche de nous désintéresser des affaires humaines.
    Pourquoi n’utilisons-nous pas notre influence à soulager la peine des hommes, à prolonger leur vie ? Pourquoi affectons-nous de nous retirer sur un plan supérieur ? Pourquoi ne transformons-nous pas l’habitat humain en un royaume de bonheur, alors que nous possédons les moyens d’y parvenir ?
    La réponse est simple – et peut-être décevante. Nous pensons que ce sont là de faux biens ; que la paix et la satiété sont synonymes de mort. Malgré sa brutalité et ses excès de cruauté, nous envions à l’humanité archaïque ses expériences ardentes. Nous prétendons que la récompense après l’effort, le triomphe après l’adversité, l’accomplissement d’un projet longuement poursuivi, procurent plus de satisfaction qu’une prébende nutritive puisée à la mamelle d’un gouvernement bonasse. »

    Extrait d’une allocution de Madian Carbuke, politicien imaginaire issu du roman « le Prince des étoiles » de Jack Vance. Tous ceux qui ont cru à la confession d’un ministre de notre gouvernement pourraient être classés comme activistes, fatalistes et alarmistes. Et moi, un petit farceur.

  • La boule de cristal

    La boule de cristal

    Dans cette boule de cristal que la Terre replie sur la mer,
    Je vois s’écrire dans les vagues tant de paroles éphémères
    Qui semblent tellement distales, qu’elles s’étalent, douces-amères
    Telles des ondes qui divaguent et qui ne sont que des chimères.

    Distal : qui est le plus éloigné de la personne qui parle.