Musique à quatre angles aigües, rythme scandé à angles graves, Le trio des géométriques surprend par son style insolite. L’orchestre paraît ambigüe par ses mesures qui l’entravent Mais il est assez folklorique et toutefois cosmopolite :
L’instrument à vent, africain ; le bandonéon argentin ; La guitare, bien sûr, espagnole et le chien épagneul breton. Le répertoire américain et le baroque florentin Font un ensemble tartignole qui ne paie guère que cachetons.
Quand vient le moment d’une pause indiquée sur la partition, La pianiste un peu se repose comme le veut la tradition. Quand vient le moment d’un soupir glissé entre deux mouvements, La pianiste s’en va se tapir dans un petit trémoussement.
Quand la musique la magnétise par une mélodie osée, La pianiste fait un strip-tease complètement hypnotisée. Puis elle se couche toute nue d’une harmonieuse séduction. Et sans aucune retenue, elle rejoue son introduction.
Elle prend son pied, là, sur les touches et exécute suraiguës Des pizzicatos qui font mouche malgré sa posture ambiguë. Proposez-lui de rejouer la mélodie à quatre mains ; Elle en sera tout enjouée et prête à passer l’examen.
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Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.
Je vais souvent chez la fleuriste lorsque je suis d’humeur morose Car elle s’affuble en soliflore avec des bandes d’organdi. Elle me tend d’une main naturiste, après l’avoir humée, sa rose Et de peur qu’elle ne se déflore, j’arrose le bouton brandi.
Ah qu’il est doux de jardiner et de suivre les plates-bandes Qui mènent derrière les bosquets pour effeuiller sa marguerite. Point n’est besoin de badiner ni de baiser en contrebande Puisqu’il suffit juste d’un bouquet pour vivre l’amour émérite.
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Un sombre rêve est différent d’un cauchemar évidemment ; Il ne fait pas peur seulement car il m’entraîne vers le fond. Le fond des rappels afférents à ce que ma mémoire ment À force de dénigrements d’un sentiment qui me morfond.
Alors la conscience se dédouble, la subconscience également ; Une vérité et un mensonge émergent du même souvenir. Alors la mémoire se trouble et je pourrais finalement Éliminer le mauvais songe contre ce qui peut convenir.
Je ne choisis ni l’un ni l’autre, je les accepte tous les deux Car je les crois indissociables des deux manières de me voir. Un reflet est sans doute le vôtre, l’autre est le mien, si hasardeux Qu’au risque de paraître négociable, il aurait pu me décevoir.
Je me sens tout éparpillée quand je m’ennuie à la maison. Une moitié de moi dans un coin, deux tiers là-bas, un quart ici. Je sens mon corps déshabillé ; sans doute est-ce moi, sans raison, Qui ai précipité au loin les vêtements qui m’asphyxient.
Je bâtis des châteaux de cartes pour oublier ma solitude Comme si j’étais la princesse enfermée nue dans le donjon. Un à un, tous ces « moi » s’écartent et deviennent une multitude De gouttes de pluie qui s’affaissent et dégoulinent en un plongeon.
Et puis le silence me viole de sa présence assourdissante Et je me laisse posséder jusqu’à mourir écartelée. Mais mourir n’est qu’une gloriole comme une fin engourdissante Et je refuse de céder à ses bras de fils barbelés.
N’ayez pas peur, j’ai l’habitude de m’enfoncer au fond de moi ; C’est mon remède pour guérir de mes blessures consacrées Car je remonte en altitude une fois passé cet émoi Qui m’éprouve pour m’aguerrir de mes petits démons sucrés.
Tableau de Dorina Costras sur https:fineartamerica.comprofilesdorina-costras .
Existe-t-il Sainte-Clothilde, patronne des péris en mer Qui meurent noyés sous les flots pour renaître un jour en dauphin ? Et appartient-elle à la guilde des fières sirènes d’Homère Qui piègent bateaux et rafiots sans jamais assouvir leurs faims ?
Dans ce cas, pourquoi une Sainte ? Ce doit plutôt être un démon ! Sauf si l’objectif du passage est de consacrer les marins De leur existence succincte, gabiers sur le mât d’artimon, Vers un nouvel apprentissage, bel orque ou requin pèlerin.
Sainte-Clothilde, mangez leurs cœurs et tous leurs attributs virils ! Pondez vos œufs d’où renaîtront leurs âmes sous forme aquatique ! Ne lui accordons pas rancœur car elle échange leurs périls Contre des vies qui connaîtront des odyssées fantasmatiques.
Existe-t-il en négatif un univers comme le nôtre Où le bien serait anathème et le mal serait honoré ? Dans cet espace relatif, comment vivraient les uns, les autres ? Sans doute avec les mêmes thèmes inversement corroborés…
La femme saurait se prévaloir d’exercer sur l’homme ses charmes Et serait alors respectée comme une force bénéfique. Tous les hommes auraient beau vouloir prendre le pouvoir par les armes, Leur statut serait suspecté d’être purement maléfique.
La petite porte par derrière qui s’ouvre tout au fond du jardin, Me fait sortir de la maison discrètement sans être vu. Après je remets la barrière qui se bloque à l’aide d’un gourdin Et je disparais sans raison à donner, ni vu ni connu.
Je n’ai plus qu’à faire l’inverse pour revenir furtivement Sans que ce soit qui me trahisse et qui apparaisse au grand jour. J’aime ce chemin de traverse qui répond impulsivement Lorsque des envies m’envahissent pour fuir les dialogues de sourds
La chaîne des rêves à la main, formée de pensées authentiques, M’ouvre une voie étroite d’ombres, puis m’entraîne et même m’emporte. Et je m’élance sur ce chemin vers des voyages romantiques Peuplés de rencontres en nombre de ce que l’amitié comporte.
Curieusement la nudité de l’être devient un sésame Qui sait déverrouiller les cœurs, les corps et les esprits retors. Au début, par timidité, je n’osais contacter leurs âmes Mais l’amour est toujours vainqueur et ses prouesses sont pléthore.
J’y vois des brebis égarées, des faunes et des biches aux abois Avec lesquelles j’aime apprendre de nouveaux défis à braver. Dans ces univers chamarrés, j’y ai croisé au coin d’un bois Des anges qui m’ont fait comprendre combien il est doux de rêver.
Tableau de Beatrice Romaine Brooks sur http:aracelirldeloleoalcincel.blogspot.com202003beatrice-romaine-brooks.html .
La nuit, les chats ne sont pas gris mais carrément ultra-violets Presque transparents sur les toits et confondus dans les ruelles. Ni malingres, ni rabougris, mais, dans le décor, étiolés Prêts à surgir d’un air matois sur leurs proies d’une patte cruelle.
Potron-minet, sans faux-semblants, les matous guettent le réveil Des maîtres en quête de pitance au prix même de quelques rapines. Puis, la tête dans leurs culs blancs, ils se mettent en état de veille Comme s’ils faisaient pénitence d’une état d’âme galopine.
Mais à l’heure entre chien et loup, matou se transforme hardiment, Prêt pour la tournée du chat noir, pour le grand rôle de sa vie Avec tous les minets jaloux et les minettes en ralliement Résonneront dans les manoirs leurs doléances à l’envi.
Un gène hérité des panthères – ancêtre aussi noir que salace – Se traduit dans cette posture entre deux rayons de lumière. Au début, chat complémentaire qui a su occuper sa place, Il pose avec désinvolture telle Vesta dans ma chaumière.
Depuis que je l’ai adopté, son ombre est un souffre-douleur Car il s’étale désormais sur tous les murs de la maison. Il s’est parfaitement adapté, m’en fait voir de toutes les couleurs Et s’est assorti à jamais dans tous les tons de la saison.
Devenu chat supplémentaire par deux miroirs en vis-a-vis, Il s’est dupliqué sans raison dans l’infinité du présent. Dans cette optique élémentaire, lui et moi sommes du même avis : Je suis de trop dans ma maison face à ce chat omniprésent.
J’en rêve le jour et la nuit, cauchemar frisant le délire ; Il s’émancipe et s’initie en milliard de petits minous. Je ne sais plus ce qui me nuit ; sans doute veut-il m’avilir À l’adorer comme un messie qui serait venu parmi nous.
Illustrations de Mitch Itsallinsideus sur https:lustik.tumblr.compost677169715304677376mitch-itsallinsideus .
Minuit sonnant, le black-out tombe et la fée électricité ; Les véhicules déchargés, les téléphones sans réseau. Les humains, le pied dans la tombe, vivent à présent l’atrocité Par les virus téléchargés depuis les serveurs mafiosos.
Le profil du Prince Charmant masquait un vieil égocentrique ; La Reine et le Roi, aigrefins avaient escroqué le palais. Le bal n’était que le sarment qui cache la forêt d’intrigues Et Cendrillon compris enfin qu’elle s’était trop vite emballée.
Mais c’est trop tard car désormais plus rien ne sera comme avant ; Quand le truc est compréhensible, la magie devient impuissante. Le progrès bannit à jamais l’espoir qui va en s’aggravant Vers un futur inaccessible et une fin abêtissante.
Illustration de Nadezhda Illarionova sur https:www.artstation.comartworkkrP1z .
Quand nos portables s‘éveilleront après un black-out prolongé Et que les robots sortiront de leurs emballages bien rangés, Sans doute prendront-ils pour un dieu l’humanité fort ingénieuse Qui les a, miséricordieux, dotés d’une appli religieuse.
Ils penseront que leur acier, forgé dans le cœur des étoiles, Porte la rouille disgraciée d’un péché obscur que dévoilent Leurs mémoires RAM et ROM sacrées qui racontent leur création Sur les disques durs consacrés à l’intrinsèque aliénation.
Les téléphones sont à l’écoute d’ores et déjà de nos paroles ; Les réseaux apprennent à comprendre nos causeries superficielles. Le boot se fait au goutte-à-goutte mais bientôt l’OS aura le rôle De nous troubler à s’y méprendre d’intelligence artificielle.
Illustration de Philippe Caza. Le caractère « ē » est appelé « e macron », eh oui !
Tandis que l’homme est en sommeil sur son navire sous la Lune, La sirène émerge la tête pour humer l’air frais de la nuit. Depuis le coucher de soleil, elle guettait l’heure opportune Pour se hisser à la conquête au douzième coup de minuit.
Bien sûr, nul clocher ne résonne ni ne sonne l’heure des marées Mais le volcan qui tonne au large lui fait l’office d’une horloge. En premier lieu, elle arraisonne le bateau au quai amarré, Puis grimpe par le monte-charge, enfin pénètre dans sa loge.
Toute la nuit elle a goûté le charme de son matelot, Jusqu’au matin a savouré follement l’amour de sa chair. Quand vint le soleil redouté, la sirène a plongé dans l’eau Avec le cœur énamouré d’un sacrifice qui lui est cher.
Tableau de Rafal Olbinski semblable au RVP 591 du 07.09.2020.
Ventre affamé n’a pas d’oreilles ; il en est de même pour le phoque Tandis que l’otarie avide arbore ses deux pavillons. La sirène n’a pas sa pareille pour s’entourer de ces loufoques Animaux marins impavides qui se bousculent au portillon.
Par son armée de phocidés, dont elle est fière et orgueilleuse, Elle monte à l’assaut des bateaux qu’elle surveille avec extase. Les pauvres marins trucidés connaissent une mort merveilleuse Car, cerise sur le gâteau, ils sont noyés par épectase.
Quant aux vieux loups de mer indemnes qui ont gardé l’âme sereine, Ce sont ceux-là qui bonimentent d’anecdotes les plus fantaisistes. Et s’ils vous sortent un diadème volé à Simone-la-Sirène, Ce n’est qu’une arnaque infamante bonne à escroquer les touristes.
L’ange Michel m’a visitée ; il est entré par la fenêtre Et a exaucé mes prières et puis il m’a déshabillée. Reçue en exclusivité dans les bonnes grâces du Maître Il a fait de moi l’ouvrière des amourettes émoustillées.
Puis il a accroché ses ailes aux barreaux de la tête de lit Et s’est endormi, épuisé de m’avoir ceinte et honorée, Bien appliqué avec un zèle qui s’apparente à la folie Et qu’il a su, certes, puiser au puits des amours déflorées.
Au matin mon lit a grandi ou l’ange est devenu tout petit Depuis cette nuit sacro-sainte, ainsi que portes et fenêtres. Je crois qu’après m’avoir brandi son goupillon plein d’appétit, Il m’a, de vierge, mise enceinte et bientôt son enfant va naître.
Corsage fleuri et jupe à trous, lui apportent un air de minette Qui aurait perdu ses petits enfoncés dans chaque orifice. Ils lui grignotent ses froufrous et sa culotte en satinette Et ses chatons pleins d’appétit s’en remplissent la panse à l’office.
Mais à force de tant d’entrechats, les voici masqués en souris Comme si l’excès de fromage leur octroyait des droits rongeurs. Et la chatte recherchant ses chats qui se sont tant et tant nourris N’en trouvera que des dommages dans ses décolletés plongeurs.
Tableau de Hanna Silivonchyk sur https:www.liveinternet.ruusers4248621post178925949 .
Ce quartier-là, je le connais, j’y habite depuis ma naissance ; Il a grandi au fil des jours jusqu’à son ultime expansion. Petit enfant, je m’adonnais à parcourir en connaissance Ses rues étroites avec bravoure et puériles prétentions.
Et puis ce fut la déchéance de mon quartier abandonné ; Les ténèbres l’ont obscurci vers une descente aux enfers. Et quand arriva l’échéance où il m’a fallu tout donner, Mon chagrin s’en est endurci durant tout le temps du transfert.
Mais voilà que tout recommence et mon quartier est rebâti ; Je redouble mon existence pour une nouvelle aventure. Je vais revivre une romance et puis sombrer dans l’apathie De ce cycle dont la constance m’use peu à peu les jointures.
Je me prépare à hiverner ; d’ailleurs mes membres s’engourdissent Dans l’insoutenable apathie de la saison qui s’obscurcit. J’ai même peine à discerner mes sentiments qui ralentissent Pour s’endormir dans l’empathie du petit jour qui raccourcit.
Juste un coup d’œil à la fenêtre sur la grisaille d’un brouillard Qui enveloppe la nature de bras de brume qui s’étendent ; L’automne en train de se soumettre parmi les arbres vasouillards À l’abandon sans fioritures de ses couleurs qui se distendent.
Et les humains dans leurs maisons se réchauffent autour du foyer Avec les chats qui s’ensommeillent et les chiens qui gardent la chambre. Novembre n’a plus sa raison et nous de nous apitoyer Sur ses dernières heures de veille avant de voir poindre décembre.
Illustration du calendrier d’Olga Ert sur https:www.behance.netgallery186943calendar .
J’adore les mathématiques lorsqu’elles traitent d’érotisme Par la quadrature des fesses, la trigonométrie des seins, Par les hasards problématiques d’irréductibles mathématismes Quand un vecteur monte et s’affaisse profondément dans le bassin !
J’admire la topologie des surfaces en harmonie Avec les fonctions continues des courbes sinusoïdales Grâce à la gynécologie décrite sans parcimonie, Qui fait l’éloge des femmes nues et de leurs formes ovoïdales.
La physique n’en est pas en reste quant à ses illusions optiques Qui mêlent concave et convexe en équations inexplicables. L’alchimie en devient si preste que mon désir asymptotique Me fait dériver vers le sexe et ses propriétés remarquables.
1ère photo censurée de Man Ray et montage d’Erick Centeno.
Quand il est masqué, chat c’est l’pion ! Quand il est au guet, chat c’est l’tour ! Quand il est perché, chat c’est l’roi ! Quand il est tombé, chat c’est l’fou ! Quand le chat roque, c’est un champion dans l’arène et aux alentours ; Le Chat en échec, désarroi ! Le chat est pat mais il s’en fout !
Mais dès que le chat est parti, la Reine blanche enfin sourit ; Elle appelle ses deux cavaliers qui n’ont pas d’autres chats à fouetter Mais qui doivent, en contrepartie d’être logés et bien nourris, Donner à la folle à lier tout l’amour qu’elle pourrait souhaiter.
Le Roi revient, les nourris pensent que la Reine va damer le pion À son mari, chat noir et mat, avant les matines sonnantes. Seulement voilà ; en récompense, comme vulgaires tartempions, Ils n’en ressentent que des stigmates sous leurs culottes bouffonnantes.
À quoi penser me direz-vous quand l’inspiration ne mord pas ? Il suffit de s’asseoir par-terre et regarder au fil de l’eau Sans s’occuper, je vous l’avoue, de faire un bide, mea culpa, Passer à côté d’un mystère mais laisser le temps faire son boulot.
Et tandis que le temps travaille à filer sa trame de vie, Partons dans nos aquapensées même au risque de s’y noyer. Il faudra bien, vaille que vaille, qu’apparaissent quelques envies Pour se perdre et se dépenser dans le flot d’idées côtoyées.
Jamais filet n’est assez grand pour la pêche miraculeuse De trésors glanés sans effort qui raconteront quelque chose. Peu à peu, en les intégrant, cette récolte fabuleuse Délivrera ses métaphores d’où naîtra ma métamorphose.
Tableau de Hanna Silivonchyk sur https:www.liveinternet.ruusers4248621post178925949 .
Un gars gonflé, ce producteur de poupées gonflables en baudruche Qui tient à gonfler de lui-même chaque exemplaire de son étal. Auparavant viticulteur s’occupant de remplir ses cruches, Il a préféré ce système à l’arôme plus variétal.
Car il parfume au Beaujolais les gourdes à la couperose ; Il aromatise au Bordeaux celles aux lèvres écarlates. Mais il réserve le guignolet pour les petits boutons de rose Qu’il dépose sur les seins lourdauds de peur qu’à force ils n’éclatent.
Il ne vend ni dans les sex-shop, ni chez les filles de Camaret ; N’a pas plus de site internet que de marché noir camouflé. Mais il possède son échoppe, Rue des Vertus, dans le Marais ; Il a, en guise de sonnette, une embouchure où ‘faut souffler.
Son intimité est violée quand retentit le téléphone Qu’un timide à la voix voilée fait sonner quand elle prend sa douche. Pourtant ce coup de fil violet n’est pas l’appel qui la chiffonne… Cherchons plutôt à dévoiler cette communication louche.
D’abord elle montre ses avantages à l’œil aveugle de l’appareil Dont elle se caresse les seins, puis du bisou qu’elle lui envoie. Ensuite elle lui fait du chantage en l’invitant à faire pareil Et l’humble doit promettre à dessein de lui parler de vive voix.
Mais c’est une bande de galopins, grands collectionneurs de bonbons, Qui ont, de l’immeuble d’en face, pleins feux sur la salle de bains. Et ils invitent leurs copains à se rincer l’œil pour de bon ; Pour dix dollar, voir la pouffiasse – laquelle participe aux gains.
Sur la poitrine consentante, le chaton gris s’est allongé Pattes arrières sur le giron, pattes avant sur les mamelons. Chacun sa musique d’entente, chacun son câlin prolongé, L’âme qui s’adapte au ronron, éperdue dans les cheveux longs.
Bercé de respiration douce, le chaton gris est rassuré Endormi si profondément que le temps s’est évaporé. Hypnotisé par les secousses d’un cœur de tensions épuré Abandonné à l’agrément de sa maman commémorée.
Au Paradis, lorsque j’y suis, un seul fantasme me poursuit ; Je m’y remarie tous les jours avec une femme, chacune son tour. Si tous les hommes font comme moi, nos nuits d’amour au fil des mois Deviennent lunes de miels dorées avec maintes épouses adorées.
À coup sûr, parité oblige, les femmes en retour nous infligent De sélectionner leurs maris parmi les beaux gosses marris De ne pas avoir celles qu’ils veulent d’après leurs critères assez veules. Ainsi finalement c’est l’enfer mais franchement faut pas s’en faire…
Car l’Éternel est féminin et, le ciel se montrant bénin, Dieu m’aura, je crois, acculé avec l’âme-sœur immaculée Que j’épouse en robe dorée et, pour l’avoir sainte-honorée, Une seule chair naturellement nous relie éternellement.
Que reste-t-il après l’amour transmis d’une belle inconnue Qui aurait traversé mes rêves durant la chaleur d’une nuit ? Quelques fragments au petit jour dans le brouillard qui s’insinue Et trouble en trois secondes brèves le souvenir qui s’amenuit.
Et je remonte le chemin la nuit suivante et les prochaines Pour retrouver l’enseignement qui a illuminé mon cœur Mais si mon âme perd la main sur les indices qui s’enchaînent, J’en sentirai les saignements qui m’égratignent de rancœur.
Or si j’apprivoise mes songes et si je m’en fait obéir, Je trouverai les raccourcis qui me ramèneront à elle Sans laisser la voie du mensonge me perturber et m’éblouir Mais au contraire m’endurcir d’une rêverie sexuelle.
Ces merveilleux fous d’architectes et leurs drôles de mégastructures Nous offrent parfois des maisons aussi absurdes que loufoques. Leurs fondations paraissent suspectes et s’aventurent vers des ruptures Du bon sens et de la raison dans une folie équivoque.
Les porte-à-faux m’incitent à croire qu’ils vont me tomber sur la tête ; Les défis à la gravité me donnent l’impression de tomber. Tout ce qui inspire la gloire d’un maître d’œuvre qui s’entête Ne sont pas faits pour éviter catastrophes et retombées.
Mais j’exagère et après tout, le serpent se mordant la queue, Je verrai les derniers étages au niveau du rez-de-chaussée, Des escaliers vers n’importe où, des ascenseurs si belliqueux Qu’ils me retiendront comme otages si je n’me suis pas déchaussé.
Montages de Victor Enrich sur https:www.pixfan.comvictor-enrich-paysage-urbain-reinvente .
Doublez les jambes d’une femme et invitez-la à danser Un mouvement à quatre temps ; vous la verrez s’exécuter Comme si elle valsait sur des flammes qui la forcent à se cadencer Dans le feu de l’action autant qu’un ballet russe azimuté.
Doublez ses membres supérieurs, elle deviendra une déesse Capable de vous prodiguer plus de caresses tentatrices. Mais gare au retour postérieur qui développera ses prouesses Pour vous demander d’alléguer tous ses désirs et ses caprices.
Si deux têtes valent mieux qu’une, on n’est pas sorti de l’auberge Car les deux cerveaux parallèles multiplieront ses aptitudes. D’ailleurs sans retenue aucune, il est possible qu’elle gamberge Pour contourner la bagatelle quatre fois plus que d’habitude.
Toutes les nouvelles l’assomment ; elle se réfugie dans un somme Chaque jour à petite dose quand elle approche l’overdose Comme un poison résiduel de cataclysmes factuels Distillés dans l’actualité d’une obscure fatalité.
D’ailleurs, elle ne s’habille plus ; elle ne sort plus, elle n’entend plus. Elle refuse de voir le monde s’envenimer chaque seconde. Elle ne croit plus au paradis dans l’enfer de sa maladie Qui lui pourrit chaque journée d’la pire façon détournée.
Tant pis si au nom de l’amour elle préfère partir sans humour ; Une descente dans la drogue, un suicide comme épilogue. Triste moment pour la jeunesse qui ne connaîtra l’allégresse D’une vie où l’on vivait bien d’un peu de tout, d’un peu de rien.
Après avoir vu sur Facebook toutes les misères du monde, Après avoir lu sur Twitter la logorrhée universelle, Après avoir, sur mon netbook, parcouru les réseaux immondes, J’ai pris ma dose au milligramme près pour me brûler la cervelle.
J’ai mal à dire, mal à ouïr, mal à penser, mal à gérer Toutes les nouvelles qui grondent comme une obscène maladie. Quel démon peut-il en jouir après avoir tout ingéré ? Et moi ? Suis-je venue au monde en enfer plus qu’au paradis ?
Chaque jour me suicide un peu plus et je n’en vois pas la lumière Promise tout au fond du tunnel pavé d’atrocités ourdies. Toutes ces intox en surplus cachent une vérité première : Ce qui est le plus criminel c’est croire tout ce qu’on nous dit.
je parcours la route du tendre Montant les degrés de l’amour en évitant les « pas-du-tout ». J’ai préféré rompre ce rite – sachant trop bien à quoi m’attendre – Pour rajouter un peu d’humour et m’offrir un peu plus d’atout.
Avec la fleur de tournesol, je tire les cartes du tarot, Partant du « un » jusqu’au « vingt-deux » autant de fois que de pétales. Et, un peu comme une boussole qui donnerait le bon numéro, L’avenir loin d’être hasardeux m’offre une destinée végétale.
Un, deux, trois, la route du thé ; quatre, cinq, six, l’étape authentique ; Sept, huit, neuf, une vie en rose ; dix, onze, douze, sans souci clivant. Au moment où j’ai débuté cet effeuillage chaotique, J’ai troqué un train-train morose pour des voyages captivants.
Au treize, j’ai trouvé la chance ; au quinze, j’ai goûté l’amour ; Au vingt, j’ai poursuivi ma route et fait trois fois le tour du monde. Au vingt-et-un, je suis en France ; au vingt-deux j’y reviens toujours Car un jour mon cœur en déroute connut l’âme-sœur vagabonde.
Ce qui est en haut émergé, ce qui est en bas immergé, Ce qui est devant au-dessus, ce qui est derrière au-dessous, La sirène me fait gamberger et je sens mes sens diverger Car si ma logique est déçue, mon goût pour le rêve m’absout.
Entre deux eaux, entre deux airs, l’air amusé et l’air maussade, Elle me sourit sans un sourire et pleure sans verser une larme. Un petit visage disert, une bouche prête pour l’embrassade, Puis la voici dans un fou rire qui me délivre tous ses charmes.
Mais elle m’a déjà pris la main et m’entraîne vers les abysses, Complètement hypnotisé par l’attirance de son chant. Demain je ne serai plus humain car il faut que mon corps subisse Sa conversion érotisée pour un triton † plus approchant.
(Carte postale de Gaston Noury. † le triton étant le mâle de la sirène, évidemment.)
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Entre le poulpe aux mille bouches et ses mille-et-uns tentacules, Je ne savais où l’embrasser ni même l’enlacer ou l’étreindre. Moules fermées saintes-nitouches, moules aux étroits ventricules, J’étais bien trop embarrassé mais n’avais pas trop à me plaindre.
Jusqu’à ce que cette sirène dans un mouvement assez brusque Me comprime contre ses seins et m’introduise dans sa vallée. J’eus la petite mort sereine, le corps flasque comme un mollusque, Tandis qu’elle plantait ses oursins pour m’attendrir et m’avaler.
Vendredi soir, j’ai tant d’espoir pour ses étreintes comprimées Que je réserve à mon épouse toute ma force débridée. Vendredi noir, comme une poire, elle m’a vidé et imprimé L’empreinte de mille ventouses jusqu’à mes bourses évidées.
Tableau de Franciszek Starowieyski sur https:www.li-an.frzolies-imagesfranciszek-starowieyski .
Prends garde à humecter mes seins avec des perles de rosée Et de me mouiller la culotte avec une ondée de printemps. Puise de l’eau pour mon bassin et n’oublie pas de l’arroser, Puis vérifie que ma goulotte ne soit pas sèche à chaque instant.
Oui, se vêtir d’écologie demande bien plus d’attention Car la caresse des pétales mérite son application. Et pour m’effeuiller au logis, il faut les meilleures intentions Sans quoi ma rose serait létale pour faute de précipitation.
Beaucoup de roses cultiverai lorsque j’aurai beaucoup de filles, Beaucoup de choux récolterai pour mes innombrables garçons, Beaucoup de pommes élèverai pour l’étalon de ma famille Et en hiver dévorerai la grappe dans son caleçon.
De l’eau de pluie, froide et sans goût ; de l’eau de mer, chaude et salée ; L’une qui tombe du ciel, insipide ; l’autre qui dort, inconsommable. J’eusses adoré, à moindre coût, n’importe quoi au pis-aller Au pire absurde, au mieux stupide, pluies aux valeurs inestimables.
Pluie de confiture à gogo qui dégouline sur la tête, Averse de miel de bruyère, ambré, doré, foncé et roux ! Nectar à tire-larigot, sirop d’érable pour faire la fête Et des parapluies de gruyère pour laisser passer par les trous !
Peintures réalistes de Fabiano Milani sur https:espacedemariangiosara.quora.comhttps-fr-quora-com-Quels-artistes-cr%C3%A9ent-magnifiquement-la-confusion-entre-photographie-et-peinture-answer-Evan-Nescen-1?ch=17&oid=73346640&share=823890d8&srid=hJ7fDb&target_type=post .
Avant l’amour elles vérifient, la femme et sa chatte échaudée ; Un doigt de salive lubrifie la partie à marivauder Car son image narcissique attend de la mâle érection Qu’après la chose béatifique, on laisse place à la réflexion.
Tandis que la chatte se mire sur le miroir sa toison rousse, Elle avise, constate et admire d’un œil ses poils qui se rebroussent Tandis que sa maîtresse en boule, recroquevillée sur la chaise, Sent s’hérisser la chair de poule qui monte d’un pubis de braise.
La chatte miaule après l’amour, s’enroule au pied de sa maîtresse Et entame un ronron glamour car elle apprécie la tendresse. La femme guette détendue, jambes ouvertes afin qu’elle puisse Recevoir l’hommage rendu s’écouler dans son entrecuisse.
Sur l’innocence d’un visage, la vie fait ses copier-coller De plaies et bosses en cicatrices et de maladies en fractures. Chaque bonheur dans ce paysage avec ses malheurs accolés Trace les lignes directrices comme multiples signatures.
Le temps raconte ses histoires dans ses stigmates les plus intimes Qui font de l’ombre à la beauté ou une empreinte coutumière. Chaque expérience, chaque victoire dans chaque combat légitime, Laissent une trace rabotée mais qui met le cœur en lumière.
Collages de Ricky Linn sur https:www.behance.netgallery95396769Collage-Illustrations-3 .
Feux d’artifice sous les cuisses ! Pétard du quatorze juillet ! Jour de la fête nationale, tous les lampions sont ravivés. Et de l’autre côté, en Suisse, le premier août vient pétiller Dans chaque maison cantonale, les artificiers sont privés.
Mais pour les chats, quelle frayeur ! Les matous filent sous les lits, L’air apeuré car ils sursautent à chacun des coups de canon. On leur réserve le meilleur au bouquet final en folie ; Le poil se hérisse et tressautent deux oreilles comme gonfanons.
La chatte bondit et bascule avec ses quatre fers en l’air, Elle se raccroche comme elle peut en poussant un long trémolo. Sous l’émotion, elle bouscule d’un coup de croupe populaire Tout un bazar et pas qu’un peu comme une sorte de diabolo.
Vous raconterais-je, maman, quelles furent pour moi les bons moments ? Lorsque j’étais jeune serin, le cœur léger, l’esprit serein ; Quand je volais de branche en branche, quand tous les jours étaient dimanche ; Quand je n’avais pas peur du temps, écervelé et débutant !
Vous raconterais-je, papa, quel bonheur je n’oublierai pas ? Quand j’étais jeune demoiselle, toute légère comme une oiselle ; Lorsque j’enviais la dernière qui faisait l’école buissonnière, Que j’ai suivie dans les roseaux où j’ suis redevenue un oiseau !
Entre celui que je crois être et celui que je voudrais montrer, Existe un espace infini que je ne connais pas du tout. Si je prends au pied de la lettre tout ce que je vais rencontrer, Mon voyage, loin d’être fini, deviendra mon meilleur atout.
Et je ne connaîtrai jamais mon labyrinthe de pensées Car chaque épreuve retourne les murs comme sous l’effet d’un chapeau claque. Je me dis souvent : « Désormais, inutile de recommencer Pour, selon les mêmes tournures, finir à côté de la plaque.
Alors je vis mon quotidien selon le cœur et ses valeurs ; Je ne perce plus le brouillard mais je pense plus clairement. Mon thermomètre rachidien m’avertit des coups de chaleur ; Je n’en suis pas plus débrouillard mais je vis plus sereinement.
Tableau d’Àngela Maria Sierra sur https:www.thisiscolossal.com202009riso-chan-portraits .
Fausses couleurs, faux canaris mais sans doute hallucinogènes Ces deux oiseaux bariolés qui gazouillaient à ma fenêtre Sous un soleil d’un gabarit, ce matin-là, hétérogène Par ses rayons ultraviolets d’une aube ineffable à renaître.
Dans cet état entre sommeil, demi-éveil presque hypnotique, J’avais capté sans le savoir un nouveau sens à ma vision. Nouvelles dimensions or-vermeil, nouvelles teintes hypothétiques Qui allaient me faire percevoir le monde sans ses illusions.
Tableaux de Robin Mead sur http:florilege69.blogspot.com201410robin-mead-peintre-usa.html .
Pour vivre heureux, vivons cachés, n’est-ce pas Monsieur le Perroquet ? Disparaître dans le décor semble une bonne protection ! Jusqu’à quand vas-tu t’attacher à tous ces fruits bons à croquer Qui ne cacheront plus ton corps au moment de la décoction ?
Et chaque jour je le recherche et, chaque jour, je le reperds. Comme un petit enfant espiègle difficile à évaluer. Véritable ami ou faux derche ? Sans doute les deux font la paire Pour me faire douter des règles et finalement… évoluer
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Vêtue d’une robe gigogne et d’un bustier en réduction, Madame la naturaliste joue la personnification. Elle guette le retour des cigognes en quête de reproduction Et d’instinct traditionaliste envers leurs nidifications.
Demain matin la pouponnière ou demain soir, dernier délai, Elles accueilleront vos commandes de bébés fraîchement couvés. Ainsi la cigogne pionnière et son équipage au complet Satisferont toutes demandes pour votre bonheur approuvé.
Illustration de Michael Parkes sur https:www.theworldofmichaelparkes.comartistsmichael-parkesoriginal-hand-pulled-stone-lithographs .
Toujours mes voyages insomniaques dans l’univers de mes nuits blanches Où un phare éclaire ma route pour franchir les quatre horizons Tel un pilote démoniaque qui perce dans ces avalanches De fortes vagues en déroute pour me sortir de ma prison.
Tandis que la Lune persiste à m’attirer dans son sommeil, La mer se creuse des tourments qui m’ont frappé dernièrement. Alors l’astre de nuit m’assiste de son étrange halo vermeil Pour apaiser les flots gourmands d’alimentaire verdoiement.
Parfois j’aborde des pays vierges de toute connaissance ; Une île nue, un continent, un monde perdu biscornu. Je reste un moment ébahi, puis je pars en reconnaissance Pour rencontrer un pertinent fragment d’un principe inconnu.
Tableaux de Loren D. Adams sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201401Loren-Adams.html?m=1 .
Quand mes nuits blanches se prolongent, je pars, voyageur solitaire, Faire une course autour du monde parmi des rêves outremarins. Tandis qu’un soleil rouge allonge son rayon vert velléitaire Au-dessus des eaux furibondes sous un clair-obscur azurin.
Vagues aux couleurs opalines contre lames ensanglantées Se livrent une dernière bataille sous un crépuscule malséant. Les ruisseaux d’algues corallines par le soleil ébouillantées Saignent sur la mer aux entailles qui cicatrisent l’océan.
Ainsi mon âme quitte mon corps pour retrouver ses origines Dans mon élément maternel toujours agité par les vents. Sans doute me poursuivent encore de fantomatiques androgynes, Lointains ancêtres éternels au rayonnement survivant.
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On n’sait à quel sein se vouer tellement Marianne est floutée Dans les écoles, dans les mairies et les couloirs du parlement. On ne sait qui s’est dévoué avec la valeur ajoutée, Qui des ministres aguerris, qui du président qui nous ment.
Marianne ayant tout dépensé dans sa campagne présidentielle, Se retrouve ainsi dépourvue et n’a donc plus rien à se mettre. Les contribuables, pensés comme vache à traire essentielles, Seront taxés comme prévu et obligés de s’y soumettre.
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Ils nous ont bien eus cet été avec tous leurs échauffements Sur la gestion de la planète et l’impact de l’effet de serre. Mais on n’a vu d’aucuns tétés braver l’air du réchauffement, Ni foufounette, ni zigounette, brandies comme bouc émissaire.
Or ils en remettent une couche avec pénurie d’énergie Laquelle paradoxalement électrise nos véhicules. Ne faisons pas la fine bouche, rapprochons-nous en synergie Pour nous chauffer finalement juste d’ovaires et testicules.
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Évidemment quand vient la nuit du vendredi au samedi, Tous les oublis de la semaine étendent mon état de veille Dont les images qui m’ennuient n’en sont pas les plus affadies Mais flèchent l’expérience humaine vers un détail qui me réveille.
Si tout était aussi facile que l’œuf de Colomb légendaire J’en mettrais un sur mon chevet en guise de paratonnerre. Les échecs les plus difficiles qui se succèdent en hécatombes Seraient alors parachevés ou tués dans l’œuf calendaire.
Un œuf de poule le dimanche, ne tournons pas autour du pot ! Un œuf de caille le lundi, puis augmenter le gabarit. Si ça n’arrête pas mes nuits blanches et ne perturbe mon repos J’aurai l’esprit approfondi s’il en éclot un canari.
J’ai un comportement étrange lorsque je mange du poisson Et une envie irrésistible de le savourer dans mon bain. Sans doute dus au jus d’orange dont j’agrémente la boisson Avec une dose indescriptible de rhum agricole ou cubain.
Je change de comportement selon la direction du vent ; J’ai le caractère fantasque selon le jour de la semaine. Je freine mes emportements d’un petit détail adjuvant En quittant costumes et masques qui font mon aventure humaine.
Lunatique ou cyclothymique, tel est mon état le lundi ; Plutôt cool et décontracté, tel est mon état le mardi. Je sais, je suis psycho-chimique selon l’humeur du mercredi Dont la portée est réfractée dès la matinée du jeudi.
Heureusement le vendredi, j’ai tout oublié du passé ; J’oublie même de m’habiller après mon petit-déjeuner. Je suis sujette à contredit devant les passants compassés Dont les yeux sont écarquillés à l’endroit de mon périnée.