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  • Avant le petit-déjeuner sur l’herbe

    Avant le petit-déjeuner sur l’herbe

    Une petite demoiselle blonde a pris sa volée à la fraîche
    Pour aller construire sur l’herbe son petit nid paré de plumes.
    Tout doucement au fil de l’onde, quelques canards un peu revêches
    Batifolent créant des gerbes et des jaillissements d’écume.

    Un damoiseau paradisier jouant une danse nuptiale
    Semble intéresser l’ingénue mais qui se lasse de sa langueur.
    Un autre sous le cerisier chantera de façon spéciale
    Un chant d’amour fort peu connu mais plein de vie et sans longueur.

    La femelle a choisi son mâle pour son rôle de séducteur
    Et voici les préliminaires d’un corps à corps voluptueux.
    Et puis les amours animales jusqu’à l’orgasme producteur
    Du germe pré-embryonnaire que l’on espère fructueux.

    Tableaux de Jean-Gabriel Domergue sur https:www.catherinelarosepoesiaearte.com201205jean-gabriel-domergue-1889-1962.html .

  • Après l’amour sur canapé

    Entre dormir et faire l’amour sur un canapé de velours,
    J’opterais pour du confortable si Madame est insatiable.
    Sinon sans fard et sans humour, elle me traitera de balourd
    Pour secousses à peine supportables et un plaisir indissociable.

    Je jetterais mon dévolu sur un sofa tout en symbiose
    Pour une relation durable si Madame en plus est fidèle.
    Afin que l’amour résolu empreinte un souvenir grandiose
    Dans la matière perdurable qui montre que je suis fou d’elle.

    Quitte à se reposer un peu, divan de soie par devers-soi
    Pour la douceur revigorante et pour le repos des guerriers.
    Après, autant que faire se peut, on recommence quoi qu’il en soit
    Si Madame, toujours désirante, réclame comme vous l’espériez.

    Tableaux de Jean-Gabriel Domergue sur https:www.catherinelarosepoesiaearte.com201205jean-gabriel-domergue-1889-1962.html .

  • Après le déjeuner sur l’herbe

    Préliminaires en apéro, cunilingus pour mise en bouche,
    Une fellation comme entrée et puis en plat de résistance
    Un va-et-vient « in utero » et l’on en remet plusieurs couches
    Jusqu’à l’orgasme concentré, quintessence de l’existence.

    On goûtera le trou normand en portant la croupe à ses lèvres ;
    Juste une pause pour reposer les sens mis à contribution.
    Si l’envie revient en dormant, on pourra rêver avec fièvre
    À l’aventure supposée reprendre si bonne constitution.

    L’appétit revient au dessert avec les organes nacrés ;
    Petits melons, perles de lait, une banane à la liqueur.
    Tant qu’il le faut, on se ressert car ce moment est consacré
    À tenir la course de relais afin que les deux soient vainqueurs.

    Tableaux de Jean-Gabriel Domergue sur https:www.catherinelarosepoesiaearte.com201205jean-gabriel-domergue-1889-1962.html .

  • Juste la science ?

    Juste la science ?

    La science se veut juste comme une justice aveugle
    Qui ordonne le monde selon sa vérité.
    Or la loi est injuste envers celui qui beugle
    Contre un progrès immonde pour la postérité.

    La science éblouit, elle devient nécessaire.
    Que chacun en devienne l’esclave tributaire !
    Chaque étape inouïe fait qu’l’étau se resserre
    Jusqu’à ce qu’il parvienne à détruire la Terre.

    Je n’suis pas pessimiste ni anti progressiste
    Sauf lorsque la science devient « La » religion
    Qui mène les optimistes et les controversistes
    À vivre en inconscience ; hélas, ils sont légion.

    Tableau de Youri Ivanov sur www.jouriskunst.nosd-world .

  • Manipulation

    Manipulation

    Je suis en équilibre instable entre mes deux fondamentaux ;
    L’un qui parle au fond de moi-même, l’autre qui me parle comme un moule.
    Un moule souvent contestable de trop d’exercices mentaux
    Pour m’adapter à ceux qui m’aiment mais qui me font tourner la boule.

    Vais-je tomber dans la confiance et lâcher prise aux inquiétudes ?
    Vais-je lutter dans la conscience pour sauver ma propre quiétude ?
    Vais-je agir avec méfiance et adapter ma solitude ?
    Vais-je sombrer dans l’inconscience et accepter ma servitude ?

    Si la vie ne tient qu’à un fil, qui maintient les deux bouts ensemble ?
    Un Dieu, un ange ou un démon ? Ou les trois Parque au sécateur ?
    On dit qu’à la mort tout défile des souvenirs qui nous ressemblent ;
    Moi, j’aspire à voir en amont comme en aval, l’opérateur.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Rencontres et complémentarités

    Rencontres et complémentarités

    Deux races distinctes évoluent, chacune dans son monde parallèle,
    Qui ne se croiseront jamais sauf si l’amour ne le permet.
    Quand le moment est révolu et que les cœurs se décervellent,
    La rencontre peut désormais s’accomplir et se refermer.

    Mais ils demeureront disjoints chacun dans son sexe attitré,
    Chacun dans son genre de bande avec ses règles et ses combats.
    Un jour ils deviennent conjoints par un coup de foudre attirés
    Pour faire mille sarabandes et dans le lit, c’est la nouba !

    Et puis après, ils se séparent ; la loi des vases communicants
    Ne coulant plus de même source, ils se retrouvent chacun chez soi.
    Parfois la brèche se répare et l’on repart en fornicant
    Dans d’autre univers aux ressources bien différentes, ça se conçoit.

    Illustration de Lorenzo Mattotti.

  • Toute la vérité sur la Lune

    Toute la vérité sur la Lune

    Lorsqu’ils sont allés sur la Lune,
    toutes les images étaient fausses
    Et enregistrées en studio
    par un cinéaste fanatique.
    La vraie raison qui importune
    et met nos soupçons à la hausse
    C’est qu’Armstrong comme un bel idiot
    s’éprit d’une belle lunatique.

    Eh oui ! La Lune est habitée
    par des houris en mini-jupes
    Dont l’activité principale est
    cueillir et vendre des pommes.
    Les astronautes invités
    pensant qu’on ne serait pas dupes,
    Ont préféré se porter pales
    et tout biffer d’un coup de gomme.

    Après, quelques expéditions
    ont eu lieu sans qu’il n’y ait de fuites
    Mais les lunatiques se fâchèrent
    car les terriens firent les bégueules.
    Voilà pourquoi en punition,
    les missions n’eurent aucune suite
    Et les pommes vendues aux enchères
    entre Microsoft et Apple.

    Tableau d’Andrey Boris.

  • L’astrologue au logis

    L’astrologue au logis

    Pas de logique pour l’astrologue, pas de hasard dans son logis ;
    Tout est prédit, analysé, collant à sa physionomie.
    Qu’il est étrange, le dialogue datant de la mythologie
    Entre les astres banalisés et la moderne astronomie !

    J’ai l’âme et le cœur étoilés et l’esprit toujours dans la Lune,
    J’ai fait un retour à la Terre assez brutal de quinze mètres.
    L’astrologie s’est dévoilée par la relation opportune
    Entre miracles et mystères qui ont fait de moi mon propre maître.

    Ce n’est pas elle qui m’a déçu mais les gens soi-disant ouverts
    Qui cherchent un changement de vie mais inaptes à la délivrance
    Malgré la vision du tissu de leurs problèmes découverts,
    Finalement qui sont ravis de vivre dans leur corps de souffrance.

    Tableau de Georgy Kurasov sur http:www.kurasov.comindex.php?gals .

  • Sous le soleil de l’Amazone

    Sous le soleil de l’Amazone

    Sur une selle empanachée, une amazone ensommeillée
    Monte un beau cheval harnaché lors d’un été ensoleillé.
    Un bras portant un écu d’or, l’autre en train d’esquisser un geste,
    Ainsi implanta le décor, Ptolémée pour son Almageste.

    Quel rapport aux mathématiques, l’amazone peut-elle apporter
    Alors qu’elle est emblématique du féminisme rapporté ?
    Je n’en ai pas la moindre idée ; c’est ce rêve idiot que j’ai fait
    Qui, de lui-même, a décidé ce rapprochement imparfait.

    Mais si les courbes féminines sont aussi parfaites que sublimes,
    Si leurs pigments de mélanine s’avèrent de vrais pousse-au-crime,
    C’est qu’il a le compas dans l’œil et le don des mathématiques,
    Ce dieu qui traça sur sa feuille la femme pure énigmatique.

    Tableau de Georgy Kurasov sur http:www.kurasov.comindex.php?gals .

  • L’arbre éternel et féminin

    L’arbre éternel et féminin

    Que les femmes soient encore plus proches que les hommes de la nature
    Me laisse imaginer les liens qui leur prolongent leurs racines.
    Or quand les hommes leur reprochent leurs comportements immatures
    Que dire du cerveau reptilien dont l’art primitif se dessine ?

    Saint-Louis n’attendait pas l’automne pour effeuiller sa Marguerite,
    Et Roméo aimait Juliette tous les autres mois de l’année.
    Si la nature est monotone, la femme bouleverse nos rites
    Avec son allure de fillette et sa bonne humeur spontanée.

    Elle se fane, elle se flétrit et la nature reprend ses droits
    À qui la faute ? À Dieu ? Au temps ? À la peur de mourir demain ?
    C’est l’Univers qui l’a pétrie, c’est l’Univers qui la foudroie
    Mais elle reste tout autant l’arbre éternel et féminin.

    Tableau de Hayk Shalunts.

  • Valentine et la chasse aux fleurs

    Valentine et la chasse aux fleurs

    Après des pluies interminables, tous les boutons d’or ont percé,
    Coquelicots rouges des champs, pissenlits, bleuets, marguerites.
    Dans ses bras indéterminables, le renouveau les a bercés
    Dans l’instant au soleil couchant d’une promenade émérite.

    Lanternes rouges et lampions blancs, printemps du soir, lueurs d’espoir,
    Comme si la nature indiquait ses symptômes de bonne santé.
    Première étoile, dernière Lune mais ce n’est pas contradictoire ;
    Là-bas ancrée au bout du quai sonne une corne impatientée.

    Une invitation au voyage autour du lac imaginaire
    Pour une tournée d’espiègleries de villes en villes, de fleurs en fleurs ;
    Fleurettes tressées en maillage sur des cortèges processionnaires,
    Festivaliers, corso fleuri du Lavandou jusqu’à Honfleur.

    Tableau de Thomas Little.

  • Les sirènes serpents

    Une sirène à queue de serpent dans le mystère des profondeurs
    Où la faune est organisée pour s’adapter à son milieu…
    Chez Andersen et Peter Pan, elles étaient plutôt en rondeurs
    Mais dans leur monde paganisé, les dieux sont les maîtres des lieux.

    La Reine possède la plus grosse taille de serpent des abysses ;
    C’est ainsi que le Roi l’a choisie pour ses anneaux et ses écailles.
    Il faut mille-et-un coups de brosses pour nettoyer son appendice
    Et de l’élixir d’ambroisie pour une queue de cette taille.

    Les serpents-sirènes à l’air libre aiment l’ombre des marécages
    Où elles pourront faire leur mue dans l’humidité des marais.
    C’est vital pour leur équilibre ainsi que pour leur relookage
    Car les femmes-serpents sont promues à plaire aux marins timorés.

    Tableaux d’Anna Verhoog, de Steven Bellshaw et de Mihail Gard.

  • La cavalière, le roi et la reine des sirènes

    Tiens ! Commençons donc par le Roi, le roi putatif des abysses
    Qui prétendait sans faux-semblants être d’origine anglo-saxonne.
    Mais il n’est pas celui qu’on croit et, à moins qu’il ne s’estourbisse
    Avec son épée en fer blanc, il n’a jamais tué personne.

    La Reine est une aventurière qui a bâti sa renommée
    À coups de queue qu’elle a si chaude que la mer s’en met à fumer.
    Mais ce n’est qu’une roturière qui a grimpé tous les sommets
    Par les cœurs dont elle se galvaude des marins qu’elle a consumés.

    Mais revient à la cavalière le pompon de la vanité
    Car elle trompe tout son monde avec la pire impertinence.
    Elle se montre inhospitalière et n’aspire qu’aux mondanités
    Avec la classe la plus immonde des grands requins de la finance.

    Tableaux de Stefania Kotati.

  • Marianne aux Jeux Olympiques

    Marianne aux Jeux Olympiques

    « C’était tendance, c’était troublant, tout était cousu de fil blanc ! »
    Mais ça présente toutes les prémices d’une bande de fous qui frémissent
    En prétendant avec bonheur railler en tout bien tout honneur
    Culture et tradition françaises tout en desservant son ascèse.

    Les femmes nues, qu’on se le dise, ne sont pas que des marchandises
    Ni des provocations complexes sitôt qu’elles ont changé de sexe !
    Et les parodies liturgiques deviennent aussitôt névralgiques
    Quand le fils de Dieu apparaît comme un curé de Camaret.

    Maintenant que la coupe est pleine, que les gaulois quittent la plaine
    Et plongent dans les eaux de la Seine qui aurait été rendue saine
    Et y entraînent tous les ministres de ce gouvernement sinistre
    Pour tenter d’étrange façon de les laver de tout soupçon.

    Parodie de « La Liberty guidant le peuple » de Delacroix publiée par Kent Walker sur https:www.topito.comtop-detournements-liberte-guidant-le-peuple-delacroix .

  • Entrée en vigueur et sortie de rigueur

    La loi entrée dans l’hémicycle en sortira légalisée
    Si le Sénat lui accrédite le droit d’être légitimée
    Sinon recommence le cycle d’une navette organisée
    Qui finira, à l’heure dite et au jour-J, éliminée.

    Enfin, parvenue au sommet où elle ne fait que s’agiter,
    La loi pose déjà des problèmes, surnage et coule comme une pierre.
    Mais voilà ; à peine consommée, on ne peut plus la rejeter.
    La République en plein dilemme ne sait pas faire marche arrière.

    Mais heureusement les vacances et ces fichus jeux olympiques
    Aspirent à bouleverser l’Ordre et le désorganiser
    Avec toute l’extravagance de cérémonies utopiques
    Qui s’apprêtent toutes à nous verser dans un foutoir satanisé.

    À qui la faute ? À la Mairie ? À l’Élysée ? Au Makronat ?
    On ne sait plus, tout est brouillé, mélangé à l’eau de la Seine !
    Sans doute qu’une confrérie plus ou moins liée au patronat
    Nous a l’avenir verrouillé vers une société malsaine.

    Tableaux de Michael Whelan sur https:www.michaelwhelan.com .

  • Violette dans l’escalier de nuit et dans l’escalier de jour

    Lorsque la nuit tombe au château, Violette descend de la tour noire
    Par l’escalier en double hélice réservé aux hôtes nocturnes.
    Elle va s’offrir sur un plateau, entièrement nue dans son manoir,
    Aux hommes qui lui créent maints délices lorsqu’elle se sent taciturne.

    Violette a perdu son mari, l’empereur parti guerroyer
    Dans les lieux qui ont abusé de sa naïveté notoire.
    Mais fidèle à ses armoiries, celui-ci s’est fait rudoyer
    Par ses ennemis amusés d’avoir remporté la victoire.

    Quand le jour se lève au château, Violette descend de la tour Blanche
    Par la rampe hélicoïdale réservée à ses visiteurs.
    À petits pas pizzicato – mais toujours nue – elle se déhanche
    D’une allure sinusoïdale et d’un maintien solliciteur.

    Mais pourquoi donc la châtelaine se montre nue matin et soir ?
    On dit qu’elle accueille son peuple dans ses habits d’impératrice
    Dont la qualité de la laine à la vue ne saurait surseoir
    Qu’aux imbéciles et aux aveugles qui n’ont pas l’âme fornicatrice.

    Tableau de Guido Mauas sur https:loscoleccionistas.comartistas-trastiendaguido-mauas .

  • La légende de la Vouivre

    La légende de la Vouivre

    Tombée dans l’étang en bas âge, elle fut sauvée par des grenouilles
    Et fut nourrie au lait de loutres et aux œufs de carpe argentée
    Qui colorèrent son visage comme un fond de teint de vasouille,
    Une peau blanchâtre et, en outre, des cheveux roses endiamantés.

    Comme elle séjourna dans l’eau bien trop longtemps pour une humaine,
    Pieds et mains devinrent palmés par la pratique de la nage.
    Adolescente au teint pâlot, advint un curieux phénomène
    Car rien ne pouvait lui calmer ses excès de libertinage.

    Notre sirène des eaux douces, cachée derrière les roseaux,
    Guettaient les pêcheurs en bateau pour leur souhaiter la bienvenue.
    Quand sortait sa jolie frimousse poussant un chant amoroso,
    Le bonhomme devenait pataud de la voir grimper toute nue.

    Bientôt les femmes des pêcheurs voulurent chasser la sorcière
    Et la tuer quoi qu’il advint malgré tout c’ qui aurait pu s’ensuivre.
    Alors la fille d’un air bêcheur s’échappa de la souricière,
    Gagna le marais poitevin et changea de nom pour « la Vouivre ».

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Sirènes et chimères d’étangs passés et à venir

    De la nature des sirènes et leur instinct de chasseresse,
    La diversité des moyens pour piéger l’homme est légendaire.
    Depuis nos régions riveraines jusqu’aux îles enchanteresses,
    Le décompte des citoyens mystifiés est lapidaire.

    Leur apparence bucolique, douce, naturelle et forestière,
    Attire poètes et artistes qui recherchent l’inspiration.
    Mais la forêt mélancolique est loin d’être primesautière
    Et la sirène pépiniériste les absorbe par macération.

    Sirène des îles, sirènes des champs, entendez-vous dans nos montagnes
    Glousser ces monstres à chair de poule qui viennent près de vos maisons
    Et n’ont pas vraiment l’air méchant mais font du pâté de campagne,
    Une fois que le sang s’écoule, en vous mettant en salaison ?

    Tous les goûts sont dans la nature surtout chez la gente chimère ;
    Les ogres, les croque-mitaines et harpies aux griffes effilées.
    Si ces créatures s’aventurent, arborant leurs appas mammaires
    En France métropolitaine, je vous conseille de filer.

    Tableaux de Władimir Golub sur https:bialczynski.pl20140708bialoruska-wizja-slowianskiej-baji-wladimir-golub .

  • Une voisine un peu distraite

    Une voisine un peu distraite

    Deux ou trois fois, elle m’appelle et moi j’attends la quatrième ;
    Cinq ou six fois, elle m’offre un verre et moi je bois modérément
    Car les cocktails bus à la pelle pour joindre l’étage septième
    Du ciel lui donnent une soif vulvaire d’exister désespérément.

    Elle me reçoit en simple robe pour un apéro innocent,
    Puis sur un fauteuil, affalée, elle me parle en gémissant
    Tandis que son haut se dérobe dévoilant un sexe indécent
    Du mont de Vénus, cavaler vers son désir concupiscent.

    J’ai fermé derrière moi la porte pour éviter les courants d’air
    Et les regards indésirables venus s’égarer, indiscrets.
    Depuis, que le diable m’emporte, sans doute un effet secondaire,
    J’ai mis un verrou imparable pour garder son jardin secret.

    Tableau de David Inshaw sur https:www.davidinshaw.netgallery.html .

  • Du vin ou de l’eau ?

    « Un verre de vin ou un verre d’eau ? » Et je saurai tout de ta vie !
    Si tu préfères un verre de vin, c’est que tu goûtes la saveur
    Et concernant la libido, je sais que ce qui te ravit
    C’est plaire à mon sexe divin et en déguster ses faveurs.

    Et puis je remplirai ta coupe de ma liqueur blanche et nacrée ;
    Tous les jours j’en enivrerai ton cœur avide d’allégresse.
    Et quand pleine sera ta croupe sous l’effet du germe sacré
    Qui pousse dans ta roseraie, tu en apprécieras l’ivresse.

    Si tu préfères un verre d’eau, c’est que tu es insatiable
    Et désireuse d’infini dans l’effervescence des sens.
    Pour toi, l’amour est le cadeau d’un océan indispensable
    Qu’il faut vivre en monokini en se moquant de l’indécence.

    Alors je noierai tes envies de l’arrosoir océanique
    Dont j’ai demandé à Neptune force, abondance et endurance.
    Tu seras mère que je convie à nos amours pharaoniques
    Qui créeront pour toute fortune la jouissance à chaque occurrence.

    Tableau de David Inshaw sur https:www.davidinshaw.netgallery.html .

  • L’œil coquelicot

    L’œil coquelicot

    Dieu fit de moi son magicien cette nuit, d’un rêve éveillé,
    Où il nous fit nous rencontrer moi avec mon âme infantile
    Par le truchement opticien d’un cœur de fleur émerveillé
    Dont l’œil paraissait me montrer comment son esprit me ventile.

    Et tout ce que je sème aux vents, questions, contentieux et dilemmes,
    M’est répondu par l’intuition qui me souffle au creux de l’oreille
    Quelque dénouement innovant, une solution aux problèmes
    Ou l’assurance de l’intention d’une espérance sans pareille.

    Je l’appelle « l’œil coquelicot » comme un fil rouge qui rassemble
    Les amours de chaque printemps qui superposent leurs passions
    Par des réseaux ombilicaux dont chaque extrémité ressemble
    À un ange œuvrant à plein temps à ma propre émancipation.

    Photo de Thomas Hans.

  • L’offrande musicale

    Au baladin mélancolique, le cœur mélomane en recherche
    De nouveaux textes, de nouveaux airs, afin d’améliorer son chant.
    Jouant des notes bucoliques suivant les chemins de traverse,
    Il se retrouve dans un désert de création à contrechamp.

    À l’écrivain la page blanche, au musicien les notes vides.
    C’est ainsi, le canal du cœur est obscurci d’un vague à l’âme.
    Ce qui sortait d’une avalanche, issu d’inspiration avide,
    Rencontre un sentiment bloqueur tranchant comme le fil d’une lame.

    Mais voici la muse amusée qui sait comment ouvrir les vannes
    Et faire couler un nouveau souffle bravant l’entrave corticale.
    Elle sait user et abuser de son don dont elle se pavane
    Et donner le ton qui insuffle l’envie d’offrande musicale.

    Aussitôt le cœur grand ouvert, les notes déchaînées s’envolent
    Sur une partition du tendre pleine d’hardiesse et d’humour.
    Déjà du chemin découvert sortent des passages frivoles
    Qui sont aussi fous à entendre qu’une envie de faire l’amour.

    Tableaux de John Holcomb.

  • Le jour des sirènes

    Le jour des sirènes

    Un jour viendra où les sirènes débarqueront sur nos rivages
    Sur leurs deux jambes car plus pratique pour conquérir le cœur des hommes.
    Curieusement d’humeur sereine en vue de leurs prochains ravages,
    Viendra la marée érotique pour une chasse aux chromosomes.

    À l’instar des envahisseurs qui violaient nos filles et nos femmes,
    Elles violenteront par le sexe les mâles fragiles et vaincus.
    Puis ces cupidons ravisseurs peupleront le monde d’infâmes
    Bébés tritons mais unisexes, hermaphrodites convaincus.

    Méfiez-vous des filles nues que vous rencontrez sur les plages ;
    Elles viennent en reconnaissance pour mieux préparer le terrain.
    Demain, elles seront revenues toutes ensemble pour l’accouplage
    Sauvage qui donnera naissance à des mutants adultérins.

    Tableau d’Éric Wallis sur https:www.enkil.org20181019eric-wallis-sensual-impressionism .

  • Le mois d’août sous la pluie et Noël à la plage

    Quelle différence existe-t-il entre les nouvelles saisons
    Dont le changement climatique nous nargue par ses contrariétés ?
    Dès lors le temps se montre hostile pour on ne sait quelle raison
    Et les variations thématiques ne sont plus ce qu’elles étaient.

    Les quinze aoûts noyés sous la pluie, les Saint-Valentin au soleil,
    Noël à la plage sous l’azur et Pâques sous la canicule ;
    Faut-il prendre son parapluie puisqu’avec ou sans c’est pareil ?
    La mode est à la démesure et la météo ridicule.

    Tableaux de Nina Childress sur https:ninachildress.com .

  • Adieu juillet, bonjour août

    Adieu juillet, bonjour août

    J’m’en fous d’l’école, on m’a menti ; on m’a fait croire que quatre saisons
    Faisaient la pluie et le beau temps pour le bonheur de la Nature.
    Mais cette année, j’ai pressenti qu’ils avaient perdu la raison,
    Ces météorologues autant incompétents qu’immatures.

    Adieu juillet, ne revient pas l’année prochaine sans avoir
    Révisé ta copie conforme à un été satisfaisant !
    Remballe tes pauvres appas qui n’ont pas eu lieu d’émouvoir
    Les vacanciers dont l’uniforme fut bottes et cirés déplaisants !

    Salut l’août, je compte sur toi pour rattraper l’absurdité
    Et faire revenir dare-dare des jours un peu plus estivaux.
    Donne-moi un soleil courtois et sa chaleur ressuscitée ;
    Trouve et ligote-moi Saint-Médard, puis jette-le dans le caniveau !

    Illustration de June Leeloo sur https:havengallery.comportfoliojune-leeloo-imaginarium .

  • Intense méditation

    Intense méditation

    Sans doute afin de rechercher tous les secrets de l’univers
    Inscrits dans les atomes mêmes de ses cellules émettrices,
    La méditation haut perchée traverse alors les trous de ver
    Pour retrouver ad hominem ses origines créatrices.

    Sans doute un contact qui remonte aux racines de l’existence ;
    Un train voyageant du passé vers le présent de l’avenir.
    Chaque wagon alors raconte une histoire avec consistance
    De ses passagers dépassés par les événements à venir.

    Sans doute chaque recueillement renoue les fils de la pensée
    En remettant le voyageur dans la réalité d’un monde
    Qui crée, dans l’entrebâillement de sa prière récompensée,
    L’un de ces rendez-vous majeurs de sa folle course vagabonde.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • La porte du temple sacré

    À celui qui chercherait Dieu entre les pages de la bible,
    À celle qui trouverait la foi et désirerait tout connaître,
    Il est un miséricordieux moyen de ne pas manquer sa cible
    En empruntant la même voie que celle qui nous a fait naître.

    Six jours pour accoucher d’un monde et se reposer le septième
    Prouve que le Dieu géniteur est un créateur triomphant.
    Tout ça pour qu’après il l’inonde car il lui causait des problèmes
    Prouve un œdipe inhibiteur entre la mère et ses enfants.

    On dit que le royaume des cieux ressemble à un trésor caché
    Ou une petite graine semée qui donne le fruit et l’ivraie.
    J’en connais un joyau précieux auquel je suis très attaché
    C’est lorsqu’avec ma bien-aimée nous faisons l’amour pour de vrai.

    Ainsi le sexe remplacerait le divin d’une peccadille
    Sous réserve que vous approchâtes le temple du féminin sacré.
    Quant au chameau qui passerait sans peine par le chas d’une aiguille,
    Le chas est plutôt une chatte et l’aiguille un phallus nacré.

    Sculpture de Lucy Churchill sur https:www.lucychurchill.comsculpturepersonal-sculpture .

  • La réceptionniste du paradis

    Premier détail révélateur : Saint-Pierre est une Sainte-Pierrette
    Et son uniforme attirant laisse entrevoir une silhouette
    Qui rend assez spéculateur l’homme qui lui conterait fleurette
    Et se sentirait aspirant à dormir avec sous la couette.

    Sainte-Pierrette, tenancière ou maquerelle, comme on voudra,
    A réorganisé à fond le paradis de main de maître.
    Au départ simple financière mais, avec Jésus sous les draps,
    Elle a su atteindre le plafond que son rang pouvait lui permettre.

    « Les hommes à gauche, les femmes à droite ! » Crie-t-elle dès votre arrivée.
    « Tout le monde à poil pour l’essayage de vos ailes et votre auréole ! »
    Ainsi de façon très adroite, on se retrouve motivé
    Par le divin appareillage et chacun dans son alvéole.

    Mais les alvéoles étant mixtes, sans porte ni rideau aux fenêtres,
    On troque son intimité pour des sensation extra fortes.
    On devient vite protagoniste avec les voisines à connaître
    Pour un usage illimité de sex-toys de toutes les sortes.

    Tableaux de Pyke Koch sur http:www.monograffi.comkoch.htm .

  • Pas que le sax dans la vie

    Pas que le sax dans la vie

    Il n’y a pas que le sax dans la vie – pourtant c’est un bel instrument –
    Ni l’iPhone qui conduit les gens dans une ex-communication.
    Loin du sex-appeal qui ravit et du saxophone présumant
    Un air de jazz intelligent et de la bonne éducation.

    Le saxophone a de l’ampleur ; les iPhoneurs ont de la voix ;
    Lui, perce en faisant des solos ; eux, nous bombardent de monologues ;
    Lui, nous évoque l’âme en fleur † ; eux, font chier tout un convoi ;
    Lui, nous charme de trémolos ; eux, enchantent les neurologues.

    Je ne joue pas du saxophone, j’ai un iPhone cependant
    Mais je n’ai ni le nez vissé ni la nuque à trente degrés.
    Le soir, je ne suis pas aphone ni devenu malentendant
    À cause du besoin de hisser ma voix aux circuits intégrés.

    (Tableau de Georgy Kurasov sur http:www.kurasov.comindex.php?gals
    † L’Âme en fleur est un poème de Victor Hugo https:www.bonjourpoesie.frlesgrandsclassiquesPoemesvictor_hugochanson_lame_en_fleur .)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Thé dansant

    Pour les anciennes générations, c’était le rituel du dimanche
    Que les nouvelles jugent ringard tout autant que l’accordéon.
    Mais danser sans modération et bien se balancer les hanches
    Reste charmant à tous égards mais démodé sous les néons.

    Que reviennent valses et tango, ces danses qui parlent d’amour ;
    Qu’on baisse le son des discothèques, que tous les âges soient réunis !
    Que tarentelle et fandango soient rétablis au goût du jour
    Et remplacent ce rock de métèque importé des États-Unis !

    Tableaux de Georgy Kurasov sur http:www.kurasov.comindex.php?gals .

  • Cherchez la femme !

    Cherchez la femme !

    Pas besoin de chercher bien loin ; derrière tout homme il y a une mère,
    Derrière toute femme également et Dieu se cacherait derrière.
    Dieu et le Diable sont témoins, ça remonte à l’ère primaire
    Quand la vie a finalement lancé sa triviale carrière.

    Les crimes sont souvent perpétrés… pourquoi : Pour l’amour d’une femme !
    Ou pour l’argent ça équivaut : c’est pour entretenir une femme !
    Ou le pouvoir mais arbitré pour dominer toutes les femmes
    Quoi qu’il en soit, ce n’est pas nouveau, on en revient toujours à la femme.

    Quand on est jeune, on n’a qu’un but : se trouver la femme parfaite
    Si on s’en lasse on a le choix avec d’autres différents modèles.
    Quand vient la période du rut, hélas elle a mal à la tête
    Et dans ce cas, il lui échoit de jouer aux mari infidèle.

    Tableau d’Artush Voskanyan.

  • Pluie de cartes ce soir vers 19h30

    La météo mélange tout comme un jeu de cartes du temps
    Où l’hiver me pique de froid et l’été me chauffe le cœur.
    Le printemps abat ses atouts par la chance du débutant
    Et l’automne tombe avec effroi sur le carreau à contrecœur.

    La météo imprévoyante agit comme cartomancienne
    En étalant ses prévisions pour en faire un tirage au sort.
    Elle est surtout assez croyante envers ses recettes à l’ancienne
    Telle la grenouille en dérision selon si elle rentre ou elle sort.

    Parfois le temps joue de malice selon le coucher de la veille
    Et la couleur du crépuscule qui, malgré son côté savant,
    Pose un lapin blanc dont Alice, celle du pays des merveilles,
    Rend la météo ridicule et vole la rose des vents.

    Souvent la pluie est annoncée par des présages dans le ciel
    Qui semblent préparer le temps selon les orages qui tonnent
    Depuis longtemps j’ai renoncé aux bulletins circonstanciels
    Qui promettent encore le printemps mais nous resservent toujours l’automne.

    Tableaux sur Robot Dreams of Beauty.

  • Déshabillé en papier de soie

    Déshabillé en papier de soie

    Papier de soie, papier froissé, papier crépon, papier chiffon,
    Les vêtements prêts-à-jeter en papier à motifs gravés
    Auront tendance à remplacer les textiles qui ne satisfont
    Plus la citadine agitée qui blâme sa machine à laver.

    Enfin des machines à créer, à fabriquer, à imprimer
    À partir de pâte à papier une garde-robe par jour !
    D’une discrétion agréée et toute censure exprimée
    Qui pare de la tête au pied le corps de ses plus beaux atours.

    Ça se déchire sur un sein ? C’est fait exprès, c’est plus malin !
    Ça dévoile un peu trop les hanches ? C’est normal, c’est prédécoupé !
    Ça ne cache rien du bassin ? C’est pour attirer les câlins !
    Quant à ce qu’elle met le dimanche, c’est juste pour vous entourlouper.

    Tableau de Georgy Kurasov sur http:www.kurasov.comindex.php?gals .

  • La force tranquille

    La force tranquille

    Point de repos, même le dimanche, pour le septième travail d’Hercule
    Qui dut se retrousser les manches du matin jusqu’au crépuscule.
    Point de mots d’amour à débattre et tant pis pour sa bien-aimée
    Qu’il abandonna pour combattre et tuer le lion de Némée.

    Sauf… que ce n’était pas un lion mais un taureau, un bel auroch,
    Se comportant en trublion en Crète et non pas au Maroc.
    J’en perds le grec et mon latin à lire la mythologie,
    Perdu sur le mont Palatin, égaré loin de mon logis.

    Quant à l’épouse – il en eut quatre, le champion fut un chaud lapin –
    Pour qui alla-t-il donc se battre après avoir mis son grappin ?
    Pas Mégara, trop rancunière, ni Omohale, catastrophée,
    Ni même Hébé, la p’tit’ dernière, mais Déjanire qui eut le trophée.

    Tableau de Georgy Kurasov sur http:www.kurasov.comindex.php?gals .

  • À l’heure de l’apéro

    Une femme seule à l’apéro avec un livre, à tous les coups,
    Surveille, cherche, ou attend quelqu’un à qui elle a envie de plaire.
    Elle a beau faire son numéro, à la voir se tordre le cou,
    Vous comprendrez, tout un chacun, qu’il y a de l’aventure dans l’air.

    Une femme seule au restaurant, le verre touché du bout des doigts,
    Attend encore le prétendant qui est une fois de plus en retard
    Dont le record s’améliorant va déclencher comme il se doit
    Vengeance à son corps défendant : le verre dans la gueule du vantard.

    Une femme seule à la terrasse avec un chien et une ombrelle
    Attend celui qui l’a plaquée ; crime envers sa féminité.
    Entre son cœur qui la harasse et l’esprit qui cherche querelle,
    Le gars va se faire matraquer, mordre… et plus si affinités.

    Une femme seule devant sa porte n’attend plus rien sauf la police ;
    Elle s’est vengée de son amant en le tuant à bras-le-corps.
    Ah que le diable les emporte tous ces hommes remplis de malice !
    Mais son avocate de maman l’acquittera cette fois encore…

    Tableaux de Georgy Kurasov sur http:www.kurasov.comindex.php?gals .

  • Tous mes visages sont dans la Nature

    Visage juvénile au printemps, la paréidolie débute
    Par une percée alentour de jeunes pousses et perce-neige.
    Mère Nature fête ses vingt ans et vraiment rien ne la rebute
    Pour montrer les plus beaux contours que font ses éternels manèges.

    Visage mature en été, la paréidolie mûrit
    D’une abondance dans les vergers aux fruits des plus belles semences.
    Mère Nature vient allaiter en mettant fin aux pénuries
    Toute la faune et les bergers pour le temps de la transhumance

    Visage empathique en automne, la paréidolie se fane
    De couleurs chaudes et ambrées qui enterrent les feuilles mortes.
    Mère Nature, l’air monotone, se pare de brumes diaphanes
    Qui habillent son corps cambré de vagues qui la réconfortent.

    Visage endormi en hiver, la paréidolie s’endort
    Dans une mort surnaturelle car rien n’est tout à fait fini.
    Mère Nature et l’Univers se retrouvent dans un lit d’or
    Pour une raison structurelle qui se répète à l’infini.

    Tableaux d’Oleg Shupliak sur https:arts.centerukOlegShupliak .

  • Contes à dormir debout en contreplongée

    Contes à dormir debout en contreplongée

    Les contes à dormir debout me plongent dans l’expectative
    Et plus fort on me les raconte, plus ils s’avèrent incroyables.
    Plus je dresse de garde-boues contre la fange putative,
    Plus je me sens laissé-pour-compte contre l’état impitoyable.

    Mais aussitôt que je conteste, je m’attire les foudres des autres,
    Ceux qui ne veulent pas de problème afin que tout soit comme avant.
    On m’admoneste, on me déteste, on me traite de mauvais apôtre
    Complotiste au visage blême qui se prétend singe savant.

    Alors je me laisse engloutir sous cet océan de bêtise
    Que jamais ne pourrai vider sauf si l’on s’y met tous ensemble
    Sinon nous verrons aboutir après des années d’expertise
    Ce nouvel ordre pour ovidés dans un futur qui leur ressemble.

    Tableau de Hashimoto Reina.

  • Te mouilleras-tu ?

    Te mouilleras-tu ?

    Marianne, te mouilleras-tu quand tu iras boire à la source
    De l’avis de tous les Français concernant le cours de la vie ?
    Marianne, te dépouilleras-tu pour tomber le cours de la bourse
    À l’inflation référencée au pifomètre sans préavis ?

    Marianne, fais bien attention à n’ pas avaler les couleuvres
    Provenant du cours du dollar qui vient se jeter dans l’euro !
    Marianne, tu as trop de tension à force de les voir à l’œuvre
    Tous ces politiciens gueulards, beaux parleurs et godelureaux.

    Gare à ne pas te faire baiser quand tu lèveras ton derrière ;
    Telle est prise qui croyait prendre comme la république en marche !
    Quand ta soif sera apaisée assure alors bien tes arrières
    Au cas où tu t’ ferais surprendre par le président patriarche !

    Tableau de Jana Brike sur https:www.kaifineart.comjanabrike .

  • La poussée amoureuse d’Archimède

    La poussée amoureuse d’Archimède

    Heureuse comme une sirène dans l’eau lorsqu’elle rencontre un amant
    Qui fait l’amour entre deux eaux à défaut de septième ciel
    Mais dont le lit de longs rouleaux lui permettra conséquemment
    Des positions amoroso qui offrent tout leur potentiel.

    Un peu comme en apesanteur mais sans conquête de l’espace ;
    Juste libérée de son poids grâce à la poussée d’Archimède
    Tout augmentée par la lenteur d’un coït qui passe et repasse
    Et dont les corps font contrepoids à une série d’intermèdes.

    Le marin finira noyé mais quel bonheur dans l’épectase !
    Quelle magnifique fin de carrière pour un loup de mer en retraite !
    Si cela peut vous apitoyer, sachez que connaître l’extase
    Sexuelle, la queue en arrière, vaut bien un dernier coup d’arête.

    Tableau Art Bay Mythos sur https:www.artbymythos.com .

  • La Grande-Sirène

    La Grande-Sirène

    La Voie Lactée, dans l’Univers, dépend de la Grande-Sirène,
    Mère des eaux disséminées dans les galaxies infinies.
    Quand une lune est en hiver, Elle l’endort d’une sereine
    Éclipse pour éliminer ses trous noirs d’embrouillaminis.

    Dans la mer de sérénité, elle vient souvent s’accrocher
    À l’île de fécondité d’un désir d’insémination
    Auprès d’autres divinités tandis qu’elle rêve sur son rocher
    Aux formes de rotondités que prendront ses constellations.

    Si celle-ci n’existait pas, nous n’aurions pas la connaissance
    Des lois cosmiques appliquées à la Grande Sirène qui sème.
    Pour le comprendre, il n’y a qu’un pas à faire pour suivre la naissance
    Des phénomènes inexpliqués qui se résoudront par eux-mêmes.

    Illustration de Chiara Fedele sur http:chiarafedeleillustrator.it .

  • De l’eau dans la tête

    De l’eau dans la tête

    Lorsque j’ai de l’eau dans la tête, je me noie dans les proportions ;
    Mon propre corps est déformé et ses frontières se dispersent.
    Une kyrielle d’épithètes dans mon cerveau en distorsion
    Nomme les objets transformés par l’âme qui s’écoule à verse.

    Quoique je fasse dans cet état sera super expressionniste,
    Complètement démesuré selon la densité de l’eau ;
    Comme l’aiguille d’Étretat à l’esprit creux antagoniste
    Ou bien la sirène azurée qui m’entraînerait à vau-l’eau.

    Je peins des tableaux à rebours, à contrepied, à contretemps ;
    J’écris des poèmes qu’il faut lire de la fin au commencement ;
    Mon cœur cumule ses débours selon les caprices du temps ;
    Tout ça finalement pour dire l’état de mon épanchement.

    Tableau de Lilia Varetsa.

  • Envoyer promener la Lune

    Envoyer promener la Lune

    J’ai envoyé promener la Lune à ma muse toujours excentrique
    Car elle me souffle des idées un peu-beaucoup dévergondées.
    Elle vient toujours inopportune vers moi, poète égocentrique,
    Pour me pousser à décider de nouveaux vers à féconder.

    Particulièrement ceux-ci que je n’aurais jamais écrits
    Si elle n’avait pas agité ses deux Robert devant mon nez, †
    Si elle n’avait, par facétie, pas bouleversé à grands cris
    Ces lignes à peine cogitées sans même les avoir terminées.

    Et puis je l’ai accompagnée durant mes phases lunatiques
    En lâchant prise à mon travail qui n’fait que me prendre la tête.
    J’ai mis du pain dans mon panier et du vin pour un pique-nique
    Et nous voici, vaille que vaille, partis pour aller faire la fête.

    (Tableau de Michael Parkes ;
    † le dictionnaire en deux tomes évidemment.)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Petit nid d’amour

    Mère Nature est nourricière et sa table approvisionnée ;
    La mer regorge de poissons et les lacs de truites revêches.
    La planète est bénéficiaire par ses saisons conditionnées
    À nous produire fruits et moissons et fournir l’amour et l’eau fraîche.

    Nous louons ce qui vient d’en haut, ce qui part en bas nous atterre ;
    La nourriture divinisée et nos déjections méprisées.
    Pourtant nous vivons en duo en équilibre avec la Terre
    Avec un corps mécanisé à déchets caractérisés.

    Sommes-nous qu’un intermédiaire ou un participant actif
    Qui transforme ainsi le vivant en matière première à engrais,
    Œuvrant le cycle subsidiaire nonobstant l’aspect olfactif ?
    Finalement, c’est motivant d’aller déféquer de bon gré !

    Tableau de Cesar Ayllón – d’après une œuvre de Hannah Silivonchyk à moins que ce ne soit l’inverse.

  • Le sarment du jeu de pomme

    Le sarment du jeu de pomme

    Et si tout cela n’était qu’un jeu ? Un éden de sournoiserie ?
    Dieu en serait le metteur en scène, Adam et Ève ses acteurs.
    D’abord on joue avec le feu, puis après quelques fourberies
    Lucifer trahit son mécène et stupéfait les spectateurs.

    Acte II : dix siècles d’errances de péchés et d’ignominies ;
    Les méchants font les grands seigneurs et les monstres deviennent rois.
    On torture dans l’indifférence sous couvert d’embrouillaminis ;
    Les prêtres font les grands seigneurs, la vie est un chemin de croix.

    Acte III : un coup de théâtre ; Jésus revient parmi les siens
    Qui l’ont bafoué, vilipendé au profit du Dieu de l’argent
    Dont les applications saumâtres issues des informaticiens
    Pourront être pré-commandées demain en les téléchargeant.

    Dernier acte et le rideau tombe, tout finit bien finalement !
    Le public lobotomisé n’était que des marionnettes
    Assistant à une hécatombe de comédie, évidemment :
    Adam est vasectomisé et Ève est une femme honnête.

    Tableau de Hannah Silivonchyk.

  • L’art des petites ficelles

    L’art des petites ficelles

    Elle connaît toutes les ficelles dont elle s’est elle-même attachée
    Et la voici donc pêle-mêle sans trop savoir se détacher
    Empêtrée dans les compromis qu’elle a longtemps trop accordés
    En perdant son autonomie qu’elle s’est auto-sabordée.

    Comme elle croit tenir les deux bouts de ce dont elle est entravée
    Elle croit pouvoir tenir debout mais cela ne fait que s’aggraver.
    Il est temps qu’elle lâche enfin son petit cordon de l’espoir
    Tellement petit et tellement fin qu’il ne tient que par désespoir.

    C’est ainsi, l’homme aime attacher tout ce qu’il aime à sa portée
    Et dont il s’est amouraché au point de ne pouvoir supporter
    De restituer sa liberté à son libre arbitre constructeur
    Et qu’elle puisse enfin déserter ce Dieu des hommes constricteur.

    Tableau de Hannah Silivonchyk.

  • La réalité déformée

    La réalité déformée

    La réalité déformée par les rêves inopinés
    Permet à la raison d’apprendre ce que le cœur lui a écrit
    Et que l’esprit a transformé en une suite embobinée
    De règles imposées à prendre et ce jusqu’à son dernier cri.

    Ainsi l’orage de mes songes renvoie des pluies de souvenirs
    Qui se révèlent chausse-trappe et des cailloux dans mes chaussures.
    Les cauchemars sont les mensonges qui ont terni mon avenir
    Et dont l’influence me rattrape dans mes convictions les plus sûres.

    Je me retrouve souvent nu dans la société qui m’a fait
    Croire que l’habit fait le moine et que l’argent fait le bonheur.
    Que sont mes rêves devenus sinon tous mes pas imparfaits
    Mais qui bâtissent le patrimoine de ce qui me met à l’honneur ?

    Tableau de Gina Litherland sur https:tonemadison.comarticlesi-work-pretty-hard-to-get-ambiguity .

  • La belle plante et le petit rabougri

    La belle plante et le petit rabougri

    On dit qu’Adam était petit et qu’Ève était une belle plante ;
    Ce n’est pas moi qui le prétends mais c’est caché dans la genèse.
    Si Ève a eu de l’appétit pour un fruit qui Adam supplante,
    C’est qu’elle était grande pourtant pour l’avoir cueillie à son aise.

    Si le serpent a préféré séduire Ève plutôt qu’Adam
    C’est que le petit rabougri n’avait vraiment rien pour lui plaire.
    Ève au contraire l’a sidéré par son regard persuadant
    Et l’autre, vieux loup lubrique aigri, a vu une aubaine exemplaire.

    Et si Dieu s’est mis en colère et a discrédité la femme,
    C’est qu’il était un dieu jaloux qui ne souffrait pas sa splendeur.
    Ainsi depuis l’homme la tolère pour ce petit détail infâme
    Mais l’entourloupe étant chelou, rendons à Ève sa grandeur !

    Tableau de Hannah Silivonchyk.

  • Les femmes à quatre pattes

    Les femmes à quatre pattes

    Qu’est-ce donc qu’une centauresse sinon une femme à quatre pattes,
    Femme qui a les pieds sur terre et du matin au soir cavale ?
    Son mari s’en désintéresse ? La voici qui se carapate
    Et restera célibataire nantie d’une queue de cheval.

    Regardez donc autour de vous, observez-les à satiété
    Selon leur type de coiffure et leur façon de rigoler ;
    Si la queue de cheval se voue à les trahir en société,
    Rire à belles dents vous assure l’meilleur moyen de les gauler.

    Si elles sont dociles à monter, attention elles peuvent ruer !
    Et quatre fers dans la figure, ça stoppe un homme pour l’aventure.
    Mais si vous savez surmonter leurs façons de tonitruer,
    Alors sous de meilleurs augures vous apprécierez ces montures.

    Tableau de Hannah Silivonchyk.

  • Nouvelle vague, nouvelles couleurs – 4

    Nouvelle vague, nouvelles couleurs - 4

    Comme la loi nous interdit de nous montrer nu en public,
    Reste le moyen artistique pour exhiber notre nudisme.
    Pas de photo abâtardie par des altérations obliques
    Mais l’image caractéristique du plus brillant impressionnisme.

    Comment peindre un phallus courbé, des seins et les parties intimes ?
    Plus gros, plus petits, effacés afin d’éviter la censure ?
    Ou, envers Gustave Courbet, montrer chaque détail ultime ?
    J’ai beau la question ressasser, aucune solution n’est sûre.

    Si l’art reste au-dessus des lois, créons l’impresso-naturisme
    Avec des sexes psychédéliques avec organes magnifiés !
    Un nu divin, de bon aloi, peut-être néo-culturisme,
    Donnera l’effet angélique comme épitaphe qualifiée.

    Tableau de Victoria Lapteva sur https:www.etsy.comfrshopLaptevaPainter .

  • Nouvelle vague, nouvelles couleurs – 3

    Nouvelle vague, nouvelles couleurs - 3

    S‘il y a une vie après la mort, comment sera mon nouveau corps ?
    Comme celui que j’ai quitté ou d’une jeunesse éternelle ?
    Je n’éprouverais aucun remords à revivre encore et encore
    Exhibant en toute équité mes plus belles formes charnelles.

    Que sont les masques devenus quand les mensonges sont abolis ?
    Plus besoin de cacher un sexe qui ne serait plus d’actualité.
    Et finalement vivre nu passionnément, à la folie
    Me redonnera sans complexe mes atours de natalité.

    La question du sexe des anges n’a jamais été résolue
    Quant à la vie après la mort, c’est mystère et boule de gomme.
    Il est bizarre autant qu’étrange que le sexe soit révolu
    Et que le singe nu soit l’oxymore, plaise à la femme comme à l’homme !

    Tableau de Victoria Lapteva sur https:www.etsy.comfrshopLaptevaPainter .