Le chat-pot est posé sur la chatte brulante Dont les cheveux de flammes réchauffent le matou. Qu’il est bon d’être aimé d’une femme stimulante ! Qu’il est bon d’être coiffé de son meilleur atout !
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Si l’effet papillon est assez chaotique, Quand il cesse de voler et reste stationnaire, La Terre entière s’arrête en transe hypnotique Car le lépidoptère est fort disciplinaire !
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En file indienne sur les dunes On change d’angle de vision. On voit les choses inopportunes Et l’horizon à profusion.
On voit les dunes sans limite Infinies comme une frontière. On s’aperçoit qu’on est ermite Et que c’est pour la vie entière.
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À la saison des amours, lorsque les cigales chantent Et les grillons du foyer assourdissent le silence, Ce regard en clair-obscur, témoin d’un cœur qui déchante Attend, espère et soupire tous ses désirs en balance.
Une alchimie de couleurs qui noie tous ses sentiments Dilue toutes les nuances qui peuvent altérer son âme. Sous les coups et les douleurs, ces morsures de piment, Qui mijotent dans le cœur et entretiennent sa flamme.
La femme en pleine lumière révèle un cœur qui s’enflamme. Elle se dore sous le soleil et fait feux de tous ses charmes. Elle se gorge, elle accumule et si elle suscite le blâme, Elle l’évacue la nuit dans ses rires et dans ses larmes.
Elle a besoin de soleil, c’est son aliment unique Pour en nourrir ses enfants fruits de ses amours triviales. Un feu ronfle dans son cœur comme un poêle magnifique Et réchauffe le foyer de sa maison familiale.
Ne lui jetez pas la pierre de discorde réfractaire. Ne jugez pas ses envies, son orgueil et sa bohème. Elle distille les maux et les soucis de la Terre Dans le creuset de son cœur et les transforme en poèmes.
Pour trouver mes idées je prends mon grand filet Dans le noir très profond là où sont les meilleures. Il suffit, pour trouver, d’avoir dans son gilet Une source de lumière et être un bon veilleur.
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Au fur et à mesure que mon bateau avance, Je déplie un par un les rouleaux de la mer. Après, je récupère son sillage en mouvance, Que je redéployerai sur sa course éphémère.
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Tandis qu’il voyait le noir dans ce monde sans lumière, Dieu a séparé d’un geste les ténèbres sans soleil. Et d’un chaos si obscur d’un faux néant de poussière, Ses yeux ont imaginé tout un monde de merveilles.
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Si un jour l’horizon devient un mur de pierre Insondable, infini, sans espoir d’échapper. Lâche prise en confiance par une simple prière Et la porte s’ouvrira pour ta belle échappée.
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Dans le noir éclairé d’une nuit sans ténèbres, Elle a longtemps bercé son ancêtre poisson. Cette ancienne sirène, femme aujourd’hui célèbre Avec sérénité la divine moisson.
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Tous les soirs à heure fixe, ils s’en vont ponctuels ; Car tous les canards suisses sont très à cheval, À vélo, en voiture, ce n’est pas conflictuel, Mais les lacs de Zürich eux, n’ont rien de banal !
Je parle et je bafouille et j’oublie mon sujet Et pendant que l’heure tourne, je n’ai pas avancé… Donc, les canards, vous dis-je, avaient donc un projet Mais pendant mon discours, les canards ont dansé…
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Nu dans mes pensées infimes, nu dans mes désirs ultimes, Je ne porte pas de masque ni la défroque des moines. Nu dans mes gestes usuels, nu jusqu’à mon âme intime, Je m’évade de la masse en me chamarrant la couenne.
Je saurai vous mettre à l’aise sans souci et sans complexe ; Je ne porte aucune arme, c’est là que réside le charme. Laissez-moi donc vous séduire par la valeur de mon sexe ; Allongez-vous sur mes vers et ne versez pas de larme.
Pendant que je vous déshabille, fermez les yeux en confiance. En ôtant votre corsage, respirez bien en détente. Tandis que glisse la jupe, ouvrez la bouche sans méfiance. Quand j’enlèverai la culotte, souffrez qu’un geste me tente.
Après avoir fait l’amour plusieurs fois dans la journée, Quand je vous aurai séduite et convertie à mes rites, Vous prêcherez ma parole, nue durant votre tournée, Tout en montrant votre corps et ses appâts émérites.
Je vous écrirai mes vers, le phallus dans votre bouche ; Je vous chanterai mes rimes en vous caressant les seins ; Vous m’inspirerez souvent pénétrée sur votre couche ; Vous brûlerez mes vaisseaux en créant de beaux desseins.
Surgissant de ses rêves oints de pensées obscures, Éclairée par un cœur ténébreux, ombrageux, Ses yeux ne sont que masques voilant la sinécure D’une vie clairsemée aux amants outrageux.
Si son cœur se perçoit faiblement sur ses lèvres, C’est qu’il a des secrets qu’il voudrait murmurer. Quand sa bouche s’entrouvre sur un sourire mièvre C’est qu’il pleure sa peine d’habiter emmuré.
Moi qui l’ai rencontrée, j’ai vu sa carapace ; Mais la triste coquille était fine à percer. Sous ses austères traits, elle était dans l’impasse ; Alors qu’il suffisait pourtant de la bercer.
Pour allumer la flamme d’une femme morose, Il suffit de frotter ses seins étincelants. Comme pierre-silex qui fait bouton de rose Et embrase le feu du creuset ruisselant.
De ce visage obscur, j’ai tiré la lumière De son sexe maussade, j’ai perçu le plaisir. Mais je n’y suis pour rien ; c’était sous la poussière Qu’il suffisait d’ôter laissant l’amour saisir.
C’est au 20, rue du quai que ma mémoire sombre Dans les plis des ruelles profondes qui s’enracinent Aux souvenirs intimes tapis dans la pénombre Qu’on extrait par lambeaux d’une peine assassine.
Les amours du passé deviennent immobiles, Durcies par la résine du temps qui cristallise. Ni mortes, ni vivantes, sans raison, sans mobile Qui était le cœur fort qui portait les valises.
Tous les plaisirs d’amour se jettent dans la mer Comme la pluie qui tombe sur la terre trop sèche. Ils n’ont rien abreuvé de leurs sources amères Et retournent intacts tous les fruits de leur pêche.
Les amours emmurées sont les plus difficiles, Ils n’ont aucun écho et sont nature morte. Les albums de photos redeviennent fossiles Quand ils sont immergés au midi de la porte.
Si les amours d’antan se perdent dans l’oubli, C’est que le temps se pose, dépose et redépose Des couches d’illusions plus ou moins anoblies Qui font fleurir l’amour d’humus de ménopause.
C’est ce soir dans la nuit brune, sous la lueur du réverbère, Que j’ai rendez-vous avec ce matou noir mystérieux. Nous partirons sur la Lune, sur la nef de Sir Herbert, Pour une balade opportune ; croyez-moi, c’est très sérieux !
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Pour ta leçon de piano, nous jouerons un concerto Et pour effleurer les touches, nous prendrons une tulipe. Une blanche pour les touches noires pour saluer Monsieur Berthaud Mon vieux professeur de chant de l’école Louis-Philippe.
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Ce n’est pas au vieux marin qu’on apprend à faire des nœuds, Ni encore moins au vieux singe qu’on apprendra les grimaces. Mais si tu m’apprends encore à être un peu moins neuneu, J’en serai plus efficace et un peu moins à la masse.
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Subrepticement sans bruit, accrochées à leurs ombrelles, Par les ruelles désertes baignées d’ombres et de lumières, Cheminent, l’air entendu, les petites demoiselles. Elles vont chez leur amant, la seconde et la première.
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Regardez-la bien, c’est la première fleur, Celle qui vient en avance, qui vient en éclaireur. Si vous l’apercevez, le matin de bonne heure, Respirez-en l’arôme vite avant qu’elle ne meure.
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Elle a caché son amant dans le placard de ses rêves, Esquissant une beauté comme d’une contenance. Elle est divisée en deux d’une querelle sans trêve, Entre amante et soupirante ou femme par alternance.
L’amant furtif joue le jeu d’un butineur de fleurettes. C’est un jardinier heureux qui va où le vent le porte. L’amante est sur le qui-vive, d’éternelles amourettes Consommées sur le tapis, n’importe où en quelque sorte.
Si elle essaie d’échapper à l’emprise masculine, Le lascar va menacer de changer de crèmerie. Si elle essaie d’attirer toute son adrénaline, C’est lui qui baisse le feu, d’hypocrite mômerie.
Elle se plie à ses jeux, s’humilie comme une bête, Offrant tous ses orifices à son plaisir égoïste. Lui, pour la récompenser, lui parlera des courbettes Que fait sa femme au foyer comme tout bon altruiste.
S’il l’emmène en vacances, c’est pour faire bonne mesure Lorsqu’il part en séminaire ou devant sa clientèle. Il s’en sert comme jouet, et cela sans démesure Mais pour pouvoir le quitter, faudra faire dans la dentelle !
Maman, les petits bateaux qui naviguent par deux, Ne sont-ils faits que de bois ou sont-ils amoureux ? Et quand ils se rapprochent d’un air galvaudeux, Est-ce pour accoucher d’un amour langoureux ?
J’en ai vu, ce matin, deux petites chaloupes, À peine accastillées dans leurs premières voiles. Je les imaginais venant de Guadeloupe Débordant de soleil aux poussières d’étoiles.
Ils se sont échappés loin de leur bateau-mère, Louvoyant les récifs et les côtes amères. Puis, dans le lagon bleu, ténébreux, outremer, Ils se sont embrassés bercés par leurs chimères.
Je vous l’avoue, maman, les bateaux ont un sexe ! Mars avait un grand mât, que dis-je, un braquemât ! Vénus avait la poupe légèrement circonflexe Et le mât dans la poupe a grimpé l’audimat !
Pipe en bois ou brouette, levrette ou missionnaire, Ils ont fait de tout bois chaque pose amoureuse. Ça grinçait par moment, c’est extraordinaire ! J’ai appris que la mer était avant coureuse.
Vous dirais-je, maman, ce qui fit mon tourment ? Ce n’est pas de connaître enfin la libido De ces petits bateaux à l’appétit gourmand, Mais de n’avoir pas su être aussi rapido !
Quand elle fait sa danse en costume nature Et qu’elle offre sa fleur à qui veut la goûter, Sa fontaine jaillit comme une forte armature Et capture l’amant qui n’est point dégouté.
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Sur mon île déserte, j’ai hissé la grande voile, Sur l’arbre d’artimon, le grand et de misaine. J’ai jeté l’encre bleue de nuit sous les étoiles Et je file plein ouest rejoindre ma toulousaine.
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Tout le secret du lait crémeux de la bufflonne, C’est dans ses ablutions qu’il faut aller chercher. Douche froide sur les cornes feront les farfallonnes À la mozzarella, bien meilleures au marché.
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Cette ligne en sandwich entre le ciel et l’eau Est la frontière intime entre deux existences. Elle reflète la voûte et tout son firmament Et voile les abysses et toutes subsistances.
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Mes jolis petits mâles viennent de se faire la malle ; La horde a rejeté, la horde n’a pas aimé. Ils s’en vont tous les deux, queue à queue animale, Se faire un gros câlin pour se décarêmer.
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Pour mieux te caresser, j’ôterai ta culotte, Caresserai le fruit guidé par le désir. Et quand tu jouiras, j’entendrai la hulotte Répondre à nos amours par son cri de plaisir.
Je poserai mes lèvres sur tes lèvres humides En glissant doucement mon organe fiévreux. Je tèterai goulûment, à ta bouche timide, Ta langue gémissante à l’arôme amoureux.
Je soutiendrai ta tête comme un petit bébé Que je prendrais au bras pour lui donner le sein. Répétant sur ta nuque des massages adoubés Qui te feront chanter au son du clavecin.
Pour tes seins arrondis, je n’ai cesse d’acter D’en pincer le bout rond de chaque mamelon. Et d’aspirer du doigt le liquide lacté Qui nourrira l’amour de miel et de melon.
D’abord juste à l’entrée du temple d’agrément, J’en baiserai les lèvres cachant le clitoris. Et puis profondément j’hisserai mon gréement Et déploierai les voiles sur la mère orifice.
Lorsque pleurent les marasmes dans les hivers de l’histoire, Dans la grisaille des villes, je recherche la lumière. J’ouvre mon cœur aux fantasmes, les plus éjaculatoires, Qui ébranlent les murailles et tous ces murs de poussières.
Entre les pierres des murs, j’ai trouvé cette rosette ; Je lui ai sucé le cœur, l’ai arrosé de mon sperme. Tout en l’entendant gémir, j’ai mordillé sa noisette Enfouie en profondeur des ourlets de l’épiderme.
C’est alors qu’elle a poussé et ses soupirs et ses branches Pour recueillir dans le vent la réponse à ses caprices. J’ai continué patiemment, avec sexualité franche, Quarante jours, quarante nuits, la culture séductrice.
Elle en a mouillé les draps recouvrant les fondations Des murs odieux qui enferment ma liberté de vision. En versant l’eau au verso allant à l’inondation Jusqu’à péter les murets et les portails des prisons.
En unissant les boutons de toutes ces roses à foison ; En reliant les mamelons de ces fleurs, juste nubiles ; En éjaculant sans cesse dans les plis de leur toison ; J’ai recouvré le printemps et retrouvé ma Sybille.
Debout sur le ponton de la rivière orange, Je regardais s’enfuir mes souvenirs bleutés. Tout est complémentaire dans l’univers étrange, C’est pourquoi ma sagesse est un peu folletée.
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Quand le soleil se lève sur les plateaux glacés, La tête broutant l’herbe, vont les gentils moutons. Si l’un d’eux l’apprécie d’un geste déplacé, Il n’en sera pas moins à l’abri des gloutons.
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Partout où vous irez, vous la rencontrerez, Ma bulle de couleurs qui traverse les rues. Elle sème du bonheur dans les cœurs apeurés, Parée de mille teintes comme coquecigrues.
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Flèches augustes et fières, taillées de précision, Vous indiquez midi dans le temps suspendu. Le présent est figé comme d’une incision Dans l’univers réel aux cordes des pendus.
Ces horloges insidieuses me semblent trop parfaites Et leurs clochers ne savent rien faire que donner l’heure ; Aux quatre coins du monde, leurs images surfaites Paraissent briller d’or mais ne sont que des leurres.
Mais si la perfection est montrée au pendule, Nul ne la trouvera, ni midi à sa porte. Dans la tour de Babel, les langues incrédules Sont brouillées à jamais et le chaos l’emporte.
Les cloches régulières veulent rythmer la vie Que les saisons n’ont su imposer dans ce monde. Les carillons d’antan, répétés à l’envi, Ne sont que des chimères et des repères immondes.
Mais la vie elle-même n’est pas une mécanique. Elle est faite d’amour et respire la confiance. Ce monde trop parfait ne transmet que panique Et la mort endormie en fait son alliance.
Entre les branches de l’arbre je cherche encore ma place Est-ce là-haut sur cette branche, là où chante mon oiseau ? Est-ce flottant sur les ondes dans ce bateau monoplace ? Ou bien dans le cœur de l’arbre, là où penchent les roseaux ?
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Tous les soirs au crépuscule après sa journée de peine, Le soleil s’écroule en pleurs dans une gerbe de couleurs. Ô Soleil, tu as donné tout le sang chaud de tes veines ; Ta course s’est terminée, va donc panser tes douleurs !
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Tous ces petits anges à plumes que j’entends dès mon réveil Dénoncent mes infortunes et m’annoncent mes fortunes. Ce matin l’un est venu murmurer à mon oreille Qu’aujourd’hui tout recommence ; les amours sont opportunes.
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Aussitôt qu’elle voit la jolie montgolfière, La mer claque son bec sur la proie innocente. Et les dents acérées sont abasourdissantes Quand elles se referment sur la nacelle truffière.
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J’ai redessiné ma ville avec de jolies peintures. D’abord les cheminées noires que j’ai transformées en arbres, Puis les murs gris des usines, repeints pour l’agriculture, Et le macadam sinistre, en un lac comme le marbre.
Enfin la magie opère et je vois la vie renaître. Le ciel s’ouvre et la lumière inonde la citadelle. Les oiseaux reviennent en foule, il faut bien le reconnaître Et fait, du chant de la Terre, revenir les hirondelles.
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Pavillon isolé mais riche de lumières, Mon petit atelier, ma bulle souveraine Plantée dans les couleurs diluées des poussières Transcrites dans le vent par le chant des sirènes.
Mais c’est surtout la nuit lorsque le temps s’arrête Que mon corps devient corde et que mon cœur résonne. Il vibre par le chant des femmes en queue d’arête Qui m’ensorcelle l’âme et l’esprit déraisonne.
Je me mets à bouger comme une marionnette, Animée par des fils conduits par des sorcières. Je fais fuir les épouses et les maris honnêtes Qui me croient l’esprit sot et l’âme souricière.
Mais c’est là que j’écris mes rimes aujourd’hui Quand j’écoute le vent qui murmure à l’oreille. Les fumées alentour vous montrent où me conduit Le doux chant du zéphyr à nul autre pareil.
On me dit égoïste chargé d’ingratitude, Mais si j’ai fuis le monde c’est pour mieux le comprendre Dans la nature alpine et dans ma solitude ; Et mon cœur est en paix d’avoir à vous l’apprendre.
Je me souviens à présent, après ces années de fuite, De ma jeunesse perdue sur les bords du lac Sevan Quand je courais l’aventure et les filles à ma poursuite Dans les ruelles étroites de ma chère Kirovakan.
J’ai parcouru des régions, j’ai traversé des frontières ; Dans une main, ma valise ; dans l’autre main, ma promise. J’ai emmené mes enfants pour une ville côtière Sur la Méditerranée avec juste une chemise.
Le soir entre chien et loup, je vais arpenter la grève Et je lève mon regard fixé sur la Bonne-Mère. Le soleil saigne la mer sous le vent soufflant sans trêve Et dessine dans le ciel le visage de ma mère.
Et je la vois accouchant dans un murmure de silence Tandis que je vagabonde de son sein vers l’autre monde. Et quand s’ouvre le passage comme une sourde violence, J’abandonne mon caveau, loin des souvenirs immondes.
Je renais sur cette Terre, accueilli par des caresses ; Je renais dans cette ville avec mes sœurs et mes frères. Pour remercier mon Dieu de l’amour et la tendresse Je vous offre ma cuisine et mon cœur pour vous distraire.
Les glaciers ont fondu et ont pleuré leurs larmes ; Les montagnes ne sont plus qu’un souvenir amer ; Seul le souffle du vent a propagé l’alarme ; La Suisse tropicale est au fond de la mer.
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Aujourd’hui tout est gris, je n’ai pas de couleurs. La nature est en deuil et le temps est en pleurs. Le tonnerre a brisé à grands coups de canons Le silence de peine sur tous les cabanons.
Le brouillard me dilue les lumières perdues, Étouffant sous son aile en pesant son étoffe. La froidure m’engourdit après m’avoir mordu Et je sens son venin dans mes vers et mes strophes.
Dans mon bunker d’hiver j’entends sourdre le vent Qui s’allie à la neige effaçant toute trace. Comme ce pugilat entre les morts-vivants Et les derniers fidèles sous la gelée vorace.
Même le temps trahit le soleil invisible ; Il raccourcit les jours et allonge les nuits. La frange de lumière devient presque illisible Et les ombres accordent le baiser de minuit.
Mais les étoiles brillent et continuent leur course À travers le zodiaque au-delà des nuages. Sous la monotonie du manque de ressource, Je brûle mes chimères au cœur d’écobuage.
Ce n’est pas tant l’échelle qu’il faut bien déployer, Ni le vertige amer là-haut sous la Grande Ourse, Mais le milliard d’ampoules que je dois employer, Tout le stock à gérer et mes pauvres ressources…
En revanche si je trouve une personne pour m’aider, Le faire alors à deux est bien plus agréable. C’est pourquoi mon annonce est ainsi concédée : « Pour s’envoyer en l’air, cherche femme convenable ! »
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J’ai accroché à ma tête une guirlande d’idées ; Des idées noires et sombres pour les journées monotones, Des idées plus lumineuses pour les journées déridées, Tout dépend de la saison, du printemps ou de l’automne.
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Regardons au-delà de nos peurs et nos peines. N’embourbons pas nos yeux dans l’humus pourrissant. Les arbres ne sont pas des serrures ou des pennes, Mais peuvent nous ouvrir vers des lieux nourrissants.
Laissons-les s’écarter et montrer notre route. Laissons-les nous montrer qu’il n’y a pas de frontière. S’ils relient le soleil à la terre, sans doute, Ils seront les passeurs vers une autre matière.
Quand nous sommes en forêt cernés par leur présence, Nous savons qu’ils ne sont ni gardiens ni limites. Ce ne sont que des portes exemptes de malfaisance Qui permettent d’oser de partir en ermite.
Pour moi, ils ont ouvert le passage du choix ; Dévoilant l’horizon caché sous la barrière. Inexorablement, jusqu’à ce que je choie Dans une initiation pour une autre carrière.
Il n’y a d’illusion que pour les non-voyants ; Ceux qui s’arrêtent au mur, écrasés sous leurs charges. Mais il faut invoquer son ange prévoyant, Courir vers le bateau qui nous emmène au large.
Au plus profond des nues, c’est comme une avenue ! Dans les couloirs du temps, du beau jusqu’au mauvais, Les oiseaux se rassemblent, en foule, ils sont venus Par l’itinéraire-bis de Paris à Beauvais !
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Depuis son nuage blanc guidé par un chant de flûte, Le petit marchand de sable vient coucher les enfants sages. Accompagné de Nounours, sur des toits pleins de volutes, Il apporte le sommeil rythmé par un séquençage : « Pom-pom-pom-pom pom pom » chante-il comme une turlute « Et bonne nuit les petits ! » dans un cavalier pansage.
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Le meilleur moniteur de vol c’est mon minet. Il est fieffé voleur et joueur à ses heures. Il aime tout ce qui vole, surtout pour son diner. Si l’élève est doué, il en fera son beurre !
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D’abord subtilement il lui fait un bisou. Un bisou papillon comme ça va de soi. Ses ailes bigarrées lui font l’air d’un zazou Et l’enfant est ravi de son baiser de soie !
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À son sommet coiffé comme une capucine On devine le roc fort comme un membre bandé. J’entends souffler l’amour dans les nues abyssines Sur les monts éthiopiens en soupirs gourmandés.
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Prendre ses bains debout n’est pas très salutaire. Prendre des bains de boue, c’est un peu terre-à-terre… Archimède a trouvé qu’en plongeant son corps nu Les femmes ont envie de téter sa cornue.
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Elle est entrée sans bruit ; je n’ai rien entendu. Quand j’ai ouvert la porte de la salle de bains, Elle était toute nue comme de bien entendu Et parlait espagnol avec l’accent cubain.
« Te amo mi amor » m’a-t-elle susurré En écartant les jambes et me tendant les bras. Moi, je bandais à mort pas très bien assuré, Je lui ai répondu « yo también, me encanta! »
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