Blog

  • Le cœur au quatrième top

    Le cœur au quatrième top

    Au premier top, mes sens s’éveillent par l’audition et la vision ;
    Au deuxième top, mes sens opèrent par l’odorat puis, par le goût ;
    Au troisième top, je m’émerveille par le toucher en position
    Afin qu’ensemble, ils coopèrent pour que, tout de vous, je m’engoue.

    Au quatrième top, c’est le cœur qui entend, qui voit et qui sent,
    Qui goûte et touche tout l’amour qui émane de votre aura.
    De tous mes sens, il est vainqueur, pathétique et compatissant
    Car il vous touche de son humour en accord de son lectorat.

    Tableau de Daria Petrilli sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201704Daria-Petrilli.html?m=1 .

  • La flèche bleue

    La flèche bleue

    Si Moi, flèche bleue d’Aphrodite, perce davantage les cœurs
    Que ce stupide Cupidon avec son esprit déluré,
    En amour, je dois, sans redite ni de rabâchage moqueur,
    Mais d’un seul impact pudibond toucher l’âme-sœur désirée.

    Ma pointe, d’un acier trempé, est plongée dans les bleus de l’âme
    Puis, dans les rires et les larmes durant un silence plombé.
    Enfin, je vise sans me tromper ; je tire et troue l’air de ma lame
    Sans lui laisser sonner l’alarme et fends le cœur d’une flambée.

    Photo de Absynth Photo.

  • Fée Floréale

    Fée Floréale

    Bien que nous soyons en automne, j’ai convié la Fée Floréale
    À agrémenter mon balcon qui se lamentait sous la Lune.
    Exit les plantes monotones, bonjour fougères idéales
    En petits jardinets féconds et jardinières de callunes.

    Quelques guirlandes disposées dans les bosquet comme éclairage ;
    Une tortue et trois grenouilles pour compléter l’exposition
    Hélas, le temps indisposé à fournir soleil et orage
    N’a fait pousser qu’une citrouille dans la florale composition.

    Tableau d’Annie French.

  • Joséphine et ses chats

    Joséphine et ses chats

    Comme elle désirait un chat, elle en eut trois séparément
    Le premier offert par sa mère et le deuxième par sa voisine.
    Le troisième, elle le dénicha, lui ouvrit avec agrément,
    Malgré la circonstance amère, la fenêtre de sa cuisine.

    Mais elle n’avait qu’un canapé dans son petit appartement
    Si bien que tous se disputaient le droit d’y gagner leurs caresses.
    Il fallait les voir galoper ! À chaque occasion prestement,
    Ils s’y battaient, s’y culbutaient pour y conquérir leur maîtresse.

    Tableau de Didier Lourenço.

  • Abondance de fleurs

    Les Fleurs de printemps ont crevé les couches glacées saisonnières.
    Ces primevères approuvées comme véritables pionnières ;
    Ces ridicules perce-neige mais qui n’ont pas eu froid aux yeux ;
    Et les pâquerettes au manège en trois petits tours merveilleux.

    Les Fleurs d’été sont à la fête pour toutes les bêtes-à-bon-dieu.
    Coquelicots et capucines parsèment la joie dans les champs ;
    Les tournesols tournent la tête vers un roi-soleil radieux ;
    Les lauriers-roses sur les collines égayent les soleils couchants.

    L’automne dore son calice avec l’ambre mêlée de rouille.
    Colchiques mauves dans les prés annoncent la fin de l’été ;
    Des lys et des volubilis fleurissent autour des citrouilles ;
    Et l’édelweiss veille au plus près par ses étoiles reflétées.

    Photos de Cecilia Paredes.

  • Femmes-troncs et jambes impressionnistes

    Des femmes-troncs, on imagine assez mal leurs jambes et leurs pieds
    Ainsi que les stars qui embrassent leurs mâles en plan américain.
    On peut en montrer l’origine, en installant sur un trépied
    Des prothèses mais ça embarrasse l’élite et tout le saint-frusquin.

    Et si les tableaux des musées avaient des jambes à la hauteur,
    Ils vadrouilleraient dans les rues en promulguant l’art populaire.
    Les gens seraient bien amusés de voir tous les plus grands auteurs,
    Tous nos chers peintres disparus et leurs chefs-d’œuvre spectaculaires.

    Ne sommes-nous pas tous d’ailleurs de véritables tableaux vivants ?
    J’ai pour épouse une Joconde dont la valeur croît grandement.
    Moi-même poète scribouilleur, je suis l’artiste connivent
    Qui fait des rimes vagabondes de pieds aux beaux enjambements.

    Photo d’eyeAm et créatifs au Japon qui se sont déguisés en tableaux célèbres pour la parade d’Halloween.

  • Vive la simplicité !

    La mode imprime la signature au corps d’un passe sanitaire
    Et nous couvre de QR-codes comme ceinture de chasteté.
    Elle nous impose la couverture de nos systèmes immunitaires
    Protégés par un digicode fors notre pudeur contestée.

    Aux bras, les moyens de paiement ; aux cuisses, les titres de transport,
    Aux pieds, chaussures sécurisées ; aux mains, gants « Virtual Reality »
    Aux seins, des électro-aimants qui serviront de passeport
    Et un sexe remasterisé si son genre est sous garantie.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Eurêka Virus !

    Eurêka Virus !

    La surpopulation nous guette car la Terre n’est pas assez grande
    Pour accueillir et pour nourrir l’humanité d’ici vingt ans.
    Heureusement, d’un coup de baguette, la science nous a fait l’offrande
    D’un manière de mourir au profit des gens importants.

    Évidemment quand on est riche, on a envie d’être le roi
    Entouré de sujets, d’esclaves et de courtisanes adultères.
    C’est la raison pour laquelle trichent tous ceux qui se sentent à l’étroit
    Pour mieux nous garder dans l’enclave de la réserve humanitaire.

    Photo de Howard Schatz.

  • On va tous vous tuer mais c’est pour notre bien !

    Vivent la France et l’Amérique, la Russie et la Chine unies !
    Sauf que ce slogan mirifique ne vaut pas pour les démunis
    Mais seulement pour une élite de riches, puissants et nantis
    Qui vivront dans un satellite le temps qu’on soit anéantis.

    La Covid n’est qu’une rumeur pour vacciner toute la planète
    En inoculant la tumeur qui tuera tous les gens honnêtes.
    Après viendra l’ordre nouveau qui pleurera le sacrifice
    De tous ses moutons et ses veaux qui ont gobé le maléfice.

    Photos de Lee JeeYoung sur http:elmarquesdeco.blogspot.com201402jeeyoung-lee-un-juego-hipnotico.html .

  • Ultime bain de couleurs

    Ultime bain de couleurs

    Quand l’automne aura replié sa panoplie de rouille et d’ambre,
    L’hiver dressera son décor de gelées blanches et de grisailles.
    La fête resterait oublié si le solstice en fin décembre
    Ne venait ranimer encore les feuilles mortes en représailles.

    Comme un égrégore fantastique chevauchant un cheval bleu-nuit,
    Surgit des pays de cocagne Yule, le chevalier polaire
    Qui commande d’un geste drastique l’invasion au coup de minuit
    À ses troupes dans les campagnes sans sommation protocolaire.

    Tableau d’Iris Scott.

  • Dernier bain de couleurs

    Dernier bain de couleurs

    Quand flambe le bouquet final, né au printemps puis, feu d’automne,
    Toute la flore s’applaudit d’avoir si bien joué son rôle.
    L’habituel chemin vicinal ne sera jamais monotone
    Tant que les arbres ébaudis s’impressionneront sans parole.

    Et le rideau retombera par ses grands vents humides et froids
    Et tout le décor pâlira dans un camaïeux gris et blanc.
    Seule la Lune bombera sa pleine figure sans effroi
    Et seul le Soleil palliera au temps maussade sans faux-semblants.

    Tableau d’Iris Scott.

  • La gardienne germinale

    La gardienne germinale

    L’esprit des fleurs est prisonnier et enfermé à double-tour
    Par la gardienne germinale dans les semences et les graines.
    Tandis qu’à coups de tisonnier on se protège sans détour
    Contre la froidure hivernale des flocons que la neige égrène.

    Prisonnier mais pas pour longtemps car la résistance s’étend
    Dans les silos et les greniers, dans les plants et les pépinières.
    Et aux premiers jours du printemps, tous ces combattants végétant
    Vivront l’acquittement printanier s’énoncer dans les jardinières.

    Tableau de Daria Petrilli sur https:www.tuttartpitturasculturapoesiamusica.com201704Daria-Petrilli.html?m=1 .

  • Chili Girl

    Chili Girl

    Chili-Girl aimait pimenter les soirées de ses invités
    Qu’elle triait sur le volet selon leur goût pour le piquant.
    De ses lèvres condimentées d’un soupçon d’agressivité,
    Elle embrassait à la volée de baisers les plus urticants.

    Moi, qui adorait les piments rouges ou vert ou paprikas,
    J’ai apprécié le goût poivré de sa peau rehaussée de Cayenne
    Nous avons joints nos sentiments dans cet arôme délicat
    Des échanges aux fluides enfiévrés bien supérieurs à la moyenne.

    Photo de Svetlana Mandrikova.

  • La clef des songes

    Un inventaire à la Prévert, un catalogue à la Magritte
    Et les images s’affranchissent de leur futile identité.
    L’œuf redevient l’acacia vert, le melon, de neige hypocrite
    Et les orages se rafraîchissent dans un grand verre de vérité.

    Magritte était-il complotiste lorsqu’il dénonçait l’étiquette
    Que l’homme posait sur un objet que son vocable démentait ?
    Prévert était-il anarchiste dans ses poèmes où, en cachette,
    L’irrationnel était sujet à dire ce qui le tourmentait ?

    Magritte a raison ; les images ont autant de mots que de langues
    Et la bougie, dans un plat, fond sans se retrouver sur nos têtes.
    Les mots-valises rendent hommage par un effet de boomerang
    À l’illogisme le plus profond dont j’aime me faire l’interprète.

    Tableau de René Magritte.

  • Ève au tricot

    Ève au tricot

    Une fois la pomme croquée, Ève se découvrit les seins nus
    Et s’empressa de les cacher oui mais avec quoi et comment ?
    Une peau de bête troquée au premier animal venu
    Lui fit une robe harnachée qui lui suffit sur le moment.

    Mais plus Adam l’ensemençait, plus elle pondait à perdre haleine
    Et plus sa poitrine à l’étroit prenait une place outrancière.
    En même temps, elle commençait, goûtant au travail de la laine,
    Maille à l’envers, maille à l’endroit, à se tricoter des brassières.

    De bonnet A en bonnet B, de bonnet C en bonnet D,
    Elle tricota, détricota, jusqu’au gabarit « vache à lait ».
    Mais ils ne sont jamais tombés, au contraire ont tant débordé
    Qu’elle en dépassa son quota de tonte sur ses agnelets.

    Eva Herzigova photographiée par Tim Walker sur https:anneofcarversville.comstyle-photos2016821tim-walker-captures-breasts-overload-in-portrait-of-a-lady-for-love-fw-2016 .

  • Mozambique en mosaïques

    Soleil de feu, mer mosaïque en vaguelettes virginales ;
    L’aigue-marine du ciel d’azur au littoral omniprésent ;
    Tous ces reflets du Mozambique dans les images subliminales
    Parlent à mon cœur dans l’embrasure de la fenêtre du présent.

    Toutes ces couleurs dithyrambiques de la nature originelle ;
    La faune et la flore imbriquées dans les rapports les plus divers ;
    Tous ces éclats du Mozambique dans ses ethnies traditionnelles
    Réveillent mon âme étriquée et lui ouvre son univers.

    Tableaux de Natalia Shatrova.

  • Les goûts et les couleurs

    Puisqu’on peut se marier transgenre, s’aimer parfois dans la douleur,
    Je m’attends à voir sans complexe montrer sa liberté pubienne.
    Puisqu’il faut ignorer les genres, mettons notre peau en couleurs
    Selon les valeurs multisexes, hétéros, homos, bis, lesbiennes.

    Les hétéros resteraient roses, sans changer vraiment leurs arrières ;
    Les homos et gays, tous en jaunes, toutes races unies, blanches ou noiraudes ;
    Les bis, selon qu’ils font la chose, rose devant, violet derrière ;
    Et les lesbiennes en amazones maquillées de vert émeraude.

    Photo d’Alessandro Michele.

  • Juste avant l’aube

    Juste avant l’aube

    Juste avant que l’aube n’aborde, les oiseaux crèvent le silence,
    Chacun sur sa branche scellé pour célébrer le Soleil-Roi.
    Comme un orchestre qui s’accorde, les becs testent avec vigilance
    Leur organe afin d’exceller à Lui garantir Son octroi.

    C’est ce moment qu’elle préfère, blottie dans ses draps de satin
    Pour se concentrer à inviter ce qui composera sa journée.
    Elle prépare ses affaires sereinement dans ce matin,
    Voire les ennuis à éviter, pour bien commencer sa tournée.

    Illustration de Edwin Georgi.

  • L’impudique maîtresse

    L’impudique maîtresse

    J’entends le présent sonner creux des résonances du passé
    Et le futur, sourd à ma quête, rendre son immonde silence.
    Le temps se montre langoureux comme une femme compassée
    Dont j’aime faire la conquête mais qui me répond d’insolence.

    Le temps, infernale maîtresse, régit toute mon existence.
    Impudique et inconvenante, d’une humeur toujours spontanée.
    Tantôt alliée, tantôt traîtresse, je ne compte plus les instances
    Où elle se montre impertinente sur le nombre de mes années

    Tableau de Marcin Mikołajczak.

  • À la mode de Vincent

    À la mode de Vincent

    Comment son œil impressionniste verrait-il ce monde en folie
    Sous la couleur de l’épouvante, sous la douleur de l’oppression ?
    Et dans le cadre sécessionniste qui combat la mélancolie,
    Comment peindrait-il l’éprouvante violence de la répression ?

    Les terrasses des cafés éteintes ne seraient que l’ombre d’elles-mêmes
    Sous la nuit étoilée lugubre, confiné dans sa chambre en Arles.
    Les champs de blé en demi-teinte, iris, tournesols, chrysanthèmes,
    Ressortiraient bien insalubres de sa peinture qui nous parle.

    Photo de Shusaku1977.

  • L’esprit de Mona Lisa

    L’esprit de Mona Lisa

    Par l’esprit de Mona Lisa guidant la main de Léonard
    L’inspiration devient boussole et dirige le sens de mes vers.
    L’art me délivre ses visas sur mon passeport goguenard
    Qui me sourit et me console pendant mes longues nuits d’hiver.

    Je trempe dans le clair-obscur de son sourire mystérieux
    Cette encre d’abord invisible qui se révèle sympathique.
    Alors la plume me procure comme un désir impérieux
    Qui touche la corde sensible de mon audience pathétique.

    Photo de fabiogis50.

  • La peinture hygiénique

    La peinture hygiénique

    À l’instar de l’autoradio et du baladeur MP3,
    La mode est à l’art transporté ; tous les goûts vont dans la nature.
    Car les grands maîtres primordiaux, dans les musées, sont à l’étroit
    Mais savent me réconforter à pied, à cheval, en voiture.

    Avec Van Gogh, j’aime dormir dans les blés à la belle étoile ;
    Avec Monet, j’aime plonger dans les couleurs complémentaires ;
    Avec Renoir, le souvenir des bals musettes se dévoile
    Et Picasso vient prolonger mes voyages autour de la Terre.

    Photo de Shusaku Takaoka sur https:voyage-onirique.com20190928shusaku-takaoka .

  • Les souvenirs de l’au-delà

    Les rêves absurdes m’interpellent plus que les autres que j’oublie. ;
    Sans doute lèvent-ils un voile sur une autre éventualité ?
    Tout simplement, ils me rappellent un souvenir que je publie
    Issu du cœur d’une autre étoile dans une autre réalité.

    Les femmes fantasmagoriques que je rencontre m’ont aimé
    Et nos enfants sont devenus mes anges-gardiens attitrés.
    Dans mes poèmes métaphoriques, j’en ai par milliers essaimés
    Grâce aux décisions soutenues que leurs mères ont su m’arbitrer.

    Tantôt brune ou bien blondinette selon la couleur de la Lune,
    Tantôt châtain ou bien rouquine, encore amoureusement vôtre.
    Toujours jolies et choupinettes, donnent à mon âme sa fortune
    D’une valeur des plus coquines que j’emporte d’une vie à l’autre.

    Tableaux de Neil Gaiman.

  • Un monde fou, fou, fou

    Dès l’instant où il vient de naître, il ne voit que dans sa fenêtre
    Un monde surdimensionné, impossible à ambitionner.
    Famille, école et camarades lui tissent une mascarade
    Qui fait le décor de l’enfance dans cet univers sans défense.

    Lorsqu’il quitte l’adolescence tout lui paraît obsolescence.
    Le monde adulte périmé le laisse un moment déprimé.
    D’une mentalité guerrière, il commence alors sa carrière
    Dans l’univers économique d’une existence tragi-comique.

    Quand sonne l’heure de la retraite, il veut tout faire d’une traite :
    Voyager, découvrir le monde, fuir la société moribonde.
    Mais si l’expérience a fleuri, il ne vit que de ronfleries…
    Comprendra-t-il sans doute à tort son but au-delà de la mort ?

    Tableaux d’Aleksei Bordusov aka Aec Interesni Kazki.

  • Changement d’air

    L’expression « Vivre avec son temps » dite à l’encontre de nos parents
    Nous servait à les critiquer pour imposer nos idées neuves.
    Nous désirions notre content d’un monde moderne et transparent ;
    Un paradis sophistiqué où chacun y ferait ses preuves.

    Cette expression s’est retournée comme une pierre qu’on a jetée
    Dans le petit jardin secret que nous cultivions en pionniers.
    Le sommeil nous a détournés d’un temps qui nous a rejetés
    Avec des lois et des décrets pour nous maintenir prisonniers.

    Tableaux de René Magritte.

  • La confiance aveugle

    « Fermez les yeux, ouvrez la bouche ! » nous clamait la publicité
    Afin de nous mettre en confiance et nous faire boire ses paroles.
    Peu à peu, tout ce qui nous touche nous est dicté, plébiscité
    Par nos proches sans méfiance qui le répètent à tour de rôle.

    Aujourd’hui l’état a gagné, nous sommes tous assujettis
    Tout le monde sauf un petit nombre qui résiste à l’envahisseur.
    Quant à ceux qui ont regagné le cocon des reconvertis,
    Ils ne se sont que parqués dans l’ombre de leurs maîtres asservisseurs.

    Photos de Tim Tadder.

  • Le songe d’une nuit de pleine Lune

    Le songe d’une nuit de pleine Lune

    Quand la pleine Lune paraît, s’extériorise à l’évidence
    L’envie d’enfant s’épanouir surtout lors des nuits estivales.
    Et lorsque l’astre disparaît, se manifeste en coïncidence
    Le besoin de s’évanouir dans l’ombre de cet intervalle.

    Moi qui suis né à mi-juillet, il semblerait par déduction
    Que ce soit la Lune d’octobre avec son halo transparent.
    Je vous en fiche mon billet qu’il y ait délit de séduction
    Envers des étoiles moins sobres qui auraient ébloui mes parents.

    Illustration de Franklin Booth.

  • L’amant de la sirène

    L’amant de la sirène

    Besoin d’amour, de protection, envie d’étreintes et de soutien
    Ont apporté à la sirène un culte plus que de raison ;
    Par son appétit d’affection, sécurité et entretien
    Elle a troqué sa vie sereine pour s’attacher à la maison.

    Et quelles attaches, mes amis ! Une pieuvre aux huit tentacules
    Qui la protègent et qui l’étreignent de ses ventouses à coussinets.
    Et si jamais un ennemi montre son nez, il l’émascule
    Afin que la belle s’astreigne à lui donner des poulpinets.

    (Tableau de Frank Brunner.
    Il ne semble pas qu’il existe un nom particulier pour parler du petit de la pieuvre. On peut utiliser l’expression « bébés pieuvres » ou faire un barbarisme comme moi avec « poulpinets ».)

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux d’en mentionner le nom avec respect.

  • Chat échaudé

    Chat échaudé

    Prêt à remplacer les humains par son esprit de conquérant,
    Minet s’amuse en attendant en dépit de nos sentiments.
    Un coup de griffe sur la main si tu te montres belligérant
    Ou un ronron surabondant si tu fais preuve de compliment.

    Il te pelotera le ventre en te prenant pour sa maman ;
    Il te mordillera l’oreille pour se sentir de ta portée ;
    Il occupera tout le centre de ta vie pour de longs moments
    Et il n’aura pas la pareille d’empoiler tes prêt-à-porter !

    Photo de Mario Sorrenti.

  • Cette infime frontière

    Cette infime frontière

    Touchez cette infime frontière par sa tension superficielle
    Entre le monde du dessus et l’antimonde du dessous !
    Passez de l’air à la matière juste à la porte interstitielle
    Et vous ne serez pas déçus d’en jouir de tout votre saoul !

    Bien sûr, nous sommes nés de la mer ; bien sûr, le liquide amniotique ;
    Bien sûr, l’élément de la vie ; bien sûr, l’essence de la Terre.
    J’aime la sensation douce-amère d’hériter pour tout viatique
    Cette fortune en indivis dont nous ne sommes que locataires !

    Photo de Mario Sorrenti.

  • Pavillon d’automne

    Pavillon d’automne

    Le soleil, bas sur l’horizon, courbe l’espace et la lumière,
    Raccourcit les heures du jour, prolonge celles de la nuit.
    Qu’elle est humide sa prison bien enfermé dans sa chaumière !
    Qu’il est silencieux le séjour, qu’il est monotone l’ennui !

    Aux feuilles arquées en pavillon comme une oreille qui entend
    Le temps interrompre son vol et le vent souffler sa berceuse.
    Dormez chenilles et papillons en chrysalides jusqu’au printemps
    Avec quelques rêves frivoles durant la saison paresseuse !

    Photo de BillSmith2315.

  • Mélancolies

    Je pédale comme un p’tit vélo qui ne sait jamais s’arrêter
    Mais tourne en circonlocutions sur mes chemins imaginaires.
    Lorsque mon cœur bat à vau-l’eau, le corps en est bien maltraité
    Et cherche une bifurcation vers des lieux extraordinaires.

    L’amour plane comme un p’tit avion dans le grand vide de mon crâne
    Tellement j’ai du vague à l’âme et des trous d’air dans ma mémoire.
    Heureusement, une évasion entre les plis de sa membrane
    Me permet de nourrir la flamme qui en éclaire son grand trou noir.

    Tableaux de Rafael Silveira.

  • Milady confiture

    Milady confiture

    Entre ses bains de confiture et de salades de fruits frais
    Dont elle badigeonnait sa peau, ses parties intimes arrondies,
    Elle m’en donnait pour nourriture le jus pressé qu’elle m’offrait
    Quand je venais bien à propos rendre visite à Milady.

    Elle me faisait goûter son lait, sa peau de pêche, son abricot,
    Les mûres de ses mamelons qui s’écoulaient dans son calice.
    J’opérais comme elle le voulait ces préliminaires amicaux
    Puis, elle m’enlevait mon pantalon et là, mes amis, quel délice !

    Tableau d’Alonsa Guevara.

  • Itinéraires tendres

    L’amour et ses itinéraires pourraient vous sembler compliqués
    Mais quand sa monture vous entraîne, laisser-vous porter sur son dos.
    Le cœur se montre téméraire quand le chemin est étriqué
    Pour atteindre la future reine qui vous choisira en cadeau.

    À pied, à cheval, en voiture, l’amour aveugle vous conduit
    Par les passages escarpés des montagnes de la passion.
    Appréciez la bonne aventure lorsque l’ardeur vous introduit
    Dans des liens qui vont vous happer vers d’exotiques occupations.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.

  • Ecce homo animalis

    Ecce homo animalis

    Certains humains ont conservé leurs racines animalières ;
    Les hommes-boucs, les hommes-cerfs, les Hommes-lions et les centaures.
    Vous les entendriez converser lors de leurs assemblées plénières
    Quand la pleine Lune est de concert avec Andromède son mentor.

    On les appelaient « fils du diable » dans ces années d’obscurantisme
    Où l’on vous brûlaient les sorcières, les gitanes et les métèques.
    Je suis un cas irrémédiable d’homme affecté de romantisme
    Qui ne craint que les souricières, moi, l’homme-rat-de-bibliothèque.

    Tableau de Mark Liam Smith sur https:supersonicart.compost189218467287mark-liam-smith-paintings-sensational-and .

  • La danse de la vie et de la mort

    Si la mort m’invite à danser, je danserai avec la mort.
    Si la vie m’invite à valser, je valserai avec la vie.
    Dans ma vie, tout est cadencé entre la joie et les remords
    Alors pourquoi ne pas calecer avec une mortelle envie ?

    Bien sûr, une valse à mille temps me tuerait d’une mort trop lente
    Et une pole-dance jusqu’à minuit brûlerait ma chandelle aux deux bouts.
    Mais si la mort vient en chantant, séduisante et affriolante,
    J’espère mille-et-une nuits de danses à dormir debout.

    Tableaux de Mark Liam Smith sur https:supersonicart.compost189218467287mark-liam-smith-paintings-sensational-and .

  • La veuve d’automne

    La veuve d’automne

    Quand je la vois porter le deuil des arbres qui perdent leurs feuilles
    Que le vent couche dans leurs lits en couleur de mélancolie,
    Je pense à la veuve d’automne et sa complainte monotone
    Qui va pleurer d’un pluie froide sur les troncs dénudés et roides.

    Mais quels baisers de compassion, quelles paroles d’incantation
    Sifflent entre les branches honnies, pleurent sur les feuilles jaunies !
    Et quels vents d’amour les emportent et les entassent devant la porte
    De l’hiver veuf et solitaire qui déjà engourdit la Terre !

    Collage de Smallditch.

  • Chop Suey

    Chop Suey

    L’odeur du chou chinois et du thé au jasmin,
    Mêlés de glutamate, de poulet ou de bœuf,
    Attirait les minois et le flot des humains
    Comme des automates et notamment les meufs.

    Moi, j’y mangeais souvent porc ou canard laqués
    Avec ces saugrenues malheureuses baguettes
    Enfin, cet émouvant gobelet de saké
    Et sa chinoise nue qui montait à la tête.

    Revenons aux clientes assises face à face
    Comme deux complotistes se donnant rendez-vous.
    Dans la salle bruyante, elles parlent à voix basse
    Mais à quoi ça consiste ? Tout le monde s’en fout.

    Tableau d’Edward Hopper.

  • Ô Tournesol !

    Tournesol, ma fleur de l’aurore, j’aime te voir dès le matin
    Guetter le rayon de soleil qui va enflammer tes pétales
    Dont les drapeaux unicolores flottent sous l’azur de satin
    Teinté de rose et de vermeil par les nuages qui s’étalent.

    Tournesol, ma fleur du midi, déployée en pleine lumière
    Pour des agapes d’énergies, de chaleur et bénédiction.
    À cœur ouvert, plein d’appétit pour cette manne coutumière
    Qui les raccorde en synergie d’une naturelle addiction.

    Tournesol, ma fleur du coucher, qui guette le dernier rayon vert
    Comme éternelle sentinelle qui attend les renforts à l’aube.
    Toute la nuit tu vas loucher sur les étoiles de l’univers
    Qui font la course sempiternelle dans le zodiaque autour du globe.

    Tableaux de José Roosevelt & Rob Gonsalves.

  • Sortir du cadre

    L’herbe du bon vieux temps passé semble plus verte, riche et plus grasse
    Et le temps présent, compassé, en garde toujours une trace.
    Il faut savoir choisir sa voie, des rails solides et sans danger
    Ou bien crier à pleine voix : « Je me tiens prêt à tout changer ! »

    Aussitôt sorti du cocon, l’inconnu paraît une montagne
    Et j’aperçois de mon balcon l’ampleur du pays de cocagne.
    Avec un doigt d’esprit pionnier et deux mesures de courage,
    Je cesse d’être prisonnier du temps et de son esclavage.

    Puis, à l’automne de ma vie, je fais un bilan mitigé
    Et je compare le devis à tout ce que j’ai érigé.
    Qu’ai-je gagné à être libre et d’être une pierre qui roule ?
    Peut-être un meilleur équilibre après être sorti du moule…

    Picasso revu par Abby Park sur http:abbydee.comportfolio-itemspicasso-self-portrait .

  • Cauchemar vert

    Cauchemar vert

    Tous les démons de l’an deux-mille font trembler même les philosophes
    Depuis les vagues de terrorisme aux grands exodes planétaires.
    Et le virus qu’on assimile à la plus grande catastrophe
    Devient aujourd’hui l’aphorisme brandi aux quatre coins de la Terre.

    Or, pour combattre l’invisible, l’homme se doit d’être aussi sage
    Que les naïfs et les crédules des habits neufs de l’empereur.
    Quand on joue la corde sensible à propos de l’ultime passage,
    Toute l’humanité s’adule à qui maitrise la terreur.

    Illustration de Henri Lievens.

  • Les clefs de l’évasion fiscale

    Celui qui maîtrise les clefs de notre liberté sacrée
    Nous enferme dans l’addiction de protection universelle.
    Et l’on accepte d’être bouclé et que sa vie soit consacrée
    À subir toutes restrictions pour conserver son escarcelle.

    Nous sommes devenus esclaves de l’argent et sa dépendance
    Sans pouvoir s’extraire du bocal qui nous a tous assujettis.
    Et s’il existait une enclave pour vivre en toute indépendance,
    Oserions-nous y faire une escale et fonctionner en autarcie ?

    Illustrations d’Otfried Preussler sur http:book-graphics.blogspot.com201304otfried-preussler-illustrator-nika-goltz.html .

  • Un amour de poisson

    Un amour de poisson

    Heureux comme un poisson dans l’eau, oui mais comment se faire aimer
    D’une sirène sans se noyer et sans sortir de son bocal ?
    Placez dans sa bouche un hublot et le poisson s’y enfermer
    Pour se laisser ainsi choyer par un petit plaisir buccal.

    Je sais pouvoir coincer la bulle à bon escient quand je le peux
    Et en embrasser la quiétude sans finir en queue de poisson.
    Béni soit ce conciliabule où j’ai pu me détendre un peu ;
    J’avoue en avoir l’habitude et en abuser sans façon.

    Tableau de Tanya Shatseva.

  • En poisson-lune

    En poisson-lune

    Quand vient l’hiver, les poissons-lune sortent groupés en vol de nuit
    D’un pôle à l’autre, en rase-mottes sur le méridien de Greenwich.
    Un gentilhomme de fortune, moitié anglais, moitié inuit,
    Vend du thé à la bergamote sur la banquise et des sandwichs.

    Jeune berger mais bipolaire, les moutons l’ont tant fatigué
    Qu’il a voulu prendre le large et, la mer de glace, contempler.
    Neiges éternelles ou polaires, il n’y a qu’un mile à naviguer,
    Ainsi, attelé à sa barge, un banc de poissons, s’il vous plaît.

    Illustration de José Francese.

  • Tripartition

    Tripartition

    Je les aime en tripartition les sœurs jumelles aux dents nacrées !
    Je les ai toutes trois épousées devant un maire au grand sourire
    Qui a vu l’équipartition des fluides de l’amour sacré
    Nous unir sans nous jalouser pour le meilleur et pour le rire.

    Ne me demandez pas leurs noms, je les confonds dans mon grand lit !
    Surtout si j’éteins la lumière, ouvre la bouche, ferme les yeux.
    D’abord elle susurrent en canon un chant doux comme stimuli
    Et je ne sais, de la première à la dernière, qui chante le mieux.

    Tableau « Verano, 2014 » de Santiago Galeas.

  • À l’encontre

    Derrière l’horizon de la mer se dresse le mur exotique
    Qui laisse passer à sens unique les riches vers les paradis.
    Mais à l’inverse, qu’il est amer l’exode en retour chaotique
    Quand le qualificatif ethnique le marque comme une maladie.

    Les perles noires dans leurs écrins pâlissent au soleil d’occident ;
    Les traditions et les costumes se heurtent à l’intégration.
    Seul le vent porte les chagrins des tragédies et accidents
    De ceux qui, à titre posthume, ont réussi leur migration.

    Tableaux de Stéphanie Ledoux sur https:positivr.frstephanie-ledoux-dessins-portraits-monde .

  • Vénus folle-à-lier

    Vénus folle-à-lier

    Vénus, elle-même, s’est installée, entièrement nue et sans complexe,
    Les fesses ouvertes et avenantes et les mamelons rubiconds.
    Je l’aperçois bringuebaler dans l’appartement en duplex
    Dont la terrasse est attenante en vis-à-vis de mon balcon

    Je lui proposai de monter boire un verre en sa compagnie
    Avec un whisky vingt ans d’âge que je gardais dans l’escalier.
    Mais d’un surcroît de volonté lorsqu’enfin je la rejoignis
    Elle me déclara sans ambages : « Je suis la Vénus folle-à-lier ! »

    Tableau d’Andrei Protsouk.

  • Artemisia au cœur bleu-et-or

    Artemisia au cœur bleu-et-or

    Noblesse de cœur bleu-et-or, pureté d’une âme d’azur
    S’accordent au lapis-lazuli de sa cape en plumes de paon.
    Projetée par un météore lequel, au fur et à mesure,
    Marque sa trace d’un brûlis évoquant la queue du serpent.

    Ainsi m’apparut la déesse Artemisia aux cheveux roux
    Le jour où je l’ai invoquée pour lutter contre mes harpies.
    Bien m’en a pris car sa prouesse amplifiée par son courroux
    Chassa les démons révoqués en les réduisant en charpie.

    Source: minimumpoliteness-deactivated20.

  • Du blues mouillé à l’eau de rose

    Du blues mouillé à l’eau de rose

    Rêves érotiques à l’eau de rose, vous ne m’avez jamais lassé !
    Amours enluminées de blues, vous demeurez mes préférées !
    Emmenez-moi d’un cœur morose sur mes désirs entrelacés
    Vers une conscience jalouse de mes fantasmes révérés.

    Stimulez mon rythme cardiaque, augmentez ma respiration
    Par des apparitions fugaces de femmes aux regards langoureux
    De tous les signes du zodiaque qui suscitent des transpirations
    Telles qui embueront la glace de nos coups de foudre amoureux !

    Photo de Remi Rebillard.

  • Les couloirs de ma folie

    Les longs couloirs de ma conscience où s’aventurent mes pensées,
    Des plus raisonnables aux plus folles, n’ont pas été tous exploités.
    Au sous-sol de la subconscience, je m’y suis tellement dépensé
    Que mon GPS s’affole devant les dédales miroités.

    Mais en empruntant l’escalier surplombant la mélancolie,
    J’ai découvert un labyrinthe de changements imperceptibles.
    La raison décroît par paliers et se termine par la folie
    Pourtant renforcée d’une empreinte de vérité indéfectible.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux d’en mentionner les noms avec respect.