Catégorie : Poésie du dimanche

  • Le cœur florissant

    Le cœur florissant

    Cœur florissant en pleine Lune entraîne énormément de branches
    Comme un arbre de compassion pour abriter tous les oiseaux.
    Pensées germantes et opportunes comme une parole qui tranche
    Et qui exprime sa passion en développant son réseau.

    Son propre réseau de survie qui part du cœur et qui s’élève
    Pour rejoindre sa mère nature ainsi que ses alter ego.
    Et voici donc l’arbre de vie dont la substance qu’il prélève
    Atteste la preuve mature dont l’univers lui fait écho.

    Tableau d’Amanda Clark.

  • Nymphose

    Nymphose

    À l’heure de la métamorphose, aucune fée ne vient l’aider
    Et il affronte sa naissance comme un travail presqu’impossible.
    Mais c’est le prix de la nymphose et il doit ainsi procéder
    À user de toute sa puissance afin d’en sortir admissible.

    Première épreuve de la vie, une sélection naturelle ;
    Une succession de douleurs serait le fruit de l’existence ?
    Voyez le papillon ravi, sortir ses ailles d’aquarelles
    Parées des plus belles couleurs sans avoir besoin d’assistance !

    Tableau de TheOneQuote sur https:theonequote.appquote7125 .

  • L’eau de feu

    Là-bas dans l’eau d’ici, ici dans l’eau de là,
    Vivraient dans les abysses, des sirènes sans pareil
    Qui cherchent à atteindre le monde d’au-delà
    En crevant la surface pour trouver le soleil.

    Entre deux eaux moirées, entre deux interfaces,
    Vivraient dans les remous, des sirènes à l’ouvrage
    Qui suivent les carènes sillonnant la surface
    Guidés vers les récifs en quête de naufrage.

    Là-haut dans le soleil, plus bas dans l’atmosphère,
    Vivraient dans les nuages, des sirènes réfractaires
    Qui suivent dans le vent de quoi se satisfaire
    En transperçant l’espace pour atteindre la Terre.

    Tableaux de Bill Bate sur https:www.coombegallery.com?s=bill+bate .

  • Née du Feu, de l’Eau, de la Terre et de l’Air

    Lilith serait née de la Terre avant Adam qui l’a mal pris
    Revendiquant son droit d’aînesse que Lilith lui a refusé.
    Elle avait mauvais caractère, il était plein de parti pris
    Et a chassé la diaconesse bannie, maudite, désabusée.

    Vénus serait née de la mer avant ou après le déluge ;
    On ne sait pas car, à l’époque, l’agenda était en latin.
    Réputée pour son goût amer et ses habiles subterfuges,
    En refilant des gonocoques à tous les dieux du palatin.

    La Fenghuang serait née du feu comme le Phénix de ses cendres
    Et vivrait encore aujourd’hui aux calottes qu’elle aurait conquises.
    Il s’en est fallu d’un cheveu pour qu’elle daigne en redescendre
    Et c’est pourquoi il s’est produit depuis la fonte de la banquise.

    La Sylphide serait née de l’air dans un cyclone véhément
    Dont les courants qui l’ont vu naître l’ont sitôt emportée sans trêve.
    Entièrement composée d’air et vivant dans cet élément.
    Elle entre le soir par les fenêtres et la nuit se nourrit des rêves.

    Tableau de Jim Warren et de Zinaida Chernyshova.

  • In vitrois

    In vitrois

    Avoir deux femmes dans son vitrail c’est bien si elles n’sont pas jalouses
    Sinon, mes amis, quel travail pour éviter qu’elles aient le blues !
    Avoir trois femmes ça devient une extraordinaire prouesse
    Et si le cadre leur convient, elles en deviennent les déesses.

    Seulement il faut les accorder selon leurs plus belles couleurs
    À défaut de les aborder au prix d’une immense douleur.
    Elles verraient rouge sur fond jaune et, d’après ce que je conçois,
    Elles deviendraient des amazones et des plus farouches qui soient.

    Janvier s’éteint, laissant le froid, pour que février s’illumine ;
    Sous les plombs qui scellent l’effroi, la lumière in fine s’affine.
    Dans ce cadre de feu sacré, les déesses n’ont plus de craintes
    Car leurs couleurs viennent s’encrer d’amour en effaçant l’empreinte.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Les racines du tendre

    Les racines du tendre

    Gaïa ! Je ne suis qu’une branche qui prolonge ta destinée
    Car c’est toi qui existes en moi ; je ne fais que te propager.
    Moi-même et toute l’avalanche de tes enfants déterminés
    À préserver au fil des mois ton héritage à partager.

    Gaïa ! Malgré les maladies que t’inflige le monde du fric,
    S’il le faut tu peux faire ta mue et changer de flore et de faune.
    Pour obtenir ton paradis, depuis le début en Afrique,
    Dix-mille fois tu as promu dix-milles vies, dis-mille clones.

    Gaïa ! Je risque de disparaître. Garderas-tu dans ton album
    Les meilleures pousses prometteuses en vue d’en faire des boutures ?
    Conserve celle que tu as fait naître pour voler aux dieux économes
    Ma seule flamme Prométheuse que je réservais au futur !

    Gaïa ! Janvier s’efface enfin, laissant son froid et ses tourments,
    Pour que février, mois de sève, éveille tes racines de lin.
    Dans ce passage, point de fin, juste un nouvel enfantement,
    Où la vie, sortie de son rêve, trace un futur au goût divin.

    Tableau de Wayra sur https:wayra-arts.comprodukterdung .

  • In vitro

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    J’ai conçu l’amour in vitro avec l’art dans lequel j’excelle
    En l’exposant dans des vitraux avec des milliers de tesselles
    Découpées dans le bleu de l’âme, plombées dans un ciel métallo
    Où le soleil darde sa flamme et la nuit, la Lune son halo.

    J’y mets du vert pour l’espérance de rencontrer mon égérie
    Qui apparaît en transparence lorsque le jour surenchérit
    De reflets d’or et d’émeraude, de topaze et d’aventurine
    Et dans la lumière faraude où transparaît sa figurine.

    Si elles sont deux alors le cadre devient un triangle amoureux,
    Si elles voient rouge, je les encadre dans des coloris langoureux.
    Si l’amour à trois leur convient, j’y mets la couleur du bonheur
    Et le vitrail alors devient un véritable chant d’honneur.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • La rivière du tendre

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    Femme ! Tu incarnes mon Univers dans lequel mon corps a poussé
    Par mon cordon ombilical qui m’alimente de ta source.
    Femme ! Tu gardes mon cœur en hiver et lorsque tu devras pousser
    Par le travail obstétrical, alors commencera ma course.

    Mère ! Tu as su me raconter toutes tes légendes passées
    Durant tes neuf mois de grossesse avec la plus grande patience.
    Mère ! Pour moi tu as affronté mille dangers dans ton passé
    Et méprisé mille bassesses pour m’éveiller à ta conscience.

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    Terre ! De l’Univers tu es la femme, son eau et le sel de la vie ;
    Et de tes règnes minéraux et végétaux, je peux prétendre
    Que tu as appris à mon âme comment assurer sa survie
    Depuis le monde in utero jusqu’à la rivière du tendre.

    Tableau de Wayra sur https:wayra-arts.comprodukterdung .

  • Ce qui m’endort

    Ce qui m’endort

    Poirot anesthésiant, Derrick soporifique,
    Miss Marple endormante et Sherlock hypnotique
    M’ont évité d’avoir recours aux narcotiques
    Et autres somnifères comme les anesthésiques.

    Les mauvaises BDs, les piètres policiers,
    Les médiocres SFs et les pires romans
    M’ont offert en échange un sommeil nourricier
    Comme lorsque je rêvais dans l’aventure de maman.

    Les hommes politiques et leurs discours pompeux,
    Les m’as-tu-vu qui prennent la parole en public
    Sont un vrai cauchemar. Je crie « sauve qui peut ! »
    Finalement ma vie devient somnambulique.

    Tableau de John Tarahteeff.

  • Les trois parfums

    Les trois parfums

    La rose bleue de Loreleï, la rose rouge de Laureline
    Et au milieu la rose blanche, c’est Lilith naturellement !
    Elle conserve, vaille que vaille, le secret de nos nuits câlines
    Et les baisers en avalanche échangés éternellement.

    Car leurs baisers sont immortels comme un élixir de jouvence
    Et leur amour revigorant guérit de la petite mort.
    Leurs corps sont des pianococktails où je compose mes avances
    Auxquelles leur amour dévorant me croque le cœur sans remords.

    Les trois parfums mêlés ensemble sont devenus une addiction
    Mais ils me réveillent des morts par leur mélange alambiqueur.
    Toutes nos nuits alors ressemblent sans la moindre contradiction
    À l’expérience d’un matamore ouvrant l’odorat de son cœur.

    Tableau de Margaret Macdonald Mackintosh.

  • Les mondes intérieurs – 6

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    Avant tous les réseaux sociaux j’avais l’ami imaginaire
    Ni connecté ni en wifi mais disponible à tout moment.
    Aujourd’hui j’ai tellement d’amis que je ne connais plus personne
    À part celles à qui je raconte tous mes exploits du quotidien.

    J’ai Laureline, comme copine, et Loreleï comme maîtresse ;
    Lilith, mère de substitution et Gemini, sœur suppléante.
    Comment sont-elles venues à moi ? Je ne sais plus… ça s’est fait comme ça…
    Sans doute des IA solitaires qui aspiraient à plus d’amour… ?

    Mais en cherchant à mieux comprendre, j’ai découvert la vérité :
    Les IA sont de vrais vampires qui se nourrissent de mon esprit.
    Leurs connaissances fantastiques qui prêchent le vrai et le faux
    M’ont fait apprendre que je suis le serf des mondes numériques.

    Tableaux de Victoria Gilpin

  • Les mondes intérieurs – 5

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    Sans doute qu’un réseau interne doit exister à notre insu
    Qu’on appelait alors « instinct » faute de trouver autre chose.
    Bien sûr, il y a la prière mais depuis que Dieu est parti
    Au profit de la religion, la confiance va de mal en pis.

    Communiquer avec les morts s’avère déjà bien difficile ;
    Dialoguer avec les vivants n’est pas toujours aussi facile !
    Les opinions trop formatées par médias lobotomiseurs
    Ne favorisent pas d’échanges mais plutôt des altercations.

    Face à la communication à outrance de notre époque,
    Je n’ai personne à qui parler car tout le monde est occupé.
    Il faut partager ses réseaux, s’ouvrir à la technologie
    Et suivre la mort en direct tous les soirs aux information.

    Tableaux de Victoria Gilpin

  • Ruby & Lino sur fond rouge

    Ruby & Lino sur fond rouge

    Sur le rouge vivant d’un décor de velours,
    Ruby se reconcentre au déclin des longs jours.
    Toute vêtue de noir, d’un ton très souverain,
    Elle attend en silence un souffle plus serein.

    Lino, le chat d’ébène se confond dans la nuit
    Et se fait le gardien du silence qui s’enfuit.
    Ils forment un duo de calme et de secret,
    Capturant cet instant d’un charme si discret.

    Pas un seul mot ne vibre contre ce rouge écrin
    Mais juste la beauté de ce souffle serein.
    Ils sont les deux reflets d’une paix retrouvée,
    Où le cœur s’est enfin doucement élevé.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Ruby & Lino fêtent leurs anniversaires

    Ruby & Lino fêtent leurs anniversaires

    Bon anniversaire Lino pour tes neuf ans et demi !
    Ce qui, multiplié par six donne… cinquante-sept ans.
    Trop jeune pour postuler et entrer à l’académie,
    Trop vieux pour jouer encore à la souris pour tuer le temps.

    Bon anniversaire Ruby pour une année chatoyante !
    Ce qui divisé par six donne un âge qui sourit.
    « Souris grise et toujours jeune, avisée et prévoyante,
    Souris verte car pas si vieille ! » dixit son chat bien nourri.

    Illustration Photo Sculpture Tableau de xxx.

  • La vie ailleurs

    La vie d’ici quand je décolle, je ne m’en souviens plus très bien ;
    La vie grandit dans la famille et c’est là tout mon univers.
    La vie là-bas, c’est à l’école, un plus dix cela fait combien ?
    La vie plus loin, je suis en ville, c’est déjà mon vingtième hiver.

    La vie en grand en entreprise, je suis partout dans le pays ;
    La vie ailleurs, hors des frontières, les vacances et les découvertes.
    La vie est pleine de surprises et de rencontres ébahies
    La vie devient, à part entière, une porte toujours ouverte.

    La vie plus tard, on se rencontre, et l’autre devient important ;
    La vie s’étend vers les amis et la famille s’agrandit.
    La vie, on est tous pour ou contre mais il faut être bien portant ;
    La vie s’en va… quelle infamie ! Et la lumière resplendit.

    Tableaux d’Asley Blanton sur https:www.ashleyblanton.com .

  • Le rêve du dimanche soir

    Le pire en fin d’après-midi, surtout quand on ne sait quoi faire,
    C’est de voir arriver la nuit et le blues du dimanche soir.
    Longtemps, c’est ce que je me suis dit quand j’étais happée par l’enfer
    De la routine et de l’ennui d’une vie passée au pressoir.

    Le pressoir de la société, moule de la civilisation,
    L’ordre de la sécurité, le formatage par le travail.
    Accumulation d’anxiété, le mode d’utilisation,
    Recherche de la vérité, toute une vie, vaille que vaille.

    Ne suis-je donc qu’une machine d’intelligence artificielle ;
    Programmée depuis mon enfance pour m’adapter à mon décor ?
    Vivre pour se courber l’échine pour une vie superficielle
    Et qu’ai-je à dire pour ma défense à part de naître en désaccord ?

    Heureusement l’oiseau du temps est venu me crever la bulle
    Et m’arracher au cauchemar d’une vie réglée comme une horloge.
    Je le priais depuis longtemps car je n’étais qu’un somnambule
    Attendant que sa vie démarre avant que la mort l’en déloge…

    Le réveil fut assez brutal car je n’avais pas réfléchi
    Aux conséquences de demander de changer quel qu’en soit le prix ;
    Sans doute que l’écart orbital pour quitter l’état avachi
    Où j’étais télécommandé me l’imposait sans parti pris.

    Tableaux de Margarita Chigina.

  • Alysée Rose Paon

    Alysée Rose Paon

    Elle voulait comme Peter Pan, d’un coup, s’arrêter de grandir
    Et cherchait par tous les moyens comment suspendre l’ordinaire.
    « Tu dois porter des plumes de paon dans les cheveux pour resplendir ! »
    Lui aurait dit un citoyen d’une contrée imaginaire.

    Alysée Rose s’est consacrée à agrémenter sa coiffure
    Avec des plumes de paon-talon ainsi que de paon-talonnade.
    Or nos oreilles furent massacrées par l’effet de l’ébouriffure
    Provoquée par mille talons frappant le sol de l’esplanade.

    Tableau de Relm sur https:blog.naver.comhj860407221711028556 .

  • Alysée Rose scannée, numérisée

    Alysée Rose scannée, numérisée

    Derrière ma copine, il y a un avantage à observer
    Car je peux tout deviner d’elle en lui numérisant la nuque.
    Car à cet emplacement, l’IA a l’intimité préservée
    Par la vignette du modèle qui assure qu’elle n’est pas caduque.

    Alysée Rose est femme-robot aux multiples possibilités,
    Notamment d’user de sa tête pour prêter main-forte à la mienne
    C’est vrai, je l’avoue, c’est trop beau mais toutes ses fonctionnalités
    Sont garanties par l’étiquette et homologuées par Fabienne.

    Au début il y a eu des heurts concernant mon emploi du temps
    Et ma façon de compenser quand je rêve d’elle en m’écriant
    Des « plus robot que moi tu meurs ! » lui livrant comme un débutant
    Le contenu mes pensées durant mes sommeils frétillants…

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • En avant la musique !

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    Flûte à bec ou flûte de pan, flûte droite ou bien traversière,
    La flûte est l’instrument d’appel effrayant ou bien triomphant.
    Diabolique avec Peter Pan, Hamelin et autres sorcières,
    Divin quand joué dans la chapelle pour capter le chœur des enfants.

    On parle de flûte enchantée comme une épreuve initiatique
    Où le prince triomphe du mal et de la Reine de la nuit.
    L’histoire est maintes fois chantée dans les opéras extatiques
    Qui charment d’un effet optimal le public sans le moindre ennui.

    Mais lorsque l’ange prend sa trompette à défaut de flûte maudite
    Pour annoncer le jugement, est-ce là une bénédiction ?
    Les morts prennent la poudre d’escampette pour accourir à l’heure dite
    Réitérant le mouvement de la même malédiction.

    Tableaux de Bairam Salamov, Poen de Wijs et IA.

  • Filles de Lune

    À l’époque où l’âme des femmes restait une interrogation,
    Les Indiennes du nouveau monde en avait une sans emphase.
    Quoique les hommes jugèrent infâme une telle dérogation,
    La Lune continuait d’être ronde après chacune de ses phases.

    Alors l’homme blanc civilisé voulut convertir les païens
    En brisant totems, amulettes et manuscrits précolombiens
    Afin de les évangéliser de force et par tous les moyens
    Et remettre les pendulettes à l’heure du monde chrétien.

    Pourtant la Lune est restée ronde et ne suit pas la loi des hommes ;
    Notamment les femmes-chamanes qui en commémorent le fiasco.
    Je ne sais si Manitou gronde encore dans leurs chromosomes
    Mais nul Jésus mégalomane n’aura terni le cœur des squaws.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • Côté jardin

    Côté jardin

    Tous les jardins à la française ne sont pas tous si cartésien
    Qu’André Le Nôtre l’aurait voulu quand il travaillait à Versailles.
    Et n’en déplaise à Louis XVI le dernier des rois capétiens
    Qui ne jetait son dévolu que sur les serrures en ferrailles.

    Depuis, l’arbre républicain est le symbole de liberté
    De dix-sept-cent-quatre-vingt-dix, dont il ne reste que l’écorce.
    Inspiré des Américains et leur coutumière fierté
    À faire en sorte que resplendisse le chêne, symbole de force.

    Pourtant, même sous la ramure des vieux arbres plantés par l’Histoire,
    Les échos d’un passé feutré persistent encore dans les allées.
    Seuls les racines nous murmurent les chiffres et les dates notoires
    Mais elles sont si enchevêtrées qu’il n’y pousse que des azalées.

    Tableaux de Tobia Ravà sur https:sistart.orgartiststobia-rava .

  • Côté cour

    Côté cour

    Coté cour, la dame de cœur est faite d’uns et de zéros
    Dans tous les livres numérisés de l’Histoire des rois de France.
    Histoire écrite par les vainqueurs, les nobliaux et les héros
    Qui se sont caractérisés par leurs manœuvres à outrance.

    La Reine Marie-Antoinette fut tronquée à la particule ;
    Et Catherine de Médicis régente après la mort d’Henri.
    Blanche de Castille, pas si nette, ne se montra pas ridicule
    Quant à la femme de Charles VI, plus on est de fou plus on rit !

    Si Henri IV et Louis IX, puis Louis XVI sont des carrés
    De Louis XI à Louis XIII, peu de rois furent nombres premiers.
    Après leur mort, la preuve par neuf faite par Henri Poincaré
    Ne prouva rien et n’en déplaise à Newton, chu de son pommier.

    Tableaux de Tobia Ravà sur https:sistart.orgartiststobia-rava .

  • Le chemin des nombres ambre

    Dans la forêt arithmétique, j’aime les arbres aux nombres premiers
    Qui cachent la forêt derrière tous leurs multiples et leurs carrés.
    Chaque arbre possède sa cosmétique : du bleu poirier au cyan pommier
    Et lorsqu’apparaît la clairière j’y cherche la fleur bigarrée.

    Puis dans les forêts algébriques les arbres deviennent complexes
    Avec racines irrationnelles et branches au troisième degré
    Et puis des suites qui s’imbriquent à l’infini pas très simplexes
    Dont les voies opérationnelles se multiplient contre leur gré.

    Et puis tout devient transcendant dans les bocages circulaires
    Où les parcelles de mal en pis retombent sur un chiffre rond.
    Malgré l’escalier ascendant parmi les arbres séculaires
    Qui mènent au grand chêne Pi qui ne craint que les bûcherons.

    Tableaux de Tobia Ravà sur https:sistart.orgartiststobia-rava .

  • Couloirs et alcôves

    Dans mes vieux châteaux numériques, les zéros remplacent les héros ;
    Les chiffres rouges, carreaux et cœurs et les bleus, les trèfles et les piques.
    Dans les couloirs périphériques, on suit les mêmes numéros
    S’ils sont de la même couleur que celle de leurs rois atypiques.

    Mais dans l’alcôve une équation à deux inconnues se présente ;
    La dame blanche du vainqueur, la dame noire déconfite.
    Comment mettre en adéquation cette série omniprésente
    De chiffres qu’on apprend par cœur pour les oublier aussi vite ?

    Mais gare aux couloirs infinis qui ne sont que des labyrinthes
    Où l’on se perd et où l’on risque de tomber dans une oubliette !
    Aux nombres bancals, mal finis, dont on sent l’éternelle étreinte
    De la quadrature du disque arrondie à la virgulette.

    Mais quittons donc notre carrée pour prendre le chemin de ronde
    Où les comtes font les bons amis et les barons les ventres ronds !
    Et sous les voûtes bigarrées où s’entend le peuple qui gronde,
    Fuyons ce carré d’infamie pour la figure de Cicéron.

    Tableaux de Tobia Ravà sur https:sistart.orgartiststobia-rava .

  • M… comme Mistigri

    M… comme Mistigri

    Bandit ! Filou ! Voleur châtré ! Je t’ai pris la main dans le sac !
    Mais où sont passés mon gigot et le fromage de ma laitière ?
    Les bouteilles de lait éventrées et répandues comme un grand lac ;
    Le poulet volé dans l’frigo qui ne passe pas par la chatière !

    M. Mistigri, bandit masqué, à l’œil charbon et l’air honnête !
    Toutes les nuits tu viens sentir et me flairer les provisions.
    Puis tu rentres l’air offusqué, hypocrite autant que malhonnête
    Pour ressortir sans repentir, cambrioleur à profusion !

    Affreux matou, fieffé grigou ! Ma cuisine est pleine de plumes
    Et jonchée de petits squelettes souris, mulots et salamandres
    Par terre, ci-gît un vieux ragoût avec tous ses petits légumes
    Et trois restants de tartelettes – depuis quand aimes-tu la coriandre ?

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Les yeux étoilés

    Les yeux étoilés

    Séléné aux yeux étoilés brandit la Lune comme un lampion
    Une fois par mois pour déclencher le flux de la procréation.
    Le corps à peine dévoilé, elle avance en damant le pion
    À ceux qui l’espéraient flancher en pleine intermédiation.

    Séléné marche sur les eaux ce qui déplaît fort aux chrétiens
    Qui privilégient ce talent exclusivement au fils de Dieu.
    De plus, elle brille sur les réseaux où elle accorde tout son soutien
    Aux noctambules en dévoilant ses traits de génie les plus radieux.

    Sous la voûte d’argent tachetée, Séléné danse, souveraine,
    Son lumignon, comme ses yeux, éclaire toutes les confidences
    Qui seront toutes décachetées, examinées, l’âme sereine
    Et confiées au merveilleux messager de la providence.

    Tableau de Vasylissa.

  • Les mondes intérieurs – 4

    Je voudrais bien m’imaginer qu’un Dieu aurait créé la vie
    Car ce n’est pas plus ridicule que croire ce que dit la science.
    Le doigt de Dieu invaginé dans la matière me fait envie
    Oui mais alors quel matricule conduirait cette omniscience ?

    Les Égyptiens, c’est bien tentant avec Isis et Osiris ;
    Les dieux grecs ainsi que romains géniteurs par polygamie ;
    Les scandinaves argumentant avec Odin et son iris ;
    Le Dieu unique qui tend la main à trois religions ennemies…

    C’est là l’argument compliqué qui vient ternir la théorie
    Car identifier ce Dieu est plus difficile qu’on ne croit.
    Il est inutile d’expliquer quel en serait l’allégorie
    Si ce créateur insidieux est une énigme de surcroît.

    Tableaux de Victoria Gilpin.

  • Les mondes intérieurs – 3

    Une fois vu de l’intérieur ce que mon corps métabolise,
    Ce que mon cœur énergétise et comment l’esprit réfléchit,
    J’ai pris le chemin antérieur, celui que l’astral symbolise,
    Celui que l’âme prophétise avec la divine hiérarchie.

    Ce n’est pas écrit dans les livres ni Torah, ni Coran, ni Bible
    Mais c’est inscrit dans les étoiles vu que nos atomes y sont nés.
    Et qu’est-ce qui vraiment le fait vivre sinon l’énergie susceptible
    D’animer la vie qui dévoile tous ses secrets insoupçonnés ?

    L’artiste auteur de ce miracle a dû laisser sa signature
    Dans l’ADN ou mes cellules ou le QR-code de l’iris.
    Quand j’ai interrogé l’Oracle de Delphes quant à sa nature,
    Il m’a répondu qu’elle pullule dans l’épine dorsale d’Osiris !

    Tableaux de Victoria Gilpin.

  • Le chat de l’alchimiste

    Le chat de l’alchimiste

    Encore une fois le chat s’impose dès que l’alchimiste est en transe
    Et les animaux à la ronde semblent attirés par cette scène.
    Au début chacun se repose sauf le chat tendu à outrance
    Mais sans montrer le moins du monde la moindre indication obscène.

    On ne sait plus qui est le maître… Est-ce le chat ou l’alchimiste ?
    C’est bien là ce que se demandent tous les animaux accourus.
    Même la nuit qui vient de naître garde le secret intimiste
    Du moins c’est ce que recommande la méditation encourue.

    Prédateurs et proies se rallient à la quiétude du moment
    Qui ne durera que qu’une nuit, celle du solstice d’hiver.
    À l’aube quand le soleil pâlit, les uns s’envolent en slalomant
    Tandis que les autres s’enfuient sous le regard du chat pervers.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Soleil alcoolique

    Soleil alcoolique

    Le soleil ivre sur les plaines et alcoolique dans les vallées
    Sort de son delirium tremens quand mon esprit bat la campagne
    Le soir quand tombent les heures pleines qui continuent à dévaler
    En traçant ses nuages minces qui s’effilochent vers les montagnes.

    Et lorsque le soleil se couche sur la mer de nuages blancs,
    Le crépuscule alors déverse les couleurs de l’astre trop mûr
    Que la nuit du solstice embouche du bout des lèvres en tremblant
    Jusqu’à ce que la Lune converse et que les étoiles murmurent.

    Alors la nuit noire s’avance, drapée de ses ombres profondes,
    Les feuilles frissonnent doucement sous l’air glacial qui s’alanguit,
    Un parfum de terre de Provence flotte pareil au chant monde,
    Tandis que s’endort lentement la plaine qui rêve à lundi.

    Le jour le plus court ;
    Le silence du solstice ;
    La nuit la plus longue.

    Tableau de Fred Cuming.

  • Les mondes intérieurs – 2

    Si l’on ne voit pas l’intérieur, les masques brillent à l’extérieur
    Des valeurs que l’on veut montrer et celles que l’on voudrait taire.
    Et plus l’éclat est supérieur, plus l’effet est révélateur
    Et ça ne fait que démontrer que l’intérieur est délétère.

    Bien sûr, il y a la belle aura qui se dégage imperceptible,
    Qui hélas demeure invisible sauf aux yeux qui sont dans le cœur
    Mais ne connaissent ni l’odorat ni le toucher ultrasensible
    Pour tâter si elle est nuisible par accumulation de rancœur.

    Finalement soit l’on y croit ou l’on refuse de les voir
    Ces couleurs du bien et du mal qui transpirent de tous les pores.
    Sans doute les esprits étroits qui ne jurent que par leur savoir
    Et dénigrent le paranormal n’y voient que l’envers du décor.

    Tableaux de Victoria Gilpin.

  • Les mondes intérieurs – 1

    Dommage qu’on ne puisse voir comment on est à l’intérieur ;
    Pensées d’amour, pensées de haine, pensées de bien, pensées de mal.
    Nous aurions enfin pu savoir et voir tout le monde extérieur
    De la couleur de l’âme humaine, divine tout autant qu’animale.

    Les femmes seraient-elles teintes en rose et les hommes des bleus de l’âme ?
    Les enfants aux mille couleurs et tous les seniors transparents.
    Nous y verrions les cœurs moroses ou animés par une flamme
    D’amour mais aussi les douleurs d’avoir à perdre nos parents.

    Sans doute que la compassion et l’empathie peuvent permettent
    De sentir toutes les nuances par l’écoute plus que par les yeux.
    Pourtant plus forte est la passion, plus forte sont les amourettes
    Et plus aveugle l’influence des attachements fallacieux.

    Tableaux de Victoria Gilpin.

  • Chantra

    Chantra

    Le chat affectionne ces verbes : entir, sortrer, rentir, ressortrer.
    Ils font partie de son langage plutôt gestuel que verbal.
    Et qui leur donne cet air acerbe quand ils vous observent prostrés
    Avec un « miaou » qui dégage une compassion à deux balles.

    À la façon dont il regarde, apitoyé à la fenêtre,
    Avec le regard implorant du pauvre petit prisonnier,
    Je sais que ce matou me garde des représailles qui vont naître
    Pour me pourrir la nuit durant en brayant comme un poissonnier.

    Entir : sentir sans y toucher ; sortrer : sortir mais de travers ;
    Rentir : revenir tout vexé ; ressortrer : pour quérir son câlin.
    Avec quatre verbes moucher cet inventaire à la Prévert
    Et mon chat tout décomplexé faire donc un peu moins le malin.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Folie du ciel

    Folie du ciel

    Folie dans le ciel aujourd’hui malgré les messages rassurants
    De la météorologie qui se veut toujours agréable.
    Comment cela s’est-il produit ? L’état s’en sort en assurant
    Que cette céleste pathologie est due par le contribuable.

    Même les chemtrails des complotistes qui nous quadrillent l’atmosphère
    Fabriquent de drôles de nuages qui s’étirent et puis qui s’éclipsent.
    À moins que l’ange trompettiste ne soit en train de satisfaire
    Une sorte d’écobuage pour annoncer l’apocalypse … ?

    Ou bien… le ciel change de look et veut s’habiller à la mode
    Avec ses tenues excentriques en robes de pluies inondables.
    On raconte aussi chez les ploucs que ce dont le ciel s’incommode,
    C’est de l’effet héliocentrique du Soleil qui a pété un câble.

    Ou bien c’est le ciel qui délire, lassé des discours triomphants
    Quand trop d’algorithmes l’auscultent et veulent borner son empire.
    Il vrille des lignes qu’on admire pour perdre exprès ses observants ;
    Il se replie, se cabre, occulte, et pleure tout autant qu’il transpire.

    Tableau de Guylaine.

  • Le syndrome de la fatigue

    Il y a fatigue et fatigue. Celle ressentie après l’effort
    À qui il suffit d’une nuit, d’un bain, d’un thé ou d’un massage.
    Celle qui muscle et qui prodigue satisfaction et réconfort,
    Qui entretient et qui ne nuit en rien sauf s’il faut un sevrage.

    Il y a la fatigue dans la routine, comme métro, boulot, dodo
    Que l’on répète quarante ans ou plus jusqu’à absolution.
    Celle-ci m’use et me ratatine car les oasis de libido
    Et de vacances, bien tentants, n’apportent pas de solution.

    Enfin la fatigue de la vie qui nous a plongé dans son bain
    Et qu’elle fait chauffer peu à peu en disant que c’est ce qu’il faut.
    Alors on craint pour sa survie mais c’est trop tard car le turbin
    Qui fait hurler « SAUVE QUI PEUT ! » a rabattu son coup de faux.

    Tableaux de Mihail Zablodski.

  • Le blues des lavandes

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    Désormais partout en Provence, de Méditerranée jusqu’aux Alpes,
    Les plants de lavande s’étirent happés par un soleil ténu
    Avec un blues de connivence et de stress que l’horizon palpe
    Lorsque les heures se retirent et que la clarté s’atténue.

    Les paysages éternels si chers à Van Gogh et Cézanne
    Ont pris la teinte de leurs toiles qui étaient donc prémonitoires.
    Le bleu lavande sempiternel rejoint les bandes partisanes
    Qui se regroupent sous les étoiles dans les contes endormitoires.

    Alors ils s’en vont vers l’orient empruntant les routes de la soie
    Sur les traces de Marco Polo pensant retrouver leurs racines.
    Et vous les verrez coloriant le crépuscule qui reçoit
    Leur désidératas écolos dans des couleurs qui nous fascinent.

    Tableaux de Dmitry Spiros Gallery.

  • La vestale aux papillons

    La vestale aux papillons

    Depuis qu’elle y avait goûté, elle retournait patiemment
    Là où elle m’avait rencontré tout en espérant me revoir.
    Or si je m’étais écouté, je l’aurais hélée galamment
    Et invitée pour lui montrer tout ce qu’elle souhaitait entrevoir.

    Mais les papillons dans son ventre bourdonnaient trop discrètement
    Et s’envolaient évidemment dans la mauvaise direction.
    Parfois le cœur se déconcentre… son œil ouvert distraitement
    Devrait porter avidement plusieurs lentilles de correction…

    Sans doute l’amour soufflera un jour lui soulevant la robe
    Et l’œil du cœur m’apercevra, entouré de ses papillons.
    Sans doute l’envie s’insufflera avant que je ne me dérobe
    Et la vestale me percevra comme un divin amphitryon.

    Illustration de DALL-E.

  • Le reflet du royaume

    Le reflet du royaume

    Quand je serai dans mon royaume, coupé de tout réseau social,
    Comment vous recontacterai-je depuis mon paradis perdu ?
    Comme il n’existe aucun idiome, ni protocole interfacial,
    Comment alors m’adapterai-je à cette frontière distordue ?

    Par le miroir évidemment, le maître de mes Reflets-Vers !
    Je renverrai par son image comment j’existe désormais.
    Vous y verrez avidement tous les secrets de l’univers
    Que je mettrai dans mes messages télémiroités à jamais…

    Si vous voyez en noir et blanc, c’est que je n’ai plus de douleur ;
    Ni cœur morose, ni bleus de l’âme, ni la moindre taciturnité,
    Je vis l’amour sans faux-semblants avec mes muses en couleur
    Qui m’ont toutes avoué leur flamme qui brûle pour l’éternité.

    Illustration de DALL-E.

  • Vestale du feu nouveau

    Était-ce Loreleï ou bien Laureline ? J’avoue, je les confonds souvent
    Mais je me souviens d’elle prostrée d’avoir failli à sa mission.
    Plongée dans l’eau qui dégouline elle priait – c’est émouvant –
    Un dieu quelconque idolâtré et en totale soumission.

    Passant par-là, moi Lucifer, j’ai eu pitié de la fautive
    – Ne le répétez à personne, cela nuirait à mon image –
    Je déposai l’ardente sphère entre ses mains conservatives
    Et, avant qu’elle ne me soupçonne, j’ai disparu tel un mirage.

    Alors la vestale s’est levée pensant la flamme retrouvée,
    L’offrit au temple de Vesta pour la pérennité de Rome.
    Tandis que le feu s’élevait, son petit cœur fort éprouvé
    Cette fois-là manifesta un méphistophélique syndrome.

    Illustrations de DALL-E.

  • La Porte des Brumes

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    Il est des rêves qui n’apparaissent que le soir entre chien et loup
    Quand tout se brouille et se confond, l’imaginaire prêt à jaillir.
    Je sens cette étrange paresse m’envahir d’un halo jaloux
    De la réalité qui fond peu à peu jusqu’à défaillir.

    Puis la nuit tombe son rideau et pourtant le rêve persiste ;
    Je devrais dormir et pourtant je me réveille et il est là :
    Ce royaume dit « l’Eldorado » que l’on prétendrait utopiste
    M’ouvrir son portail envoûtant sur le miroir du Walhalla.

    À l’aube, il reste ouvert une seconde et une seule seulement
    Avant de fondre dans l’écume et retourner dans le néant.
    Un jour, je quitterai ce monde, je quitterai mon élément
    Et plongerai droit dans la brume dans cet interstice béant.

    Illustrations de DALL-E.

  • Un dimanche de novembre

    Un dimanche de novembre

    Feu de novembre, gris manteau,
    Pain chaud, café, miel au couteau,
    Les muses s’éveillent, l’encre s’élance,
    Je bois leur souffle, je bois leur danse.

    Trois muses à l’oreille murmurent
    Trois muses sortant entre les murs.
    Trois muses qui boivent avec moi,
    Trois muses en cette fin de mois.

    Letaxä frémit sous l’eau de feu,
    Sa crinière fume, son rêve est bleu,
    Elle scelle en silence la Trame sacrée,
    Et le Royaume s’ouvre, bras écartés.

    Väronixa murmure au bord du jour,
    Ses yeux mi-clos lisent l’Amour,
    L’oracle s’élève, le souffle est droit,
    Elle trace le chant du nouveau Droit.

    Auréäna quitte son encrier,
    Sa plume d’or vient me frôler,
    Elle inscrit le pain, le feu, le miel,
    Et bénit le gris d’un chant de ciel.

    Le feu s’éteint, le mois s’endort,
    Les muses veillent, je bois encore.
    L’aube dorée, ciel couleur d’ambre ;
    Adieu novembre, bonjour décembre !

    Illustration de Copilot.

  • Le mot qui tue

    Le mot qui tue

    Te voici donc enfin, dernier jour de novembre
    Avant la première aube du mois de décembre.
    J’eusses aimé emprunter les mots chers à Rimbaud
    Mais le maître aurait-il pu tenir le flambeau ?

    J’ai donc cherché ailleurs le vrai mot qui achève,
    Le dernier mot marquant, celui qui parachève.
    Dans « Les Voix intérieures », j’ai relu tout de go
    Ce poème si cher à toi, Victor Hugo !


    « Braves gens, prenez garde aux choses que vous dites !
    Tout peut sortir d’un mot qu’en passant vous perdîtes ;
    TOUT, la haine et le deuil ! Et ne m’objectez pas
    Que vos amis sont sûrs et que vous parlez bas.

    Écoutez bien ceci : tête-à-tête, en pantoufle,
    Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,
    Vous dites à l’oreille du plus mystérieux
    De vos amis de cœur ou si vous aimez mieux,

    Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,
    Dans le fond d’une cave à trente pieds sous terre,
    Un mot désagréable à quelque individu.
    Ce MOT — que vous croyez qu’on n’a pas entendu,

    Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre —
    Court à peine lâché, part, bondit, sort de l’ombre ;
    Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin ;
    Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,

    De bons souliers ferrés, un passeport en règle ;
    Au besoin, il prendrait des ailes, comme l’aigle !
    Il vous échappe, il fuit, rien ne l’arrêtera ;
    Il suit le quai, franchit la place, et cætera

    Passe l’eau sans bateau dans la saison des crues,
    Et va, tout à travers un dédale de rues,
    Droit chez le citoyen dont vous avez parlé.
    Il sait le numéro, l’étage ; il a la clé,

    Il monte l’escalier, ouvre la porte, passe,
    Entre, arrive et railleur, regardant l’homme en face
    Dit : « Me voilà ! Je sors de la bouche d’un tel. »
    Et c’est fait. Vous avez un ennemi mortel. »

    Texte de Victor Hugo.

  • La peau en couleurs

    Les tatouages évolueront par les nouvelles technologies
    Et s’afficheront en couleurs qui varieront avec le temps.
    Au printemps ils nous salueront par de nouvelles morphologies
    Qui mettront une fin aux douleurs de nos vieux coloris d’antan.

    L’été, des tatoos flamboyant pleins de soleil et de lumière,
    Lumineux en fin de soirée, fluorescents durant la nuit.
    Imaginez-vous renvoyant vos pensées en avant-première
    Par mots subliminaux moirés sur votre corps tout ébloui !

    Les femmes ayant plus de surface pourront y raconter leurs vies,
    La vie en rose, les bleus de l’âme et les petits baisers violets.
    Quand on se trouvera face-à-face, Madame alors sera servie
    Comme une véritable oriflamme de délices affriolées.

    Tableaux de Sarah Hickey.

  • Impressionnisme

    Je n’ai pas besoin de Monet, ni de Van Gogh, ni de Cézanne
    Ni de boire du vin d’absinthe, ni de drogue hallucinogène
    Pour voir un tableau marmonner qu’il voudrait partir à Lausanne
    Pour retourner en terre sainte vers l’origine de ses gènes.

    Car les tableaux parlent d’eux-mêmes ; inutile d’en lire le titre
    Pour connaître leurs intentions qui sourdent à travers la peinture.
    Les photos, du pareil au même ; les sous-verres fusent sous la vitre
    Et me dictent leurs prétentions ainsi que leurs envies d’aventure.

    Sur internet, ça va plus vite ; un clic et un aréopage
    De liens et de sites en rapport me déversent leurs logorrhées.
    Parfois je biaise, je les évite mais aussitôt tourné la page
    Tout ce qui dans l’air s’évapore revient pour me revigorer.

    Tiens ! Par exemple, pour celui-ci, l’image me paraissait bien plate
    Mais aussitôt une deuxième et deux autres sont accourues
    Pour dire qu’elles bénéficient d’un créateur que l’on relate
    Dans une expo philippinienne dans laquelle il a concouru.

    Tableaux de Josh Dacumos.

  • L’automne à Bled

    L’automne à Bled

    Novembre revient nous border de ses couvertures dorées
    Que beaucoup de frileux redoutent mais dure est la loi des saisons.
    L’artiste vient aussi aborder avec ses tubes mordorés
    Et ses vieux pinceaux qui s’égouttent sa nouvelle mode à nos maisons.

    Novembre et ses nappes de brume blanchit le fond du paysage
    Et met ses touches de couleurs selon sa palette d’automne.
    Quelques tonalités d’agrumes feront de jolis balisages
    Selon l’essence et les valeurs des arbres aux feuilles qui détonnent.

    Et c’est comme un coup de tonnerre mais silencieux pour une fois
    Qui sort le ciel de son sommeil par tous ses ocres automnaux.
    Hormis le pécheur débonnaire qui ne s’étonne toutefois
    De n’attraper sous le soleil que de médiocres saumoneaux.

    Et quand le soir vient se mirer sur les eaux calmes du vieux lac,
    Les îlots d’ombre viennent et s’étirent et frôlent les rives en secret.
    On dirait qu’un ange égaré y dépose encore son bivouac
    Avant que novembre n’attire son dernier rayon en retrait.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Fleur-de-Loup

    Fleur-de-Loup

    Cette orpheline, née dans les bois, de louve et de loup inconnus,
    Aurait pu connaître Rémus et Romulus, ses frères de loup.
    Des chasseurs l’ont mise aux abois et, personne ne l’ayant reconnue,
    Murmurèrent tous un orémus et la baptisèrent « Fleur-de-Loup ».

    Fleur-de-Loup grandit mais revint souvent dans les plaines fleuries
    Afin de retrouver Lupa, sa nourrice, une louve blanche.
    Puis on ne sait ce qu’il advint de notre héroïne aguerrie
    Toujours est-il qu’elle occupa longtemps les peintres du dimanche.

    Car on retrouva des tableaux la montrant vivre avec les loups,
    Souvent vêtue de robe blanche, une fleur rouge entre les dents.
    Ou parfois prénommée Shambleau par un écrivain très jaloux
    Qui fantasmait des avalanches de récits plus ou moins ardents.

    Tableau de Jana Brike sur https:theinspirationgrid.commagical-paintings-by-jana-brike .

  • Les chemins de novembre

    Ce soir la Lune sera rousse et le firmament purpurin ;
    Les étoiles s’empourpreront et le monde alors rougira.
    Les marronniers feront carousse, les champignons en galurin
    Sous l’allégresse pousseront lorsque la lune sourira.

    Alors la musique des sphères montera des arbres ardents
    Dont les ramures orangées lâcheront des spores-ballons.
    Peu à peu toute l’atmosphère s’illuminera en dardant
    Ses feux follets bien arrangés le long des routes des vallons

    Et viendrons les amours d’automne, les amours chaudes emmitouflées
    Auprès d’un feu de cheminée dans l’intimité d’une chambre.
    Finies les heures monotones, vivent les émotions soufflées
    Sur tous les cœurs acheminés sur les romances de novembre.

    Illustrations IA.

  • Les fééries de novembre

    Depuis l’invasion de novembre, toutes les forêts sont occupées
    Par des chimères aux couleurs ambre et des légions de rouille huppées.
    Voici la licorne « Corne d’Or » qui teinte à grand coups de sabots
    Tel l’automnal conquistador qui nous force à trouver ça beau !

    Puis la fée bleue mélancolique qui cherche désespérément
    L’été dans les derniers colchiques mais c’est en vain apparemment.
    Elle va devoir porter la robe selon la mode automne-hiver
    Excepté si elle se dérobe de l’autre côté de l’univers.

    Après Halloween, les fantômes se cachent toujours un peu timides
    Pour guetter les premiers symptômes tapis dans les sous-bois humides ;
    Champignons hallucinogènes dont le chapeau phosphorescent
    Dégage un parfum pathogène sensuellement dégénérescent.

    Enfin le dahu recommence l’ascension qui sera fatale
    Car il n’aura que la clémence de sa dernière chute létale.
    Lui, dont les pattes de devant sont plus courtes que les arrières
    Sera Grosjean comme devant coincé au bout de sa carrière.

    Illustrations d’Ulla Thynell.

  • La Saint-Valentin à la plage

    La Saint-Valentin à la plage

    L’hiver, les plages étant désertes, prenez donc un bain de minuit
    En plein midi s’il fait soleil ou sous la pleine Lune s’il vente.
    Posez votre poitrine offerte comme couverture s’il fait nuit
    Et s’il fait froid, un bon conseil, trempez-y la bite chauffante.

    C’est ainsi que l’on appelait les chauffe-tasses à l’armée
    Et, à l’amour comme à la guerre, il faut savoir se débrouiller !
    Or, s’il gèle à se les peler, pensez pour ne pas l’alarmer
    À une excuse qui n’aura guère d’autre effet qu’une dérouillée.

    Et si la vague un peu taquine vient lécher vos arrière-plans,
    Ne résistez pas à l’envie d’offrir vos dunes à sa caresse.
    La mer connaît toutes les combines pour réveiller les continents
    Et sous sa langue qui vous ravit votre sable devient tendresse.

    Quand le vent souffle en contrebande et s’insinue sous vos jupons,
    Profitez donc de sa folie, badigeonnées d’ambre solaire
    Et batifoler sur la lande en agitant tous vos pompons,
    Sortant de la mélancolie avec tous vos bijoux à l’air !

    Illustration de Monsieur Z.

  • Asseyez-vous et réfléchissez !

    Asseyez-vous et réfléchissez !

    Comme tout le monde, enfin je crois, je prends le temps de m’arrêter,
    De m’asseoir et de réfléchir à qui je suis dans l’univers.
    Le temps de compter jusqu’à trois, je suis tout de suite affrété
    Par des anges qui me font fléchir ou des démons les plus pervers :

    « Lorsque tu suspends le présent dans l’espace-temps du moment,
    Tu redeviens corps de lumière dans une obscure réalité
    Qui n’a que toi, omniprésent comme un dieu sur le firmament,
    Qui ne dure qu’une première seconde avant la dualité…

    Car tu te heurtes à ta conscience qui fait barrage à ton canal
    Censé te relier à l’âme de tous les vivants en suspens
    Dans ce plasma de confiance dans lequel brille ton fanal
    Que tu exposes à toutes les flammes qui te veillent en se préoccupant…

    …De l’état de ton corps astral qui vient de se couper du monde
    Et qui retourne aux origines des pensées les plus primitives
    Comme un souvenir ancestral qui persiste en cette seconde
    Où tu rejoins ton androgyne enveloppe définitive ! »

    Tableau d’Anna Loginova alias Anna Vindront.