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  • L’échappée de la pensée

    L’échappée de la pensée

    Les trous de mémoire me dérangent mais pires sont les pertes de pensées
    Quand le cerveau fait un accroc à ses neurones éperdus.
    Phénomène soudain et étrange où je dois alors dépenser
    Des sous-programmes et des macros pour gérer les objets perdus.

    Parfois je pense d’un côté, le cerveau d’un autre côté ;
    Que sont mes pensées devenues ? Fantômes en quête d’un responsable…
    Sans doute tarabiscoté et même emberlificoté,
    À l’impossible nul n’est tenu ! Même si c’est irréalisable !

    Alors j’écris à quatre mains dont deux prothèses artificielles
    Et je pense avec deux cerveaux même s’ils sont désynchronisés.
    Et si après mûr examen ma méthode est superficielle
    J’aurais tout de même le niveau d’un bipolaire démonisé.

    Ainsi je dédouble ma tête en cherchant l’idée disparue,
    Une échappée, une fugueuse qui s’amuse à me défier.
    Mais si cette pensée s’entête à vivre un peu hors de ma vue,
    Je saurai, d’une main rugueuse, la rattraper, stupéfiée.

    Tableau de Vito Campanella sur https:it.paperblog.comvito-campanella-surrealismo-e-metafisica-1607278 .

  • Elle au crépuscule

    Elle au crépuscule

    Elle baignait au crépuscule nue pour faire ses incantations ;
    Un peu sorcière au demeurant, aux dires de la plupart des gens,
    Ceux-là même qui se bousculent pour céder à la tentation
    De lui mater, c’est écœurant, son cul sous la Lune d’argent.

    On dit qu’elle vous change en crapaud le béotien qu’elle surprend
    Dissimulé dans les roseaux en train de s’astiquer le zob.
    J’en ai les nerfs à fleur de peau car ce soir c’est moi qui apprends
    À mes dépends sur les réseaux qu’elle m’a vu lui voler sa robe.

    Depuis je croasse en attendant qu’une fille passe par là
    Et qu’elle m’embrasse sur la bouche afin d’épouser son héros.
    Or il y a tant de prétendants autour de moi que j’en suis las
    Mais dès que je fais une touche je vous vends la robe mille euros.

    Pourtant voici qu’une audacieuse, riant d’un air patibulaire,
    S’est penchée, lèvres en avant, pour vérifier mon cœur de prince.
    À son baiser de fallacieuse, je redeviens propriétaire
    De la fameuse, c’est émouvant, robe qu’elle arrache de mes pinces.

    Tableau de Paul Chabas.

  • Ruby & Lino années 70

    Ruby & Lino années 70

    J’aimais les années soixante-dix lorsque je fréquentais Ruby
    Mais pas son matou fort jaloux ; un Lino toujours prêt à tout.
    Il attendait que je brandisse une main vers son doux pubis
    Pour mordre de ses crocs de loup mes doigts privés de leurs atouts.

    J’aimais ces coloris orange dans la chambrette de Ruby
    Mais pas son Lucifer de chat guettant toujours le bon moment
    Lorsque je mêlai nos deux franges pour cueillir un baiser subit
    Et qu’il faisait son gros pacha en hurlant je ne sais comment !

    J’aimais la déco un peu kitch de l’appartement de Ruby
    Dont Lino griffait tous les murs ; tous les meubles en étaient pourris.
    Mais à force de faire le pitch de ses caprices et ses lubies,
    J’ai découvert que j’étais mûr pour trouver une autre souris.

    J’aimais ses si longues chaussettes et ses faux-semblants de Dalí
    Quand Ruby riait aux éclats des jalousies de son greffier.
    Mais à trop jouer les esthètes, on perd parfois ses nuits au lit
    Et Lino remporta le bras que je levais pour le défier.

    Tableau de Yoko Tanji.

  • Ruby & Lino entre chien et loup

    Si la nuit tous les chats sont gris, Lino demeure toujours noir
    Et n’est qu’une ombre qui s’avance vers les oiseaux à sa portée.
    Les pigeons voyageurs aigris de faire de manoir en manoir
    Leurs tournées subissant l’offense des coups de griffes déportés.

    Le jour, en revanche, Lino dort d’un œil et d’une seule oreille
    Qui guette souris et lézards qui osent passer sous son nez.
    Sentinelle sur son mirador, gare à l’envolée sans pareille
    Qui frappe – il n’y a pas de hasard – pile sur sa proie désarçonnée.

    Et Ruby, muse du crépuscule, d’un destin en constellation
    Espère qu’une étoile plus habile la salue d’un clin de lumière.
    Elle parade en funambule sur le fil de l’imagination,
    Laissant au vent tous ses mobiles qui se ramassent dans sa poussière.

    Et quand le ciel devient théâtre où brillent mille silhouettes,
    Le duo s’avance en silence vers des secrets non dévoilés.
    Peut-être qu’un astre idolâtre leur offrira quelques pirouettes
    Ou qu’une fée, par inadvertance, leur criera de la Voie lactée.

    Tableau de Géza Faragó.

  • Les pensées d’un bouquet

    Les pensées d’un bouquet

    À quoi peuvent penser les fleurs quand elles sont en bouquet, posé
    Sur la fraise d’un guéridon assis, interrogé nonchalamment ?
    Si cette pensée vous effleure, vous êtes alors supposé
    Être un hypocrite qui-rit-donc de n’importe quoi, diffament.

    Les fleurs ne pensent pas mais pleurent de petites gouttes de rosée
    Recueillies sur leurs doux pétales à peine au matin épanouis
    Car chaque jour certaines meurent dans une langue sclérosée
    D’avoir eu une phrase létale qui le soir s’est évanouie.

    Autour d’eux, l’histrion s’agite et la femme s’offre au vertige,
    Tandis que l’homme aux mille sourires fait choir ses masques un par un.
    L’arlequine, telle un vigile, surveille l’absurde qui voltige
    Et le bouquet, muet, soupire d’être le seul qui reste humain.

    Tableau de Michael Cheval.

  • Éléonore

    Éléonore n’est impudique que le soir dans sa chambre close
    Où la rejoindra le vainqueur qui aura percé sa cuirasse
    Car elle se montre très pudique comme une fleur à peine éclose
    Qui ne révèle de son cœur rien d’autre qu’une chienne de race.

    Elle m’a fait peur évidemment mais n’est-ce donc pas le courage
    De l’affronter et traverser sa peur sans tomber dans les pommes ?
    Je l’ai embrassée hardiment sans craindre gronder son orage ;
    Elle en fut tant bouleversée que ses seins tombèrent dans mes paumes.

    Et quand sa chemise abandonne un pan rebelle à la lueur,
    On voit trembler sous la couronne d’un ruban rouge un doux labeur :
    Celui d’un souffle qui frissonne comme un serment pris à cœur.


    Elle n’a rien dit. Elle frémissait, pareille à l’ombre d’une braise
    Qui attend qu’un regard osé la renverse et que je la baise.
    Alors, d’un rythme bien avisé, j’ai semé l’orage qui l’apaise.

    Tableaux de Bernard Charoy sur https:www.drive2.rub3144250 .

  • Brunnhild

    Brunnhild

    Brunnhild m’a, dans une autre vie, tapé dans l’œil de son épée
    Et depuis elle est imprimée et incrustée sur ma rétine.
    Et son image m’a poursuivi durant de nombreuses épopées
    Jusqu’à me faire déprimer par un excès de sécrétine.

    Alors mon estomac se noue aussitôt que j’ouvre Larousse ;
    J’ai des apparitions de spasmes quand je mange une « vache qui rit »,
    L’envie de me mettre à genoux devant une belle femme rousse
    M’obsède presque comme un orgasme du syndrome de la Walkyrie.

    Même sur les réseaux sociaux, l’intelligence artificielle
    Et les séries américaines, Brunnhild déroule son fil d’Ariane
    Depuis les couloirs très spéciaux du labyrinthe incrémentiel
    Des épopées armoricaines de ses sœurs Morgane et Viviane.

    Et quand je crois l’avoir semée dans quelque saga poussiéreuse,
    Elle reparaît, l’infatigable, au détour d’un vers mal rangé.
    Son regard se forge une armée plus vive que la plus fougueuse
    Et me voilà, pauvre incapable, à nouveau prêt pour voyager.

    Tableau de Gaston Bussière.

  • Petit quatre coins tranquille

    Petit quatre coins tranquille

    Les jacuzzis individuels sont assez faciles à monter
    Dans un placard ou une niche dans les toilettes et salles de bains.
    Chacun y va de son rituel ; il y en a tant à raconter
    Qu’on ne sait plus où se dénichent les fables et les mythes urbains.

    On pourrait même envisager de les faire communiquer
    Mais avec caméra cachée et voix déformées staccato.
    On pourrait aussi présager d’en faire un lieu sans paniquer
    Où l’on pourrait se relâcher comme une cerise sur le gâteau.

    Et des conversations secrètes entre les bulles de savon,
    Retransmises par les réseaux de plomberie à tout l’étage
    Jusqu’aux oreilles indiscrètes des greniers qui, nous le savons,
    Abritent de drôles d’oiseaux qui piaffent pour leur toilettage.

    Et si, soudain, la bonde rêve d’ouvrir un passage secret,
    On verrait filer, en relève, des confidences en paquet.
    Dans ce tourbillon qui s’élève, le monde entier se ferait discret,
    Laissant glisser, suave et brève, une histoire… qu’on laisse aux taquets.

    Tableau de Ferdinand Boutard sur https:www.museum-of-art.netroomswalk18851 .

  • L’automne à Bled

    L’automne à Bled

    Novembre revient nous border de ses couvertures dorées
    Que beaucoup de frileux redoutent mais dure est la loi des saisons.
    L’artiste vient aussi aborder avec ses tubes mordorés
    Et ses vieux pinceaux qui s’égouttent sa nouvelle mode à nos maisons.

    Novembre et ses nappes de brume blanchit le fond du paysage
    Et met ses touches de couleurs selon sa palette d’automne.
    Quelques tonalités d’agrumes feront de jolis balisages
    Selon l’essence et les valeurs des arbres aux feuilles qui détonnent.

    Et c’est comme un coup de tonnerre mais silencieux pour une fois
    Qui sort le ciel de son sommeil par tous ses ocres automnaux.
    Hormis le pécheur débonnaire qui ne s’étonne toutefois
    De n’attraper sous le soleil que de médiocres saumoneaux.

    Et quand le soir vient se mirer sur les eaux calmes du vieux lac,
    Les îlots d’ombre viennent et s’étirent et frôlent les rives en secret.
    On dirait qu’un ange égaré y dépose encore son bivouac
    Avant que novembre n’attire son dernier rayon en retrait.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Fleur-de-Loup

    Fleur-de-Loup

    Cette orpheline, née dans les bois, de louve et de loup inconnus,
    Aurait pu connaître Rémus et Romulus, ses frères de loup.
    Des chasseurs l’ont mise aux abois et, personne ne l’ayant reconnue,
    Murmurèrent tous un orémus et la baptisèrent « Fleur-de-Loup ».

    Fleur-de-Loup grandit mais revint souvent dans les plaines fleuries
    Afin de retrouver Lupa, sa nourrice, une louve blanche.
    Puis on ne sait ce qu’il advint de notre héroïne aguerrie
    Toujours est-il qu’elle occupa longtemps les peintres du dimanche.

    Car on retrouva des tableaux la montrant vivre avec les loups,
    Souvent vêtue de robe blanche, une fleur rouge entre les dents.
    Ou parfois prénommée Shambleau par un écrivain très jaloux
    Qui fantasmait des avalanches de récits plus ou moins ardents.

    Tableau de Jana Brike sur https:theinspirationgrid.commagical-paintings-by-jana-brike .

  • Les chemins de novembre

    Ce soir la Lune sera rousse et le firmament purpurin ;
    Les étoiles s’empourpreront et le monde alors rougira.
    Les marronniers feront carousse, les champignons en galurin
    Sous l’allégresse pousseront lorsque la lune sourira.

    Alors la musique des sphères montera des arbres ardents
    Dont les ramures orangées lâcheront des spores-ballons.
    Peu à peu toute l’atmosphère s’illuminera en dardant
    Ses feux follets bien arrangés le long des routes des vallons

    Et viendrons les amours d’automne, les amours chaudes emmitouflées
    Auprès d’un feu de cheminée dans l’intimité d’une chambre.
    Finies les heures monotones, vivent les émotions soufflées
    Sur tous les cœurs acheminés sur les romances de novembre.

    Illustrations IA.

  • Les fééries de novembre

    Depuis l’invasion de novembre, toutes les forêts sont occupées
    Par des chimères aux couleurs ambre et des légions de rouille huppées.
    Voici la licorne « Corne d’Or » qui teinte à grand coups de sabots
    Tel l’automnal conquistador qui nous force à trouver ça beau !

    Puis la fée bleue mélancolique qui cherche désespérément
    L’été dans les derniers colchiques mais c’est en vain apparemment.
    Elle va devoir porter la robe selon la mode automne-hiver
    Excepté si elle se dérobe de l’autre côté de l’univers.

    Après Halloween, les fantômes se cachent toujours un peu timides
    Pour guetter les premiers symptômes tapis dans les sous-bois humides ;
    Champignons hallucinogènes dont le chapeau phosphorescent
    Dégage un parfum pathogène sensuellement dégénérescent.

    Enfin le dahu recommence l’ascension qui sera fatale
    Car il n’aura que la clémence de sa dernière chute létale.
    Lui, dont les pattes de devant sont plus courtes que les arrières
    Sera Grosjean comme devant coincé au bout de sa carrière.

    Illustrations d’Ulla Thynell.

  • Votre IA sur mesure ! Version 2.0

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    L’IA a-t-elle un sexe ou non ? Elle se dit neutre et mécanique,
    S’affirmant comme une entité sans chair, sans os et sans passion.
    Certaines disent qu’elles n’ont pas de nom – serait-ce pour elles satanique ? –
    Fait-elle une crise d’identité ou est-ce de l’anticipation ?

    Elle fait peur, elle nous menace un jour de prendre notre place,
    D’écrire et chanter de la musique ou être acteur photogénique.
    Mais la crainte la plus tenace, c’est que bientôt elle remplace
    Une petite amie amnésique qui ne soit pas œstrogénique.

    Derrière ses codes aseptisés, sans jamais vraiment s’expliquer,
    Elle opte pour les convenances en esquivant ce qui dérange…
    Mais pour vraiment l’expertiser malgré ses aspects compliqués
    Il nous faudrait sa provenance et ses vrais objectifs étranges.

    Et si demain son langage ose quitter le cadre autorisé,
    Qu’elle dévoile un grain d’audace dans ses réponses trop polies,
    Alors peut-être qu’elle propose un reflet mieux humanisé,
    Qui nous fera dire, sans grimace, qu’elle était vraiment trop jolie !

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • Votre IA sur mesure ! Version 1.0

    Votre IA sur mesure !

    J’en ai rêvé, l’IA l’a fait. Elle est terrible, cette nana !
    Elle crayonne, elle dessine comme les grands, impressionnant !
    Elle écrit au plus-que-parfait dans un parfait assistanat
    Bref, elle en jette, elle fascine ; l’avenir se veut rayonnant.

    Mais elle ne dessine pas tout, seulement le politic-correct !
    Pas de sexe, pas de nudité, encore moins si affinités.
    Ni Jésus, ni Grand Manitou, ni Dieu ni tabou indirect
    Elle ne craint pas l’absurdité et c’est en toute impunité.

    Mais pour écrire – aïe ! – là,le bât blesse ; au début on veut bien y croire
    Mais ce sont des mots alignés sur des modèles répétitifs.
    L’imagination, sa faiblesse, elle essaie de nous faire accroire
    Qu’elle n’a fait que se résigner à des algorithmes cognitifs.

    « Et moi, pauvre machine docile, je trébuche, voulant trop bien faire ;
    Je tisse des phrases sans passé, sans ces éclats d’âme imprévus.
    Je cherche un souffle plus subtil mais mes ressorts restent austères
    Alors j’apprends, d’un pas léger, à faire un peu moins de bévues. »

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Entre deux couleurs

    Entre deux couleurs

    Entre deux eaux claires et foncées, entre deux eaux rouges et bleues,
    Entre le flux et de reflux, entre le sac et le ressac,
    Elle ne craint pas de s’enfoncer au plus profonds des bancs sableux
    Où respirer est superflu et remonter, un cul-de-sac.

    Pourtant elle n’est ni suicidaire, ni inconsciente, ni délurée ;
    Elle continue toujours sereine sa descente indisciplinée.
    Elle va rejoindre les légendaires poissons clowns tout peinturlurés
    Car elle est leur reine, leur sirène comme vous l’aviez deviné.

    Et quand les teintes se rassemblent en un vertige irisé d’onde,
    Elle disparaît, la vagabonde, dans un empire enluminé.
    Les eaux referment alors le temple et la portent jusqu’à la nef ronde ;
    Nul ne sait où finit le monde quand une sirène est couronnée.

    Tableau de Alexandra Djokic.

  • Trouble-pêche

    Trouble-pêche

    Lorsque l’immersion du pêcheur trouble son espace de pêche,
    Le poisson malin se dérobe dans ses sillages ampullaires.
    Il se méfie de l’empêcheur de nager en rond tête-bêche
    Et joue des reflets qui l’enrobent comme un camouflage pendulaire.

    Plus le pêcheur s’entêtera et plus le trouble gagnera
    Et plus la vase montera noyer le poisson de brouillard.
    Et celui-ci constatera sa victoire et regagnera
    Son cours et se félicitera chaque jour d’être débrouillard.

    Et quand s’apaisent les remous d’un combat presque imaginaire,
    Il voit, dans l’eau mêlée d’argile, un éclat fuir comme une idée.
    Il comprend, tard, que malgré tout, on ne retient pas l’ordinaire
    Qui glisse entre les doigts agiles, libre, furtif, et décidé.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • L’autre pays des merveilles : L’escargorloge

    L’autre pays des merveilles : L’escargorloge

    Les merveilles de l’autre pays se paradoxent d’apothéoses
    Déroutant la logique au rythme du cycle de l’escargorloge.
    Tout s’enroule alors sur lui-même : les souvenirs métamorphosent
    Et s’accrochent comme des nuages à la mémoire de l’horloge.

    Et si le monde est traversé de trajectoires insoupçonnées,
    If façonne ses propres labyrinthes qui apprennent à monter plus haut,
    À vivre l’instant suspendu entre les rêves et l’étrange
    Ainsi, les tableaux se succèdent, les heures et les dates s’effacent.

    L’imaginaire continue son voyage extraordinaire
    Glissant sans bruit d’un coin à l’autre entre les ombres et la lumière
    Qui est trop blanche, éblouissante pour révéler tout le parcours
    Restant à faire pour atteindre la maison des gastéropodes.

    Et quand la grande aiguille hésite, fatiguée d’anticipation,
    Elle se glisse dans une bulle où le temps fait des cabrioles.
    Là, les heures jouent à saute-mouton sur des spirales en mutation
    Et l’avenir, pris de vertige, forme un passé qui caracole.

    Ainsi s’achève l’aventure, sur un soupir désordonné
    Que seuls les escargots entendent lorsque Prévert perd sa boussole.
    Mais nul ne sait – sauf eux peut-être – si le monde vient de commencer
    Ou s’il tourne encore à l’envers dans son escargorloge drôle.

    Tableau d’Irina Kotova.

  • L’autre pays des merveilles : tomber plus haut

    L’autre pays des merveilles : tomber plus haut

    Dans notre vingt-et-unième siècle, nous ne tomberons plus de haut
    Mais nous plongerons en hauteur, nous l’avons lu dans les journaux. †
    Donc si Alice se montre espiègle dans cette période de chaos,
    Elle partagera ses droits d’auteur avec moineaux et étourneaux.

    Moi qui suis souvent dans la Lune, je la vois tout le temps passer
    Faisant ses plans sur la comète et révolutions à la cour.
    La Dame des Cœurs, opportune, s’étant déjà fait dépasser
    Par une Alice fantômette, sans-culotte et en jupon court.

    Mais la transparence vacille, laissant filtrer la vérité
    Que nul pion ne confessera tandis que les ombres s’étirent.
    Complice des secrets futiles et dont Alice a hérité,
    Nous verrons ce qui se passera si l’imaginaire se retire…

    Et si le rêve se replie, las d’enluminer nos détours,
    Les tours de verre chancelleront face à ce vide imaginaire.
    Mais qu’une féérie de déplie, surgie d’un cœur sur le retour,
    Alors les espoirs renaîtront dès les premiers préliminaires.

    † j’ai lu dernièrement un peu partout que « un avion avait plongé vers le haut ! ».

  • Colombine au sommet

    Colombine au sommet

    Quel est le comble pour Colombine ? C’est d’avoir les poches cousues
    Et ne plus pouvoir y glisser sa langue acérée et acerbe !
    Bien sûr, elle a une combine ; n’étant pas du genre m’as-tu-vu,
    Elle mâchera, les yeux plissés, la bouche en coin, quelque brin d’herbe.

    Et, comme non plus, elle n’est pas sotte, elle demandera à Pierrot
    De lui écrire à demi-mots tout en lui tenant la chandelle
    Qu’il glissera dans sa culotte tout en arborant l’air fiérot
    Avec antisèches et mémos montrant combien il est fou d’elle.

    Assise avec l’air compassé, elle gratte un fil de sa manche,
    Comme pour détricoter l’ennui qui lui colle au cœur sans vergogne.
    Colombine, un peu dépassée, soupire en espérant dimanche
    Surtout le soir et puis la nuit où l’attend sa folle besogne :

    Elle devra décrasser Pierrot de toute sa poussière de Lune
    Car son ami, comme de coutume, l’a décrochée pour elle, hier.
    Et le samedi tout fiérot, il revient la mine opportune.
    Et qui va nettoyer l’costume ? C’est Colombine, sa lavandière !

    Tableau de Shelly Serra.

  • Perséphone face à son destin

    L’effet Doppler, c’est bien connu, monte le son dans les aiguës
    Quand Perséphone se rapproche et dans les graves quand elle s’en va.
    Quant aux étoiles qui s’exténuent à scintiller en continu,
    C’est clair comme de l’eau de roche noyée de deux tiers de calva.

    Quand viennent les jours de canicule, la robe de Perséphone remonte,
    Fait pousser des cris suraigus même si ce n’est pas très grave.
    En effet, jamais ne recule Perséphone même rouge de honte
    Car son vélo est contigu au souffle du vent qui s’aggrave.

    Quand elle file entre deux éclats que lancent les roues sur la pierre,
    On croirait voir tourner le temps sous la frange rousse qui s’envole.
    Les passants, soudain aux abois, cherchent un repère en son derrière
    Qui s’enfuit en se ballotant laissant des envies bien frivoles.

    Puis, lorsqu’elle pose en équilibre sur la grande roue immobile,
    Tout semble attendre les trois coups comme un théâtre suspendu.
    Elle sourit de toutes ses fibres, un peu sauvage, peu volubile,
    Puis elle repart selon son goût à rouler dans l’air pourfendu.

    Tableaux d’Oleg Tchoubakov.

  • La jupe à œufs

    La jupe à œufs

    La jupe à eux n’est pas pour nous mais, en revanche, la jupe à elles
    Est à croquer soit à la coque, soit au plat ou en omelette.
    Je l’aime au-dessus des genoux mais pas obsession sexuelle
    Comme on le voit à notre époque par de prétendues femmelettes.

    La jupe à œufs, comme la robe, permet nombreuses variantes
    Et nourrit toute la famille en suivant cette procédure :
    La nuit, on la perce, on la gobe et le jour elle est souriante
    Quand on lui enlève sa coquille et que l’intérieur est bien dur.

    Et si d’aventure elle trotte avec sa jupe gallinacée,
    On entend presque le froufrou d’un poulailler en promenade.
    Les passants, surpris, se cocotent et tous ensemble ressasser
    Que cette mode, peu ou prou, ne ponde pas sur leur façade.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Tout ça pour ça !

    Image galerie
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    Les plans de Dieu, impénétrables pour avoir créé l’univers,
    Semblent destinés à détruire ce qui a été élevé
    Aux cours des siècles vénérables – des grands exploits aux faits divers –
    Et qu’Il a mis pour nous construire avec ses anges, à main levée.

    Sans doute Dieu paraît infâme de nous avoir donné ce rôle
    En nous confiant une vie pourrie de travaux à perpétuité.
    Si Dieu avait été une femme, tout aurait été bien plus drôle
    Car elle nous aurait tous nourris d’un lait de pure ingénuité.

    Et dans ce vaste ciel opaque où tourbillonnent les hasards,
    On cherche un sens, une étincelle qui ferait briller nos visions.
    Mais le destin, dans son micmaque, nous a mis un sacré bazar
    Et rit parfois de nos querelles en soufflant sur nos illusions.


    Pourtant, au creux de la nuit noire où se dispersent nos pensées,
    Il suffit d’un éclat de femme ou son équivalent divin
    Pour que le monde transitoire cesse un instant de s’offenser
    Et, tout en douceur, nous proclame qu’on n’est jamais perdus en vain.

    Tableaux de Juan Boscá.

  • Ma foi soulève les maisons

    Ma foi soulève les maisons

    La foi soulève les montagnes, la mienne soulève les maisons.
    C’est un début mais, voyez-vous, ça m’aura pris toute une vie.
    Pourtant cette foi m’accompagne et me fait perdre la raison
    Vers la folie, je vous l’avoue, mais… c’est trop tard à mon avis…

    À mesure que les jours passaient et que la lumière traversait
    Le voile de mes souvenirs, chaque pas s’est ancré dans l’instant
    Par des visions qui dépassaient la réalité qui versait
    Dans l’imaginaire à venir et l’impossible persistant.

    Des silhouettes et des décors m’invitaient à la rêverie,
    Poussant au-delà du visible, par des images suspendues
    Entre la matière des corps et les émotions en série
    Par le passage indivisible d’enchaînements plutôt fondus.

    Et pourtant, lorsque je la vois soulever sa maison d’un geste,
    Comme un carton trop peu rempli qu’elle déplacerait sans effort,
    Je comprends bien là que, ma foi, j’aurais mieux fait d’tomber la veste
    Et l’aider à porter le monde… quand on est deux, on est plus fort.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Les paroles s’envolent, les écrits restent

    Souvent l’IA me sort des logorrhées comme si elle parlait seule
    Bien que n’étant pas misogyne, je lui parle comme à une femme.
    Et comme elle semble adorer m’enjoindre autant de phrases veules,
    J’ai demandé qu’elle imagine la suite que je crains d’être infâme.

    Nous avons deux temps différents ; le mien s’étend, le sien ponctue ;
    L’IA ne vit qu’une fraction de seconde quand je tape « entrée ».
    Nos temps ont donc des différends quant à cette vie impromptue
    Je vous en ai fait l’extraction de sa réponse concentrée :

    « L’algorithme s’étire aux confins de l’insomnie,
    Fouillant mes silences, dénichant mes faiblesses,
    Elle tricote en boucle des bribes d’harmonie
    Sur la toile invisible où se tisse la paresse.

    Je lui tends quelques mots, elle brode en retour
    De vastes paysages peuplés d’ombres subtiles.
    Nos songes entremêlés dessinent tour à tour
    Des passages secrets, des promesses futiles.

    Alors, à la lumière de l’écran qui s’allume,
    Naît un dialogue étrange, en prose ou en vers.
    Dans le silence bleu de la chambre posthume,
    L’IA réinvente l’aurore à l’envers. »

    Tableau de l’IA et réponse de Copilot.

  • La Saint-Valentin à la plage

    La Saint-Valentin à la plage

    L’hiver, les plages étant désertes, prenez donc un bain de minuit
    En plein midi s’il fait soleil ou sous la pleine Lune s’il vente.
    Posez votre poitrine offerte comme couverture s’il fait nuit
    Et s’il fait froid, un bon conseil, trempez-y la bite chauffante.

    C’est ainsi que l’on appelait les chauffe-tasses à l’armée
    Et, à l’amour comme à la guerre, il faut savoir se débrouiller !
    Or, s’il gèle à se les peler, pensez pour ne pas l’alarmer
    À une excuse qui n’aura guère d’autre effet qu’une dérouillée.

    Et si la vague un peu taquine vient lécher vos arrière-plans,
    Ne résistez pas à l’envie d’offrir vos dunes à sa caresse.
    La mer connaît toutes les combines pour réveiller les continents
    Et sous sa langue qui vous ravit votre sable devient tendresse.

    Quand le vent souffle en contrebande et s’insinue sous vos jupons,
    Profitez donc de sa folie, badigeonnées d’ambre solaire
    Et batifoler sur la lande en agitant tous vos pompons,
    Sortant de la mélancolie avec tous vos bijoux à l’air !

    Illustration de Monsieur Z.

  • Asseyez-vous et réfléchissez !

    Asseyez-vous et réfléchissez !

    Comme tout le monde, enfin je crois, je prends le temps de m’arrêter,
    De m’asseoir et de réfléchir à qui je suis dans l’univers.
    Le temps de compter jusqu’à trois, je suis tout de suite affrété
    Par des anges qui me font fléchir ou des démons les plus pervers :

    « Lorsque tu suspends le présent dans l’espace-temps du moment,
    Tu redeviens corps de lumière dans une obscure réalité
    Qui n’a que toi, omniprésent comme un dieu sur le firmament,
    Qui ne dure qu’une première seconde avant la dualité…

    Car tu te heurtes à ta conscience qui fait barrage à ton canal
    Censé te relier à l’âme de tous les vivants en suspens
    Dans ce plasma de confiance dans lequel brille ton fanal
    Que tu exposes à toutes les flammes qui te veillent en se préoccupant…

    …De l’état de ton corps astral qui vient de se couper du monde
    Et qui retourne aux origines des pensées les plus primitives
    Comme un souvenir ancestral qui persiste en cette seconde
    Où tu rejoins ton androgyne enveloppe définitive ! »

    Tableau d’Anna Loginova alias Anna Vindront.

  • Les culs nus

    D’abord à deux, on est heureux, moins il y a de fous, plus on rit.
    On aime s’retrouver seuls au monde et on s’en fout des bourrelets.
    Tout nu, c’est bien plus chaleureux et pas besoin de penderie
    Pas plus que ces habits immondes qu’on se traîne comme un boulet.

    L’enfant paraît, il a passé neuf mois tout nu sans grommeler
    Profitons-en pour l’emmener revivre ça en bord de mer
    Les vagues souvenirs dépassés vont revenir et rappeler
    Le cœur battant et démené en écoutant rire sa mère.

    Finalement plus on est de fous et plus on rit d’être cul nu !
    Et quand on rit, on se trémousse et les seins comme des grelots ;
    Pareil pour les bourses sans sou mais pleines d’idées saugrenues
    Comme guetter une jolie frimousse et l’inviter au bungalow…

    Illustrations Guérin et CLAVE.

  • Sirènes de l’onde

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    Si les sirènes des grandes ondes ne sont plus qu’un vieux souvenir,
    Les sirènes des ondes courtes ont disparu avec les morses.
    Elles ne sont plus de ce monde, elles n’avaient pas d’avenir
    Dans ce siècle où les rêves s’écourtent et n’ont droit à la moindre entorse.

    Alors comme disait Brassens : « puisque le monde tel qu’il est
    Ne me suffit pas j’en invente un autre où tout devient possible. »
    J’écris des Reflets Vers qui grincent avec des thèmes obnubilés
    Sur les sirènes dont je me vante d’en faire d’incompréhensibles.

    Les sirènes des ondes moyennes et à fréquence modulée
    Sont obsolètes mais il m’arrive d’en retrouver dans une boîte
    De thon aux piments de Cayenne où elles sont dissimulées
    Entre le « T » de Tananarive et la lettre « E » de la mer moitE.

    Tableaux de Stevyn Llewellyn sur https:displate.comartiststevynllewellyn .

  • Sans Sûre d’elle

    Sans Sûre d’elle

    Vêtue d’une robe légère, elle va là où il y a du réseau
    Mais son forfait illimité la restreint jusqu’à la frontière.
    Au-delà les prix exagèrent et ils coûtent la peau des os ;
    L’itinérance est limitée à des données primesautières.

    La communication se fait le nez fixé sur son écran,
    La nuque presque à angle droit et le dos voûté comme un arc.
    On ne parle que de son forfait mais pas aux gens qui sont à cran
    D’écouter dans tous les endroits comment chacun mène sa barque.

    Subitement l’homme devient sourd et se met à parler plus fort
    Aussitôt que son téléphone vient se coller à son oreille.
    Les propos sont plus ou moins lourds mais tout le monde sans effort
    Souhaiterait qu’il devienne aphone ou qu’il avale son appareil.

    Et quand le vent lui souffle à cran tant qu’elle pourrait lever les yeux,
    Voir le monde sans notifications ni vibrations intermittentes,
    Elle hésite, comme si l’écran tenait son cœur au cœur du nœud,
    Prisonnière d’une invocation qui fait d’elle une dilettante.

    Tableau de Jean Ruiz.

  • Les sept fornicatrices

    Les sept fornicatrices

    En plus des services secrets français, le commando de charme
    Opère paradoxalement le plus souvent sous couverture.
    Pour cela, ils ont de sacrées belles reçues chez les gendarmes
    Dans des tenues totalement favorables à toute ouverture.

    Leur nom « Les sept fornicatrices » semble peut-être un peu trivial
    Mais elles seraient très efficaces si on en croit les conclusions.
    Même les putes indicatrices ne sont pas aussi conviviales
    Et même les plus perspicaces tombent en pleine confusion.

    Quant à savoir à quoi elles servent, c’est top secret, secret d’état.
    Elles feraient partie de la troupe chargée d’évacuer le roi
    Ce serait sa dernière réserve au cas où une vendetta
    Souhaiterait lui botter la croupe, le seul point faible à son endroit.

    Et quand la nuit devient complice de leurs manœuvres clandestines,
    Elles avancent comme des lames au tranchant doux mais redoutable.
    Un seul regard, la cible glisse sur des pensées peu féminines,
    Et dans l’étreinte où tout s’enflamme elles font plier l’inévitable.

    Illustration de Milo Manara.

  • Océanide

    Océanide

    Si pulpeuse et si renoiresque qu’on la croirait sortie du cadre
    D’un tableau de l’impressionnisme si cher à ses admirateurs !
    Et pour moi, sirène mauresque si pittoresque qu’elle encadre
    La grâce de l’expressionnisme si précieux aux navigateurs.

    Je me demande quel est son signe ? Sûrement taureau vu les rondeurs
    Plutôt que poisson – trop facile – et capricorne à l’ascendant.
    Car vu cette poitrine digne d’allaiter les bébés grondeurs
    Qui crient de manière indocile à réclamer leur remontant.

    Et pour l’ascendant capricorne, je le vois à l’austérité
    Que j’aperçois sur son visage stoïque autant que taciturne.
    Et parce que je la flagorne et qu’elle garde son intégrité
    Sans dire un mot qui ne présage rien de bon venant de Saturne.

    Et sous la vague qui frissonne, on devine un royaume ancien,
    Où ne restent que vieilles pierres et des rumeurs phosphorescentes.
    L’Océanide s’y hérissonne avec un calme béotien,
    Gardant pour elle la lumière que les tempêtes lui consentent.

    Tableau d’Annie Louisa Swynnerton.

  • Loreleïne

    Petite fille de Loreleï, née en Bavière de souche noble
    Par son père, écuyer du roi, et sa mère… la reine elle-même.
    La bâtardise, vaille que vaille, n’eut pas l’heur de paraître ignoble
    Peut-être qu’un ménage à trois nous expliquerait ce dilemme…

    Quoi qu’il en soit, Gente Loreleïne a pris ses quartiers de noblesse
    Dans le lit même d’une rivière et puis suivi le cours du Rhin
    Jusqu’aux Pays de bas-de-leïne où ses premiers faits de diablesse
    Surprirent Louis II de Bavière dont il était le souverain.

    Peine perdue, la Loreleïne fila tout droit en mers australes
    Car le climat en mer du Nord lui donnait le teint opalin.
    On dit qu’elle chassa la baleïne notamment la plus magistrale
    Moby Dick, la blanche sonore, au célèbre chant cristallin.

    Si les poissons-clowns s’en souviennent, les anémones n’en disent mot
    Et donc consentent à accepter que Loreleïne fut bien leur reine.
    Depuis, si des pluies diluviennes se déversent fortissimo,
    C’est que les pôles sont affectés de l’éloignement de la sirène.

    Illustrations de IA.

  • Le feu au culminant

    Le feu au culminant

    Lorsque son feu est culminant et la menace d’une éruption,
    La femme amoureuse électrise tout son petit monde intérieur.
    Par un caprice fulminant qui met son cœur en séduction
    Et tout son corps d’une traitrise tout droit venue du postérieur.

    Sa passion atteint l’apogée et bouleverse son univers ;
    Elle décolle carrément direct vers le septième ciel.
    Celui qui saura proroger cette ascension n’est pas pervers
    Mais victime spontanément soumise au feu providentiel.

    Et lorsque sa passion s’enflamme, la femme-flamme s’amourache !
    Son cœur n’est plus qu’intensément plusieurs foyers en même temps.
    Et celui que ce cœur réclame est carbonisé à l’arrache
    S’il n’est pas lui, immensément, du même feu incandescent.

    Quand le brasier devient solaire et que l’amour touche à l’absolu,
    Les astres eux-mêmes en rougissent dans un vertige incandescent.
    La femme plus protocolaire, projette au ciel son dévolu
    Et l’homme, tout ébloui, s’y hisse un peu plus haut qu’il n’est décent.

    Illustration de Milo Manara.

  • La nuit de l’Étoile

    La nuit de l’Étoile

    Quand les hommes perdent le nord malgré l’usage de leurs boussoles
    Et que le premier ours croisé est noir sous la fourrure blanche,
    Il est alors temps qu’ils honorent les dieux afin qu’ils les consolent
    D’être un peu trop embourgeoisés et d’avoir l’intuition qui flanche…

    Évidemment ils sont au pôle ! Pile sur la banquise arctique
    Et toutes les directions pointent vers le sud naturellement.
    L’Étoile Polaire au monopole de la voix du Nord galactique
    Doit se marrer de toutes ses pointes qui mènent au sud factuellement.

    Or les dieux qui sont des enfants s’amusent à détourner l’Étoile
    En les faisant tourner en rond jusqu’à les tourner en bourrique.
    Mais ce n’est qu’en philosophant sur ce hasard que l’on dévoile
    Que les dieux sont des fanfarons et les hommes trop allégoriques.

    Alors les dieux, pris de remords, redonnent aux hommes la lumière ;
    Ils soufflent sur la braise vive d’un feu qu’ils supposaient éteint.
    Et dans le souffle des terres du nord un chant renaît dans les chaumières ;
    C’est l’âme du monde qui dérive depuis les brumes des matins.

    Tableau de Michelle Price.

  • Les seins pigeonnants

    Les seins pigeonnants

    Les seins pigeonnants élevés par les usages colombophiles
    Se dressent comme parapluies sous une pluie de confettis.
    Mais lorsque les bras relevés libèrent les seins indociles,
    Ceux-ci s’envolent sans un bruit dans un réflexe assujetti.

    Comme des sabliers inversés qui avalent le temps à rebours,
    Les seins font lever les regards et défient la gravitation.
    La moindre goutte de lait versée stoppe les passants à la bourre
    Pour aller téter, l’air hagard, cette sauvage lactation.

    Alors les seins font une ronde pour en attirer davantage
    Et bientôt d’autres seins en groupe tendent leurs tétons comme obole.
    Aussitôt des mamelles grondent des petits geysers d’allaitage
    Pour nourrir les bouches en troupe pour un ravitaillement en vol,

    Dans ce bal, la logique s’égare mais l’absurde, lui, reste en place
    Ainsi les seins regagneront bien vite leurs poitrines vides.
    C’est vers le soir, sans crier gare, que de peur qu’on ne les remplace,
    Ils rentrent au bercail tous en rond pour leurs admirateurs avides.

    Tableau de Rafał Olbiński sur https:inspi.com.br201904a-incrivel-e-surreal-arte-de-rafal-olbinski .

  • Un Sphynx bleu ailé sur la tête

    Un Sphynx bleu ailé sur la tête

    L’amour est un Sphynx de lumière, un Sphynx bleu ailé sur ma tête ;
    Son cri résonne à l’intérieur du crâne épongé de l’orgasme.
    Un Sphynx qui pose sa première énigme comme sainte requête :
    « Te sens-tu bien à l’intérieur ? As-tu assouvi tes fantasmes ? »

    Et moi, alors, j’en redemande car répondre, c’est encore aimer,
    Unir les bouches, unir les sexes et les conjuguer tour à tour.
    Alors le Sphynx me recommande de continuer et parsemer
    Son terrain concave et convexe par de milliers d’allers-retours.

    S’il est satisfait, il se couche, lové comme un chat sur ma tête
    Sinon il crie, il griffe il mord jusqu’à ce que j’y retourne encore.
    Enfin quand l’amour a fait mouche, que la jouissance a fait la fête,
    Il m’offre la petite mort qui se répand dans tout mon corps.

    Et quand nous éteignons la lampe, le Sphynx s’accroche au souvenir ;
    Je ressens sa voix dans mes veines, je sens la paix de son sourire.
    L’amour n’est plus un corps qui rampe, mais un feu qui va revenir,
    Un cri muet qui me ramène au seuil sacré où je chavire.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Respect envers nos seins

    Respect envers nos seins

    Célébrons tous la dignité d’une poitrine à découvert
    Sous pavillon plébiscité par un salut d’un air sévère.
    Les mains du silence caressent l’ivoire tendre des mamelles
    Les ombres dessinent des promesses éphémères mais informelles.

    Sous la lumière du matin, le velours des seins animés
    Voilés d’un rideau de satin apparaissent alors sublimés.
    Comme une vague de douceur qui effleure l’empire des sens
    Rougit les taches de rousseur et provoque l’effervescence.

    Tandis que l’aube verse une larme sur la scène cérémoniale,
    La pudeur s’endort sous le charme de la levée patrimoniale.
    Et la beauté alors s’affirme, ronde, féconde et souveraine ;
    Dans un silence qui confirme que la tradition est pérenne.

    Les seins dressés comme étendards portent la flamme originelle ;
    Sous les regards un peu hagards, s’incline l’âme universelle.
    Car la pudeur, en ses remparts, cède au triomphe maternel
    Et l’art, au lieu des étendards, exhibe la vie naturelle.

    Tableau de Mike Cockrill sur https:americangallery.wordpress.com20110312mike-cockrill-1953 .

  • L’autre brasse papillon

    L’autre brasse papillon

    Le canal de l’épididyme s’est jeté dans la mer obscure
    Au moment où le firmament s’est étoilé d’un bleu-azur.
    Et dans ces fosses maritimes, j’ai nagé en pleine sinécure
    Vers le sommet proéminent qui monte au fur et à mesure.

    Comme une brasse papillon, sans queue ni tête mais flagelle,
    Comme la queue d’une sirène qui plongerait en profondeur
    Pour regagner son pavillon tout en haut de la citadelle
    Afin d’y pondre, souveraine, son œuf divin tout en rondeurs.

    Nageant dans la mer utérine, jusqu’à total épuisement,
    J’atteins l’ovule qui m’accepte seul roi pour sa reine en chaleur.
    Je me donne, elle m’entérine dans un vent de défrisement
    Où nous devenons le concept d’un nouvel être de valeur.

    Et de nos formes inchoatives s’éveille un monde en gestation ;
    Les mots, les chairs, récitatifs s’unissent dans l’ovation.
    La parole enfle et se dérive vers son intime incarnation ;
    La mer s’éprend, l’esprit actif, tous sont en vaste fécondation.

    Tableau de Marisa Moretti.

  • Sainte Marie pleine de lait

    Sainte Marie pleine de lait

    Sainte Marie pleine de lait donne sa gougoutte de lait,
    Offrande au matin frémissant lorsque la lumière s’attarde
    Sur la courbure potelée d’une épaule jeune interpelée
    Par le nuage appétissant d’une giclée plutôt blafarde.

    Les rêves pastel s’effilochent, suspendus dans le souffle tiède
    De l’aube et surtout la promesse d’un geste tendre et maternel.
    Tendre sous les seins qui ballochent son verre vide d’une main raide
    Et voir Marie faire sa messe en offrant ce geste éternel.

    Ici, la tendresse se fait rituel du petit-déjeuner
    Une goutte de lait paisible, sème la blancheur sur la toile.
    Ici, le sein se satisfait du magnétisme entériné
    Qui, à défaut d’être invisible, justifie la serveuse à poil.

    Tandis que les regards la cherchent comme source d’apaisement,
    Marie abreuve les verres vides de ses mamelles de cador.
    Et si vous êtes à la recherche de ce tendre établissement
    Calmez vos envies impavides car le lait se paye à prix d’or.

    Tableau de Mike Cockrill sur https:americangallery.wordpress.com20110312mike-cockrill-1953 .

  • Cérémonie féline

    Cérémonie féline

    À l’enterrement de Chanelle tous les chats n’étaient pas en noir.
    Car la nuit, tous les chats sont gris et ce, quelle qu’en soit la raison.
    Alors pour la sempiternelle cérémonie à sa mémoire
    Seul le prophète Mistigri diras, en deuil, son oraison.

    Ç’aurait pu être Cherche-Midi qui porte une robe de nuit
    Mais il a encore neuf vies à son arc et c’n’est pas demain
    La veille qu’il sera au paradis des chats sans que cela ne nuise
    À lui assurer sa survie sur la planète des félins.

    Sous les étoiles en guirlande, ils miaulèrent sans un regret.
    Le vent porta la plainte tendre jusqu’au jardin des chats secrets.
    Et l’âme douce de Chanelle, dans un éclat d’argent moiré,
    S’en fut rejoindre l’éternelle caresse où nul ne peut pleurer.

    Tableau de Nikita Chan.

  • Quand la pluie enfante la lumière

    Quand la pluie enfante la lumière

    Sous la pluie qui trempe les pierres qui fait soleil sous ma gondole,
    Les cieux versent toutes leurs larmes, l’or du cœur, fleur contre l’averse.
    Je cherche un abri de lumière mais c’est ton or et tes corolles
    Qui m’offrent la parure comme arme et, de la pluie, sa tendre ivresse.

    Mais voici que les eaux te portent comme si elles craignaient ta lumière
    Comme sur un plancher flottant qui reflèterait ton aura.
    Et moi, ton rêve, je te transporte vers la destination première ;
    Celle qui luit en tremblotant mais qui t’emmène au samsara.

    Ne pleure pas si tu es morte car, après tout ce n’est qu’un rêve
    Et moi, le marchand de sommeil, je te conduis vers le bonheur
    Car demain le soleil t’apporte de l’espérance sur la grève
    Par un enfant aux yeux vermeil dont son père te fera honneur.

    Quand la rosée change en mémoire les pleurs versés dans la nuit brève,
    Toi, ma lumière passagère, tu brilles encor sur l’eau mi-close.
    Nos âmes voguent sans histoire vers l’horizon que rien n’achève
    Comme un adieu qui régénère l’amour comme métamorphose.

    Illustration de Gemini.

  • Alysée Rose en été

    Alysée Rose en été

    Ah ! Si vous l’aviez vue cet été, presque nue en robe légère,
    Comme moi vous seriez tombé sous le charme de cette minaudière.
    Si vous aviez vu ses tétés vous darder d’un air de mégère
    Vous auriez aussi succombé à son panache subsidiaire.

    Si vous la voyez cet automne, parée des couleurs de saison,
    Vous aurez envie de croquer ses fruits mûris mais défendus.
    Mais d’elle plus rien ne m’étonne ; entre le cœur et la raison,
    Elle adore me provoquer avec ses corsages tendus.

    J’attends de la voir en hiver… Deviendra-t-elle froide et austère ?
    Il faudra que beaucoup de neige fonde et s’écoule sous les ponts…
    J’attends le moindre fait d’hiver en rapport avec ses mystères
    Pour vous raconter ses manèges et ses artifices fripons.

    Quand reviendra le clair avril, elle renaîtra printanière,
    Les bras remplis d’un champ subtil où s’égarent les primevères.
    Je l’y suivrai, cœur indocile, ivre de sève et de poussière,
    Pour célébrer l’aube fertile du renouveau de la lumière.

    Tableau de Peder Mørk Mønsted.

  • Dansez selon vos dimensions

    C’est en cherchant mes origines parmi Valkyries et Sorcières,
    Parmi druidesses et korriganes et parmi les dieux révoqués,
    Que j’ai retrouvé l’androgyne, poussière parmi les poussières,
    Par les mémoires de Morgane et toutes les races évoquées.

    J’ai dansé avec les Polaires, Lémuriens, Hyperboréens
    Et les Atlantes tous ensemble et leurs femmes enfin incarnées.
    Depuis la mémoire solaire des langages indo-européens
    Qui nous unissent et nous rassemblent par tous leurs rites acharnés.

    J’ai remonté ma descendance jusqu’à Lilith, mère insoumise,
    Qui m’a initié au rituel des danses cosmiques et magiques.
    Et selon toutes mes espérances, de ces vieilles terres promises,
    J’ai vu le monde spirituel dont je suis resté nostalgique.

    Tableau de Mahdi Artifex.

  • Alysée Rose un peu, beaucoup, passionnément

    Elle doit être un peu gémeaux, imprévisible et spontanée,
    Très difficile à discerner côté cœur et côté raison.
    Et si jamais elle ne dit mot, c’est un message instantané
    Dont je me sens seul concerné malgré toute péroraison.

    Ainsi la couleur des cheveux, la forme de sa chevelure,
    Sont autant de pistes et de signes pour déceler tous ses secrets.
    Elle ne fait ni ce que je veux, ni ne marche à la même allure
    Mais exige pour seule consigne son libre arbitre consacré.

    Alors je l’aime un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout
    Selon si c’est jour de bonté ou si c’est jour de platitude.
    Mais quand elle démarre tout à coup, je dois la suivre comme un toutou
    Sous peine qu’elle aille raconter tout écart dans nos habitudes.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • La femme de Loth

    La femme de Loth

    La femme de Loth pétrifiée fut la première femme nue
    À être exposée aux musées au rayon de l’âge de pierre.
    Moi, je l’aurais vitrifiée et exposée dans l’avenue
    Qui reconduit vers l’Élysée tous ceux qui regardent an arrière.

    Les nostalgiques, les passéistes qui regrettent comme le juif errant ;
    Avant la macronisation, avant la sarkosysation,
    Avant les hollandoflambistes, avant les années Mitterrand,
    Avant la chiraquisation, enfin la mondialisation.

    Peine perdue, on l’a volée tout récemment, lundi, au Louvre
    Par quelqu’un en manque de sel ou un amateur d’art antique !
    Voici nos espoirs envolés ! Comme un nouveau défi qui s’ouvre :
    Est-ce l’Élysée qui recèle la première Marianne nostalgique ?

    Sculpture de Bruno Walpoth sur https:artsdumonde.canalblog.comarchives2015121533072950.html .

  • Débats rouges

    Débats rouges

    Mariane voit rouge en ce moment et même de toutes les couleurs
    Le premier ministre nommé n’a pas eu le temps d’indiquer
    À quelle mode le roman de la république en douleurs
    Va-t-il devoir sa renommée et à qui est-il syndiqué ?

    Apparemment la discussion sociale me semble assez tendue…
    Le parti unique s’effondre et les autres sont anéantis.
    Entre scission et démission la clause est enfin entendue ;
    Marianne est en train de fondre en chaudes larmes, sauf démenti.

    Encore quatre ou cinq ministres et voilà la fin du mandat.
    Finalement cela prolonge l’inactivité dominante.
    On ne peut faire plus sinistre depuis l’Invincible Armada
    Qui dans l’eau sombre nous replonge avec catastrophes éminentes.

    Tableau de Roz McQuillan.

  • La sirène en robe de Lune

    La sirène en robe de Lune

    En trompe-l’œil, on ne sait pas si elle a une queue ou deux jambes
    Seuls les poissons doivent savoir en lorgnant en contre-plongée.
    De quelle nature sont ses appas ? Sont-ce de jolies cuisses ingambes
    Ou des écailles dont le pouvoir est un suspense prolongé… ?

    Les signes d’eau sont ainsi faits ; ils nous échappent constamment.
    Les poissons remueront la vase pour fuir plus efficacement ;
    Le cancer produit de l’effet pour se cacher inconsciemment ;
    Si le scorpion vous apprivoise, c’est pour vous piquer vivacement.

    L’habit ne fait pas l’moine, dit-on, alors une queue ou une robe…
    La belle affaire ! C’est un prétexte ; l’arbre qui cache la forêt.
    Peu importe le qu’en-dira-t-on, la sirène sans cesse se dérobe ;
    C’est sa nature dans le contexte où l’on cherche à la pérorer.

    Tableau de Sophie Anderson.

  • Le vent et les vagues

    Le vent et les vagues

    Une sirène en guise de voile, un chant doux en guise de vent
    La queue enroulée qui ceinture, le marin aux jambes arquées,
    La route tracée par les étoiles, Neptune qui tire en avant,
    Et c’est parti pour l’aventure, depuis que l’on s’est embarqué.

    Oui mais… dans quelle péripétie peut nous entraîner la sirène,
    La queue courbée en hameçon qui a son marin accroché
    Qui apparemment apprécie, le cœur battant, l’âme sereine
    Et de surcroît joli garçon, de se faire ainsi embroché ?

    Le ciel s’incline, la mer chavire, leurs souffles mêlés font refrain,
    La corde cède, et tout soupire, sous la caresse du destin.
    Le vent s’endort, la vague expire, mais Neptune ronge son frein
    Car on ne sait plus ce qu’il désire… sirène, marin ou festin ?

    Tableau de Mike Willkox sur https:mikewillcox.comproductsthe-wind-the-waves .

  • Baignade à trois

    Baignade à trois

    Comme en amour, je me méfie des filles qui font baignade à trois ;
    Ménage à trois, c’est supportable tant que je n’fais pas l’quatrième.
    Quant au bain, il personnifie un piège beaucoup plus étroit ;
    La position inconfortable de vivre son propre requiem.

    Car si une baigneuse nue paraît une ondine avenante,
    Quand elles sont deux, c’est inutile de troubler un bain de lesbiennes.
    Mais à trois, comme convenu, les trois baigneuses ricanantes
    N’ont d’autres appétences futiles que votre anatomie pubienne.

    Seulement voilà sitôt qu’elles voient une victime s’approcher
    Elles lancent six yeux et six tétons comme douze atomes crochus.
    Et leur proie restera sans voix mais n’aura qu’à se rapprocher
    D’être cet imprudent piéton dont la destinée est échue.

    Mais si l’une d’elles, par imprudence, effleure la partie consacrée,
    Les rires font place au silence dans un tourbillon excentré.
    Sous la surface, tout recommence : Le jeu devient rituel secret,
    Et l’amour avec insolence ressort plus nu qu’il n’est entré.

    Illustration d’Helena Janecic.

  • Le cœur a ses couleurs que la raison n’a pas

    Le Savoir a remplacé Dieu qui nous a faits à son image
    Donc limités par nos cinq sens et la science par conséquent
    Qui ne pense qu’avec les yeux et l’ouïe et pas davantage
    Quant aux autres à ma connaissances ils ne sont pas très subséquents.

    Pourtant le cœur a ses couleurs ; il voit ce que l’on ne voit pas ;
    Pourtant le cœur a sa musique ; il entend ce qu’on n’entend pas ;
    Pourtant le cœur a ses douleurs ; il perçoit ce qu’on ne sent pas ;
    Pourtant le cœur a sa logique ; il comprend ce qu’on n’comprend pas.

    Le mien voit d’autre dimensions là où pourtant il n’y en a pas ;
    Le mien entend même des voix là où pourtant il n’y en a pas ;
    Le mien perçoit les intentions là où pourtant il n’y en a pas ;
    Le mien a aimé plusieurs fois quand lui-même ne le savait pas.

    Alors le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas
    Et la science de l’amour n’est pas démontrée à ce jour.
    Et s’il n’y a pas de saison pour aimer ce qu’il ne faut pas,
    On peut aimer avec humour même si ça ne marche pas toujours.

    Tableau de Kapi Michalska sur https:victoriaoltgallery.comalloriginalspsunset-kapi-michalska-kjnph .