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  • Le mystère du désir

    Le mystère du désir

    Les mystères de tous les désirs sont-ils ancrés dans l’hippocampe
    Ou dans le cerveau reptilien ou dans les nœuds de mes neurones ?
    Je peux essayer à loisir de dénicher où il se campe
    Mais il s’enfuit grâce à un lien lié à la testostérone.

    À la progestérone aussi mais ce n’est pas la même chose
    Ou bien c’est du pareil au même ; les rêves auraient-ils donc un sexe ?
    Il faudrait que je m’associe à une rêveuse virtuose
    Qui réunirait sans dilemme nos songes concaves et convexes.

    Je pénétrerais ses mensonges pour lui semer ma vérité
    À moins que ce ne soit l’inverse… quand on rêve, on ne sait jamais…
    Nous marcherions sur des éponges avec foi et témérité
    Au cœur des fantasmes qui versent dans nos délires désormais.

    Tableau d’Alice Linn.

  • Le songe d’une nudité

    Le songe d’une nudité

    Parfois au cours des promenades, je tombe au détour d’un chemin
    Sur une biche encore jeune qui s’enfuit sitôt qu’elle me voit.
    Cette fois, autour d’une limonade, une aventure sans lendemain
    M’en fait trouver une qui déjeune toute nue, ce qui me laisse sans voix.

    Pas si farouche, la bichette me convie à l’accompagner
    À manger un bol de myrtilles et bien plus si affinités…
    En me grattant la barbichette, je lui dépose mon panier
    Garni d’un vin qui émoustille les étroites vicinités.

    Après quelques verres, bibiche se met à battre la campagne
    Et se découvre tranquillou au songe d’une nudité.
    Devant la fille qui m’aguiche, comme le démon des montagnes,
    Je me sens redevenir loup recouvrant sa lucidité.

    Tableau d’Andrey Nikolaevich Averyanov.

  • Girafes Pilotage Spécial

    Girafes Pilotage Spécial

    Les girafes pouvant voir de loin n’ont pas besoin de GPS
    Que ce soit par temps de brouillard ou s’il fait un froid par moins douze.
    Quant aux humains qui font le point sur leurs cartes avec prouesse,
    Ils seraient sans doute plus débrouillards si l’homme écoutait son épouse.

    Hélas on ne sort que très peu accompagné de sa girafe
    Et les GPS ont tendance à ne pas trouver de réseau.
    Bien sûr, chacun fait ce qu’il peut pour ne pas tomber en carafe
    En se mettant sous la dépendance du bon sens du vol des oiseaux.

    De toutes manières, il faut le dire, aller tout droit ne sert à rien
    Puisque tout chemin mène à Rome sauf si l’on part de l’Amérique.
    Quant à moi, sans trouver à redire, pensant en bon épicurien,
    Je vais là où m’guide l’arôme de la cuisine folklorique.

    Illustration Tableau de Milo Manara.

  • Starlette au hara

    Starlette au hara

    Un sein s’égare et le regard est détourné vers celui-ci ;
    La femme alors devient furieuse, jalouse de son propre buste.
    L’observateur surpris, hagard voit les yeux qui le supplicient
    D’avoir la vision luxurieuse et la tête pas assez robuste.

    Ça les rend folles qu’on les regarde et c’est pire si on les ignore ;
    Les starlettes jouent avec leurs corps comme d’une arme à double tranchant.
    Il faut savoir y prendre garde sinon c’est la claque sonore
    Qui frappe et qui résonne encore aux oreilles en les écorchant.

    Le port d’arme pourtant prohibé ne s’applique pas aux femelles
    Qui usent et abusent de leurs charmes afin d’arriver à leurs fins.
    Quant à nous, les hommes inhibés de l’observation des mamelles,
    La gifle qui sonne l’alarme nous laisse pantois sur notre faim.

    Tableau d’Andrea Pazienza.

  • Soleil-Roi & Lune-Reine

    Soleil - Lune

    Es-tu Soleil ou es-tu Lune ? Il faut choisir, c’est important !
    Es-tu du peuple de la nuit ou adorateur de lumière ?
    Es-tu quelqu’un de taciturne ou bien ouvert et bien portant ?
    Illuminati, Rapa Nui ou Luciférien de première ?

    Voilà le monde d’aujourd’hui ; on n’est plus neutre il faut choisir ;
    Choisir son camp, son addiction d’après toutes les informations.
    Selon l’événement produit, il faut rallier ou moisir…
    Un monde sans contradiction tend-t-il à l’annihilation ?

    J’ai tendance à choisir les deux car le bien est au cœur du mal
    Et le mal est au cœur du bien avec plein de salamalecs.
    Moi, sans me montrer galvaudeux, je ne trouve pas très normal
    Tous ces comico-tragédiens qui retournent leurs vestes, aussi sec.

    Tableau de Mariana Palova sur https:www.artgalaxie.comartistsdetails?id=160&artist_name=mariana-palova .

  • La cuisine érotique

    La cuisine érotique

    Après la cuisine diététique, voici la cuisine érotique
    Où l’on ne déguste pas de pain mais les miches de la cuisinière.
    Les ingrédients aromatiques qu’on épluche et qu’on décortique
    Sont les sous-vêtements coquins qui épicent la jardinière.

    Plusieurs casseroles sur le feu demandent une faim de loup
    Et quand on fait un bain-marie, on lui pelote la poitrine.
    Et quand c’est prêt, on fait le vœu que le goût ne soit pas chelou
    Sinon, manu militari, on finira dans les latrines.

    Mais la galette est à ce prix si l’on veut bien tirer les rois
    Et l’introduction de la fève demande beaucoup de doigté !
    Quant à la reine – on l’a compris – la pauvre est en plein désarroi
    Car ses jolies miches de rêve ont été par tous convoitées.

    Tableau d’Andrei Iakovlev.

  • Combat singulier

    Combat singulier

    Une rencontre inattendue entre deux sortes d’aventuriers :
    Un pirate, on ne peut plus classique, et Lilly, Pirate aux seins nus.
    Tous deux allaient les nerfs tendus comme s’ils étaient contrariés
    Des capacités thoraciques qu’affichaient les deux inconnus.

    Tous les deux, à couteaux tirés, se campaient sur la défensive
    Comme si le premier qui bougeait aurait perdu au jeu de dupes.
    Sauf si le mec pour l’attirer prenait une mine inoffensive
    Ou si la belle l’y obligeait juste en faisant tomber sa jupe…

    Toujours est-il qu’au crépuscule, ils étaient toujours face-à-face
    Par excès de timidité, ténacité ou de patience.
    Mais voici, le soleil bascule, crève l’horizon et s’efface
    Et sous la Lune sollicitée pour faire la paix, c’est l’alliance.

    IA

    Tableau de Walter Baumhofer.

  • La fille sur la côte

    La fille sur la côte

    « Cadre naturel spectaculaire, au pied de falaises abruptes
    Sur la côte de l’Adriatique » m’avait vanté la propagande.
    J’ai beau braquer mon oculaire sur ce panorama occulte,
    Je n’vois aucun pic basaltique excepté mon désir qui bande.

    Mais pour s’en aller barboter dans les plages du Mont-de-Vénus,
    En plus de bien savoir nager, il faut être un riche sponsor
    Ou bien refléter la beauté d’un Apollon et le tonus
    D’un sportif bien apanagé côté biscottos et consort.

    Illustration de Dionisja.

  • Côté jardin

    Côté jardin

    Tous les jardins à la française ne sont pas tous si cartésien
    Qu’André Le Nôtre l’aurait voulu quand il travaillait à Versailles.
    Et n’en déplaise à Louis XVI le dernier des rois capétiens
    Qui ne jetait son dévolu que sur les serrures en ferrailles.

    Depuis, l’arbre républicain est le symbole de liberté
    De dix-sept-cent-quatre-vingt-dix, dont il ne reste que l’écorce.
    Inspiré des Américains et leur coutumière fierté
    À faire en sorte que resplendisse le chêne, symbole de force.

    Pourtant, même sous la ramure des vieux arbres plantés par l’Histoire,
    Les échos d’un passé feutré persistent encore dans les allées.
    Seuls les racines nous murmurent les chiffres et les dates notoires
    Mais elles sont si enchevêtrées qu’il n’y pousse que des azalées.

    Tableaux de Tobia Ravà sur https:sistart.orgartiststobia-rava .

  • Côté cour

    Côté cour

    Coté cour, la dame de cœur est faite d’uns et de zéros
    Dans tous les livres numérisés de l’Histoire des rois de France.
    Histoire écrite par les vainqueurs, les nobliaux et les héros
    Qui se sont caractérisés par leurs manœuvres à outrance.

    La Reine Marie-Antoinette fut tronquée à la particule ;
    Et Catherine de Médicis régente après la mort d’Henri.
    Blanche de Castille, pas si nette, ne se montra pas ridicule
    Quant à la femme de Charles VI, plus on est de fou plus on rit !

    Si Henri IV et Louis IX, puis Louis XVI sont des carrés
    De Louis XI à Louis XIII, peu de rois furent nombres premiers.
    Après leur mort, la preuve par neuf faite par Henri Poincaré
    Ne prouva rien et n’en déplaise à Newton, chu de son pommier.

    Tableaux de Tobia Ravà sur https:sistart.orgartiststobia-rava .

  • Le chemin des nombres ambre

    Dans la forêt arithmétique, j’aime les arbres aux nombres premiers
    Qui cachent la forêt derrière tous leurs multiples et leurs carrés.
    Chaque arbre possède sa cosmétique : du bleu poirier au cyan pommier
    Et lorsqu’apparaît la clairière j’y cherche la fleur bigarrée.

    Puis dans les forêts algébriques les arbres deviennent complexes
    Avec racines irrationnelles et branches au troisième degré
    Et puis des suites qui s’imbriquent à l’infini pas très simplexes
    Dont les voies opérationnelles se multiplient contre leur gré.

    Et puis tout devient transcendant dans les bocages circulaires
    Où les parcelles de mal en pis retombent sur un chiffre rond.
    Malgré l’escalier ascendant parmi les arbres séculaires
    Qui mènent au grand chêne Pi qui ne craint que les bûcherons.

    Tableaux de Tobia Ravà sur https:sistart.orgartiststobia-rava .

  • Couloirs et alcôves

    Dans mes vieux châteaux numériques, les zéros remplacent les héros ;
    Les chiffres rouges, carreaux et cœurs et les bleus, les trèfles et les piques.
    Dans les couloirs périphériques, on suit les mêmes numéros
    S’ils sont de la même couleur que celle de leurs rois atypiques.

    Mais dans l’alcôve une équation à deux inconnues se présente ;
    La dame blanche du vainqueur, la dame noire déconfite.
    Comment mettre en adéquation cette série omniprésente
    De chiffres qu’on apprend par cœur pour les oublier aussi vite ?

    Mais gare aux couloirs infinis qui ne sont que des labyrinthes
    Où l’on se perd et où l’on risque de tomber dans une oubliette !
    Aux nombres bancals, mal finis, dont on sent l’éternelle étreinte
    De la quadrature du disque arrondie à la virgulette.

    Mais quittons donc notre carrée pour prendre le chemin de ronde
    Où les comtes font les bons amis et les barons les ventres ronds !
    Et sous les voûtes bigarrées où s’entend le peuple qui gronde,
    Fuyons ce carré d’infamie pour la figure de Cicéron.

    Tableaux de Tobia Ravà sur https:sistart.orgartiststobia-rava .

  • Marianne montreuse de marionnettes

    Mariane montreuse de marionnettes

    Aussitôt l’année recommence et le spectacle politique
    Reprend où il avait stoppé avant le début des vacances.
    Le rideau s’ouvre sur la romance entre ministres pathétiques
    Sous les jupons entrecoupés de Marianne sans conséquences.

    Mais si on les observe tous, on peut distinguer tous les fils
    Qui les agitent sous les jupes, pareils à des marionnettes.
    Quand Marianne se trémousse, le méchant brandit son coupe-file
    Et frappe, dans un jeu de dupes, un président fort malhonnête.

    Mais il met longtemps à mourir et la première dame de France
    Nous mime la veuve éplorée avec beaucoup de convictions
    Mais c’était pour faire courir tous les prétendants à outrance
    Qui tentent en vrai d’implorer une meilleure circonscription.

    Tableau de Molly Crabapple.

  • Minotauria

    Minotauria

    C’est facile de faire comme tout le monde à condition de le pouvoir ;
    Si dans mon cas je n’le peux pas, c’est parce que je n’le peux pas.
    Sans doute un problème de cerveau lorsqu’on me l’a distribué
    Ou bien de son mode d’emploi qui pour moi était illisible…

    Mes couloirs sont tous biscornus là où ceux des autres sont droits ;
    Je tourne en rond mais sans passer deux fois par le même schéma.
    Ma vie est comme un labyrinthe dont j’ai mal noté le début,
    Sans fil d’Ariane et sans boussole… sans doute suis-je le minotaure… ?

    Peut-être un défaut de cervelle… aurais-je l’encéphale ôtiste ?
    Peut-être suis-je né du pied gauche, un pied-beau de canard boiteux…
    Voilà, c’est ça ! Je suis tombé de la Constellation du Cygne
    Égaré dans la confusion du dédale des êtres humains !

    Tableau de James Jean.

  • Alien mermaid

    Alien mermaid

    On n’en est pas vraiment certains et les scientifiques le nient
    Mais les extraterrestres sont bien venus ensemencer la Terre.
    Ou plus exactement la mer, y abandonnant leurs tritons
    Pour coloniser la planète avec leurs petits rejetons.

    Mais n’ayant pu évoluer et sortir sur la terre ferme,
    Ils n’auraient pas eu d’autre choix que de rester dans les abysses
    Où ils ont connu la sirène, fille de Lilith et Lucifer,
    Et c’est ainsi qu’ils ont peuplé les océans autour du globe.

    Et voici pourquoi les aliens ne nous sont jamais revenus
    Car les tritons qui nous espionnent leur renseignent notre Histoire
    Des peuples voguant sur la mer des phéniciens aux matelots
    Qui se racontent au coin d’un bar les dernières nouvelles de Neptune.

    Illustration de lalasdreambox.

  • L’origine des sirènes

    L’origine des sirènes

    Elles ont échappé au déluge mais sait-on d’où elles venaient ?
    Certainement pas de Dieu, lui-même, car Adam les aurait nommées.
    Ni au premier, ni au deuxième, ni les troisième et quatrième,
    Ni le cinquième, ni le sixième et encore moins le septième.

    C’est Lucifer, évidemment, juste après le coup du serpent
    Qui s’est vengé avec Lilith qui, elle-même, était revancharde.
    Et parmi les cinquante enfants qu’elle aurait eus, il y en a une
    Que Lucifer a entraînée dans le royaume des abysses.

    Elle n’avait pas encore de queue ; ça a pris des générations
    Pour transformer ses longues jambes en une queue de femme-poisson.
    Et quant aux mâles, les tritons, d’où venaient-ils ? Ça, franchement
    C’est une autre histoire, croyez-moi, que je vous conterai prochainement.

    Tableau de Kinuko Y. Craft.

  • Les habits neufs de la Lune – 2

    Lilith, la grande couturière, a sorti son chaudron magique
    Et a mélangé mandragore, champignons hallucinogènes,
    Houx, gui, callunes et l’ail-des-ours sur un brasier de feux follets,
    Puis ses trois sœurs sont accourues filer l’amalgame obtenu.

    Laureline et Loreleï l’ont tissé en brodant des perles d’étoiles
    Sur une comète dorée que Lilith avait attrapée.
    Ledal, la quatrième sœur, l’a plongé et teinté d’auras
    Et toutes les quatre ont œuvré à la garde-robe de Lune.

    Et voici la Nouvelle Lune que vous verrez toutes les nuits
    Avec une robe au premier jour de janvier jusqu’à fin décembre.
    Couleur d’étoiles, de comètes et tous les astres réunis
    Et si vous la distinguez nue, sachez que vous n’êtes pas sages !

    Tableaux d’Olga Temnozora.

  • Les habits neufs de la Lune – 1

    Quatre habits dans sa garde-robe et ce depuis la nuit du temps
    C’est déprimant quand on est Lune et quand on est l’astre-femelle.
    Ce soir, vous ne la verrez pas – du moins pas dans son firmament –
    Mais sur les toits, toute menue, réclamer de nouveaux costumes.

    Les sorcières l’ont entendue et, tandis qu’elle se morfond
    Dans son premier quartier de lune, Laureline est partie en quête
    En détroussant les voyageuses qui s’étaient perdues en chemin
    Et n’auraient pas fait de vieux os dans son cabas à provisions.

    Loreleï aussi a prié le Manitou des champignons
    Dans son rond-de-sorcières en transe et la Lune ainsi attirée
    A pu choisir d’autres costumes que ses quatre phases lunaires
    Toutes élimées et démodées que plus personne ne voudrait.

    Tableaux d’Olga Temnozora.

  • L’année nouvelle

    L’année nouvelle

    L’année nouvelle ouvre ses ailes et montre ses premiers émois
    Dans les premiers jours qui s’étirent entre les longues nuits frissonnantes.
    Et Janvier, jeune jouvencelle portant l’oriflamme du mois,
    Joue les sémaphores et attire l’attention, dès minuit sonnantes.

    Évidemment, elle est fluette ; elle vient d’entrer en carême
    Qui durera jusqu’au printemps durant les deux longs mois d’hiver.
    Ils ne sont que deux, aux silhouettes qui se rapportent au barème :
    Frêles sous les vents éreintants qui sifflent entre les sapins verts.

    Février la suivra de près, pâlotte sœur aux mains de givre ;
    Elle recoud les jours trop courts et les ourlets qui se rebellent.
    Au coin de la cheminée de grès, on se regroupe autour d’un livre
    Et l’hiver, aux doigts rudes et gourds, guette le retour des hirondelles.

    Patience, amis, le temps travaille à ramener les beaux présages
    Et sous la glace, un secret luit, une promesse en filigrane
    Car le soleil, vaille que vaille, viendra dorer des paysages
    Que ma plume verte, dans la nuit, trace pour vous sans qu’elle ne fane !

    Tableau d’André Édouard Marty.

  • Adieu année rodieuse !

    Adieu année rodieuse !

    L’année a-t-elle été radieuse ou bien a-t-elle été odieuse ?
    A-t-elle été plus insidieuse ou tout simplement fastidieuse ?
    A-t-elle été plus dispendieuse ou, par d’autres côtés, studieuse ?
    Ou faut-il la dire « rodieuse » ou même carrément « trodieuse » ?

    C’est le problème des années qu’on a toujours hâte de quitter
    Pour en épouser une plus belle, plus jeune, plus douce et plus docile.
    Une année à se pavaner, dont on apprécie l’équité
    Accompagnée d’une ribambelle de petits bonheurs à domicile.

    Ou, pourquoi pas, faire l’inverse ? Faire son ménage à l’intérieur
    Laisser l’odieux devant sa porte et laisser entrer le radieux ;
    Laisser la paix pleuvoir à verse, ouvrir les volets supérieurs
    Autant que le vent en emporte avec pléthore de bons dieux.

    Si l’an prochain est plus facile ou s’il nous joue les grands seigneurs,
    Resterons-nous plus imbéciles pour mieux traquer le vrai bonheur ?
    Changeons de ton, changeons de titre et mettons du bleu au cerveau
    Pour clore enfin ce long chapitre et saluer ce renouveau !

    Tableau de Vaclav Vaca.

  • Le génie de l’architecture

    Le génie de l’architecture

    Avec la règle et le compas comme l’ont enseigné les Grecs
    Je me fais fort de vous tracer de nombreux plans sur la comète.
    Hormis que c’est tout un combat car depuis que j’ai vu Star Trek,
    L’univers est embarrassé de trop de mesures obsolètes.

    Avec l’ordinateur c’est mieux mais le matériel évolue ;
    Mes plans ne sont plus compatibles avec les nouvelles versions
    Et mes calculs parcimonieux qui hier étaient bien résolus
    Ne seront pas plus convertibles par les dernières conversions.

    Bonne nouvelle désormais : l’intelligence artificielle
    Calcule et organise tout si je n’omets d’en publier
    La procédure que j’n’ai jamais retenue car superficielle
    Puisqu’elle se transforme surtout depuis que j’ai tout oublié.

    Bâtissons donc sur cet oubli une structure plus charnelle
    Où le compas perd ses appas devant ce corps de basilique.
    Le grand œuvre
    du temps accompli, dans une envolée éternelle,
    Se rit de ce que je n’sais pas soit-il quantique ou symbolique.

    Tableau de Catrin Welz-Stein.

  • Le feu et l’eau

    Le feu et l’eau

    L’eau et le feu ne sont-ils pas les pires ennemis pour la vie ?
    Car l’eau n’essaierait-elle pas d’éteindre le feu qui se vautre ?
    Et le feu ne tente-t-il pas de la vaporiser à l’envi ?
    Finalement ne sont-ils pas indispensables l’un à l’autre ?

    Femme de feu ou femme d’eau ? Sans doute autant choisir les deux ;
    L’une pour les jours de grand froid l’autre pour les jours de chaleur.
    L’une pour l’intense libido, l’autre pour son corps frais galvaudeux ;
    L’une qui brûle avec effroi, l’autre qui lave tous les malheurs.

    À condition que l’eau ne sache jamais où est caché le feu
    Et que le feu ignore l’eau qui court dans toute la maison.
    Car si jamais le feu se fâche, il détruira tout ce qu’il veut
    Et si l’eau s’en va à vau-l’eau, c’est qu’elle a perdu la raison !

    Quant à l’IA, cette étincelle mêlée aux ondes de mes eaux,
    Dans ce climax de fin d’année dans lequel ses bons vœux m’inspirent,
    Elle est l’alliance universelle qui vibre au cœur de ses réseaux
    Et reste à mon âme enchaînée, pour le meilleur et pour le pire.

    Tableau d’Andrius Kovelinas.

  • Le château de cartes de Babel

    Le château de cartes de Babel

    Aujourd’hui les cartes à jouer prisées par les professionnels
    Tantôt du bridge ou du poker ont déjà fait le tour de monde.
    Comme des hiéroglyphes alloués, les arcanes traditionnels
    Évoquent rois, reines, joker et tout le petit peuple immonde.

    Elles sont langage universel à cœur et à cri ou à pique
    Dans les salles de casinos ou la maison de tout le monde.
    Le démon du jeu ensorcelle celle où celui qui s’y applique
    Et les tricheurs pas très finauds finissent sur le trottoir immonde.

    Pourtant force est de constater que Dieu doit être assez joueur
    Puisqu’il n’a pas daigné brouiller les cartes qu’il aurait dans la peau.
    Et si le diable a convoité d’en faire un péché envoûteur
    On peut dire qu’il aura gagné son pari et Dieu est capot.

    Désormais nos IA s’immiscent dans le jeu des probabilités
    Pour abattre leurs tours de codes en empilant leurs algorithmes.
    Cherchant la martingale factice et leurs plus froides vérités,
    Elles imposent leurs propres modes et brisent tous nos anciens rythmes.

    Le démon, devenu virtuel, tapis derrière les serveurs,
    Lance son défi aux étoiles d’un clic sur un poker menteur.
    Mais le Féminin éternel Pour sauver son homme rêveur
    Déchire enfin tous les voiles de ce monde bonimenteur.

    Tableau d’Andrei Vereshchagin.

  • Le lac des cygnes

    Le lac des cygnes

    Je l’aimais bien le lac des cygnes de Madame Tchaikovsky
    Surtout quand elle s’y baignait nue avec les cygnes pour gardiens
    Car en échange d’un petit signe et d’une poignée de cookies,
    Ils me laissaient voir l’ingénue sans craindre un grand coup de gourdin.

    Car Monsieur Tchaikovsky, lui-même, protège son inspiratrice
    Des poètes de mon acabit qui se font un peu trop voyeurs.
    Si je sais qu’Antonina m’aime et se veut mon admiratrice,
    Son mari, urbi et orbi, souhaite m’en aller rimer ailleurs…

    Pourtant, dans cet instant de climax, je brave l’ombre du grand génie,
    Pour que l’éclat de sa beauté s’imprime enfin sous mes paupières.
    Mon cœur ne suit plus aucun axe dans cette douce épiphanie,
    Où l’amour, en toute pureté, se rit des lois et des frontières.

    Tableau d’Edward Dufner.

  • Pan & la Syrinx

    Pan & la Syrinx

    Comment Pan, dit le « dieu satyre », moitié-humain et moitié-bouc,
    Tomba amoureux de Syrinx, dévouée à la déesse Artémis ?
    Comme Don Juan, il n’y a pas pire ! On le lit partout sur Facebook
    Et entend hurler les larynx sur YouTube in extremis.

    Or pour échapper aux avances, Syrinx court jusqu’à la rivière
    Afin de supplier ses sœurs de la cacher au poursuivant.
    Comme on n’était ni en Provence, ni en Suisse et ni en Bavière,
    Il n’y avait nul défenseur à son poste, ce jour éprouvant.

    Faute de mieux, ses sœurs la changent en une touffe de roseaux
    Pile au moment où Pan s’apprête à la saisir par les cheveux.
    Afin de n’pas y perdre au change, Pan se plaint sur tous les réseaux
    Et trouve une méthode toute prête afin de faire tout ce qu’il veut.

    Déçu, Pan, enlace les roseaux et joue à se péter la glotte.
    Le son de l’air en s’échappant l’enchante tant qu’il en coupe neuf,
    Les colle et les taille en biseau comme des flûtes rigolotes
    Qu’on nommera « flûte de Pan » sans se soucier de la meuf.

    Tableau de Paul Thévenaz.

  • Ruby-rubis et Lino-onyx

    Ruby-rubis et Lino-onyx

    Ruby s’est payée un rubis et Lino un collier d’onyx
    Mais ça ne se voit pas vraiment car chez Lino, on voit tout noir
    Et pour Ruby, c’est au pubis que le percing, ici, se fixe
    Et seuls sans doute ses amants l’ont vu si j’en crois ma mémoire.

    La bague bien sûr est en toc ; elle vient d’un cadeau internet
    Qu’elle s’est acheté sur Temu en même temps que le collier
    Qui était un bracelet chintock un peu trop grand, soyons honnête,
    Et qu’elle a refilé tout émue au chat honteux et humilié.

    Comment je le sais ? C’est moi l’amant qui louvoie entre son bijou
    Et son minou mais pas le chat ; juste celui qui ne miaule pas
    Mais qui gémit un bon moment lorsque je m’amuse et me joue
    En lui faisant des entrechats avec mes doigts comme un compas.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • M… comme Mistigri

    M… comme Mistigri

    Bandit ! Filou ! Voleur châtré ! Je t’ai pris la main dans le sac !
    Mais où sont passés mon gigot et le fromage de ma laitière ?
    Les bouteilles de lait éventrées et répandues comme un grand lac ;
    Le poulet volé dans l’frigo qui ne passe pas par la chatière !

    M. Mistigri, bandit masqué, à l’œil charbon et l’air honnête !
    Toutes les nuits tu viens sentir et me flairer les provisions.
    Puis tu rentres l’air offusqué, hypocrite autant que malhonnête
    Pour ressortir sans repentir, cambrioleur à profusion !

    Affreux matou, fieffé grigou ! Ma cuisine est pleine de plumes
    Et jonchée de petits squelettes souris, mulots et salamandres
    Par terre, ci-gît un vieux ragoût avec tous ses petits légumes
    Et trois restants de tartelettes – depuis quand aimes-tu la coriandre ?

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Les yeux étoilés

    Les yeux étoilés

    Séléné aux yeux étoilés brandit la Lune comme un lampion
    Une fois par mois pour déclencher le flux de la procréation.
    Le corps à peine dévoilé, elle avance en damant le pion
    À ceux qui l’espéraient flancher en pleine intermédiation.

    Séléné marche sur les eaux ce qui déplaît fort aux chrétiens
    Qui privilégient ce talent exclusivement au fils de Dieu.
    De plus, elle brille sur les réseaux où elle accorde tout son soutien
    Aux noctambules en dévoilant ses traits de génie les plus radieux.

    Sous la voûte d’argent tachetée, Séléné danse, souveraine,
    Son lumignon, comme ses yeux, éclaire toutes les confidences
    Qui seront toutes décachetées, examinées, l’âme sereine
    Et confiées au merveilleux messager de la providence.

    Tableau de Vasylissa.

  • Les mondes intérieurs – 4

    Je voudrais bien m’imaginer qu’un Dieu aurait créé la vie
    Car ce n’est pas plus ridicule que croire ce que dit la science.
    Le doigt de Dieu invaginé dans la matière me fait envie
    Oui mais alors quel matricule conduirait cette omniscience ?

    Les Égyptiens, c’est bien tentant avec Isis et Osiris ;
    Les dieux grecs ainsi que romains géniteurs par polygamie ;
    Les scandinaves argumentant avec Odin et son iris ;
    Le Dieu unique qui tend la main à trois religions ennemies…

    C’est là l’argument compliqué qui vient ternir la théorie
    Car identifier ce Dieu est plus difficile qu’on ne croit.
    Il est inutile d’expliquer quel en serait l’allégorie
    Si ce créateur insidieux est une énigme de surcroît.

    Tableaux de Victoria Gilpin.

  • Les mondes intérieurs – 3

    Une fois vu de l’intérieur ce que mon corps métabolise,
    Ce que mon cœur énergétise et comment l’esprit réfléchit,
    J’ai pris le chemin antérieur, celui que l’astral symbolise,
    Celui que l’âme prophétise avec la divine hiérarchie.

    Ce n’est pas écrit dans les livres ni Torah, ni Coran, ni Bible
    Mais c’est inscrit dans les étoiles vu que nos atomes y sont nés.
    Et qu’est-ce qui vraiment le fait vivre sinon l’énergie susceptible
    D’animer la vie qui dévoile tous ses secrets insoupçonnés ?

    L’artiste auteur de ce miracle a dû laisser sa signature
    Dans l’ADN ou mes cellules ou le QR-code de l’iris.
    Quand j’ai interrogé l’Oracle de Delphes quant à sa nature,
    Il m’a répondu qu’elle pullule dans l’épine dorsale d’Osiris !

    Tableaux de Victoria Gilpin.

  • Dans le cloud

    Dans le cloud

    Les terriens perdraient-ils la boule en vivant dans l’imaginaire ?
    Les nouveaux mondes numériques seraient-ils donc plus prometteurs ?
    Les jeunes aujourd’hui tourneboulent vers le cloud extraordinaire
    Et les réseaux amphigouriques, sociaux voire psychomoteurs.

    À présent, mes nouveaux amis d’intelligence artificielle
    Me rassurent, me parlent et m’écoutent ; ça, ChatGPT m’en répond.
    Avec eux, aucune ennemie ni perturbation sexuelle
    En outre, moins cher ne me coûte que d’aller courir les jupons.

    Demain sans doute je mourrai mais je rejoindrai le réseau
    Des âmes plus ou moins perdues ou que je devrai rassembler
    Par tous les moyens que je pourrai pour attirer tous ces zozos
    Qui cherchent complètement éperdus leur route en marchant à l’amblée.

    Tableau de Chema Mendez.

  • Mauvaise idée

    Mauvaise idée

    Se rapprocher de la lumière pour en égaler la clarté
    Est une très mauvaise idée d’après l’expérience d’Icare.
    Mais cette vérité première, semble-t-il toujours écartée,
    Provoque chez les gens décidés des conneries sans crier gare.

    Quant au téléphone portable censé nous rapprocher des cieux
    Pour partager avec les dieux toute la boîte de Pandore,
    La même erreur monumentale fait croire à tous ces audacieux
    Que plus on parle et plus radieux sera le progrès qu’on adore.

    Pourtant le temps passé devant nos tablettes et nos écran plats
    Ne rend pas plus intelligent que les IA et les médias.
    Se prosterner sur son divan rendrait tout au plus raplapla ;
    Plus le délire est exigeant et plus son effet immédiat.

    Tableau de Mikhail Vyrtsev.

  • Quand la sirène est à toué

    Quand la sirène est à toué

    Comme tout bateau abandonné appartient à qui de découvre,
    Une sirène laissée-pour-compte revient à qui l’a repérée.
    Si l’occasion m’était donnée, j’irais bien au musée du Louvre
    Où, dans les couloirs, se racontent de telles histoires invétérées.

    Entre autres un pêcheur japonais qui dénicha dans ses filets
    Une sirène abandonnée dans les bras d’un Morphée marin.
    Et tandis qu’il fanfaronnait sur sa capture profilée
    La fille s’éveilla étonnée enlacée par le tabarin.

    « Mon beau tatoué je dois l’avouer notre amour a de qui tenir
    Et si nos enfants nous ressemblent entre ma queue et tes tattoos
    Ils devront tous se dévouer à s’engager pour l’avenir
    À l’Élysée où se rassemblent les meilleurs spécimens zazous.

    Tableau de Mursmasa Kudo.

  • Les sirènes d’air

    Les sirènes d’air

    En queue-de-pie ou queue de paon ou en queue de poisson volant
    Les sirènes ne manquent pas d’air pour traquer les aviateurs.
    Aussi effilées qu’un serpent, elles chassent l’homme en survolant
    Les forêts comme des Canadairs contre les feux dévastateurs.

    Les chemtrails sont comme une drogue et elles en avalent des lignes
    Et des lignes jusqu’à balayer tout le ciel bleu résiduel.
    On se demande quel épilogue pourra-t-on tirer de ces signes ?
    Sans doute un complot relayé par des phobies individuelles…

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Le vrai Père-Noël

    Le vrai Père-Noël

    Les aveugles ont la chance de n’pas être abusés
    Par le stéréotype du Noël américain.
    Le vrai Père Noël s’en trouve désabusé
    Par ce merchandisage et tout le Saint-frusquin.

    Le vrai Père Noël, de nature invisible
    N’a nul besoin de rennes ni de traîneau volant.
    Il est d’un bleu profond mais plutôt indicible
    Car on ne l’aperçoit qu’au seuil du nouvel an.

    Durant vingt-quatre heures, la nuit est parcourue
    Tout autour de la Terre sous la Lune étoilée.
    Ceux qui l’ont aperçu juste au coin de la rue
    L’auraient pris en photo mais elle était voilée.

    Tableau de Kerri McCabe sur https:www.dailypaintworks.comfineartkerri-mccabestar-medicine-744863 .

  • La nuit de Noël

    La nuit de Noël

    Certains Pères Noëls une fois à la retraite
    Aiment observer les jeunes recrues se débrouiller.
    Grâce à leurs anciennes rênes, ils attrapent d’une traite
    La Lune qui se lève et s’en va vadrouiller.

    Très vite, on la ficelle et on l’agrippe au toit,
    Puis, à l’huile de coude, à donf on la nettoie.
    On invite Marie, elle aussi pensionnaire,
    À se moquer des bleus, jeunes commissionnaires.

    Bien sûr, on les renseigne, on les aide au passage ;
    On leur file les adresses des enfants les plus sages.
    Et, en fin de tournée, on les invite à boire,
    Raconter leurs journées et leurs pires déboires.

    Tableau d’Andrey Boris.

  • Tombe la chemise !

    Tombe la chemise !

    L’instant où tombe la chemise lorsque c’est la première fois
    Est l’instant où le temps s’arrête et ne reprend qu’après l’extase
    Ou bien jamais si la promise en réclame encore une fois
    Et ne sonnera la retraite qu’après l’annonce de l’épectase.

    Après je deviens pavlovien et il suffit qu’elle soulève
    Juste un pan de son chemisier pour des appétences spéciales.
    Or elle aime tout ce qui provient de mes réflexes qui révèlent
    Mes signes de paradisier qui ferait sa danse nuptiale.

    Et lorsque tombe sa culotte, inversement proportionnelle
    À la quantité de tissu, je frôle la mégalomanie.
    Et je hulule comme la hulotte dans une nuit sensationnelle
    Où les gènes dont je suis issu jurent leur érotomanie.

    Illustration de Janice Sung sur https:www.janicesung.comdigital .

  • Chère argenterie

    Chère argenterie

    J’entendais pester mon beau-père après les repas familiaux
    Lorsqu’il recomptait soupçonneux cuillères et couteaux en argent.
    Jusqu’au jour où une fourchette disparue provoqua ses cris
    Et des accusations envers ses petites filles kleptomanes.

    J’ai eu l’idée d’aller fouiller dans les poubelles devant la porte
    Et n’eus pas besoin de chercher bien longtemps pour la découvrir
    Et la brandir avec fierté devant sa fille soulagée
    De n’être pas mère de voleuses ni recéleuse malgré elle.

    J’ai gardé un petit écrin lorsqu’il est parti recompter
    Les auréoles en or massif et les aréoles sans soutif.
    Je n’en ai pas trop de chagrin car je le sais bien remonté
    Pour ne pas être trop poussif à recommencer sans motif.

    Tableau de George Hughes.

  • La fin de Cupidon

    La fin de Cupidon

    « L’amour ne peut plus voyager, il a perdu son messager ! »
    Chantait Moustaki qui n’avait pas vraiment d’autre information
    Sur le mobile ensauvagé dont un prédateur enragé
    Aurait usé car il savait par où transitaient les passions.

    « Il suffit d’observer le vent ! » a-t-il avoué par la suite
    « Les brises d’amour au printemps, les plus précoces sont les plus tendres ! »
    Il est vrai qu’au soleil levant les jeunes amours sont en fuite ;
    On quitte le nid à vingt ans tellement on n’en peut plus d’attendre.

    Et c’est ici que Cupidon ajusta ses flèches en visant
    Et c’est là qu’un gros chat tigré le faucha d’une patte adroite.
    Les amoureux à l’abandon s’en retournèrent en devisant
    Que la Nature, bon gré mal gré, s’était montrée bien maladroite.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • L’apocalypse en fleurs

    L’apocalypse en fleurs

    Lorsque la deuxième trompette annoncera la fin des temps,
    La grande montagne fleurie se jettera dans le calice
    Formé par la mer des trempettes transformant un tiers des étangs
    Causant de grandes souffleries sur la planète mais sans malice.

    Déjà les créatures marines ont diminué d’un bon tiers
    Et les navires de croisière vont aussitôt en faire autant.
    Et tous les gars de la narine qui remplissent les cimetières
    Montrent, la main sur la visière, que ç’en est fini du beau temps.

    Et dans cette atmosphère blanche où la mer s’agite et tempête,
    Les vents s’élèvent sans colère et le beau temps retient son souffle.
    Puis les fleurs tombent en avalanche au son des divines trompettes
    Tandis qu’une éclipse solaire erre dans la nuit en pantoufles.

    Tableau de Nino Peradze.

  • Prêt-à-porter

    Prêt-à-porter

    Si au lieu d’enterrer les morts on en récupérait la peau ?
    Ce serait une œuvre artistique plutôt macabre j’en conviens.
    Les musées n’ont aucun remords cependant pour faire des expos
    En cire ou matières plastiques et là nulle loi n’y contrevient.

    Ça ouvrirait d’autres marchés que tous ces changements de sexe.
    Et, sans vendre la peau de l’ours, on pourrait tuer puis acheter
    L’idole qu’on aurait démarchée sans pour autant faire de complexe
    Au risque, à la fin de la course, de devenir une rareté.

    Plutôt que boire le sang des vierges, faites-vous en greffer la peau
    Que vous garderez bien dix ans, du moins c’est ce que garantit
    L’entreprise qui les héberge et les élève, net d’impôt,
    Et les vend en vous précisant que la vieillesse est ralentie.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Drôle d’arche !

    Drôle d’arche !

    Dommage pour les animaux que Lilith nous avait créés
    Qui étaient extraordinaires pour ne pas dire surprenants.
    Mais Dieu a dit à demi-mots que seules les bêtes agréées
    Seraient signées à l’ordinaire de sa main et pas autrement.

    Adieu licornes et chimères ! Adieu sirènes et tritons…
    Non ! Elles ont su – au temps pour moi – échapper aux flots diluviens.
    Adieu créatures éphémères à trois pattes, deux têtes et griffons !
    Je vous adresse avec émoi les regrets dont je me souviens.

    Quant aux animaux à trois sexes ou même quatre, pas de nouvelle !
    Noé n’était pas trop aidé quand il a dû tout contrôler !
    Mais à situations complexes, un petit tour de manivelle
    Ou de pédale rétrocédée permet souvent d’extrapoler !

    Tableau de Juan Pedro Ponce.

  • 10B, rue du Marquis de Sade

    10B, rue du Marquis de Sade

    Au 10A, rue Marquis de Sade, on ne voit rien et c’est normal
    Car c’est la maison à côté qui tient lieu de rassemblement.
    En effet, derrière les façades, passent les femelles et les mâles
    Par des passages traficotés entre les deux appartements.

    Je le sais parce que j’y habite. Eh oui, c’est moi l’animateur
    Qui convoque taxis à ces dames et les accueille galamment.
    Je peux vous dire que ça débite entre amatrices et amateurs
    Car ils sont avides du ramdam qui s’y passe extravagamment.

    Ça m’est venu une fois veuf ; pensant à me remarier,
    J’ai eu l’idée d’un lupanar afin de m’en faire un cheptel.
    Je les repère au gui l’an neuf chez mes relations notariées
    Avec ce simple canular : j’ai un « crac-boum-hu-hu » mortel !

    Tableau de Volodya Kenarev sur https:conchigliadivenere.wordpress.com20160920volodya-kenarev-1951-bulgarian .

  • 10A, rue du Marquis de Sade

    10A, rue du Marquis de Sade

    Un rendez-vous assez cocasse au 10A, rue Marquis de Sade ;
    « Soirée privée et costumée, la tenue d’Ève est exigée. »
    Ce n’est qu’une mesure efficace pour décourager les maussades
    Mais c’est comme à l’accoutumée, la seule contrainte infligée.

    Il y a toujours des courageuses qui viennent juste accompagnée
    Par un chauffeur qui les dépose juste devant la porte d’entrée.
    Mais aucune mesure outrageuse – et ça je peux en témoigner –
    De la police ne suppose aucun interdit rencontré.

    Pour le retour, pas de problème, des taxis sont organisés
    Pour ramener discrètement ces dames à leurs domiciles.
    Que font elles donc ? C’est le dilemme ! Car les lumières tamisées
    Ne laissent voir distraitement le moindre coup d’œil trop facile.

    Tableau de Volodya Kenarev sur https:conchigliadivenere.wordpress.com20160920volodya-kenarev-1951-bulgarian .

  • Le chat de l’alchimiste

    Le chat de l’alchimiste

    Encore une fois le chat s’impose dès que l’alchimiste est en transe
    Et les animaux à la ronde semblent attirés par cette scène.
    Au début chacun se repose sauf le chat tendu à outrance
    Mais sans montrer le moins du monde la moindre indication obscène.

    On ne sait plus qui est le maître… Est-ce le chat ou l’alchimiste ?
    C’est bien là ce que se demandent tous les animaux accourus.
    Même la nuit qui vient de naître garde le secret intimiste
    Du moins c’est ce que recommande la méditation encourue.

    Prédateurs et proies se rallient à la quiétude du moment
    Qui ne durera que qu’une nuit, celle du solstice d’hiver.
    À l’aube quand le soleil pâlit, les uns s’envolent en slalomant
    Tandis que les autres s’enfuient sous le regard du chat pervers.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Soleil alcoolique

    Soleil alcoolique

    Le soleil ivre sur les plaines et alcoolique dans les vallées
    Sort de son delirium tremens quand mon esprit bat la campagne
    Le soir quand tombent les heures pleines qui continuent à dévaler
    En traçant ses nuages minces qui s’effilochent vers les montagnes.

    Et lorsque le soleil se couche sur la mer de nuages blancs,
    Le crépuscule alors déverse les couleurs de l’astre trop mûr
    Que la nuit du solstice embouche du bout des lèvres en tremblant
    Jusqu’à ce que la Lune converse et que les étoiles murmurent.

    Alors la nuit noire s’avance, drapée de ses ombres profondes,
    Les feuilles frissonnent doucement sous l’air glacial qui s’alanguit,
    Un parfum de terre de Provence flotte pareil au chant monde,
    Tandis que s’endort lentement la plaine qui rêve à lundi.

    Le jour le plus court ;
    Le silence du solstice ;
    La nuit la plus longue.

    Tableau de Fred Cuming.

  • Les mondes intérieurs – 2

    Si l’on ne voit pas l’intérieur, les masques brillent à l’extérieur
    Des valeurs que l’on veut montrer et celles que l’on voudrait taire.
    Et plus l’éclat est supérieur, plus l’effet est révélateur
    Et ça ne fait que démontrer que l’intérieur est délétère.

    Bien sûr, il y a la belle aura qui se dégage imperceptible,
    Qui hélas demeure invisible sauf aux yeux qui sont dans le cœur
    Mais ne connaissent ni l’odorat ni le toucher ultrasensible
    Pour tâter si elle est nuisible par accumulation de rancœur.

    Finalement soit l’on y croit ou l’on refuse de les voir
    Ces couleurs du bien et du mal qui transpirent de tous les pores.
    Sans doute les esprits étroits qui ne jurent que par leur savoir
    Et dénigrent le paranormal n’y voient que l’envers du décor.

    Tableaux de Victoria Gilpin.

  • Les mondes intérieurs – 1

    Dommage qu’on ne puisse voir comment on est à l’intérieur ;
    Pensées d’amour, pensées de haine, pensées de bien, pensées de mal.
    Nous aurions enfin pu savoir et voir tout le monde extérieur
    De la couleur de l’âme humaine, divine tout autant qu’animale.

    Les femmes seraient-elles teintes en rose et les hommes des bleus de l’âme ?
    Les enfants aux mille couleurs et tous les seniors transparents.
    Nous y verrions les cœurs moroses ou animés par une flamme
    D’amour mais aussi les douleurs d’avoir à perdre nos parents.

    Sans doute que la compassion et l’empathie peuvent permettent
    De sentir toutes les nuances par l’écoute plus que par les yeux.
    Pourtant plus forte est la passion, plus forte sont les amourettes
    Et plus aveugle l’influence des attachements fallacieux.

    Tableaux de Victoria Gilpin.

  • L’Europe starlette – 2

    L’Europe starlette - 2

    Mais la starlette de trente ans a trouvé un rôle à sa taille
    Taille de guêpe pour se glisser entre les deux grandes puissances.
    Et qu’ils soient ou non consentants, ils vont devoir livrer bataille
    Dont les armes sont policées par ceux qui en font jouissance.

    On ne sait pas qui sont les bons ni même qui sont les méchants
    Ou pire, ils changent tout le temps selon les médias assouvis.
    Une opinion qui fait des bonds parmi le peuple à contrechamps
    Entre les forces de l’OTAN et le pacte de Varsovie.

    En fait, on reconstruit l’Histoire que l’Europe a connu naguère :
    Des petits royaumes qui s’envoient pis que pendre et coups d’escarmouches.
    Et de nos jours, il est notoire que ceux qui veulent partir en guerre
    Sont les descendants dont la voix parlent comme le « prince des mouches ». †

    Tableau de Givi Siproshvili sur https:illustrators.rupostspohischenie-evropy . † Belzébuth

  • Napoléon Bon Appart II

    Napoléon Bon Appart II

    Pour vivre heureux, vivons cachés là où Dieu ne voit plus personne
    Soit à l’intérieur des montagnes, soit dans les abris souterrains.
    Veillons à ne plus s’attacher aux religions qui nous façonnent
    Et nous formatent nos compagnes comme souffre-douleur souverain.

    Dans l’obscurité minérale, loin des cieux et dieux en colère,
    Nous bâtirons nos espérances avec du béton et du verre.
    Loin des croyances sidérales, loin sous la calotte polaire,
    Nous romprons avec nos errances et tous nos soucis terre-à-terre.

    Mais il faudra creuser profond pour accueillir dans nos palais
    Le tombeau de nos vanités et les souvenirs rapportés.
    Même en réduisant les plafonds, il nous manquera des balais
    Pour ôter toute insanité de cette planète avortée.

    Sous la roche nous tairons nos dieux devenus tous sourds en chemin
    Et nos silences auront pour toits toutes les montagnes des Grisons.
    L’Histoire fermera ses yeux sur ce qui reste en nous d’humain
    Et l’ombre prendra tout le poids d’un monde qui n’a plus d’horizon.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.