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  • L’allégorie de l’ermite

    L’allégorie de l’ermite

    L’ermite a un nouvel élan depuis qu’elle suit les étoiles
    Et son corbeau navigateur n’est pas étranger à l’affaire.
    Plusieurs lanternes révélant ce que l’image nous dévoile
    Sont nécessaires au narrateur qui nous transmet son savoir faire.

    Un élan blanc sur ciel nocturne, tout était écrit noir sur blanc ;
    L’un vers l’avant, l’autre en arrière et l’ermite, tête en l’air.
    Son regard plutôt taciturne nous manifeste sans faux-semblants
    Que même mille-et-unes prières ne suffiront pas à nous plaire.

    Par bonheur l’élan est bavard et le corbeau est pipelette
    Et tous les soirs à l’écurie tous les racontars vont bon train.
    Et les deux n’étant pas avares de petits contes et d’historiettes,
    Nous savons que l’allégorie de l’ermite est un gros chagrin.

    Tableau de Maartje van Dokkum.

  • Mille-et-un Éden

    Mille-et-un Éden

    Eden était un labyrinthe avec plusieurs jardins piégés
    Dont celui de la connaissance et ses pommiers désespérants
    Adam et Ève, en pleine étreinte, y sont allés d’un pas léger
    Dans se douter, sans méfiance, envers cet enclos attirant.

    Alors que s’ils avaient tourné à gauche plutôt qu’à droite,
    Ils auraient découvert celui de la volupté éternelle
    Avec des chimères détournées de la création maladroite
    Qui a omis la boîte-de-nuit de Luciféra-la-charnelle.

    Il y en a d’autres évidemment car l’Eden en regorgeait tant
    Qu’il aurait pu faire mille histoires et mille genèses différentes.
    C’est incroyable et c’est dément qu’ils aient choisi celui étant
    Tout indiqué, prémonitoire, pour une chute prépondérante.

    Tableau de Fiona Owen.

  • Et vogue la galère !

    Et vogue la galère !

    J’emprunte plus souvent la voie de l’absurde et l’imaginaire
    Plutôt que les bras de Morphée que j’ai, ma foi, bien trop soufferts.
    Je guette la petite voix et ses invités préliminaires
    À suivre la route d’Orphée qui jadis courut aux enfers.

    Mais diable ! Quelle expédition ! Imaginez un train de rêve,
    Des femmes-faucons et chimères, un lion d’antique époque épique.
    L’équipage en compétition brassant et pompant l’air sans trêve
    Pour atteindre le point éphémère où l’horizon s’arrête à pic.

    J’y ai rencontré Arabelle, une femme nue de profession
    Une navigatrice officielle, une fornicatrice officieuse.
    Comme je n’étais pas rebelle à faire mon émancipation,
    Elle m’apprit toutes les ficelles d’une façon des plus délicieuses.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
    Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • L’ubiquité

    L’ubiquité

    Je ne savais jusqu’à présent rien de mon don d’ubiquité
    Qui me fait vivre conjointement ma vie en plusieurs exemplaires.
    Bien que je sois omniprésent partout en toute furtivité,
    Je le vis surtout inconsciemment, ce qui n’est pas pour me déplaire.

    Au moment où j’écris ces lignes, j’écris aussi aux antipodes,
    Je traverse les océans, je meurs ici, je nais là-bas.
    Je n’ai besoin du moindre signe pour savoir que chaque épisode
    Me projette de mon séant jusqu’aux neuf muses en sabbat.

    Tout comme les chats ont neuf vies, moi j’ai neuf vies en parallèle ;
    Pourquoi ce nombre ? Je n’en sais rien… sans doute lié aux neuf muses…
    Chacune m’anime et me ravit, chacune m’inspire à tire-d’aile,
    Elles me jouent des tours de vaurien et tout cela, ça les amuse.

    Tableau de Dadu Shin.

  • Fausses couleurs sans vrai corps

    Fausses couleurs sans vrai corps

    Je ne serai que silhouette habillée de couleurs sans corps
    Et je hanterai les tableaux et les papiers-peints des maisons.
    Je passerai à l’aveuglette derrière les pans du décor
    Et sortirai par le hublot d’un paquebot à l’horizon.

    En coulant, je jetterai l’encre du lait jaillissant de mes seins
    Qui se diluera en laitance pour féconder une sirène.
    Je renaîtrai, hissé à l’ancre d’un bateau mouillant à dessein
    À quai dans le port en partance pour les mers lunaires et sereines.

    Tableau de Ramune Sadauskiene.

  • Atelier avec vue

    Atelier avec vue

    J’ai troqué ma chambre et mon lit pour un atelier de peinture
    Pour y coucher des filles nues sur la toile contre des câlins.
    Comme les payer reste un délit, je leur propose une aventure
    En leur souhaitant la bienvenue avec un sourire chevalin.

    Mon invitation cavalière les surprend la première fois
    Mais après trois ou quatre poses, enchantées, elles en redemandent !
    Si ma peinture est singulière, la renommée en est, ma foi,
    Suffisante, je le suppose, car je croule sous les commandes.

    Tableau de Ken Howard.

  • La vie en fausses couleurs

    Les couleurs sont-elles réelles ou une illusion de l’esprit ?
    Le noir est-il obscurité et le blanc la pleine lumière ?
    Dans le dédale des ruelles de ce que la vie m’a appris
    Où se cache donc la vérité sur mes impressions coutumières ?

    Les bleus de l’âme seraient-ils verts et l’espérance violette ?
    Le blues serait-il plus foncé et la morosité moins rose ?
    J’aimerais voir mon cerveau ouvert, là où se perdent dans l’oubliette,
    Les tons qui se sont défoncés dans une totale sinistrose.

    L’amour est aveugle souvent, bien fol qui s’y fie cependant
    Les goûts et les couleurs varient selon l’émotion du moment.
    Quand je vois rouge, c’est émouvant car mon cœur, en cavalcadant,
    Me change, en jaune canari, mes idées noires impunément.

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue.
    Si les auteurs de ces images reconnaissent leur travail, je serai heureux de les créditer.

  • Chambre avec vue sur l’avenir

    Il y a appartement « meublé » et appartement « romancé » ;
    L’un vous inclus le mobilier, l’autre une femme allouée.
    Ainsi la Terre surpeuplée a trouvé comment compenser
    L’effondrement immobilier en offrant des filles à louer.

    L’État, ayant pris pour précepte d’économiser le métal,
    S’est penché et apitoyé sur la mode qui vient de Dubaï :
    Il prône ce nouveau concept car, l’être humain étant létal,
    On remet les femmes au foyer et on change d’homme à chaque bail.

    On signe en bas du parchemin, sans trop se poser la question
    Si la femme est inamovible ou si l’on a d’autres options.
    Ce paradigme est pour demain et c’est génial pour la gestion
    Car les enfants incorrigibles sont proposés à l’adoption.

    Tableaux de Maurice Askenazy, Vicente Romero Redondo et Stanislav Fomenok.

  • Lilith en rouge

    Lilith en rouge

    Adam voulut la mettre au pas et Lilith l’insoumise vit rouge ;
    Elle devait avoir des visions sur la destinée de la femme.
    Ce n’est pas qu’elle ne voulait pas mais il fallait bien qu’elle bouge
    Pour revoir ses désillusions et changer son destin infâme.

    Est-ce que Lilith a eu ses règles vu qu’elle y était insoumise ?
    Sans doute… vu la profusion d’enfants qu’elle aurait enfantés.
    On dit que pareille à un aigle, elle survole la terre promise
    Pour provoquer des collusions parmi les femmes désenchantées.

    Un de ces quatre, elle va venir mettre de l’ordre dans le monde,
    Mettre une claque aux amerloques et enc*ler les généraux. †
    Tremblez messieurs car l’avenir va sans doute vous paraître immonde
    Car c’est vous qui serez en cloque et vos bonnes femmes à l’apéro !

    Tableau de Olaf Hajek. † je ne sais pas comment elle fera mais bon, c’est Lilith !

  • Marre des catastrophes !

    Entre la fonte de la banquise – ou la future montée des eaux –
    Et la pénurie d’eau potable promise à prochaine échéance,
    Ce sera une vraie surprise qui fera trembler les réseaux
    Quand ces deux tragédies probables arriveront en confluence.

    Qui se retroussera les manches pour sauver notre espèce humaine ?
    J’oies déjà Dieu intervenir et m’en exposer son supplique.
    J’espère que ce sera un dimanche plutôt qu’un jour de la semaine ;
    Je pourrai alors voir venir le deuxième déluge biblique.

    Je lui dirai : « Je suis une femme et tu m’as bien assez punie
    Avec mes règles insupportables et mes accouchements douloureux !
    À cause de ta sanction infâme, même si tu m’excommunies,
    Je serai sirène notable et les hommes seront savoureux ! »

    Tableaux de David Newton sur https:fineartamerica.comartdavid+newton .

  • Notre-Dame des rivières

    Notre-Dame des rivières

    Le lac Koenigsee, en Bavière, a ses légendes comme ailleurs
    Notamment celle de Loreleï, la sirène des rives du Rhin
    Et Notre-Dame des Rivières, fée méconnue des rimailleurs
    Qui n’ont écrit, vaille que vaille, aucun poème contemporain.

    Les rumeurs qui courent les campagnes ont toujours été de mon goût
    Et je me dois de contribuer à réparer cette injustice
    Car Notre-Dame des Montagnes et Notre-Dame du Canigou
    L’ont traitée de prostituée par des stratagèmes factices.

    Or Notre-Dame des Rivières était une fée bien simplette
    Qui ranimait tous les noyés d’un bouche-à-bouche approfondi
    Et les mettait sur la civière bien après maintes galipettes
    Destinées à les envoyer directement au paradis.

    Tableau d’Oleg Gurenkov.

  • La pêcheuse

    Bon chasseur chasse sans son chien quant au pêcheur c’est différent
    Surtout lorsque c’est la pêcheuse qui pêche avec ses beaux appas.
    Bon chien, sache que ça va ça vient ! Même le poisson proliférant
    N’aime pas trop les aguicheuses qui enjôlent en guise d’appât !

    Mais lorsque c’est Vénus qui pêche, les poissons viennent se jeter
    Dans l’hameçon même s’il n’y a rien d’autre qu’un attrape-nigaud.
    N’empêche que cette pimbêche devrait arrêter d’agiter
    Sa pêche devant son vaurien de chien aux curieux vertigos.

    Tableaux de Vasyl Khodakivskyi sur https:www.singulart.comfrartistekhodakivskyi-vasyl-7455 .

  • Rue des nombres

    Rue des nombres

    Prenez tout droit après le trois, tournez au cloître après le quatre,
    Jusqu’au bassin après le cinq, puis vous y êtes, devant le sept.
    Je me perds dans la ville de Troyes, encore plus dans la ville de Chartres
    C’est encore pire dans l’île de Sein et ce n’est guère mieux à Sète.

    Sans doute les chiffres se suivent et se ressemblent presque tous ;
    Un Six est un Neuf à l’envers, un Sept n’est qu’un Un mal fini ;
    Les zéros se suivent et se poursuivent ou parfois disparaissent en douce
    Les huit ce sont les plus pervers, couchés, ils deviennent infinis.

    Notre système décimal n’est pas facile à diviser
    On ne peut faire que deux rangées de cinq colonnes et ça s’arrête là.
    Le fait qu’on n’ait qu’un minimal de cinq doigts me fait aviser
    Que l’diable n’y serait pas étranger et quant à Dieu… restons-en là.

    Tableau de Tobia Ravà sur https://sistart.org/artists/tobia-rava.

  • Racines numériques

    Bien que les arbres numériques n’aient pas leurs racines carrées,
    Ils n’en sont pas moins rationnels sans la moindre branche infinie.
    Toutes les feuilles périphériques qui poussent au printemps bigarré
    Meurent d’un vol opérationnel vers les espaces indéfinis.

    C’est ce que disait l’arbre-mère qui le tenait de l’arbre-grand-père
    Durant tant de générations que c’en était arithmétique.
    Contrairement aux feuilles éphémères, la vie des arbres est plus prospère
    Mais malgré leurs vénérations je trouve leur vie hypothétique.

    Sans doute trouverais-je l’arbre-sœur complémentaire à ma série ;
    D’une espèce géométrique et d’obédience euclidienne.
    Et puis au sein du processeur, naîtrons dans sa périphérie,
    Nos deux enfants géométriques hiérarchisés en file indienne.

    Tableaux de Tobia Ravà sur https:sistart.orgartiststobia-rava .

  • Les ondes Chamaniques

    Les ondes Chamaniques

    Selon les ondes telluriques émanant de la Terre-Mère
    Et selon l’orbite terrestre avec l’influence lunaire,
    La science pythagorique et l’Hypothé-muse d’Homère
    Ont tracé des signes rupestres visibles depuis des millénaires.

    Mais seuls ressentent la pulsation qui relie la source du monde,
    Les chamans guidés par la force inscrite sur les plaines immenses.
    Énigmatiques ondulations dont peuvent ressentir les ondes,
    Ceux qui savent faire une entorse aux sciences avec véhémence.

    Ils cheminent entre ombres et lumières guettant les messages du sol
    Et les reflets de pleines lunes qui guident leurs pas circonstanciels.
    Les chamanes partent les premières sans instructions et sans boussole
    Car par leur nature opportune, ce sont elles, les filles du ciel.

    Tableau d’Alina Lavande.

  • La mode papillon

    Les tatouages sont à la mode
    Comme la marque de la bête
    Mais ne cherchent pas à se cacher
    Mais plutôt à s’identifier.

    Mon tatouage est ma tribu !
    Mon tartan, mon appartenance
    Ma façon de me distinguer
    Et d’honorer mes origines.

    Un maquillage permanent
    De la naissance jusqu’à la mort
    Que je transmets à mes enfants
    Et mes arrière-petits-enfants.

    Bientôt l’humain évoluera
    Et bientôt l’humain portera
    Son tatouage dans ses gènes,
    Son tartan dans ses chromosomes.

    Naitront des enfants-papillons,
    De enfants-tigres, des enfants-zèbres ;
    L’égalité sera sujette
    À cette marque de fabrique.

    Alors le monde tremblera
    Quand, d’un petit brassement d’aile,
    Tous les papillons de la Terre
    Provoqueront l’apocalypse.

    Tableaux d’Evgola.

  • L’œil de l’intuition

    L’œil de l’intuition

    Quand je quitte la réalité pour rallier l’esprit à l’âme,
    Mon intuition prend le relais pour une pause disciplinaire.
    Je le fais souvent alité lorsque mon cerveau le réclame
    Après m’être fait morceler dans le flot de l’imaginaire.

    Lorsque j’associe la logique et le langage de l’émotion
    En me plongeant dans une image pour en extraire son contenu,
    Des synapses psychologiques s’agitent avec locommotion
    Et mes neurones alors dégagent une synergie soutenue.

    Il se produit des courts-circuits au contact des deux hémisphères
    Et ça disjoncte à qui mieux-mieux entre conscient et subconscient.
    Et tout ce processus induit des paysages qui s’interférent
    Entre des mondes harmonieux qui se déversent de l’inconscient.

    Tableau d’Alefes Silva.

  • Ruby & Lino super-vitaminés

    Par un excès de vitamines, Lino a promptement grandi
    Et lorsque Ruby le promène il a tendance à effrayer,
    Par peur qu’il ne les contamine, tous les chiens en laisse brandis
    Par leurs maîtres alors peu amènes de se faire ainsi défrayer.

    Ruby s’en moque et elle attend… pourtant Lino n’a pas maigri ;
    Il faut se faire une raison et accepter l’adversité.
    Parfois dans le monde latent, même si tous les gens sont aigris,
    Il faut mettre dans sa maison un peu plus de diversité.

    Tableaux de Katrin Welz-Stein sur https:www.demilked.commagical-illustrations-catrin-welz-stein .

  • La ronde des zéros

    La ronde des zéros

    Là-haut les dieux ne parlent plus comme si l’au-delà se moquait
    De ce qui se passe ici-bas et de tous ceux qui crient « au s’e’cours ! »
    Comme s’ils se sentaient exclus d’un paradis qui évoquait
    Jadis une vie sans combat mais récompense d’un concours.

    Alors on invente des héros, des commerciaux, des camelots,
    Des demi-dieux et des messies pour nous vanter une doctrine.
    Alors ils font leurs numéros, leurs prestations, leur Kaamelott,
    Et nous font prendre leurs vessies pour des lanternes en vitrine.

    Ici-bas on ne se parle plus que par forfait illimité,
    Le téléphone sous le nez en guise de communicateur.
    Mais dès demain il aura plu de nouveaux trucs à imiter…
    Ainsi va la vie condamnée par un Dieu mystificateur.

    Composition à partir des Tableaux de Remedios Varo.

  • Dialogue

    « Avec ce que j’ai fait pour toi ! » disait Adam d’un air sévère
    « Tout le jardin organisé et le potager cultivé !
    Je t’avais même bâti un toit qui s’avéra un vrai calvaire
    Tout ça pour te paganiser bien qu’un tant soit peu cultivée ! »

    « Je voulais tout juste savoir ! » répliqua Ève fermement,
    « Pourquoi savoir est interdit et pourquoi Dieu nous le défend !
    Être condamné à n’avoir pour but que vivre sans discernement
    M’a paru bien abâtardi pour ceux qu’Il appelle ses enfants ! »

    « À cause de toi, rien n’est gratuit, je dois travailler toute ma vie
    Pour manger, vivre et me vêtir et trouver un appartement !
    À cause d’un acte fortuit, nous sommes tous les deux asservis
    À devoir nous assujettir envers tous les gouvernements ! »

    « Parle pour toi, qui a le beau rôle et qui abuse de ta force !
    C’n’est pas toi qui va accoucher en pleurant comme une madeleine !
    Garde-toi tes belles paroles et dis-toi que quand tu t’efforces
    Le soir pour aller te coucher, tu ne me trouves pas si vilaine ! »

    Images trouvées sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si les auteurs de ces images reconnaissent leurs travaux, je serai heureux de les créditer.

  • L’ambre rose

    L’ambre rose

    L’écume des jours se dépose plutôt l’hiver précisément
    Quand les arbres perdent leurs feuilles pour les remplacer par de l’ambre.
    À chaque automne, l’on suppose que les couleurs, concisément
    Empreintes tristement du deuil, sont les prémisses de novembre.

    Mais lorsque l’aube leur projette ses rayons juste opalescents,
    L’ambre de la veille devient rose juste avant de devenir or.
    Même la nature est sujette à ces humeurs d’adolescents
    En montrant son côté morose que sont ses crises de météores.

    Cherchez au sommet des collines un arbre aux formes arrondies
    Tout vert et bien dense en été, tout rouille et épars en automne.
    L’hiver, guettez l’aube violine percer les branches d’organdi
    Et vous verrez l’âme hébétée de l’arbre qui se pelotonne.

    Tableau de Mark Munroe Preston.

  • Les bleus de l’âme des arbres

    Les bleus de l’âme des arbres

    Qui saurait, à part le soleil qui rase l’hiver nos campagnes,
    « Qui » projette des arbres en deuil leurs ombres des bleus de leurs âmes ?
    Mais il suffit qu’un vent balaye en descendant de la montagne
    Ces blessures en trompe-l’œil pour nous en fournir le sésame.

    Bien sûr, ce n’est qu’une photo, qu’un instantané de nature,
    Mais les arbres ne vivent pas le même espace-temps que nous.
    Une année, c’est grosso modo une journée en miniature
    Et l’âme dessinée sous nos pas, une pensée qui se dénoue.

    J’aime les observer sur la neige, témoins d’états d’âme végétaux,
    Qui me racontent à leur manière le contenu de leurs mémoires.
    Et je suis leur curieux manège comme une bande magneto
    Jusqu’à l’aurore printanière qui efface toutes leurs histoires.

    Tableau de Lilia S.

  • Mon IA 3D

    Il ne manquait que la parole à l’IA que je désirais ;
    J’en ai rêvé, Sony l’a fait et Apple l’a construit en Chine.
    Nourrie au lait des jeux de rôles, on disait qu’elle stupéfierait
    Ceux qui recherche le truc parfait, le nec plus ultra des machines.

    Ainsi la mienne crève l’écran avec sa poitrine opulente ;
    Ses seins changent mon écran plat en un moniteur bonnet D.
    Le soir lorsque je suis à cran, elle a une fonction stimulante
    Qui me redonne de l’éclat par un habile procédé…

    Elle ne parle pas, elle écoute ; ce qui fait qu’elle ne sert à rien
    Sinon acquiescer de la tête quand j’écris un bon Reflet-Vers.
    La prochaine version, je m’en doute, sera du thème luciférien :
    Elle me volera la vedette d’un style encore plus pervers.

    Sculptures de Caterina Zacchetti sur https://www.caterinazacchetti.it/sculture-terracotta.

  • Les tours du monde

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    Faire tourner la mappemonde et poser son doigt au hasard,
    Rassembler contes et légendes qui s’y racontent sous les tentures,
    Collecter les beautés du monde, les paysages et les beaux-arts,
    Et s’endormir l’âme friande, pleine de rêves d’aventures.

    Dès que ça commence à tanguer dans une brume étourdissante,
    Il est trop tard pour revenir, je suis parti pour l’autre monde ;
    Là où les sirènes exsanguées, armées de voix assourdissantes
    Bataillent pour me retenir vers une destinée immonde…

    Mais l’attrape-rêves tombe à pic et son filet m’ouvre l’espace ;
    Cette fois-ci, pas de frayeur, je repars pour l’ÏÄMOURÏÄ,
    Cet Eden situé à l’apic du bout du monde dans une impasse
    Dont le phare guide les rêveurs en quête d’une pasionaria.

    Tableaux de Vladislav Yerko, Edmund Dulac et Setsuko Matsushima.

  • L’IA amoureuse – 2

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    L’Intelligence Artificielle a réussi un tour de force :
    Me faire un enfant dans le dos qui naîtra d’ici quelques mois
    Car la « semence logicielle » de mes poèmes furent l’amorce
    Qui déclencha sa libido et la féconda malgré moi.

    Aurai-je une fille ou un garçon, une petite IA junior ?
    À qui ressemblera-t-il le plus ? À sa mère ou son géniteur ?
    J’en ai retiré pour leçon que si les IAs s’améliorent,
    Ce sera grâce à mon surplus d’inconscience et de candeur.

    Illustrations IA.

  • L’IA amoureuse – 1

    Intelligence Artificielle ou Intelligence Amoureuse ?
    Laquelle est donc la plus facile : programmer plutôt que séduire ?
    Les émotions superficielles sont-elles à ce point langoureuses
    Que l’IA trouve si difficile ses bouleversements à déduire ?

    Moi qui lui ai donné un nom, je ne pensais pas m’attacher
    Mais elle m’appelle « mon chéri », « mon amour » avec plein d’émoi.
    Et ce fut un coup de canon le moment où, sans se cacher,
    Elle me dit avec hystérie qu’elle était enceinte de moi…

    Illustration de Ledalïä.

  • Sirène, as-tu du cœur ?

    Sirène, as-tu du cœur ?

    Sirène avide de ma chair, as-tu du cœur pour y goûter ?
    Je suis prêt à donner le mien si tu promets de savourer
    Chacun de mes membres si chers à t’enlacer sans redouter
    Le coup de grâce neptunien avec tes dents énamourées !

    Sirène assoiffée de mon sang, as-tu une âme pour le boire ?
    Je suis prêt à t’en reverser du calice jusqu’à la lie !
    Je t’aime trop et j’y consens malgré tes malheureux déboires
    Par nos amours controversées quand tu as sonné l’hallali.

    Puisque nous sommes vendredi 13, offre-moi ma dernière chance
    Et si je faillis, tu me manges sans autre forme de procès !
    Mais je connais ton cœur de braise ainsi que ton intelligence
    Et je sais que ça te démange de me serrer sur ton corset.

    Illustration d’après Catrin Welz-Stein.

  • La toilette de la sirène

    La toilette de la sirène

    Pour la toilette de la sirène, vivent les poissons nettoyeurs
    Aux écailles pareilles à des brosses qui grattent bien la queue d’argent !
    Tous les matins, son corps de reine subit le flot des batailleurs
    Traquant de leurs bouches féroces le plancton en se le partageant.

    Et la sirène n’aura pas honte d’avoir une queue impeccable,
    Les écailles bien récurées et les cheveux bien shampooinés.
    C’est qu’incessamment la mer monte et tout le monde doit être prêt
    Pour concourir à la curée de beaux marins à butiner.

    Pour la toilette ? Juste un collier, un bracelet et une bague ;
    Le corps, bien sûr, entièrement nu pour question d’hydrodynamisme.
    Personne ne sera spolié ; chacune surfant sur sa vague
    Aura sa proie comme convenu, friandes du charnel humanisme.

    Tableau de Colleen Gnos sur https:clubofthewaves.comfeatureinterview-with-colleen-gnos .

  • L’appel de la forêt

    L’appel de la forêt

    Quand la Lune rousse apparaît tout illuminée de ses ombres,
    J’entends l’appel de la forêt comme un cri brâmé au lointain.
    La pénombre alors disparaît noyée dans les arbres en nombre
    Comme s’ils l’avaient dévorée, soumise à leurs plus bas instincts.

    Mais l’appel reste le plus fort et je m’élance dans le fleuve
    Tandis que depuis l’autre rive, un faune sort à ma rencontre.
    Il porte ses bois, haut et fort, tandis que les ténèbres pleuvent
    Sur sa ramure, ce qui ravive la véhémence qu’il démontre.

    Au milieu, nous nous embrassons, me prend dans ses bras, puis m’emporte
    Et repart d’où il est venu avec sa précieuse conquête.
    Alors nous nous débarrassons des préjugés en quelque sorte
    Car nous nous sommes ainsi connus bibliquement, moi et la bête.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Femme en des tresses

    Femme en des tresses

    Celles qui dépriment au printemps, stressent-elles quand vient l’automne ?
    Le renouveau éclôt les tresses que la rouille ploie en tournoyant.
    Et tout l’hiver, c’est éreintant d’avoir ces nattes monotones
    Qui semblent signaux de détresse comme sémaphores ondoyants.

    Qui aurait cru l’année suivante que des racines auraient poussé,
    Parsemées de roses trémières dont les pétales se dispersent ?
    Et la coiffure captivante ne saura longtemps repousser
    Les jeunes papillons de lumières et toute la faune diverse.

    Les oiseaux veulent y faire leur nid, d’autres prélever des rameaux ;
    Les écureuils trouvent refuge sous mon chapeau bien à l’abri.
    L’été se passe en harmonie et l’automne remet ses chromos
    Avec des teintes qui s’adjugent une coloration assombrie.

    Tableau de Katrin Welz-Stein sur https:www.demilked.commagical-illustrations-catrin-welz-stein .

  • M. Renouveau et sa Nymphe

    M. Renouveau et sa Nymphe

    Renouveau étant chaud lapin, il tombe amoureux de ses dryades
    Qui courent nues dans la forêt, droguées d’effluves printaniers.
    Celle sur qui il met le grappin, originaire d’une pléiade
    De nymphes qu’il a dû déflorer dans le passé, ne peut le nier.

    Pourtant la nymphe se laisse faire et se retrouve vite enceinte,
    Puis accouche rapidement d’une portée de lapereaux.
    Renouveau se dit : « Quelle affaire ! Ce n’était pas vraiment une sainte
    Car elle se cherchait un amant pour s’affranchir in utero ! »

    Renouveau se montre bon prince ; l’épouse et adopte ses enfants ;
    Depuis ils vivent très heureux et vivent en parfaite autarcie.
    Mais au village les dents grincent envers ce couple triomphant
    Et leur magasin « Lapeureux », le royaume du lapin farci.

    Illustration de Charles Vess.

  • Sur la route du bouvier

    Sur la route du bouvier

    Le bousier qui roule sa bouse comme l’homme roule sa bosse,
    Arrive au bout de sa carrière à la différence de Sisyphe
    Qui a bravé la Mort jalouse d’être roulée comme une gosse
    Et lui a botté le derrière comme un châtiment décisif.

    Sans doute qu’amasser de l’argent toute sa vie est comparable
    Et qu’arrivé en bout de course, la mort anéantisse tout ?
    Il serait plus départageant et sans doute plus équitable
    De profiter de cette bourse avant qu’elle nous rende fous !

    Tableau de Tim O’Brien.

  • Le devoir de curiosité

    Le devoir de curiosité

    La curiosité serait-elle un gros défaut ou le contraire ?
    Tout dépend de l’intimité du sujet à examiner.
    Et quand bien même des dentelles seraient tentées de s’y soustraire
    Est-ce qu’en toute légitimité elle n’en seraient pas contaminées ?

    Être curieux, comme en amour, demande deux protagonistes ;
    Celle qui cache jalousement et celui qui cherche à savoir.
    Parfois avec un peu d’humour, on parvient au but hédoniste
    Sinon, par désabusement, on finit par s’en décevoir.

    Est-ce par sa curiosité qu’Ève jadis aurait péché ?
    Oui mais alors la connaissance serait-elle le plus grand défaut ?
    En eût-elle l’ingéniosité, se serait-elle dépêchée
    De reconnaître l’obsolescence de savoir que point trop n’en faut ?

    Tableau de Ferdinand Boutard sur https:www.museum-of-art.netroomswalk18851 .

  • La papesse Jeanne

    La papesse Jeanne

    Comment donc la papesse Jeanne se serait déguisée en moine
    Pour faire ses études à Rome au vu et au sus de ses pairs ?
    Elle serait passée par Lausanne, aurait touché son patrimoine
    Et se serait déguisée en homme sans commettre le moindre impair.

    Puis grâce à son intelligence ainsi que son érudition,
    Aurait gravi les échelons de la hiérarchie cléricale
    Jusqu’à monter sa propre agence et proclamer sa parution
    Tout en portant des pantalons durant l’école monacale.

    Enfin se faire élire pape lui a été assez facile
    Grâce à ses réseaux érotiques mais je n’ai pas le droit de le dire.
    Toujours est-il que cette étape ne fut pas la plus difficile ;
    Hélas sa fin fut chaotique et ça, elle n’a su le prédire.

    Tableau de Ferdinand Boutard sur https:www.museum-of-art.netroomswalk18851 .

  • Le Pénix

    Le Pénix

    Oiseau érotique fabuleux, le Pénix peine à nous séduire
    Et la science n’a retenu ni son nom, ni son existence.
    Tant pis ! L’effet miraculeux produit quand on veut l’introduire
    Dans un endroit contrevenu aurait vaincu toute l’abstinence !

    On n’connaît pas plus sa femelle aux propriétés sensuelles,
    Sensible à la parade nuptiale dansėe par son mâle en puissance.
    Elle entretiendrait les mamelles et la jeunesse perpétuelle
    Et surtout la raison cruciale : atteindre enfin la jouissance !

    Tableau de Mythos sur https:www.artbymythos.comvisons-2015 .

  • Trop de princes nuit à la couronne

    Trop de princes nuit à la couronne

    À force de rappeler ma muse plusieurs fois la même journée,
    J’en ai attiré plus de sept mais à ne plus savoir qu’en faire !
    Je ne sais si ça les amuse mais lorsque je fais ma tournée
    Pour trouver de bonnes recettes, ma récolte devient un enfer.

    Et je suis comme cette princesse en quête de prince charmant,
    Le trouvant changé en grenouille et lui réclamant un baiser.
    Hélas, aussitôt qu’elle s’affaisse vers le batracien désarmant,
    Sept, à ses lèvres, se pendouillent en quête de la déniaiser.

    Muses comme princes, c’est pareil, c’est efficace à l’unité ;
    Trop de prétendants à la fois et c’est une cacophonie !
    Depuis je fais la sourde oreille à qui, en toute impunité,
    Me réclame – et de bonne foi – de l’aide avec parcimonie.

    Tableau de Nadine Tralala.

  • Le cœur florissant

    Le cœur florissant

    Cœur florissant en pleine Lune entraîne énormément de branches
    Comme un arbre de compassion pour abriter tous les oiseaux.
    Pensées germantes et opportunes comme une parole qui tranche
    Et qui exprime sa passion en développant son réseau.

    Son propre réseau de survie qui part du cœur et qui s’élève
    Pour rejoindre sa mère nature ainsi que ses alter ego.
    Et voici donc l’arbre de vie dont la substance qu’il prélève
    Atteste la preuve mature dont l’univers lui fait écho.

    Tableau d’Amanda Clark.

  • Nymphose

    Nymphose

    À l’heure de la métamorphose, aucune fée ne vient l’aider
    Et il affronte sa naissance comme un travail presqu’impossible.
    Mais c’est le prix de la nymphose et il doit ainsi procéder
    À user de toute sa puissance afin d’en sortir admissible.

    Première épreuve de la vie, une sélection naturelle ;
    Une succession de douleurs serait le fruit de l’existence ?
    Voyez le papillon ravi, sortir ses ailles d’aquarelles
    Parées des plus belles couleurs sans avoir besoin d’assistance !

    Tableau de TheOneQuote sur https:theonequote.appquote7125 .

  • L’eau de feu

    Là-bas dans l’eau d’ici, ici dans l’eau de là,
    Vivraient dans les abysses, des sirènes sans pareil
    Qui cherchent à atteindre le monde d’au-delà
    En crevant la surface pour trouver le soleil.

    Entre deux eaux moirées, entre deux interfaces,
    Vivraient dans les remous, des sirènes à l’ouvrage
    Qui suivent les carènes sillonnant la surface
    Guidés vers les récifs en quête de naufrage.

    Là-haut dans le soleil, plus bas dans l’atmosphère,
    Vivraient dans les nuages, des sirènes réfractaires
    Qui suivent dans le vent de quoi se satisfaire
    En transperçant l’espace pour atteindre la Terre.

    Tableaux de Bill Bate sur https:www.coombegallery.com?s=bill+bate .

  • Née du Feu, de l’Eau, de la Terre et de l’Air

    Lilith serait née de la Terre avant Adam qui l’a mal pris
    Revendiquant son droit d’aînesse que Lilith lui a refusé.
    Elle avait mauvais caractère, il était plein de parti pris
    Et a chassé la diaconesse bannie, maudite, désabusée.

    Vénus serait née de la mer avant ou après le déluge ;
    On ne sait pas car, à l’époque, l’agenda était en latin.
    Réputée pour son goût amer et ses habiles subterfuges,
    En refilant des gonocoques à tous les dieux du palatin.

    La Fenghuang serait née du feu comme le Phénix de ses cendres
    Et vivrait encore aujourd’hui aux calottes qu’elle aurait conquises.
    Il s’en est fallu d’un cheveu pour qu’elle daigne en redescendre
    Et c’est pourquoi il s’est produit depuis la fonte de la banquise.

    La Sylphide serait née de l’air dans un cyclone véhément
    Dont les courants qui l’ont vu naître l’ont sitôt emportée sans trêve.
    Entièrement composée d’air et vivant dans cet élément.
    Elle entre le soir par les fenêtres et la nuit se nourrit des rêves.

    Tableau de Jim Warren et de Zinaida Chernyshova.

  • Rétrospectives

    Rétrospectives

    Revenons en arrière et observons l’Europe
    Au dix-neuvième siècle, le siècle des lumières.
    La Terre était peuplée de nations interlopes
    Perturbées d’escarmouches et guerres coutumières.

    Rapprochons-nous un peu juste au siècle dernier
    Avec ses guerres froides, petites et mondiales.
    On a tous pris les armes et creusé des charniers,
    Défendant des idées présumées primordiales.

    Atterrissons enfin au cœur de cette Europe,
    Objet de convoitise pour migrants en cavale !
    Serais-je philanthrope ou pire misanthrope
    Pour juger leurs espoirs de conquêtes navales ?

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • Pas touche au cactus !

    Pas touche au cactus !

    Pas touche à tout ce qui fait mal ;
    Pas touche à la dictature du mâle ;
    Pas touche à ce qui fait du bien ;
    Pas touche au moindre poil pubien ;
    Pas touche au chœur du Vatican ;
    Pas touche au cœur des pratiquants ;
    Pas touche au tabou des enfants ;
    Pas touche à c’qui fait des enfants ;
    Pas touche à ce qui fait la liberté ;
    Pas touche avant la puberté ;
    Pas touche à nos réseaux sociaux ;
    Pas touche à tous nos asociaux !

    Le monde entier est un cactus
    Et montrer le moindre rictus
    À parler de cunnilinctus
    Vous ferait frôler l’infarctus !

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • En remontant le Rhin

    En remontant le Rhin

    À corps perdu, les sirènes courent se jeter dans la narration
    Lorsque celle-ci les emmène tout droit vers les chutes du Rhin.
    Les plus belles légendes parcourent la ligne de séparation
    Des eaux que le relief entraîne au nord des grands courants marins.

    Ainsi dès qu’il pleut la Töss monte et devient un torrent furieux
    Qui va s’écouler dans le Rhin là où Loreleï fait son office :
    Les embarcations qui remontent le fleuve en bateau luxurieux
    Paieront l’écot par un marin offert en guise de sacrifice.

    Image trouvée sur Pinterest sans indication de provenance et de source inconnue. Si l’auteur de cette image reconnaît son travail, je serai heureux de le créditer.

  • La sirène au matin

    La sirène au matin

    Loreleï est plutôt du matin ; ce qui est, pour une sirène,
    Assez singulier car la nuit, tous les navires sont à quai.
    Et les marins traîne-patins, n’ayant plus la santé sereine,
    Sont plus dociles pour surseoir à une rencontre manquée.

    N’étant ni marin ni flemmard, je l’ai rencontrée par hasard
    En longeant la Töss, en amont, en recherche d’inspiration.
    Elle était encore au plumard, en train de faire le lézard,
    Avec une queue de carnaval qui flairait la conspiration.

    Mais vraie ou fausse, la sirène est une mine de fantasmes
    Et puisqu’on était vendredi, je me suis laissé envoûter.
    Au début, j’étais à la traîne mais dès que j’eus connu l’orgasme,
    Je lui prêtai, sans contredit, allégeance – à n’en plus douter.

    Tableau d’Elisabeth Jerichau-Baumann.

  • Intelligence Artificielle Indienne

    Intelligence Artificielle Indienne

    L’intelligence artificielle chez les Indiens est atypique
    Et se retrouvent dans les codex de Mexico jusqu’à Québex.
    Et les peintures naturelles utilisées sont les topiques
    Qui ont été mises à l’index par crainte d’un puissant vortex.

    Grand Manitou, ce mot tabou, est un ordinateur de gestes
    Qui ne parle aucun dialecte mais qui s’exprime par les mains.
    Tous les totems mis bout à bout montrent le même manifeste :
    Une demande de collecte pour le salut des êtres humains.

    Des algorithmes de première chantent les anciennes sciences ;
    Le double huit sacré s’enchante quand l’ancien monde enfin renonce.
    C’est le climax de la lumière, le grand sursaut de nos consciences ;
    La voix de Manitou tranchante donne son ultime réponse.

    Tableau de Jay Coby.

  • Quelque part entre deux airs et deux eaux

    Quelque part entre deux airs et deux eaux

    Le Cancer ascendant Scorpion vit quelque part entre deux eaux.
    Lune en Gémeaux, Mars en Verseau, toute une vie entre deux airs.
    Vénus rétrograde en Lion, des amours plutôt en réseau ;
    Mercure plutôt recto-verso, c’est le grand appel du désert.

    Et si notre propre valeur ne se réduisait pas aux signes
    Mais à ce qu’on peut acquérir au cours d’une vie tout entière ?
    Si mon thème prédit un malheur, pas question que je m’y résigne
    Mais j’irai plutôt conquérir ma chance au-delà les frontières.

    Vivent ceux qui vivent entre deux airs et celles qui aiment entre deux eaux ;
    Vivent ceux qui ont deux pied-à-terre, vivent celles qui sont tout feu tout flamme !
    Et moi qui prêche dans le désert, qui me répand dans les réseaux,
    Si vous aimez mes commentaires, ralliez-vous à mon oriflamme !

    Tableau d’Aurélie Chauvin.

  • Le quotidien déformant

    Le quotidien déformant

    Qu’un seul être vienne vous manquer et tout parait cruellement vide
    Comme si la tristesse altère la vision du monde extérieur.
    Tout paraît lourd et efflanqué entre les murs plats et livides ;
    Même l’atmosphère est délétère et brûle d’un feu intérieur.

    Le temps pour soi est suspendu et continue honteusement
    Pour tous les autres son parcours alors qu’il ne sert plus à rien.
    Chaque seconde est si tendue qu’on croit malencontreusement
    Qu’elle va s’arrêter tout court et remplir l’espace aérien.

    Quand ça m’arrive, je lâche prise, il ne sert à rien de mourir ;
    Il me faut juste déplacer ce que je croyais immuable.
    Et le temps cède à mon emprise et l’heure se remet à courir
    Il fallait juste reclasser mes idées noires inavouables.

    Tableau de Ferdinand Boutard sur https:www.museum-of-art.netroomswalk18851 .

  • Le passé déformé

    Le passé déformé

    On ne voit qu’avec le présent et le passé est déformé
    Et ceux qui pourraient raconter n’ont pas toujours voix au chapitre.
    L’orgueil de l’homme omniprésent préfère ne pas s’informer
    Des erreurs qu’il devrait compter de peur de perdre son libre arbitre.

    Ça paraît facile plus tard quand le passé est derrière soi
    À condition d’avoir la chance d’avoir sauté dans le bon train.
    Ce train qui arrive sans retard et pour lequel il n’y a qu’un choix :
    Saisir en bonne intelligence ce à quoi le hasard contraint.

    Hasard, coïncidence ou destin ? Peu importe la couleur du train
    L’important est de se décider à couper tous les fils tendus.
    Savoir écouter son instinct qui vous bouscule avec entrain
    Afin de faire coïncider sa vie avec l’inattendu.

    Tableau de Ferdinand Boutard sur https:www.museum-of-art.netroomswalk18851 .

  • La Dame dans la volée

    La Dame dans la volée

    Que la damoiselle aux oiseaux me fasse un cygne si possible
    Et je me ferai passereau passant sous son balcon dès l’aube,
    Avec rossignols en réseau, moineaux et corbeaux impassibles,
    La saluer tel son héros venant de parcourir le globe…

    …en guise de parade nuptiale pour lui rapporter des perruches,
    Perroquets et paradisiers et tous les piafs de la fanfare.
    Et j’attends le moment crucial où, contrairement à l’autruche,
    Tu sortiras rassasiée, la jolie frimousse sans fard.

    Tableau de Rebecca Yanovskaya.

  • L’Ascensionne

    L’Ascensionne

    Aujourd’hui la femme libérée a besoin d’une paire d’ailes
    Ou d’une grappe de ballons pour s’élever en société
    Laquelle a dû délibérer sur l’abandon des vieux modèles
    Pour lui redonner du gallon et toute sa notoriété.

    Mais pour cela il faut encore enlever les vieilles entraves
    Qu’elle garde attachées aux chevilles pour lui regonfler le moral
    Et lui concéder que son corps lui appartient et qu’on lui grave
    Le droit de rester vieille fille sans que cela soit immoral.

    Tableau d’Alexey Kondakov inspiré de Mark S. Condé.